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00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Rue Di Saada.
00:04Les autorités parlent d'un début d'épidémie probable.
00:08Au 5 août 2025, 21 épisodes de transmission d'autochtones
00:11ont été identifiés en France pour le chikungunya, 16 épisodes et 5 de dingue.
00:18Pour en parler, nous sommes en ligne avec le professeur Bruno Mégarban,
00:22chef du service de réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris.
00:25Bonsoir.
00:26Bonsoir.
00:27Merci d'être avec nous ce soir.
00:30Ce sont des maladies qu'on n'a pas l'habitude de connaître ici en métropole.
00:35Que s'est-il passé pour voir ce début d'épidémie ici en France, en métropole ?
00:42Vous avez raison.
00:43Ce sont essentiellement des maladies virales que l'on attrape lors de séjours en zone tropicale.
00:49En fait, avec le réchauffement climatique, les conditions de chaleur et d'humidité
00:53permettent désormais aux moustiques tigres, qui est le vecteur de transmission de ces agents viraux,
01:02de se développer sur le territoire de la métropole.
01:06Et donc, effectivement, nous avons désormais quelques cas, comme vous l'avez signalé, autochtones,
01:12c'est-à-dire de personnes qui n'ont jamais mis le pied en zone tropicale et qui vont développer la maladie,
01:18c'est-à-dire le chikungunya, environ 115 cas, et la dengue, environ 11 cas cette année.
01:27Donc, en raison de la présence de ce moustique, qui va donc piquer un sujet qui, lui, a séjourné en zone tropicale,
01:35infecté par le virus, et va ainsi pouvoir transmettre le virus vers des personnes
01:39qui n'ont jamais mis le pied en zone tropicale.
01:42Quels sont les symptômes et la dangerosité du chikungunya ?
01:46Alors, ce sont des infections virales, dans leur majorité des cas, plutôt bénignes, mais un peu ennuyeuses.
01:55C'est-à-dire que vous allez avoir une fièvre importante, des maux de tête, des douleurs musculaires,
01:59et pour le chikungunya, essentiellement des douleurs articulaires, voire des éruptions cutanées,
02:05des atteintes des yeux, des conjonctivites, quelque chose de banal, qui guérit.
02:09Mais chez les sujets les plus âgés, les immunodéprimés, les choses peuvent prendre des caractères un peu plus dangereux,
02:17et notamment avec des douleurs pour le chikungunya qui vont être un peu plus chroniques.
02:21Pour la dengue, il peut y avoir, de façon rare là aussi, des formes plus sévères,
02:25avec des fièvres hémorragiques, et donc ce qu'on appelle des états de choc,
02:33qui peuvent malheureusement, dans le cadre de défaillances viscérales, conduire au décès.
02:37Mais ça restera. Globalement, ce sont donc des maladies plutôt peu dangereuses,
02:43mais très ennuyeuses, beaucoup plus que la grippe.
02:45Les autorités surveillent de près la progression de ces deux maladies.
02:50Est-ce qu'on peut imaginer une propagation à grande échelle en métropole ?
02:58En fait, comme vous l'avez compris, l'histoire est essentiellement celle du vecteur,
03:03c'est-à-dire de ce moustique tigre, qui est en fait originaire d'Asie du Sud-Est,
03:09et qui fait partie des espèces les plus invasives.
03:12En fait, il s'adapte très facilement à son environnement,
03:17que ce soit la température, les conditions de pluviométrie, la nature des sols.
03:23Il peut coloniser des gîtes larvaires naturelles ou créées par l'homme,
03:29et résiste facilement à ses prédateurs, et peut ainsi se développer.
03:35Et donc typiquement, en fait, il va pouvoir coloniser et pondre ses œufs
03:40dans des gîtes comme des vases, des soucoupes de peaux de fleurs,
03:44donc des eaux stagnantes dans le milieu de vie humain,
03:48c'est-à-dire dans votre propre jardin,
03:50dans des vieux pneus éventuellement, dans des récipients,
03:54à condition que tout s'assoie relativement dans l'ombre.
03:57Et à ce moment-là, évidemment, il va se développer et peut piquer des personnes.
04:01Et donc si vous avez à proximité deux personnes,
04:03l'une ayant séjourné dans un pays tropical et porteur du virus,
04:09et l'autre non, le vecteur va permettre la transmission de l'agent viral
04:14d'une personne à l'autre.
04:16Donc il n'y a pas de transmission inter-humaine directe,
04:18il faut passer par le moustique.
04:21Et donc je dirais, plus il y a des moustiques-tigres
04:23qui se multiplient sur le territoire,
04:26et plus évidemment il va y avoir de risques,
04:28avec les voyages intercontinentaux, d'avoir une épidémie autochtone.
04:31Est-ce qu'on a le risque de voir ce genre de maladies
04:37avec le réchauffement climatique se multiplier en France,
04:41pas les mois, puisque l'automne et l'hiver arrivent,
04:46mais dans les années à venir, avec des étés,
04:48on le voit et c'est indéniable qu'ils sont de plus en plus chauds ?
04:51Oui, tout à fait, évidemment.
04:54Alors aujourd'hui, la principale région en France
04:57où il y a le Chikungunya, c'est la Réunion.
05:01Et donc en fait, là-bas, il y a des épidémies
05:03où on estime, en phase, en pic épidémique,
05:07jusqu'à 20% de la population est contaminée,
05:10a été piquée et porteuse du virus.
05:13Donc c'est responsable d'infections épidémiques
05:18avec une immunité collective qui va s'installer
05:21et qui va régler le niveau, un peu comme la Covid,
05:23dont on a parlé,
05:25qui va régler le niveau de transmission
05:27et d'importance de la maladie dans la population.
05:32Et donc ça, on pourrait le retrouver peut-être,
05:34évidemment, avec le réchauffement,
05:36si celui-ci s'accélérait,
05:37car toutes les conditions pourraient être réunies
05:39pour que, premièrement,
05:42le vecteur se répande
05:44et deuxièmement, le virus apparaisse.
05:46Bruno Megerban, justement,
05:48ce virus Covid a été arrêté
05:51par une vaccination de masse.
05:53Est-ce qu'on peut imaginer
05:55une vaccination contre le chikungunya ?
05:58Alors, contre le chikungunya,
06:01il y a bien un vaccin qui a été mis au point,
06:04récemment,
06:05qui a donc été même recommandé
06:07l'année passée
06:09pour la population à risque
06:11vivant en zone d'endémie
06:14et pouvant être contaminée.
06:18Puis, secondairement,
06:19en raison d'effets secondaires,
06:21encore en cours d'investigation,
06:24la population un peu âgée
06:27a été retirée des zones d'indication.
06:31Et donc, pour le moment, on va dire,
06:33les choses ne sont pas au point.
06:34Donc, il faut être encore prudent.
06:37La meilleure façon de se prévenir
06:39reste d'utiliser des répulsifs
06:42pour les moustiques,
06:44des moustiquaires,
06:45de mettre des vêtements amples
06:47et couvrants.
06:48Et puis, évidemment, surtout,
06:49de procéder de façon collective
06:51à une lutte vectorielle
06:52dans la population et dans le pays.
06:55Bruno Mégarban,
06:56je crois que Gilles Boutard
06:57avait une petite question pour vous
06:58pour terminer.
06:58Vous avez commencé à y répondre.
07:01C'est-à-dire que je me demandais
07:02s'il fallait être fataliste
07:03face à cette nouvelle donne
07:05ou si nous avions une capacité
07:07de réaction collective.
07:10Est-ce qu'il y a des bonnes pratiques
07:11dont il faut s'inspirer,
07:13notamment dans les pays
07:14qui sont habitués à avoir
07:16tous ces moustiques ?
07:17Oui, tout à fait.
07:19Il ne faut jamais être fataliste.
07:20Malheureusement,
07:21le réchauffement climatique
07:22nous attend.
07:22On en voit les conséquences
07:24quotidiennement
07:24avec les canicules
07:26qui vont se multiplier.
07:27Évidemment,
07:29la flore,
07:30la faune,
07:31les insectes
07:32vont s'adapter
07:34et varier.
07:35Et donc,
07:36de nouvelles maladies
07:36vont émerger
07:37en métropole.
07:39Alors, oui,
07:40il faut toujours regarder
07:41ce que font les pays
07:43où il y a des endémies
07:45depuis des centaines d'années.
07:47Et puis, bien sûr,
07:48il faut aussi utiliser
07:50les moyens modernes
07:51de la médecine,
07:52la vaccination,
07:54les nouvelles thérapeutiques
07:56spécifiques antivirales.
07:58Alors, pour le moment,
07:59malheureusement,
08:00il n'y en a pas encore
08:00pour les virus dont on parle.
08:03Mais peut-être
08:03et probablement
08:04dans le futur,
08:05des thérapeutiques spécifiques
08:07et des vaccins
08:08beaucoup plus efficaces
08:08et moins mieux tolérés
08:11que ceux actuellement disponibles.
08:13pourront voir le jour
08:14et donc,
08:15il faut rester évidemment optimiste.
08:16Alors, avant de vous libérer,
08:18nos deux chroniqueurs
08:18ont des questions pour vous.
08:19J'ai juste une petite question.
08:21Est-ce que vous n'avez pas peur
08:22que les gens soient
08:23en saturation de vaccins ?
08:26C'est-à-dire,
08:26est-ce que vous pensez
08:27que si un jour,
08:27il y avait besoin,
08:28en effet,
08:28de vacciner
08:29une population
08:30contre des moustiques
08:32qui reste pour beaucoup
08:33une menace
08:34qui n'est pas encore
08:34très prise au sérieux,
08:35je pense,
08:36par une partie des Français ?
08:36Est-ce que vous n'avez pas peur
08:38que les Français,
08:39la majorité d'entre eux,
08:40peut-être refusent
08:41des vaccins comme ça ?
08:42Alors, vous avez raison,
08:43mais à nouveau,
08:44on va dire,
08:46pour ces deux maladies virales,
08:47le chikungunya
08:47et la dengue,
08:48il faut bien sûr,
08:50d'ailleurs,
08:50un peu comme la Covid
08:51actuellement,
08:52dans sa version actuelle,
08:53ça reste une maladie bénigne
08:55pour la majorité des gens.
08:56Donc, il n'est pas question
08:56de faire des vaccinations.
08:57pour les bébés,
08:59justement,
09:00le chikungunya
09:01et la dengue
09:01portée par ces...
09:02Alors, on va dire,
09:03le chikungunya,
09:04c'est essentiellement
09:05les personnes âgées,
09:06immunodéprimées,
09:07qui risquent de faire
09:08des formes un peu plus sévères.
09:10Donc, aujourd'hui,
09:11comme je l'ai dit,
09:12il n'est peut-être pas encore adapté.
09:13Et pour la dengue,
09:14en fait,
09:14ce sont bizarrement
09:15des gens
09:16qui ont précédemment
09:17séjourné
09:18et été infectés
09:20en zone endémique
09:21qui font les formes
09:21les plus graves.
09:22Merci Bruno Megarman,
09:23chef du service réanimation
09:25de l'hôpital Lariboisière
09:25de Paris.
09:27Merci de nous avoir
09:27éclairés ce soir
09:28sur ces épidémies
09:31avec ce fameux
09:32moustique-tigre
09:33qui, effectivement,
09:34nous gâche un petit peu
09:35l'été.
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