00:00La façon dont on parle de Gérald Darmanin, c'est un peu une façon de remettre la justice au milieu du village.
00:05Vous savez, quand on dit l'Église au milieu du village, là, c'est remettre la justice au milieu du village.
00:08C'est-à-dire remettre vraiment pas que le bon sens, mais la notion même de justice.
00:13C'est-à-dire la justice doit se montrer juste, tout simplement.
00:17Il y a une question de justesse, vous voyez.
00:19C'était une vertu cardinale pour les Grecs dans l'Antiquité, la justesse, la juste mesure.
00:24Alors là, on a perdu complètement le sens de ce que devrait être le fait de rendre la justice,
00:30y compris pour des personnes qui partent en détention, puisqu'on a perdu le sens même de les mettre en prison,
00:35c'est-à-dire de les priver de liberté.
00:38Le sens de la prison, au départ, c'est quand même, à minima, d'espérer de la personne qui est emprisonnée,
00:44une prise de conscience du mal qu'elle a commis.
00:47Ah mais là, le mal, c'est devenu un gros mot.
00:49Le mal, dans notre société, ça n'existe plus.
00:51Il n'y a plus de notion de bien et de mal.
00:52Or, quand vous ôtez la vie, quand vous avez massacré une personne,
00:56quand vous lui enlevez toute sa dignité, il est quand même question du mal et du mal absolu.
01:01Donc oui, j'ai commis le mal.
01:03Mais surtout, la prison, intrinsèquement, à l'origine, c'était pour réparer, s'amender,
01:09et ensuite, évidemment, être réhabilité à travers, pourquoi pas, le fait d'exercer un métier en prison.
01:14Et quand vous sortez de prison, vous êtes en capacité de redevenir un citoyen
01:18et de vous retrouver votre dignité.
01:20On a le droit de vous l'accorder, votre dignité, si vous avez purgé votre peine.
01:23Toutes ces notions ont totalement disparu.
01:26Il y a seulement 15% des prisonniers qui retrouvent l'apprentissage d'un travail en prison
01:34pour, quelque part, préparer leur sortie de prison.
01:36Donc, effectivement, ça devient un petit peu le Club Med, avec comment les occuper,
01:41que faire de tous ces gens qui sont derrière les barreaux.
01:43Donc oui, Gérald Darmanin a raison quand il dit qu'il faut penser aux victimes.
01:46Regardez la multiplication des prises de parole des mères de jeunes victimes,
01:51à l'instar de la maman du jeune Elias, qui dit « Mais nous, on a pris perpétuité.
01:56On va souffrir toutes les peines jusqu'à la fin de notre vie. »
01:59Et les deux qui ont sorti leur machette pour tuer notre enfant,
02:03on ne sait même pas quelle va être leur peine.
02:05Et on sait très bien que finalement, ils vont être mieux traités que nous,
02:09dans notre quotidien.
02:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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