00:00L'heure de l'édito politique avec Judith Vintrop, bonjour.
00:03Bonjour Thomas, bonjour Marion.
00:04Grande reporter au Figaro Magazine.
00:06Alors la France Insoumise ouvre son université d'été près de Valence, dans la Drôme.
00:10Mais vous nous parlez d'un autre ami de Jean-Luc Mélenchon, Evo Morales,
00:14dont le parti vient d'être littéralement laminé en Bolivie.
00:18Les élections de dimanche dernier ont provoqué un séisme dont on a peu parlé en France.
00:22En Bolivie, un même scrutin permet d'élire le président et les parlementaires.
00:26Evo Morales lui-même ne se présentait pas.
00:29Il a dû démissionner après les élections de 2019,
00:32alors qu'il prétendait avoir été élu pour un quatrième mandat,
00:35après avoir été accusé de fraude.
00:37Depuis, il s'est brouillé avec son successeur, qui a lui aussi déclaré forfait.
00:43Restaient deux candidats de la gauche radicale,
00:46entre lesquels Evo Morales a refusé de choisir.
00:49Résultat, le second tour se jouera entre deux candidats de droite.
00:53Aux législatives, le parti de Morales avait 75 sièges à la Chambre des députés.
00:58Et il n'en garde qu'un.
01:00Exit la gauche après 20 ans de pouvoir.
01:02Et quel rapport avec Jean-Luc Mélenchon ?
01:04En 2017, Evo Morales, toujours président,
01:07avait salué le score du leader de LFI au premier tour de la présidentielle,
01:11en l'appelant son frère.
01:13C'est dire leur proximité.
01:15Pour les Boliviens, le bilan de la gauche radicale,
01:17c'est une économie à genoux,
01:19des files d'attente pour l'essence, pour le pain,
01:21plus de médicaments dans les hôpitaux,
01:23une inflation qui frôle les 25%.
01:25Mais pour notre leader maximo national,
01:28c'est l'avenir radieux promis au peuple d'Europe
01:31qui auront le courage de briser leur chaîne capitaliste.
01:34Il faut lire l'hommage exalté qu'il rend dans son carnet de route bolivien,
01:39publié en plein Covid,
01:40à la Bolivie qui aide comme elle peut
01:42à faire avancer les grandes causes communes de l'humanité.
01:46Ou encore l'éloge qu'il fait de Cuba à l'Assemblée nationale en 2018,
01:50lors de la ratification de l'accord rétablissant des relations
01:53entre l'Union européenne et l'île.
01:55Il affirme qu'à Cuba, personne ne meurt de faim,
01:58alors que le peuple cubain manque de tout.
02:01Le tropisme bolivarien de Jean-Luc Mélenchon,
02:04du nom de Simon Bolivar,
02:05qui participa à l'émention des colonies espagnoles d'Amérique du Sud au XIXe siècle,
02:10et finit par se déclarer dictateur à vie au Pérou,
02:13le conduit à célébrer tous les autocrates d'Amérique latine.
02:17Et il ne soutient pas Nicolas Maduro quand même au Venezuela ?
02:20Non, mais il a refusé de le condamner
02:22lorsque Maduro a programmé sa victoire en août 2024,
02:26alors que même le Brésilien Lula,
02:29le Colombien Petro et le Chilien Boric,
02:32trois présidents de gauche en général complaisants
02:35avec l'héritier du goût de Chavez,
02:37ont émis des doutes sur la régularité du scrutin.
02:41L'Union européenne, quant à elle,
02:42considère qu'il n'a pas été légitimement élu.
02:45Mais il en faudrait plus pour émouvoir la France insoumise,
02:48qui n'a jamais dénoncé la censure de la presse,
02:51la répression, les arrestations arbitraires
02:54et la torture pratiquées par Nicolas Maduro
02:56pour se maintenir au pouvoir tout au long de son règne.
02:58Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon
03:01vouait un véritable culte à son ancteur Hugo Chavez,
03:05dont il a pleuré la mort en 2013.
03:07Il voyait dans l'ancien président vénézuélien
03:09l'avenir du socialisme.
03:11Ce qu'il est ne meurt jamais,
03:13avait-il écrit sur son compte Twitter
03:14au moment de sa disparition.
03:16Les élections en Bolivie
03:18viennent pourtant de démontrer
03:19que la gauche bolivarienne
03:21n'a plus le vent en poupe en Amérique du Sud.
03:23C'est un deuxième coup dur
03:24pour le leader de la France insoumise
03:26après l'élection de Javier Meleil
03:28en Argentine en 2023.
03:31Jean-Luc Mélenchon
03:32croyait dur comme fer
03:33que le retour aux affaires
03:34de ses amis péronistes en 2019
03:36refermerait la parenthèse libérale
03:39ouverte en 2015
03:40avec la défaite de son amie
03:41Christina Kirchner.
03:43Mais oh, surprise,
03:44les Argentins en ont eu
03:46assez de l'étatisme
03:47et du laxisme budgétaire
03:49des péronistes.
03:50Sans parler de leur corruption,
03:52un détail que curieusement,
03:53l'extrême-gauche français
03:55ne mentionne jamais
03:56quand elle vante
03:57les mérites
03:58de ses amis sud-américains.
04:00C'était votre édito politique
04:01Judith Vintrop sur Europe 1.
04:03Merci.
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