- il y a 7 mois
Emmanuel Rist comparaissait devant le tribunal correctionnel de Colmar pour le vol de dix-sept oeuvres d'art graphiques, signées entre autres par l'illustrateur alsacien Hansi, les peintres italien Alberto Magnelli et français Roger Bissière. L'accusé, qui a reconnu en partie les faits, a été reconnu coupable des vols commis alors qu'il était gardien de nuit au musée d'Unterlinden, entre septembre 2004 et janvier 2006. Le ministère public avait requis deux ans de prison. "Cette peine s'exécutera dans la limite de la peine maximale de 30 ans de réclusion à laquelle il est déjà condamné", a indiqué son avocat, Me Renaud Bettcher.
"Ca veut dire que, de fait et de droit, elle est confondue" avec la précédente, a-t-il ajouté. En droit français, la peine maximale s'établit à 30 ans de prison. Emmanuel Rist, connu dans les milieux néonazis alsaciens, a été condamné en juin 2011 à une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté de 13 ans, pour le meurtre d'un marchand de tapis marocain dans une rue de Gundolsheim en 2001. Il purge par ailleurs depuis 2009 une peine de dix ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un retraité marocain, en piégeant son cabanon à l'explosif en 2005 à Rouffach.
A ces deux condamnations s'ajoute une peine d'emprisonnement de 30 mois, prise en septembre 2007 pour la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim en avril 2004. "La libération théorique d'Emmanuel Rist est fixée au 12 décembre 2029" a indiqué son avocat, qui espère néanmoins obtenir une diminution de la peine de sûreté.
"Ca veut dire que, de fait et de droit, elle est confondue" avec la précédente, a-t-il ajouté. En droit français, la peine maximale s'établit à 30 ans de prison. Emmanuel Rist, connu dans les milieux néonazis alsaciens, a été condamné en juin 2011 à une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté de 13 ans, pour le meurtre d'un marchand de tapis marocain dans une rue de Gundolsheim en 2001. Il purge par ailleurs depuis 2009 une peine de dix ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un retraité marocain, en piégeant son cabanon à l'explosif en 2005 à Rouffach.
A ces deux condamnations s'ajoute une peine d'emprisonnement de 30 mois, prise en septembre 2007 pour la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim en avril 2004. "La libération théorique d'Emmanuel Rist est fixée au 12 décembre 2029" a indiqué son avocat, qui espère néanmoins obtenir une diminution de la peine de sûreté.
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00:00:00Musique
00:00:30Le bec, celui qui pique, celui qui cause.
00:00:41C'est comme ça qu'Emmanuel Rist signait ses dessins dans la presse et pour Amnistie Internationale.
00:00:46Dans l'ombre, il avait une autre signature, Tiwase 2882.
00:00:52Un nom de code pour ses tracts, ses lettres anonymes et les tombes qu'il profanait.
00:00:57Car Emmanuel Rist était raciste.
00:01:00Il n'aimait ni les juifs, ni les arabes, ni les noirs.
00:01:04Son idéal, l'Allemagne du Troisième Reich et une Alsace pure.
00:01:10Alors, après les mots, après les slogans, il est passé à l'attaque.
00:01:15Musique
00:01:16Mes enfants étaient à l'école.
00:01:29Je venais de revenir avec mon mari à la maison.
00:01:32Et là, j'ai vu une voiture garer à un endroit qui n'est pas habituel.
00:01:35Donc, je regarde.
00:01:37Et là, je vois un monsieur dans une voiture chercher quelque chose.
00:01:41Mais bon, sans plus.
00:01:42Donc, j'ai pensé qu'il cherchait une adresse, moi, tout simplement.
00:01:44Musique
00:01:45Musique
00:01:46Et puis, je n'ai pas prêté plus attention à ça.
00:01:53J'ai dit, s'il veut savoir une adresse, j'ai la fenêtre ouverte, il me demandera.
00:01:56Puis voilà.
00:01:57Et puis, donc là, mes enfants sont revenus.
00:02:00On s'est mis à table.
00:02:00Musique
00:02:01On entend un gros bruit, un boom, un bang, je ne sais pas comment on peut dire.
00:02:11Je pense que c'est un pétard au départ, un pétard dans un tronc, dans une boîte aux lettres.
00:02:14En fait, je ne sais pas, quelque chose qui résonne beaucoup.
00:02:17Et là, donc, je vais voir ce qui se passe.
00:02:19J'ouvre la fenêtre.
00:02:20Et au même moment, je vois la voiture.
00:02:22Et donc, je le vois démarrer très gentiment.
00:02:24Je regarde à droite, je regarde à gauche.
00:02:25Et il part en direction de Mersaï.
00:02:27Et là, c'est ma fille qui me dit,
00:02:29« Maman, c'est le tapis, regarde, il y a un tapis par terre.
00:02:33Tu peux être sûre, c'est le tapis en tombant de chez les voisins qui a fait du bruit. »
00:02:37Et là, ma fille, au même moment, me dit, « Regarde, il y a quelque chose qui coule du tapis. »
00:02:41Et là, je comprends tout de suite que c'est du sang, la couleur et tout.
00:02:43Donc là, je ferme les volets, je sors.
00:02:46Et là, je vais vérifier qu'il y a bien un corps au bout du tapis.
00:02:51Le corps d'un homme ensanglanté gît sur la chaussée.
00:02:55Sophie Ferrer appelle tout de suite les pompiers et les gendarmes.
00:02:59« Je m'approche et je me demande, qu'est-ce qui se passe, ce machin ? Est-ce qu'il est décédé ? Est-ce que non ? »
00:03:05Alors, il y a un pompier qui me dit, « Mais on a senti un léger pouls. »
00:03:09Donc, tout naturellement, ils ont mis en œuvre le massage cardiaque pour essayer de le ranimer.
00:03:15L'homme est grièvement blessé. Il est à peine conscient.
00:03:21Il avait quelques traces sur le visage, comme s'il était tombé.
00:03:26Le pompier me dit de suite, « Mais il a une trace derrière la tête. »
00:03:34« Ça, c'est ce qui m'a le plus choqué, le monsieur avec le sang, quand ils l'ont retourné, que j'ai vu son visage. »
00:03:38« Ça, ça a été dur. »
00:03:42Sophie Ferrer reconnaît un marchand de tapis ambulant. Il fait souvent du porte-à-porte dans l'illage.
00:03:47Alors que les pompiers s'acharnent à le réanimer, arrive un deuxième marchand de tapis.
00:03:56Et il commence à se servir à prendre les tapis.
00:04:01« Monsieur, déplacez-vous, vous faites quoi ? »
00:04:05« Ah, mais c'est mon cousin, donc effectivement, c'était le cousin avec qui il était venu démarcher les habitants de la commune
00:04:17pour vendre des tapis. »
00:04:20Malgré les efforts des pompiers, l'homme meurt quelques minutes plus tard.
00:04:25Il s'appelle Mohamed Mazini. Il est marocain.
00:04:29Il était à Gundelsheim depuis le début de la matinée pour vendre ses tapis.
00:04:34À quelques mètres de son corps, on retrouve une douille.
00:04:38Mohamed Mazini a été abattu d'une balle dans la tête.
00:04:41« Toute la population a été visitée, a été interrogée pour savoir un peu, ben, s'ils ont eu des ennuis avec ceux des marcheurs,
00:04:51ce qu'ils ont entendu, comment ça se fait, que ça s'est passé effectivement dans un petit village. »
00:04:58« C'était vraiment hyper tranquille. Et puis surtout, on se demande pourquoi le monsieur-là particulièrement. »
00:05:08« Il n'a jamais été agressif, ni rien du tout. C'était quelqu'un qui vendait ses tapis pour un bar, quoi. »
00:05:13« Moi, il passait, je lui disais « Non, merci, j'ai tout ce qu'il faut. »
00:05:16« Et il me souhaitait une bonne journée, des fois même, voilà, on discutait deux petites secondes, et puis voilà. »
00:05:21Mohamed Mazini avait 47 ans. Il partageait son temps entre la France et le Maroc, où vivaient sa femme et ses cinq enfants.
00:05:31Les gendarmes fouillent son passé, ils n'y trouvent rien de suspect, ou presque.
00:05:36« La seule chose qu'on va découvrir, c'est qu'il était connu pour une escroquerie, c'est tout.
00:05:44Mais sinon, il n'était pas connu défavorablement des forces de police ou de la justice. »
00:05:50« C'est quelqu'un qui ne sort pas, qui ne joue pas, qui ne boit pas.
00:05:54Et c'est vraiment un monsieur sans histoire, qui est venu en France pour gagner de l'argent et pour l'envoyer à sa famille.
00:06:01C'est quelqu'un qui ne demandait absolument rien à personne. »
00:06:07« Mimoun Mazini, vous êtes le fils de Mohamed Mazini. Aujourd'hui, vous vivez et vous travaillez en Allemagne.
00:06:19Mais à l'époque, quand votre père a été tué, vous viviez avec vos frères et sœurs au Maroc.
00:06:23Comment avez-vous appris sa mort ? »
00:06:26« C'est le collègue de travail de mon père qui a appelé sa famille au Maroc et sa famille a informé ma famille au Maroc. »
00:07:04« Comment avez-vous appris la dernière fois ? »
00:07:06« Dans le jour même, deux heures, deux heures avant de sa mort, il nous a appelé juste pour nous demander comment nous allons, comment... »
00:07:14« Il a nous appelé presque toujours, chaque jour. »
00:07:20« C'était un père très présent, en fait. »
00:07:21« Très présent, oui. »
00:07:23« Quel genre d'homme était-il, justement ? »
00:07:25« Mon père était juste un marchand de tapis. Il n'était pas un chef de mafia. Pourquoi il a mouru comme ça ? »
00:07:35« Est-ce qu'il a fait quelque chose de mal ? »
00:07:37« Mais j'ai toujours, j'étais toujours sûr qu'il était un homme très, très normal, gentil et juste un père. »
00:07:52Les gendarmes interrogent les voisins. Sophie Ferrer leur raconte ce qu'elle a vu depuis la fenêtre de ses cuisines.
00:07:58L'étrange manège du Golfe, juste avant que Mohamed Mazzini ne soit abattu.
00:08:03« La voiture, je l'ai vue le matin, c'était dans la matinée, avant 11h30. »
00:08:10« Je pense que ça faisait un petit moment qu'il tournait. »
00:08:14« La deuxième fois, c'était dans les alentours de midi, midi et quart. »
00:08:21« J'étais stationné le long du trottoir, les gens s'arrêtaient là. »
00:08:25« Donc, j'ai vu que c'était une voiture foncée, une petite. »
00:08:29« Moi, j'ai vu une Golfe. J'ai toujours été persuadé que c'était une Golfe. »
00:08:33D'autres voisins ont aperçu cette Golfe. Ils ont tous été intrigués par le comportement du conducteur.
00:08:41« Une personne qui descend, qui observe, qui regarde. »
00:08:44L'homme de la Golfe attendait-il Mohamed Mazzini.
00:08:47« Un voisin s'est rendu compte que M. Mazzini regardait très souvent derrière son épaule. »
00:08:53« C'est-à-dire qu'il avait une appréhension de quelque chose, comme quand on a l'impression qu'on est suivi. »
00:09:30« Une voiture était à l'arrêt dans une rue. Il y a pas mal de gens qui l'ont vue. »
00:09:33« Et personne n'a eu l'idée de prendre le numéro d'immatriculation. »
00:09:35« On a répertorié toutes les golfes du département, ce qui a donné plus de 1200 véhicules à contrôler sur l'ensemble du département du Vaurain. »
00:09:50« Ces investigations n'ont rien donné de concret. »
00:10:00Dominique, quelles sont les informations que fournit l'autopsie ?
00:10:04« M. Mazzini est mort d'une balle qu'il a reçue, une seule balle dans la tête, dans la région occipitale, ici. »
00:10:11« Une balle avec un tir qui allait de l'arrière vers l'avant et légèrement orientée vers la gauche, ce qui veut dire que le tueur était derrière M. Mazzini. »
00:10:21« Il était légèrement décalé sur la gauche et il tenait son arme comme ça. »
00:10:26« Quand la balle entre, elle provoque une hémorragie intracrânienne, un œdème, un arrêt respiratoire et la mort de M. Mazzini. »
00:10:34« La balle n'est pas ressortie. »
00:10:36« Et en balistique lésionnelle, c'est très important, ça. »
00:10:38« On va étudier le projectile qu'on va retrouver derrière la pommette droite, arrêtée par la paroi osseuse. »
00:10:45« C'est important parce qu'on n'a pas retrouvé l'arme du crime. »
00:10:48« Mais est-ce qu'on a réussi à déterminer quelle arme avait tiré ? »
00:10:50« Alors, on va le déterminer grâce notamment à une douille, un étui, qui est retrouvé par terre à côté du corps de M. Mazzini. »
00:10:59« Et c'est une balle de calibre 7,65. »
00:11:01« Première indication. »
00:11:03« Deuxième indication, si elle est par terre, c'est qu'elle a été éjectée de l'arme du tueur. »
00:11:07« Ça veut donc dire que le tueur utilisait un pistolet et non pas un revolver. »
00:11:11« C'est dans un revolver qui tourne. »
00:11:13« Les douilles restent à l'intérieur. »
00:11:14« Donc elle a été éjectée. »
00:11:15« Ça veut dire que c'est un pistolet automatique calibre 7,65. »
00:11:19« Et à partir de là, les gendarmes du département balistique de l'Institut de recherche criminel de la gendarmerie
00:11:25et les policiers suisses du laboratoire de Zurich, les balisticiens,
00:11:29vont tomber d'accord sur le fait que l'arme qui a tiré cette munition,
00:11:33c'est un pistolet allemand de la Seconde Guerre mondiale qui s'appelle le Sauer-Ensson.
00:11:38On en a trouvé un, là, ici. C'est exactement cette arme.
00:11:41Elle a été fabriquée de 1939 à 1945 à 250 000 exemplaires.
00:11:47C'est petit, hein ?
00:11:48C'est tout petit.
00:11:49Elle équipait l'armée de l'air, l'armée de terre et la police du Troisième Reich.
00:11:55Et à l'époque du meurtre de M. Mazzini, ce gendarme, on en trouve sous le manteau.
00:12:02Ça se vend sous le manteau entre 200 et 300 euros en fonction de l'État.
00:12:06Pascal Schus, vous êtes procureur de la République à Colmar,
00:12:15une arme de l'armée allemande.
00:12:18Est-ce que cela vous oriente sur la nature du crime ?
00:12:20Ce marchand de tapis est assassiné à 12h25 en plein milieu d'un village
00:12:28avec un tir qui intervient de l'arrière vers l'avant du crâne, du haut en bas.
00:12:38Cela correspond plutôt à une exécution.
00:12:41Voilà ce qui nous rapproche.
00:12:43Une exécution de truands ?
00:12:45Une exécution de truands, peut-être.
00:12:47Oui, c'est une des hypothèses également.
00:12:49Mais va-t-on agresser de la sorte un pauvre marchand de tapis
00:12:56qui fait partie du paysage alsacien depuis des lustres ?
00:13:00J'ai de la peine à le croire.
00:13:03Et je pense que c'est peut-être l'origine raciale, ethnique du sujet
00:13:12qui pourrait être à l'origine de ce crime.
00:13:15Est-ce que vous recherchez tous les détenteurs de cette arme dans la région ?
00:13:21C'est l'armée allemande qui l'avait distribuée.
00:13:25Et donc il y a eu de nombreux incorporés de forces alsaciens dans l'armée allemande.
00:13:30Et on ne peut pas dire si ceux-ci ont conservé ou pas l'arme de leur service militaire.
00:13:37Donc la piste raciste est votre hypothèse principale ?
00:13:41C'est une piste très importante, dominante.
00:13:52La piste d'un crime raciste semble d'autant plus probable
00:13:56qu'un tract a été affiché quelques jours avant le meurtre dans un village voisin.
00:14:00Un tract qui fait froid dans le dos.
00:14:02Village d'Ozenbar, à 9 km du lieu du crime.
00:14:17Le 17 mai 2001, soit 5 jours avant le meurtre de Mohamed Mazzini,
00:14:21des employés municipaux découvrent un tract anonyme
00:14:24accroché sur le panneau de la mairie.
00:14:26C'est un tract qu'une personne a écrit en revendiquant la race nordico-arienne
00:14:37que... un tract raciste.
00:14:42Un tract raciste.
00:14:44L'auteur revendique son adhésion aux idées du Troisième Reich.
00:14:49Il faut être des combattants d'Hitler, écrit-il.
00:14:51« Nous, peuple d'Ozenbar, faisons honneur au peuple alsacien.
00:14:56Il devra tout sacrifier au nom d'une idée.
00:14:58Cette idée, c'est la mienne, l'idée nationaliste. »
00:15:06Le papier est signé NSA 2882.
00:15:10Certains mots attirent l'attention des gendarmes,
00:15:13des raids punitifs contre les Juifs,
00:15:16les sales races, noirs et tziganes.
00:15:18Ce tract annonçait-il le meurtre d'un arabe ?
00:15:27« Il faut savoir aussi qu'Ozenbar a été connu comme un village de skinheads.
00:15:32Il y avait quelques familles,
00:15:34des jeunes de famille qui étaient de la mouvance skinheads. »
00:15:41Est-ce l'un de ces jeunes skinheads qui a rédigé le tract ?
00:15:44L'un d'eux serait-il passé à l'acte en tuant Mohamed Mazzini ?
00:15:49« On s'y intéresse.
00:15:51On entend certaines personnes.
00:15:54Il y a quelques recherches de ce côté-là.
00:15:58Mais rien de concret.
00:16:00Voilà. »
00:16:02La piste d'Ozenbar tourne court.
00:16:05Les gendarmes ne comprennent pas ce que veut dire ce NSA 2882.
00:16:08Et le meurtre de Mohamed Mazzini n'est toujours pas revendiqué.
00:16:14Les semaines, les mois passent sans aucun élément nouveau.
00:16:21Un an plus tard, alors que le capitaine Bader rentre de mission,
00:16:26une voiture attire son attention.
00:16:28« Environ un an après, j'ai une golfue bleue qui m'interpelle à Soultzmat.
00:16:32Et puis, on y pense forcément, on pense à l'homicide de Mazzini.
00:16:40Donc je prends des photos du véhicule et puis je fais un PV d'investigation
00:16:44et on présente les photographies aux témoins.
00:16:49Et les témoins nous disent « Écoutez, ce n'est pas cette voiture. »
00:16:53Donc voilà, ça s'arrête là.
00:16:55Les témoins nous disent que ce n'est pas cette voiture.
00:16:57Et ce n'est pas cette voiture.
00:16:59Monsieur Mazzini, pendant plusieurs mois, l'enquête n'avance pas du tout.
00:17:09Est-ce que vous aviez peur que, parce que votre père n'était pas français
00:17:12et qu'il était un étranger, on s'intéresse moins à cette affaire ?
00:17:16Au début, franchement, oui. Parce que nous allons attendre un an, deux ans, trois ans.
00:17:25Mais ça ne se passe rien. Mais on a perdu l'espoir.
00:17:30Comment avez-vous fait après la mort de votre père pour subvenir à vos besoins ?
00:17:33C'était totalement 180 degrés.
00:17:40J'ai cessé l'école, mes soeurs aussi, parce que nous avons de l'argent pour poursuivre l'école.
00:17:49Et voilà.
00:17:51Vous avez dû arrêter l'école à cause de la mort de votre père ?
00:17:53À cause de la mort de mon père, oui.
00:17:55Donc, j'ai essayé de travailler et j'ai essayé d'aider un peu.
00:18:01Mais ça ne suffit pas.
00:18:04Nous avons vécu de très, très douloureux.
00:18:10Nous n'avons pas d'argent.
00:18:12Parfois, il n'y a rien.
00:18:15C'était très dur.
00:18:16C'était incroyable pour nous.
00:18:25Les années passent et l'enquête reste au point mort.
00:18:29Quand, trois ans plus tard, une nouvelle affaire à caractère raciste éclate à quelques kilomètres de là.
00:18:41Erlichheim, à 13 kilomètres de Gundelsheim.
00:18:45Au milieu de Vigne, l'un des plus anciens cimetières juifs d'Alsace.
00:18:49Certaines tombes remontent au 18e siècle.
00:18:52Un lieu paisible jusqu'au 30 avril 2004.
00:19:01Profanation d'un cimetière juif à Erlichheim, dans le Haut-Rhin.
00:19:04127 tombes souillées par des inscriptions antisémites.
00:19:09Judenhaus, les juifs dehors, mais aussi des croix gammées par dizaines.
00:19:15À quelques kilomètres de la frontière allemande, ces inscriptions ravivent le traumatisme.
00:19:22Cette croix gammée en rouge, en couleur de sang, ça fait un effet absolument dévastateur.
00:19:32Comment, 50 ans après la fin de la guerre, quand je dis 50 ans, c'était plus.
00:19:40Comment peut-il que des personnes aient ce sentiment de haine ?
00:19:52Je n'ose pas employer le mot, si je vais le dire.
00:19:56Ce sont des salauds qui manquent de respect, qui ont fait ça.
00:20:04Indignés, les représentants des trois principales religions de France se sont donnés rendez-vous à Erlichheim.
00:20:11Les habitants de la région viennent par dizaines manifester leur colère.
00:20:15Je me fais ici l'interprète de tous mes concitoyens que j'ai rencontrés,
00:20:20et qui m'ont signifié leur émotion profonde et leur indignation.
00:20:24Ce qui était beau, c'était de voir le respect des gens, la dignité, la tristesse des participants.
00:20:35C'était extrêmement réconfortant.
00:20:38Les profanateurs ont agi méthodiquement.
00:20:41Sur les tombes, les gendarmes ne retrouvent ni empreinte digitale, ni ADN.
00:20:45Mais l'examen des tags leur fournit une première piste.
00:20:52Ils ont pu être deux ou trois.
00:20:55Pourquoi on dit ça ? Parce que toutes les inscriptions qui sont faites, les programmées, ne sont pas faites de la même façon.
00:21:03Deux ou trois profanateurs qui ont même inscrit la date de leur forfait sur une tombe.
00:21:0830 avril 04.
00:21:10Et juste au-dessus d'une autre date, 30 avril 45.
00:21:18C'est un rapport avec Hitler, et c'est la date d'anniversaire de la mort de Hitler.
00:21:23Donc la personne qui est venue ici a déjà une bonne connaissance.
00:21:30En revanche, une inscription reste énigmatique.
00:21:34Tiwaz 2882.
00:21:37On se trouve toujours Tiwaz 2882.
00:21:40L'impression qu'on a eu cette signature de l'auteur.
00:21:452882.
00:21:46On retrouve ce code sur le tract d'Ozenbach,
00:21:49et encore sous un pont, près d'Erlichheim.
00:21:53A quelques kilomètres de la frontière,
00:21:55les gendarmes s'intéressent aussi à la mouvance néo-nazie allemande.
00:21:58Alors, est-ce que là, on a des gens qui sont venus de l'autre un, traverser la frontière ?
00:22:09C'est une piste qu'on ne peut pas négliger.
00:22:11Il ne faut absolument pas qu'on la néglige.
00:22:13Et du côté suisse, c'est exactement pareil.
00:22:15Il ne faut absolument pas qu'on néglige ces pistes.
00:22:17Les policiers allemands collaborent avec les gendarmes français.
00:22:22Mais de l'autre côté de la frontière, la piste néo-nazie ne donne rien.
00:22:26L'enquête piétine.
00:22:29Et Dominique de Villepin, le ministre de l'Intérieur et des Cultes,
00:22:32se rend à Erlichheim.
00:22:34Il veut montrer que le gouvernement ne lâche pas l'affaire.
00:22:37Les jours, on nous demandait l'état d'avancement de l'enquête.
00:22:45Autant les autorités judiciaires que nos autorités à nous,
00:22:48autant les autorités administratives.
00:22:50Ils voulaient rapidement sélectionner cette affaire.
00:22:57Mais dans les semaines qui suivent, d'autres cimetières alsaciens sont profanés.
00:23:01La profanation du cimetière de Niederasselard, des inscriptions à la peinture noire.
00:23:04Cette fois, c'est un agneau, cimetière militaire, qui est touché.
00:23:0834 tombes taguées, essentiellement de croix gammées, ont été découvertes ce matin.
00:23:15Monsieur le procureur, la profanation des cimetières fait partie des dossiers sensibles.
00:23:20Alors on commence tout d'abord à mettre en œuvre d'énormes moyens de police scientifique et technique.
00:23:26Et très rapidement, a-t-il été décidé de créer une cellule pour faire les rapprochements entre tous ces faits de même nature
00:23:37survenus en Alsace et sur le territoire national.
00:23:43Alors justement, quelles sont les pistes que vous privilégiez ?
00:23:46Les recherches menées par le groupe appelé Thalatos n'ont pas mis en lumière l'existence de groupes organisés ou structurés néo-nazis.
00:24:03Et je peux dire qu'à ma connaissance, il n'en existe pas en Alsace, à ma connaissance actuellement.
00:24:11Et à l'époque non plus. Donc les recherches se sont portées vers les mouvements de l'extrême droite.
00:24:18On retrouve l'inscription Tiwaz 2882.
00:24:22Ce chiffre 2882, c'est le même que celui qu'on a retrouvé sur un tract quelques jours avant le meurtre de Mohamed Madzini.
00:24:32Est-ce que vous faites un lien entre les deux affaires ?
00:24:35Eh bien non. Il n'y avait aucun élément, aucune raison de rattacher ce fait survenu en 2001 avec un fait survenu ensuite en 2004.
00:24:48Et ce chiffre 2882 ne vous alerte pas ?
00:24:52Non, parce que l'élément n'est pas un élément important, majeur. On ne sait pas à quoi il correspond.
00:25:00À Colmar, les gendarmes entendent des dizaines de personnes proches des milieux d'extrême droite.
00:25:11Ils testent leur connaissance sur le Troisième Reich.
00:25:14Il y a des questions composées comme ça, si ça avait la date de naissance du Hitler, si ça avait la date de Samo.
00:25:24Et l'audition est complétée.
00:25:26Une page d'écriture dans laquelle on leur fait faire des programmés.
00:25:29On leur fait écrire 2882, on leur fait écrire Tiwaz, on leur fait écrire 3445, 3404.
00:25:36L'objectif des gendarmes est simple, comparer les écritures aux tags retrouvés sur les tombes.
00:25:45L'exercice s'avère laborieux.
00:25:49Il y en a qui font des programmés, mais ils les font à l'envers.
00:25:52Ensuite, quand on leur demande d'écrire, ils nous demandent à nous comment c'est écrit Führer.
00:25:59Il y en a qui écrit Hitler, il y en a qui mettent 2D.
00:26:03Les travaux d'écriture sont ensuite envoyés aux experts.
00:26:06Et 7 mois plus tard, l'exercice paye.
00:26:09Voici les titres de l'actualité de ce mercredi.
00:26:16On l'a appris il y a 2 heures, un suspect a été arrêté, mis en examen dans l'enquête sur la profanation du cimetière-divis de Erlissheim en Alsace.
00:26:24L'homme est proche des milieux d'extrême droite, membre du Front National.
00:26:28Il ne reconnaît pas les faits.
00:26:31Ce militant d'extrême droite est un forestier de 24 ans.
00:26:34Les gendarmes l'interpellent le 15 décembre 2004 sur la foi des expertises graphologiques.
00:26:39Ils tracent les chiffres de la même manière que les profanateurs.
00:26:44A chaque fois qu'il écrivait un cadre, le cadre était identique à celui qui était fait sur les drones.
00:26:50Et ce cadre sur les tombes, c'est un cadre de machine écrire.
00:26:53Ce n'est pas un cadre que les gens feraient naturellement.
00:26:57Autre élément accablant, l'emploi du temps du forestier le 29 avril 2004, la veille de la profanation.
00:27:04On s'aperçoit que dans la journée du 29, monsieur *** était absent.
00:27:11Il n'a pas travaillé ce jour-là.
00:27:14Et son employeur ne peut pas dire pourquoi il n'est pas venu au travail.
00:27:19Le suspect lui-même est très vague sur son emploi du temps.
00:27:24Il affirme qu'il était bourré ce soir-là et qu'il ne se souvient pas de ce qu'il a fait.
00:27:29A la fin de sa garde à vue, il parle d'un drapeau allemand retrouvé dans le cimetière.
00:27:34Un détail que la gendarmerie n'a jamais donné.
00:27:36Alors là, ce qui est peur pour nous, c'est comment il peut savoir ça.
00:27:42C'est un détail, c'est sur le drapeau, c'est un comment ils avaient, c'est paru nulle part, ni dans la presse civisée, ni dans la presse écrite. Nulle part.
00:27:52Les gendarmes sont persuadés que l'homme vient de se trahir en parlant de ce drapeau, qu'il tienne le coupable.
00:27:58Mon client m'a dit, il y a quand même quelque chose, je suis sûre que j'ai vu ce drapeau dans un journal.
00:28:02Et c'était moi-même qui ai fait la recherche, en remontant, en recherchant ce journal auprès du quotidien concerné.
00:28:10Et puis on a effectivement pu se rendre compte que cette photo avait bien été publiée le lendemain ou le surlendemain des faits.
00:28:18Et que donc, ce n'était pas dans son imagination, c'était bien cette photo-là qu'il avait vue.
00:28:23Une photo publiée dans la presse régionale, deux jours seulement après les faits.
00:28:29Le forestier disait donc vrai.
00:28:30Chez lui, les gendarmes trouvent quelques objets néo-nazis, mais pas de preuves qu'il ait participé à la profanation.
00:28:42Le forestier est libre, et cinq mois plus tard, l'Alsace connaît un nouveau crime raciste.
00:28:52Roufac, le 8 septembre 2005.
00:28:55Cette fois encore, c'est un Marocain qui est visé.
00:28:57Et là, quand on arrive sur place, là, on a des débris partout semés dans les jardins.
00:29:06Une partie de l'arrière du cabanon s'est envolée.
00:29:09Et à l'intérieur, vous avez des éclats, vous avez des vis, vous avez des écrous, il y a des boîtes de conserve.
00:29:15Enfin, on voit que ça a été provoqué.
00:29:18Le cabanon de jardin a explosé en fin de journée.
00:29:23Il appartient à l'Abib Benhamar, un retraité marocain qui a déclenché l'explosion en ouvrant la porte.
00:29:29J'étais touché aux yeux, aux visages et aux oreilles.
00:29:39D'ailleurs, j'ai une oreille avec laquelle je n'entends plus rien.
00:29:43Mon oreille et mon oeil sont bousillés.
00:29:45Ils ne sont pas venus pour rien.
00:29:48Ils sont venus nous tuer.
00:29:50Ils ont mis la bombe de façon à me tuer.
00:29:52Si jamais j'étais rentré le ventre en avant, la bombe m'aurait éventré.
00:30:00Quand ça a explosé, je veux dire, il y a des projectiles qu'il aurait pu prendre à tous les endroits du corps
00:30:03et qui auraient pu provoquer un décès, sans aucun doute.
00:30:07Qui en veut à l'Abib Benhamar ?
00:30:10Ce paisible retraité marocain n'a rien à se reprocher.
00:30:17Je ne sais pas qui et pourquoi, ni pour quelles raisons.
00:30:20Je n'ai pas de voiture, ni de maison, ni de mobilette.
00:30:23Je n'ai rien.
00:30:24Pourquoi ils m'ont fait ça ?
00:30:25J'ai beau réfléchir, je ne vois pas qui et pourquoi.
00:30:32La bombe visait une famille maghrébine qui se retrouve dans ce jardin dès les beaux jours.
00:30:39L'engin aurait pu tout aussi bien toucher l'un des petits-enfants de l'Abib Benhamar.
00:30:43Deux jours plus tard, les journaux de la région reçoivent un courrier de revendication.
00:30:54Il est signé Tiwaz 2882.
00:30:59C'est la même signature qu'au cimetière juif d'Erlishaim.
00:31:052882, c'est aussi le chiffre retrouvé en bas du tract d'Ozenbach, cinq ans plus tôt.
00:31:10Dominique, on trouve une inscription, cette inscription-là très étrange.
00:31:15Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:31:16Alors, les enquêteurs, les gendarmes vont se creuser la tête pour essayer de trouver ce que ça signifie.
00:31:22Tiwaz 2882.
00:31:24Et voilà ce qu'ils vont découvrir, voilà ce qu'ils vont dire.
00:31:26Ils vont dire que Tiwaz, d'abord, c'est une lettre, c'est cette lettre, d'un très ancien alphabet qui était utilisé par les peuples de langue germanique.
00:31:37Alors, c'est un alphabet runique, chaque lettre s'appelle une rune et Tiwaz, elle a dix-septième rune de l'alphabet.
00:31:47C'est la rune du dieu Tyr.
00:31:49Le dieu Tyr, c'est le dieu de la guerre, le dieu de l'ordre, le dieu de la justice, de ce qui est droit.
00:31:55Donc, elle est symbole de loyauté, de courage et c'est aussi et surtout la rune des combattants et des guerriers.
00:32:04Et 2882, alors ?
00:32:05Alors, 2882, là, c'est une interprétation qu'ont fait les enquêteurs et ça n'est vraiment que de l'interprétation que les double huit qui se trouvent au centre pourraient correspondre à deux fois la huitième lettre de l'alphabet qui est le H.
00:32:19Ça ferait donc HH qui pourrait signifier Aïl Hitler.
00:32:23Et si on prend l'alphabet à l'envers, la huitième lettre, c'est le S et ça ferait SS et on sait ce que ça veut dire.
00:32:29C'est exactement la même symbolique, c'est une symbolique nazie.
00:32:34A Roufac, les gendarmes interrogent les voisins.
00:32:39Coïncidence, le cabanon d'à côté a lui aussi fait l'objet d'une explosion un an avant.
00:32:44Il appartient aux cousins des Bénamars, les Bézbis.
00:32:48L'auteur n'a jamais été identifié et ce n'est pas la première fois que les Bézbis et les Bénamars sont agressés.
00:32:55Et on nous parle à un moment d'un individu qui aurait voulu écraser avec son véhicule des fils Bénamars et les Bézbis quelque temps auparavant.
00:33:09Les cousins connaissent bien cet homme. Il s'appelle Laurent Boulanger. Ils étaient au collège ensemble.
00:33:21Au moment où il traverse le passage piétant, ce Boulanger a failli foncer. Il voulait foncer à toute vitesse sur mon frère et mon cousin.
00:33:33Ils se sont reculés. Lui, il ne s'est pas arrêté quand il a foncé. Et eux, ils se sont mis en arrière.
00:33:39Laurent Boulanger a 25 ans. Il est vigile. Il vit à Osenbar et n'a pas de bonne réputation.
00:33:49Il connaissait pourquoi il était une personne raciste. Skinhead, voilà.
00:33:55Laurent Boulanger traîne souvent dans le même café avec une bande de skinheads.
00:34:00Ce n'est pas un secret. Le garçon a un sérieux penchant pour la boisson et la bagarre.
00:34:05Laurent Boulanger, moi, je le connais, effectivement, pour l'avoir réprimandé, remis un peu dans le droit chemin,
00:34:13lorsqu'il nous embêtait, lorsqu'il allait perturber certains balles à Soult-Smat, sur notre secteur.
00:34:29Il n'y avait pas de limites, c'est vrai.
00:34:31Mais ses copains profitaient bien de son truc, de l'influence, disons, qu'ils avaient sur lui.
00:34:40Il faut dire, par moments, il était bagarreur. On disait qu'il était bagarreur. Il n'était pas tellement bagarreur de lui-même.
00:34:47Il était plutôt envoyé à la bagarre, si on veut.
00:34:50Mais comme par hasard, Boulanger ne se bat pas avec n'importe qui.
00:34:55Quand il a eu un coup de trop, si on est de type maghrébin, on a le droit, peut-être, à sa bagarre.
00:35:04Si Laurent Boulanger a foncé sur les cousins Bénamard, il est peut-être capable de piéger aussi leur cabanon de jardin.
00:35:18Les gendarmes le placent en garde à vue le 15 décembre 2005.
00:35:22Face aux gendarmes, Laurent Boulanger nie toute implication dans l'explosion du cabanon de l'habit Bénamard.
00:35:29Mais il n'est pas très convaincant.
00:35:31Il n'est pas très clair. Il est sur la défensive. Il ne veut pas vraiment s'expliquer. Il n'a en tout cas pas l'air d'un mec innocent.
00:35:42Sans aveu et sans preuve, les gendarmes remettent Laurent Boulanger en liberté.
00:35:46Mais ils ne le lâchent pas d'une semelle. Ils le suivent et écoutent ses conversations téléphoniques.
00:35:51Il ressort qu'il y a des échanges avec un certain Riste-Emmanuel qui font allusion à peut-être un problème de cabanon à roufins.
00:36:05Emmanuel Riste. Cet homme serait-il le complice de Laurent Boulanger, voire le commanditaire de l'attentat du cabanon ?
00:36:13Les gendarmes le placent sous surveillance.
00:36:18Riste a 37 ans, 10 ans de plus que Boulanger.
00:36:22C'est aussi son chef d'équipe dans la société de vigile où ils travaillent tous les deux.
00:36:26Laurent était carrément endoctriné, c'était son dieu.
00:36:29Riste pouvait l'appeler à n'importe quel moment, à n'importe quelle heure.
00:36:32Il était présent.
00:36:34Il pouvait l'appeler n'importe quand. Il était présent.
00:36:36Il disait, tu viens, on va faire ça, on va faire ça.
00:36:38Tout de suite, il pouvait aller à la maison, ici, n'importe, il partait.
00:36:44C'était pas avec lui, quoi.
00:36:47Les gendarmes découvrent qu'Emmanuel Riste vit à quelques kilomètres de Roufac.
00:36:52Il n'a pas de casier judiciaire.
00:36:54Ses proches l'écrivent comme un homme intègre.
00:36:57Il l'appelle Bobby.
00:36:59C'était une personne qui était vraiment...
00:37:01Il avait un cœur sur la main.
00:37:03Il avait donné tout à tout le monde.
00:37:04Le premier a donné un coup de main, quoi.
00:37:07Dès qu'il y avait un truc à faire, Bobby était là, quoi.
00:37:14Bon, lui, c'est vrai qu'il avait un look qui était un peu spécial.
00:37:18Il était toujours habillé en noir.
00:37:20Avec... Il était train de raser, quoi.
00:37:22Toujours.
00:37:23Je n'ai jamais vu autrement, quoi.
00:37:26Les gendarmes apprennent que Riste est aussi une petite figure locale.
00:37:29Il est dessinateur.
00:37:31Et ses croquis sont publiés dans la presse régionale.
00:37:34C'était toujours très tourné vers le folklore alsacien.
00:37:40La cigogne, lui-même, signait ses dessins de Schnauble, ce qui veut dire le bec.
00:37:46Alors le bec, ben, c'est pas...
00:37:48Le bec, c'est piquant.
00:37:50Le bec parle.
00:37:52Voilà.
00:37:53Mais à part ça, les dessins étaient...
00:37:57C'était des dessins très locaux.
00:38:00Maisons à colombages, fermiers, ou avec le costume alsacien.
00:38:07Riste dessine aussi pour Amnesty International.
00:38:11Il s'investit beaucoup dans l'association.
00:38:14Elle l'invite à participer à une exposition dans un quartier populaire de Colmar.
00:38:18C'était un monsieur, en fait, qui avait beaucoup d'humour, beaucoup...
00:38:24Il était charmant, en fait.
00:38:25Et vraiment, vraiment prêt à nous donner un coup de main.
00:38:31Et à dessiner, ouvert à tout ce qu'on lui proposait.
00:38:36Franchement, super sympa.
00:38:37L'association propose d'ailleurs à Riste d'animer des ateliers pour enfants.
00:38:55Quand Evelyn Franz le rencontre pour en parler, la conversation prend un tour inattendu.
00:39:02Et c'est là qu'il me dit, je dois quand même vous avouer une chose,
00:39:05c'est que quand je suis passée au Centre socioculturel d'Europe,
00:39:09j'étais très mal à l'aise.
00:39:11Alors je me disais, ah bon ?
00:39:12Pourquoi ? Moi, je pensais parce qu'il y avait plein d'enfants du brouhaha.
00:39:15Il m'a dit, ben oui, parce qu'en fait, je suis prête à faire un atelier de dessin,
00:39:20mais avec des Français.
00:39:23Alors je me dis, mais comment ça, des Français ?
00:39:25Je me dis, écoutez, les enfants qui fréquentent le centre sont nés en France,
00:39:28donc sont Français.
00:39:31Je lui dis, mais vous êtes racistes ?
00:39:33En rigolant.
00:39:34Et je me dis, ah non, non, non, je ne suis absolument pas xénophobe,
00:39:37mais enfin, et puis d'ailleurs, vous devriez savoir,
00:39:40vous, vous êtes maman de trois enfants,
00:39:42donc vous devriez vous préoccuper de l'avenir de la population française,
00:39:46parce que c'est quand même le pays dans lequel vont vivre vos enfants.
00:39:53Evelyne Franz n'en revient pas.
00:39:55Le militant des droits de l'homme affiche un racisme décomplexé.
00:39:59Pour East, il faut même aller plus loin,
00:40:01il faut nettoyer l'Alsace.
00:40:03Il ne les aimait pas, quoi, à part ça, c'est tout, quoi.
00:40:07Il n'était pas...
00:40:08Bon, il ne les aimait pas, hein, voilà.
00:40:11Il savait très bien que ce n'était pas un sujet qui m'intéressait,
00:40:16notamment contre les émigrés, quoi.
00:40:18Alors donc, non, on parlait d'autres choses,
00:40:21mais pas de ça, quoi, non.
00:40:23Non seulement East est raciste, néo-nazi,
00:40:29mais en plus, il ne s'en cache pas.
00:40:32À l'époque, je faisais un peu de musculation aussi,
00:40:35et puis je fréquentais une salle de musculation à Roufac.
00:40:39Et ce riste, Emmanuel, fréquentait aussi...
00:40:42Bon, je ne lui parlais pas, encore une fois, je ne lui parlais pas,
00:40:44mais le propriétaire de la salle, je le connaissais,
00:40:49son ami aussi, il me disait, mais c'est fou aussi,
00:40:51pourquoi tu n'es pas là ?
00:40:52Il n'arrête pas de parler, Hitler, le Troisième Reich, les Arabes...
00:40:57Il n'avait que ça en bouche, que ça, que ça, que ça.
00:41:02Quand il parlait d'Allemagne, c'était pratiquement le garde-à-vous, quoi.
00:41:08Le mec droit devant, puis des yeux tout droits, fixés,
00:41:12c'était pas dire que c'était vraiment le phantique,
00:41:18mais on sentait qu'à un certain moment, c'était du...
00:41:22Je veux dire, non, le nazi qui se réveillait en lui, quoi.
00:41:29Emmanuel Riste est fasciné par le Troisième Reich.
00:41:34Ses proches racontent qu'il a érigé chez lui un sanctuaire à la gloire du nazi.
00:41:42Ce nepsophon me confirme.
00:41:44Effectivement, chez moi, il avait des affaires du Troisième Reich,
00:41:47il avait des armes, des médailles, des drapeaux, des livres.
00:41:57Fort de tous ces éléments,
00:41:59les gendarmes interpellent Emmanuel Riste chez lui,
00:42:03le 12 janvier 2006.
00:42:08Il nous le dit, il s'attendait à ce qu'on se présente à un moment, à un autre, chez lui.
00:42:14Donc, il s'est débarrassé de ce qu'il pouvait avoir.
00:42:16Il ne dira jamais ce qu'il en a fait.
00:42:20La collection du Troisième Reich a disparu,
00:42:23mais les gendarmes découvrent beaucoup mieux.
00:42:26Autour de son cou, il a une médaille,
00:42:28enfin, on va dire une plaque militaire,
00:42:30sur laquelle est indiqué 2882.
00:42:34Bon !
00:42:352882 de marqué sur la plaque militaire.
00:42:41On ne dit rien, on s'observe, on se regarde,
00:42:45et puis, dans nos têtes, on dit, bah, bingo, quoi, bingo.
00:42:49Il peut dire ce qu'il veut, 2882.
00:42:532882, comme la signature du tract,
00:42:56celle du cimetière et celle du cabanon.
00:42:58Emmanuel Riste est conduit à la gendarmerie de Colmar.
00:43:04Il est placé en garde à vue avec Laurent Boulanger
00:43:06pour l'explosion du cabanon de Roufac.
00:43:09Pour l'instant, les gendarmes ne leur parlent absolument pas des deux autres dossiers.
00:43:13L'audition commence.
00:43:18Emmanuel Riste surprend les gendarmes.
00:43:24C'est une personne qui a le respect de l'uniforme, ça c'est clair.
00:43:27C'est une personne qui est droite.
00:43:29Les gendarmes ont du lourd.
00:43:31Le matricule de la plaque militaire qu'ils portent autour du cou, indiscutable.
00:43:35Il y a un moment donné, un des collègues arrive à lui faire dire, oui, c'est moi l'auteur.
00:43:47Oui, c'est moi qui ai fait l'exposition du cabanon.
00:43:50Ça a été commandité.
00:43:52On m'a demandé de le faire.
00:43:54On m'a demandé de le faire.
00:43:57Emmanuel Riste précise qu'il a agi pour le compte de la cellule Kiwaz.
00:44:01En fait, il est l'exécuteur en Alsace de l'idéologie de ce groupe.
00:44:06Il explique que c'est lui qui a confectionné la bombe
00:44:09et qu'il l'a placée dans le cabanon de l'habib Ben Amahar.
00:44:13Quand on lui a posé la question, à quoi ça sert une bombe ?
00:44:16Il nous regarde, le front dans les yeux, il nous dit, une bombe ça sert à tuer.
00:44:23Emmanuel Riste ajoute qu'il a posé la bombe avec Laurent Boulanger.
00:44:31Dans le bureau d'à côté, son copain continue à nier.
00:44:42Monsieur Boulanger est toujours aussi têtu, toujours, le nid, mais non.
00:44:47On lui montre un petit peu la déclaration, la signature de monsieur Riste,
00:44:51mais non, c'est un fou, vous me faites un montage,
00:44:54il raconte que des conneries, c'est totalement fou.
00:44:57Boulanger s'obstine.
00:45:03Alors les gendarmes mettent en place un stratagème.
00:45:06Ils se débrouillent pour que Boulanger croise Riste dans le couloir,
00:45:11comme par hasard.
00:45:11Riste a regardé Boulanger dans les yeux, il lui a dit, quelque chose comme ça,
00:45:23je te préviens, j'ai parlé, tu vas parler.
00:45:27Il a regardé droit dans les yeux.
00:45:30Monsieur Boulanger a fait demi-tour, il s'est assis au bureau, il a dit,
00:45:33bon, ok, le chef a parlé.
00:45:37Il a regardé dans les yeux, on a tout senti un changement d'attitude de monsieur Boulanger.
00:45:45Laurent Boulanger se met donc à table.
00:45:48Mais il affirme qu'il n'a fait que suivre les instructions d'Emmanuel Riste.
00:45:52De l'autre côté du couloir, les gendarmes poursuivent l'audition de Riste.
00:45:58Il leur confirme ce qu'ils avaient deviné depuis longtemps.
00:46:03La garde a vu ce terme ligne pour monsieur Riste.
00:46:06Et puis, il dit, je suis le cerveau de l'affaire de Erlissin.
00:46:13Une affaire dans laquelle il n'était pas deux, mais trois.
00:46:19Lui, Laurent Boulanger, et un certain Laurent Peterschmidt.
00:46:32Monsieur Schulz, est-ce qu'on en sait un peu plus sur l'explosion du cabanon ?
00:46:37Sur l'explosif qui a été utilisé ?
00:46:39L'explosif utilisé, selon Riste, était du TNT.
00:46:46Mais ce n'est pas ce qu'on va retrouver.
00:46:48On a retrouvé de la poudre noire.
00:46:52Pourquoi Riste parle de TNT si ce n'est pas ça ?
00:46:57Il se vante ?
00:46:58Peut-être s'est-il donné une bonne conscience à l'égard de celui qui l'accompagnait
00:47:03pour montrer qu'il était un véritable terroriste, alors qu'il ne l'était peut-être pas.
00:47:10Il y avait une volonté de tuer dans ce dispositif ?
00:47:13Il y avait certainement une volonté de tuer, puisqu'il le dit lui-même, lorsqu'il a été entendu,
00:47:21que ce dispositif devait amener la mort de celui qui ouvrirait la porte.
00:47:28Et donc il est mis en examen ?
00:47:30Il est mis en examen.
00:47:32Pour ?
00:47:33Pour tentative de meurtre aggravée par la circonstance raciale,
00:47:40c'est-à-dire que les faits ont été commis sur une personne à raison de sa race, de sa religion ou de ses origines.
00:47:48Riste termine sa garde à vue en disant « Je suis le cerveau d'Erlischein ».
00:47:54Il revendique parce qu'il s'affuble le rôle de chef d'un groupe structuré, capable d'exaction de ce type-là.
00:48:08Boulanger et Peter Schmitt ne nient pas eux non plus, c'est ça ?
00:48:12Non, il ne nient pas. Bien au contraire, il décrive Riste comme étant le chef.
00:48:21Du coup, le forestier qui avait été mis en examen, il est innocenté.
00:48:25Cela va de soi. Le forestier bénéficiera bien entendu d'un non-lieu pour les faits qui lui étaient reprochés.
00:48:35Riste raconte que c'est lui qui a dirigé la profanation du cimetière juif.
00:48:42Il a mis au point son plan les jours précédents, c'était presque une obsession.
00:48:49Le 29 avril 2004, après sa ronde de nuit, Riste retrouve Boulanger vers 23h30.
00:48:58Laurent Peter Schmitt les rejoint, il est vigile, comme eux.
00:49:01Alors Laurent Peter Schmitt, c'est également un des anciens collègues, qui n'aime pas non plus la racaille.
00:49:09Alors il va le dire aussi, très rapidement, il n'aime pas la racaille.
00:49:13Donc il va leur donner un coup de main.
00:49:15Un peu avant minuit, le trio prend la route de Erlichheim.
00:49:22Les trois hommes portent leur tenue de vigile.
00:49:27Munis de torches et de bombes de peinture, ils enjambent le mur du cimetière.
00:49:32Ces Riste, qui dirigent les opérations, Boulanger et Peter Schmitt obéissent.
00:49:42C'est lui qui va leur dire, tiens, tu prends le côté là, moi je prends le côté là.
00:49:52Laurent Peter Schmitt va nous dire, qui lui a posé la question, mais je fais quoi ?
00:49:56Oh ben t'as qu'à faire ça, les croix gamines, les croix celtiques.
00:50:01Voilà quoi.
00:50:01Donc il va y avoir un chef et des ouvriers.
00:50:05Plus d'une centaine de sépultures sont profanées.
00:50:14Loin de minimiser sa responsabilité,
00:50:17Emmanuel Riste revendique la profanation des tombes juives.
00:50:23Il est fier de ce qu'il a fait,
00:50:26c'est ce qu'il avait l'intention de faire,
00:50:28donc il est content, il est content de nous en parler.
00:50:30C'est moi qui l'ai fait.
00:50:33Il n'a pas vraiment d'explication, en définitive,
00:50:35sur la raison, le pourquoi, le comment,
00:50:39il s'en prend un cimetière israélite.
00:50:42Mais c'est en fait pour marquer des communautés.
00:50:46Emmanuel Riste se présente comme un militant de la cellule tiwase.
00:50:51Mais qui se cache derrière cette étiquette ?
00:50:53Emmanuel Riste et ses complices, ou un réseau organisé ?
00:50:58C'était quand même la question évidemment qu'on se posait.
00:51:00Est-ce qu'on laisse derrière des tas d'autres individus
00:51:02qui vont continuer à commettre ce genre de faits ?
00:51:07Est-ce qu'on est en face à des gens hyper dangereux ?
00:51:11Est-ce qu'on doit mettre en place des moyens plus conséquents
00:51:13pour combattre ce genre d'individus ?
00:51:15Et on n'arrive en fait à rien, si ce n'est qu'en fait il n'y a rien.
00:51:19C'est son idée, c'est sa cellule, c'est lui le totalitaire, c'est lui.
00:51:24Tiwase 2882, la plaque, c'est lui qui l'a.
00:51:27C'est personne d'autre.
00:51:28Maître Renaud Betcher, vous êtes l'avocat d'Emmanuel Riste.
00:51:36Qu'est-ce que vous vous dites la première fois que vous vous rencontrez ?
00:51:39Je lui dis une chose.
00:51:40Je ne serai jamais la caisse de résonance de cette idéologie.
00:51:45Il n'en est pas question.
00:51:47Je ne vous défendrai jamais sur ce terrain-là.
00:51:49Je vous défendrai.
00:51:50Mais tout ça, toutes ces idées, je ne veux plus en entendre parler.
00:51:53Et on n'en parle pas.
00:51:54Et on n'en parlera pas.
00:51:55Et lui, il vous dit quoi ?
00:51:57Il accepte le contrat.
00:51:59Dans quel est son parcours ? Dans quelle famille il a été élevé ?
00:52:02C'est un homme qui est issu d'une famille qui n'a justement aucune raison de permettre à celui-ci d'avoir cette pensée.
00:52:13Les deux grands-pères d'Emmanuel Riste étaient des malgré nous.
00:52:17Étaient des gens en relais de force dans l'armée allemande.
00:52:20Et il y a normalement un rejet profond de par la population alsacienne de tout ce qui se rapporte à cette période terrible.
00:52:30Comment vous définiriez son idéologie ?
00:52:34Elle est résolument nazie.
00:52:36C'est un homme qui s'intéresse à cette période, forcément, qui cherche ses références idéologiques, culturelles, si on ose dire, au travers de cette période.
00:52:49C'est un garçon qui est, à mon sens, esselé et qui se raccroche à cette période comme d'aucuns se raccrocheraient à une famille.
00:53:01Sous les verrous, Emmanuel Riste et ses complices n'en ont pas fini avec les gendarmes.
00:53:13Après l'affaire du cimetière et celle du cabanon, un troisième dossier les attend.
00:53:17Les gendarmes sont persuadés que le trio n'est pas étranger au meurtre de Mohamed Mazini.
00:53:22A Goudolsheim, les gendarmes entendent de nouveau les habitants de la rue du château.
00:53:29Ils font tous la même description du chauffeur de la Golfe.
00:53:33On nous parle d'un gars au crâne rasé ou chaud, assez costaud.
00:53:41C'est vrai que la description correspond à Emmanuel Riste.
00:53:46La même coupe de cheveux, mais ce n'est pas suffisant.
00:53:53Pour ma part, je reviens sur la Golfe que j'ai contrôlée un an après les fêtes 2001.
00:54:00Propriétariste Emmanuel.
00:54:01Il s'agit bien de la voiture qu'il avait croisée un an après le meurtre.
00:54:07Mais à l'époque, il n'avait pas cherché à savoir à qui elle appartenait.
00:54:13En prison, les langues se délient.
00:54:15Laurent Boulanger devient tout à coup très bavard.
00:54:20Il va nous indiquer qu'Emmanuel Riste lui a raconté, il y a quelques années,
00:54:26qu'il avait tué un arabe à Goudolsheim.
00:54:30Laurent Peter Schmitt, lui aussi, se confie.
00:54:37Il nous dit comme ça, il est capable de le tuer.
00:54:43Ah, oui.
00:54:45Et non seulement il est capable de le tuer, mais il l'a déjà fait.
00:54:50Il l'a fait en 2001.
00:54:55Un marchand de tapis qui était tué, ça c'est M. Riste.
00:55:00Les gendarmes n'ont aucune preuve contre Riste.
00:55:03Pour le coincer, ils lui mettent la pression.
00:55:05Ils l'entendent régulièrement.
00:55:07Entre eux et lui, c'est le jeu du chat et de la souris.
00:55:10On parle de pistolet et il me parle d'un 765.
00:55:17J'ai dit, c'est incroyable, j'ai dit, vous allez tous un 765.
00:55:20Et il y a quelque chose de ce type-là, je ne saurais plus vous le dire exactement.
00:55:23Il me regarde et il me sourit.
00:55:24Ça s'est passé à de nombreuses reprises.
00:55:29Jamais ni marchand de tapis, ni Gundolsheim, ni Mazzini, ni Meurthe, ni rien, n'ont jamais été prononcés.
00:55:36Mais pendant des mois, parfois je vais lui lancer un petit truc, parfois il va m'en renvoyer.
00:55:42D'allusion en allusion, Riste sent que l'étau se resserre.
00:55:48Il en parle à sa compagne pendant le parloir.
00:55:51Il ne sait pas qu'un micro a été installé pour le piéger.
00:55:55Ce qu'il va dire à sa compagne, c'est qu'il va être entendu à nouveau pour Gundolsheim.
00:56:05Et elle lui dit, mais quoi, qu'est-ce que tu racontes ?
00:56:07Et il lui répond, mais t'es quoi, t'es con Sabine ou quoi ?
00:56:11Si jamais il y a mon ADN sur une douille, j'en prends pour un temps.
00:56:18Ça veut dire qu'on ne se trompe pas.
00:56:21Et qu'il a bien confié certaines choses à Laurent Boulanger.
00:56:26Les gendarmes ont suffisamment d'éléments pour placer Emmanuel Riste en garde à vue.
00:56:31Six ans après le meurtre de Mohamed Mazzini, il l'extrait de sa cellule.
00:56:35Mais rien ne se passe comme prévu.
00:56:40Et lui le fait signer son tout de garde à vue.
00:56:43Et là, M. Ritannique, c'est de colère.
00:56:47Prends le papier, nous le chiffonnes, nous le jettes par terre.
00:56:51Alors là, je ne vous dis pas.
00:56:52Il râlait.
00:56:55Oui, vous voulez me coller un assassinat sur le dos.
00:56:58Et puis tout en discutant comme ça, on est arrivé à revenir comme on est revenu comme on était avant.
00:57:06A rediscuter avec lui.
00:57:07Ah, tac.
00:57:09Et puis il dit, d'un coup, je vais m'instiller.
00:57:13Il décrit sur le tableau comme ça, 20 mai 2001, 12h32.
00:57:22Ça vous dit quelque chose ?
00:57:23Ben oui, ça nous dit quelque chose.
00:57:25Et là, il nous explique de A à Z le meurtre de M. Mazzini.
00:57:31Emmanuel Rist raconte au gendarme sa version d'essai.
00:57:38Le 22 mai 2001, il rentrait du travail au volant de sa golf.
00:57:42Quand un marchand de tapis lui a coupé la route en plein centre de Gundelsheim, dans la rue principale du village.
00:57:51L'homme lui aurait alors fait un geste obscène.
00:57:54Il l'aurait insulté.
00:57:57À ce moment-là, Rist est descendu de voiture.
00:58:00Il voulait s'expliquer avec le marchand de tapis.
00:58:04Mohamed Mazzini lui aurait répondu, j'ai du travail, dégage.
00:58:08Sinon, je vais chercher du monde.
00:58:11Pendant que Rist remontait en voiture, Mazzini aurait donné un coup de pied dans le rétroviseur.
00:58:16Fou de rage, le vigile a pris un pistolet dans la boîte à gants pour faire peur au marchand de tapis.
00:58:22Il ajoute, il m'a craché dessus.
00:58:23Cela m'a profondément énervé.
00:58:27Il a pris la balle dans la nuque.
00:58:28Il est tombé.
00:58:30Je suis retourné à mon véhicule et je suis rentré chez moi.
00:58:34Il était 12h32.
00:58:38Emmanuel Rist affirme qu'il n'est resté qu'un quart d'heure sur place.
00:58:42Une altercation avec Mohamed Mazzini.
00:59:00C'est comme ça que Rist justifie son crime.
00:59:03Mais ce mobile ne convainc pas grand monde.
00:59:10On ne voit pas comment quelqu'un qui n'a aucune espèce d'agressivité dans son entourage professionnel, dans son cercle familial, dans son cercle amical,
00:59:20viendrait du jour au lendemain traverser la rue, faire un bras d'honneur à quelqu'un, lui cracher à la figure, en même temps casser le rétroviseur,
00:59:26le tout avec des tapis qui pèsent quand même très lourd sur les poules.
00:59:29C'est absolument pas cohérent.
00:59:33Emmanuel Rist affirme qu'il a agi sous le coup de la colère.
00:59:36Il n'avait pas l'intention de tuer Mohamed Mazzini.
00:59:38Mais la reconstitution prouve le contraire.
00:59:42Les riverains avaient tous remarqué le manège de la Golfe, comme si Rist était en chasse.
00:59:50La voiture est là, elle passe, elle repasse, elle s'arrête, elle repart.
00:59:54En fait, sur les différents voisins qui ont été entendus, la voiture est au moins une heure, une heure et quart, voire même un peu plus.
01:00:04Donc, il est sur le secteur, on va dire, une heure, une heure et quart.
01:00:10Si les témoins disent que ça fait une demi-heure que le gaz circulait, ça fait une demi-heure qu'il était là et qu'il attendait,
01:00:18on a presque le gaz avant.
01:00:20Il attend quelqu'un, il cherche quelqu'un.
01:00:23Et ce quelqu'un, Rist l'a trouvé en traversant Goodallsheim le 22 mai 2001.
01:00:29C'est un Marocain.
01:00:30Comme il l'avait annoncé dans le tract d'Ozenbach, Rist est prêt à passer à l'attaque.
01:00:41Il avait annoncé qu'il commettrait quelque chose.
01:00:44Donc, ça, son tract, il est de 2001.
01:00:52Et Mohamed Mazzini est tué en 2001.
01:00:54Donc, on peut imaginer qu'il avait prévu son coup.
01:00:58Il aurait dit quand même à M. Peter Schmitt, je l'ai exécuté, il est tombé comme une merde.
01:01:04On n'est ni dans une bagarre où on s'est échauffé, ni quelqu'un qui est dans un état de colère, ni quelqu'un...
01:01:21Non, c'est complètement froid.
01:01:24Et c'est ça qui fait, je dirais, l'épouvantable, l'effroyable de ce geste-là.
01:01:31Maître Betcher, Rist prétend qu'il s'agissait d'une dispute entre deux hommes.
01:01:44Est-ce qu'il espère ainsi faire moins mauvaise impression ?
01:01:46C'est son discours.
01:01:48C'est ce qu'il indique.
01:01:50Or, il n'y a pas de témoin.
01:01:51Personne n'a vu le drame se nouer.
01:01:54Donc, il appartient à l'accusation de venir rapporter la preuve que c'est une exécution.
01:02:01Lui, il s'est senti en danger, il a sorti son arme, il a tiré.
01:02:04Rist reconnaît le crime raciste, le mobile raciste.
01:02:09Le mobile d'avoir tué, non, puisqu'il dit qu'il a pris peur, qu'il a sorti son arme à ce moment-là.
01:02:17En revanche, les actes préliminaires, en quelque sorte, ont une connotation fondamentalement et foncièrement raciste, en effet.
01:02:25Sachez quand même que Rist était toujours armé.
01:02:29Et les gens qui sont armés, généralement, ce sont des gens qui ont peur.
01:02:32Il est finalement mis en examen pour meurtre ou pour assassinat ?
01:02:36Il est mis en examen pour assassinat et renvoyé comme tel devant la cour d'assises.
01:02:40Le tract d'Ozenbach, c'est lui ?
01:02:44C'est lui.
01:02:45Pour autant, ce n'est pas un tract qui dit expressément qu'il va y avoir crime derrière.
01:02:50Donc, dans ce contexte, comment abordez-vous le procès pour la profanation ?
01:02:56Moi, je me suis acharné à tenter une réconciliation entre cet homme et la communauté juive
01:03:05qui a été particulièrement blessée par ses actes.
01:03:10Il n'était pas question d'être une caisse de résonance de cette idéologie aussi folle.
01:03:22La salle d'audience du tribunal de Colmar est comble ce 10 septembre 2007.
01:03:28Trois ans après les faits, les profanateurs font leur entrée.
01:03:31Emmanuel Riste, Laurent Péterschmidt et Laurent Boulanger prennent place sur le banc des prévenus.
01:03:38En tant que père, on se pose la question, qu'est-ce que j'ai fait ?
01:03:43Ou qu'est-ce que je n'ai pas fait ?
01:03:47Moi, je n'approuve pas ce qu'il a fait, loin de là.
01:03:50Loin de là.
01:03:52Mais qu'on le mette dans le même sac qu'Emmanuel Riste, non ?
01:03:58Boulanger va dire, et c'est vrai qu'on a plutôt tendance à voir, que lui, tout ça, il s'en moque.
01:04:02Il a trouvé un chef, quoi.
01:04:03Il a trouvé une référence, un modèle.
01:04:06Il n'y a pas d'idéologie chez Boulanger.
01:04:08Très honnêtement, je ne le pense pas.
01:04:09Il y a une idéologie chez Riste.
01:04:11Vraiment, il est dans le mythe de la culture arienne.
01:04:17Emmanuel Riste considère qu'il est un exemple d'Arien.
01:04:20Et donc, il se comporte en arien.
01:04:24Face au tribunal, il affirme même qu'il a agi pour le compte d'un réseau, sans donner plus de détails.
01:04:32Je me souviens d'un moment où Riste dit qu'il rencontrait des gens dont il ne connaissait pas l'identité,
01:04:40dans des cafés, qui venaient de lui donner des instructions,
01:04:45en lui disant qu'il faut faire ci, qu'il faut faire ça, à tel moment, à telle date, et telle opération.
01:04:51Riste, le bras armé des mouvements néo-nazis, l'avocat de la partie civile y croit.
01:04:56Il remet en cause l'enquête des gendarmes.
01:05:01Il ne s'agit pas de dire que l'Alsace, c'est une terre particulièrement raciste ou antisémite,
01:05:05mais c'est effectivement une zone frontalière, avec une grande perméabilité avec l'Allemagne.
01:05:10Il voulait que je dise qu'en Alsace, on avait des groupuscules et des groupes néo-nazis.
01:05:17Le travail d'investigation, c'est nous qui l'avons fait.
01:05:20Et rien ne nous a permis de déterminer qu'un réseau structuré existait derrière Emmanuel Riste.
01:05:26Et je le répète encore, M. Schultz, qui était procureur à Colmar,
01:05:31était très très attaché à cette question.
01:05:34Et nous avons mis tous les moyens qu'on y a pu,
01:05:36et qui nous ont permis de déterminer qu'Emmanuel Riste fonctionnait seul.
01:05:41Que ça plaise ou déplaise à qui que ce soit.
01:05:45Pour les gendarmes, c'est bien Riste qui a organisé la profanation du cimetière juif.
01:05:50C'est lui, le chef de Boulanger et de Peter Schmitt.
01:05:54J'ai envie, j'ai envie d'avoir entraîné mon fils.
01:06:01Et il le sait.
01:06:03Il le sait que j'en ai, il me connaît, il sait que je ne peux pas lui pardonner ça.
01:06:08Ça c'est normal.
01:06:09Emmanuel Riste est condamné à 30 mois de prison.
01:06:15Laurent Boulanger, 18.
01:06:17Laurent Peter Schmitt, lui, est cop de 6 mois de prison.
01:06:21Il ressort libre du tribunal.
01:06:25Je m'excuse auprès de toute la population juive.
01:06:27J'ai fait une énorme connerie.
01:06:29J'en assume les conséquences et ça s'arrête là.
01:06:32La suite de votre vie ?
01:06:34Dans le droit chemin, c'est tout.
01:06:39Monsieur le procureur, dans votre réquisitoire, vous avez demandé 3 ans contre Riste, 2 contre Boulanger et 1 an contre Peter Schmitt.
01:06:52Pourquoi une telle sévérité ?
01:06:53Pour dissuader tous ceux qui seraient amenés à recommencer des faits de même type, à s'abstenir.
01:07:02À profanation exceptionnelle, fallait-il une peine exemplaire ?
01:07:09L'affaire du Cabanon rappelle devant la justice Emmanuel Riste et Laurent Boulanger en mars 2009.
01:07:21Cette fois, ils répondent de leurs actes devant une cour d'assises pour tentative de meurtre aggravé.
01:07:27Mais la cour requalifie les faits en « violence volontaire aggravée ».
01:07:31La peine encourue est donc moins lourde.
01:07:33Boulanger et Riste sont condamnés à 10 ans.
01:07:36Riste, lui, n'en a pas terminé.
01:07:38Il doit comparaître encore pour l'assassinat de Mohamed Mazzini.
01:07:44Cette fois, Riste est seul devant la cour d'assises.
01:07:47Il encourt la perpétuité.
01:07:49La justice le poursuit pour assassinat parce qu'elle considère qu'il a prémédité le meurtre de Mohamed Mazzini.
01:07:54Après deux procès pour actes racistes et antisémites, Riste veut faire croire qu'il a changé.
01:08:02Il va dire qu'il est navré de tout ce qu'il a pu faire, qu'il était profondément raciste, qu'il détestait les juifs, les noirs et les arabes, mais que ça, c'était avant, il y a longtemps.
01:08:17Qu'aujourd'hui, au contraire, il trouve que ce sont des gens très bien.
01:08:20Donc, pour vous donner un exemple, il a écrit à Obama pour lui dire à quel point il était content qu'un noir soit président des Etats-Unis.
01:08:30Une lettre à Barack Obama.
01:08:33Riste est prêt à tout pour montrer à la cour qu'il n'est plus le même homme.
01:08:37Il tente même de convaincre le fils aîné de Mohamed Mazzini.
01:08:41M. Riste a eu balbutié quelques paroles du genre de « votre père méritait de vivre et je l'ai tué ».
01:08:51Oui, d'accord. Oui.
01:08:54Mais il n'a pas été plus loin que ces propos-là.
01:09:00Les regrets d'Emmanuel Riste s'arrêtent là. L'accusé n'en dira pas plus.
01:09:05Le cheminement de comment il en est arrivé là, il n'y a rien qui explique dans son parcours tout ça.
01:09:09Il n'y a absolument rien. Il n'est pas né pendant la guerre. Il n'a pas des parents ni nazis ni racistes.
01:09:15Pourquoi étais-tu raciste à ce point-là, mon brave garçon ?
01:09:18Voilà la question qu'on avait envie de lui dire. Qu'est-ce qui, dans ta vie, justifie ça ?
01:09:22C'est la question centrale de l'audience. Pourquoi Riste a-t-il tué un homme ? Qu'est-ce qu'il motive ?
01:09:29Il tue cette personne parce qu'elle représentait l'étranger.
01:09:33On voit bien que si on reprend les choses, on se dit « mais c'est absurde de considérer cette personne comme un ennemi ».
01:09:39Je dis oui, bien sûr, c'est totalement absurde parce que ce n'est pas un ennemi au sens où on pourrait l'entendre.
01:09:44C'est un ennemi que lui-même a désigné.
01:09:47C'est l'histoire terrible de la rencontre de quelqu'un qui a une grande faiblesse
01:09:52et qui la surcompense en rejoignant une idéologie.
01:09:59Comme d'autres, quelquefois, j'allais presque dire, ça pourrait être quelqu'un qui aurait rejoint une secte.
01:10:09Pour sauver la face, Riste propose une nouvelle version du meurtre.
01:10:14En effet, il y croyait que Mohamed Mazzini, en tout cas le marchand de tapis, avait une arme dans son tapis.
01:10:25On me demande ce que j'en pense.
01:10:27Je ne sais même plus comment on me demande.
01:10:29Mais je voulais que je vous dise.
01:10:31Je pense que les jurés sont capables de se faire leur propre idée
01:10:40sur le fait qu'un marchand de tapis se trimballe avec une arme dans ses tapis en faisant du porte-à-porte.
01:10:46Riste est acculé.
01:10:48Son avocat vole à son secours.
01:10:50Il affirme que la balle qui a tué Mazzini est partie accidentellement.
01:10:54Les jurés ne le suivent pas, mais ils estiment tout de même que Riste n'a pas prémédité son geste
01:11:00malgré le tract qui appelait à des raids punitives.
01:11:04Pour eux, il s'agit d'un meurtre, pas d'un assassinat.
01:11:07Je pense que si on n'a pas reculé la préméditation aussi, c'est parce que les jurés ont d'y penser
01:11:11que comme ils ne connaissaient pas Mazzini, il ne pouvait pas y avoir de préméditation.
01:11:16Et c'est difficile d'intégrer l'idée que oui, il pouvait y avoir une préméditation.
01:11:19Je tue aujourd'hui un arabe, n'importe lequel, mais je le tue.
01:11:23Emmanuel Riste échappe à la perpétuité.
01:11:27Le 23 juin 2011, il est condamné à 20 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté de 13 ans.
01:11:33Maître Betcher, votre client prend 20 ans, dont 13 ans de sûreté. Quelle est sa réaction ?
01:11:48Comme il l'avait dit, j'assume, je prends, je ne contesterai pas et je ne fais pas appel.
01:11:54Comment peut-on expliquer la requalification de l'assassinat en meurtre ?
01:11:59Ça a été relativement simple. La directrice d'enquête est venue à la barre.
01:12:05Les questions sont posées. J'en pose qu'une seule.
01:12:09Est-ce que vous avez la preuve qu'Emmanuel Riste a assassiné cet homme ?
01:12:18Et peut-être décontenancé par la simplicité de cette question. Elle dit non, on n'a pas rapporté la preuve. Et c'était fini.
01:12:26En définitive, avez-vous trouvé une clé à l'énigme Riste ?
01:12:32Lors de ce dernier procès, sa sœur est venue témoigner à la barre. Et elle a livré à la cour quelque chose d'effrayant.
01:12:40Un médecin avait dit à la mère d'Emmanuel Riste et aux parents, surtout ne vous attachez pas à cet enfant.
01:12:47Ne vous attachez pas à cet enfant, il va mourir.
01:12:50Et cet enfant a été, au sens psychologique, exposé. C'est-à-dire, il a été livré à lui-même. C'est-à-dire qu'on l'a alimenté, on l'a habillé, mais on ne l'a pas aimé.
01:13:02Et je pense qu'un être humain qui est privé de cette affection fondamentale qui est celle de sa mère, plus particulièrement, ce contact, et de son père aussi,
01:13:16je pense que, oui, c'est peut-être la clé de l'énigme de ce parcours aussi fou. C'est affreux.
01:13:25Mimoune Malzini, comment vous avez vécu ce procès ?
01:13:35C'est très, très, très dur de vivre tous les jours de procès avec l'homme qui a assassiné ou exécuté mon père.
01:13:45Et comment avez-vous réagi au verdict ?
01:13:49La justice française a donné, lui a donné 20 ans.
01:13:52Et même s'il donne 80 ans, il va rester l'assassin de mon père.
01:14:01Qu'avez-vous pensé de ses excuses ?
01:14:04C'est bien qu'il a s'excusé, mais je ne peux pas l'excuser parce que c'était exprès.
01:14:12Ce n'était pas un accident.
01:14:14C'est un crime raciste ?
01:14:15C'est un crime raciste, oui.
01:14:1710 ans après la mort de Mohamed Mazzini, ses proches ont été enfin indemnisés.
01:14:27En prison, Emmanuel Rist a commencé des études.
01:14:31Il a passé un CAP de cuisinier et un diplôme d'accès à l'université.
01:14:35C'est un crime raciste.
01:15:05Et maintenant, pour plus d'infos sur l'émission et réagir à cette affaire,
01:15:32rendez-vous sur france2.fr
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