- il y a 7 mois
- #filmcomplet
Monsieur de Fontenelle a résisté toute sa vie à la passion et aux sentiments amoureux, jusqu’au jour où il fait la rencontre d'Isabella, qui lui fait découvrir ce qu’il a toujours ignoré : l’amour.
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Genre : Nouveautés, Film Cinéma, Téléfilm, Romance, Histoire, Drame
© 2024 - Tous Droits Réservés #FilmComplet
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Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:00:00Musique
00:00:008 heures !
00:00:11Votre bouillon !
00:00:15Il faut le boire bien chaud, sinon ça ne vous fera aucun...
00:00:20aucun bien !
00:00:22Musique
00:00:24Sidon !
00:00:38Sidon ! Mathieu !
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00:01:21...
00:25:35À quoi bon ? Il s'est déjà reconnu.
00:25:43Je suis résolu à faire à l'académie
00:25:46une communication
00:25:48sur l'intelligence de l'asperge.
00:25:53C'est un légume particulièrement savoureux,
00:25:57mais aussi commande à manger.
00:25:59En somme, fait pour nous plaire,
00:26:01mais avec une discrétion qui enchante.
00:26:06Il suffit d'ailleurs de savoir
00:26:07comment poussent les asperges.
00:26:10Elles passent la tête
00:26:12pour d'abord voir si elles ne dérangent pas.
00:26:19Et puis alors,
00:26:21se sachant attendu,
00:26:23elles viennent,
00:26:25toutes entières.
00:26:29Aucun autre légume
00:26:30ne possèdent cette élégance.
00:26:35À vrai dire, monsieur,
00:26:36ça n'est pas précisément sur l'académie
00:26:38et les asperges qu'on vous attendait.
00:26:40Sur quoi d'autre ?
00:26:41Eh bien, sur ce qu'affirme monsieur de Vallière.
00:26:43L'absence de cœur.
00:26:45Vous avez dû mal entendre.
00:26:47Comment, cela ?
00:26:48Monsieur de Vallière pense que
00:26:50cela n'existe pas parce que le cœur,
00:26:52comme le cerveau,
00:26:53sont des organes qui lui sont encore étrangers.
00:26:55J'ai cru comprendre que pour l'instant,
00:26:59il ne s'intéressait qu'à la partie comprise
00:27:00entre la hanche et le genou.
00:27:02Bénissons l'esprit, monsieur.
00:27:10C'est lui qui vous tuera.
00:27:12Alors, ne songez plus à l'académie.
00:27:15Vous voilà déjà immortel.
00:30:30Venez, M. Leforger a promis de nous enseigner un nouveau jeu d'esprit.
00:30:37Je préfère me retirer.
00:30:39Comme vous voudrez.
00:30:40Ma nièce ne possède-t-elle pas une voix merveilleuse ?
00:30:43Sans doute, mais comment en aurais-je profité ?
00:30:47C'est à vous ?
00:30:50Je ne vois pas l'utilité de m'encombrer du bien d'autrui.
00:30:54Je veux dire, vous en avez réellement besoin ?
00:30:57Hélas, ma bonne amie, me voici parvenue à l'âge des accessoires.
00:31:12Monsieur.
00:31:18Monsieur.
00:31:21Quelqu'un parle ?
00:31:23Moi, monsieur.
00:31:27Votre esprit m'a charmé, monsieur.
00:31:42Je comprends que ma tante tienne tant à votre présence.
00:31:46Avez-vous aimé les airs que je chantais ?
00:31:49Votre voix et votre accent feraient aimer tous les airs du monde.
00:31:55Savez-vous que je connais vos entretiens sur la pluralité des mondes ?
00:31:59Ils sont très célèbres en Italie.
00:32:01Quelle chance a-t-il cette marquise d'être instruite par vous ?
00:32:05Des Mercure, des Vénus, des Jupiter.
00:32:09Mais je vous mets en retard.
00:32:11Bonsoir, monsieur.
00:32:12Nous sommes prêts, monsieur ?
00:32:20Pas moi.
00:32:20Je vous pardonne d'avoir interrompu mon chemin si vous acceptez que je me mette en travers du vôtre.
00:32:41Aurais-je droit à une licence d'astronomie ?
00:32:45J'aime les sciences, vous savez.
00:32:47J'imagine que vos soirées passées à instruire la marquise étaient pareilles à celle-ci.
00:33:01Enfin, voyons, vous vous conduisez avec moi comme si j'avais dix ans de moins.
00:33:05Puisque je ne peux prétendre tenir la place de votre marquise,
00:33:13je me contenterai de la beauté de ce spectacle.
00:33:16Qui cela serait ?
00:33:18Les sceaux et les savants.
00:33:21Je crois qu'un jour viendra où l'homme visitera les planètes.
00:33:24Vous avez raison.
00:33:26Il n'aura pas la sageuse d'y renoncer.
00:33:29Et il ne pourra s'empêcher d'y mettre de l'orgueil.
00:33:32Comme toujours.
00:33:33Vous étiez moins pessimiste avec la marquise ?
00:33:38Marquise ?
00:33:40Imaginaire ?
00:33:45Êtes-vous sérieux ?
00:33:47Je voulais raconter simplement les principes qui régissent l'univers,
00:33:51alors j'ai imaginé des conversations avec une marquise,
00:33:55le soir, dans le parc d'un château.
00:33:58Je rêvais d'un ouvrage ni trop sec, ni trop léger,
00:34:04mais il se peut bien qu'en cherchant un juste milieu qui convainc tout le monde,
00:34:08j'en ai trouvé un qui ne convienne à personne.
00:34:11Les justes milieux sont impossibles à tenir.
00:34:15On ne m'y prendra plus.
00:34:18C'est pourtant grâce à vous que les femmes prennent plaisir à la science.
00:34:22Beaucoup d'hommes ne vous le pardonneront jamais.
00:34:27Enfin,
00:34:28l'aveu que vous m'avez fait me dispense désormais de me montrer jalousie vers votre marquise.
00:34:33Je vous demande pardon.
00:34:34J'ai parlé de la jalousie.
00:34:39J'avoue, ignorez ce que c'est.
00:34:42Je vous crois.
00:34:43Il n'y a que la femme pour savoir.
00:34:47Allons, je ne suis pas tout à fait honnête.
00:34:51Pardon.
00:34:53Cette marquise,
00:34:54je ne l'ai pas entièrement inventée.
00:34:58Je me suis inspirée d'une personne réelle.
00:35:01Qui ?
00:35:02Une dame de ma province,
00:35:06auprès de laquelle beaucoup pensaient que j'étais assidu.
00:35:12L'étiez-vous ?
00:35:14Elle fait en sorte que mes manières fussent toujours honnêtes et obligeantes.
00:35:20Les jeunes gens n'entendent plus cela.
00:35:23Le seul intérêt des jeunes gens est de fuir les sentiments.
00:35:29Enfin, monsieur,
00:35:30pour les étranges conseils.
00:35:36Quelle importance.
00:35:38On reconnaît les bons conseils à ce qu'ils ne sont jamais suivis
00:35:40et les mauvais à ce que tout le monde s'est hâté de les précéder.
00:35:46Je ne vous ai que trop retardé, monsieur.
00:35:48Aurais-je prononcé quelques paroles pour vous déplaire ?
00:35:51La nuit est fraîche, soudainement.
00:35:56Elle est fort douce, au contraire.
00:35:59Je porte de prendre foi.
00:36:02Je m'en voudrais donner ton point attentif à votre santé.
00:36:05Le troisième acte commence par une scène entre la marquise et Dubois.
00:36:21Buvez.
00:36:25C'est brûlant.
00:36:26Vous vous souciez moins du chaud et du froid dans certaines maisons que je connais.
00:36:33Je dois écrire une lettre.
00:36:36Allez.
00:36:36Allez.
00:36:36C'est chaud.
00:36:53Oh, ben, mon pauvre ami, vous voilà dans un triste état.
00:37:18À cause de l'humidité de votre jardin.
00:37:21Que me dites-vous là ?
00:37:23Que les faiblesses arrivent par où on ne les attend pas.
00:37:27Ma nièce m'a chargée de vous remettre cette lettre.
00:37:31Elle vous remercie d'être restée pour l'écouter chanter.
00:37:35Je crois avoir bien agi en exigeant qu'Isabelle s'installe chez moi.
00:37:39Elle ne pouvait rester à Florence plus longtemps.
00:37:41Sa mère n'aurait jamais trouvé sur place remède à son mal.
00:37:44De quel mal souffre-t-elle donc ?
00:37:46De quoi voulez-vous ?
00:37:48L'amour, mon ami.
00:37:50L'amour.
00:37:51Isabelle a connu il y a peu le revers d'une passion qu'elle croyait partager.
00:37:57Elle a surpris celui qui lui avait juré sa flamme dans les bras d'une autre.
00:38:01Enfin, quand je dis dans les bras, j'espère que vous me comprenez.
00:38:05Ma sœur s'est alarmée, car la santé d'Isabelle donnait des signes d'inquiétude après cette pénible déconvenue.
00:38:09On ne saurait compter le nombre de fois où Isabelle a été surprise en larmes.
00:38:15Sans parler de ce jour pas si lointain où elle a voulu se jeter dans la rivière.
00:38:20Enfin !
00:38:21J'ai arraché ma nièce à son tourment et la voilà guérie.
00:38:23Je vous vois fatigué, chère Fontenelle.
00:38:30Vous dites ?
00:38:31Ah oui.
00:38:33L'amour.
00:38:34Me pardonnerez-vous, monsieur, un comportement aussi ce qu'inexplicable,
00:38:43alors que vous me faisiez la faveur de votre immense savoir.
00:38:47Il me faudra bien du courage pour reparaître devant vous,
00:38:51alors même que je ne saurais me résigner à ne plus vous voir.
00:38:54Il me faudra bien du courage.
00:39:24mademoiselle, mademoiselle, monsieur de Fontenelle m'a chargé de vous remettre ceci.
00:39:54Ah, monsieur de Fontenelle, je suis bien l'aise de vous revoir.
00:40:10Monsieur Diderot et monsieur d'Alembert disaient à l'instant que vous étiez leur maître.
00:40:13Ce n'est pas un mince privilège, madame, que d'être née avant tout le monde.
00:40:18Fontenelle, vous avez retrouvé bonne mine.
00:40:21Ma nièce sera ravie de vous revoir.
00:40:24Cette jeunesse nous donne le vertige.
00:40:28Qu'il me soit permis de saluer l'esprit le plus libre et le plus avancé de notre temps.
00:40:42Monsieur d'Alembert, vous me faites trop d'honneur.
00:40:45Notre encyclopédie vous est sans foire de vable.
00:40:48Vous verrez que mon âge finira par me rapporter.
00:40:51Je ne suis point un de ces hommes qui exhibent des certitudes.
00:41:02Mais je sais que c'est par la connaissance et le raisonnement que le monde sortira des ténèbres.
00:41:07Nos articles lui ouvriront les yeux et nos souscripteurs ne seront pas que des lecteurs.
00:41:12Comprenez-vous, ils transmettront, ils témoigneront.
00:41:18Monsieur de Fontenelle.
00:41:19On me dit que vous ne ménagez point votre peine pour nous soutenir.
00:41:25Soyez-en mille fois remerciés.
00:41:27Ce premier volume de votre encyclopédie me ravit, monsieur Diderot.
00:41:32C'est une vaste entreprise.
00:41:34Trop vaste, peut-être.
00:41:35En tout cas, elle vous apportera peu de satisfaction.
00:41:39Les hommes tels que vous sont faits pour les grandes aventures et la règle des 3D.
00:41:45J'ignore cette règle.
00:41:48Déconvenu, difficulté, découragement.
00:41:52Eh bien, j'en ajoute un quatrième.
00:41:54Défine.
00:41:55Je veux le relever.
00:41:56Vous avez raison.
00:41:58Il était tombé assez bas ces derniers temps.
00:42:00Charmant tableau.
00:42:08Lequel se tient l'autre ?
00:42:09Oh, Diderot préférera toujours Fontenelle à Voltaire.
00:42:12Il vaut caresser un chat qu'un scorpion.
00:42:14Monsieur de Fontenelle.
00:42:26Vous me voyez confuse.
00:42:28Je veux vous assurer que l'idée que vous avez de moi n'est pas la bonne.
00:42:31Mais puisque je n'ai rien vu...
00:42:33Le jour où vous m'avez surprise, mon mari m'avait insultée.
00:42:39Imaginez mon trouble.
00:42:40Comment elle pourrait, madame ?
00:42:42C'est parce qu'il m'avait infligé cet affront que je me suis vengée de lui.
00:42:45Imagine que Paris Vengeance vous coûte énormément.
00:42:51Personne n'est mort d'avoir été infidèle, n'ose pas ?
00:42:54Certains m'aiment vivre, madame.
00:42:56Mon mari m'a traité de catin.
00:42:59Pourtant, j'ai éprouvé de l'affection
00:43:02et de la tendresse pour tous les hommes qui m'a été donné de connaître.
00:43:05Dans ce cas, madame, ce n'est pas une insulte, c'est de la reconnaissance.
00:43:09Un peu de fraîcheur, un peu de fraîcheur me fera du bien.
00:43:12Quelle situation, monsieur ?
00:43:24Comment cela ?
00:43:26Ce rendez-vous que vous m'avez fixé dans les plus grands secrets.
00:43:29À la suite d'une lettre de vous et votre tante, qui me l'a remise,
00:43:33croit encore que vous m'adressiez de simples remerciements.
00:43:36Je vous devais des excuses.
00:43:40J'ose à peine imaginer ce que vous avez pensé de moi après cette soirée.
00:43:44Mais ce que j'ai pensé dans l'instant n'a rien à voir avec ce que je crois désormais.
00:43:49Que voulez-vous dire ?
00:43:52Que sans l'évocation d'un sentiment qui vous tourmente plus qu'il ne faudrait,
00:43:57je n'aurais pas assisté à un départ qui ressemblait à une fuite.
00:44:03Vous savez donc, je suis moins forte que je le pense.
00:44:11Je crois oublier, je ne fais qu'un fuir.
00:44:13Il est vrai et je crois que ce sera là ma plus grande gloire.
00:44:18Par quelle force faut-il donc être habité ?
00:44:21Je ne vois rien de banal dans les mouvements du cœur,
00:44:24mais j'ai préféré m'en garder.
00:44:27Comme si nous avions les choix.
00:44:29Nous l'avons.
00:44:30Il ne faut jamais chercher qu'à simplifier sa vie.
00:44:35Pour ma part, j'ai voulu faire l'économie d'histoire d'amour
00:44:38qui m'eussent laissé pantelons.
00:44:41Je me connais trop bien.
00:44:43Mais vous avez aimé, monsieur.
00:44:45Il avait été en retour.
00:44:47Soutiendrez-vous le contraire ?
00:44:49C'est un sujet bien personnel,
00:44:51pour qui déteste parler de soi.
00:44:53Ainsi donc, vous pourriez tout connaître de moi
00:44:56et ne rien me confier en retour.
00:45:00Qui mon existence intéressera-t-elle ?
00:45:05Moi.
00:45:09Pourquoi je vous prie ?
00:45:11Je ne sais.
00:45:14Ou plutôt,
00:45:16pour la première fois,
00:45:18je le sentimente d'être comprise.
00:45:22Nous nous connaissons peu, il est vrai,
00:45:24et pourtant,
00:45:26il me semble que nous avons déjà partagé un peu de notre vie.
00:45:32Vous ne voulez donc rien me dire ?
00:45:35Un jour.
00:45:37Quel jour ?
00:45:38Un prochain jour.
00:45:42Protégez-vous des secrets.
00:45:47C'est avec pareil raisonnement
00:45:48que ma petite-niece prétend que tout m'a réussi.
00:45:51Je crains que l'affliction qu'elle me porte
00:45:53m'efface voir de travers.
00:45:56En quoi aurait-elle tort ?
00:45:58Oh !
00:45:59Il suffit de regarder de quelle manière
00:46:01j'ai parcouru le chemin.
00:46:03Quand j'ai voulu embrasser la carrière d'avocat
00:46:05dans ma ville natale,
00:46:06j'ai perdu la seule affaire
00:46:08qui me fut confiée.
00:46:10Quelle importance !
00:46:11Vous aviez la poésie !
00:46:13Je ne lui ai donné plus qu'elle ne m'a rendue.
00:46:16Je fais mine aujourd'hui d'être détaché,
00:46:18mais je sais à quel point
00:46:19les détracteurs avaient raison.
00:46:21Mes ouvrages ne faisaient qu'imiter
00:46:23ce que l'on représentait de pire
00:46:25sur les théâtres.
00:46:26L'académie vous a pourtant accepté.
00:46:30Après quatre tentatures,
00:46:32ils auraient su que j'allais vivre vieux,
00:46:35qu'ils me faisaient attendre davantage.
00:46:36Vous êtes un grand savant.
00:46:40Sans la lecture de vos ouvrages,
00:46:42aurais-je du goût pour les sciences
00:46:44et aurais-je commis...
00:46:46Quoi donc ?
00:46:47Un petit traité.
00:46:50Un petit traité.
00:46:52Deux remarques plutôt
00:46:54sur la réfraction de la lumière.
00:46:56Aurais-je l'honneur de les lire ?
00:46:58Accepteriez-vous en échange
00:47:00de m'enseigner
00:47:01l'observation des étoiles.
00:47:03Je suis trop mal habile.
00:47:05L'observation des...
00:47:06Isabelle !
00:47:07L'observation des étoiles, oui.
00:47:09Je ne m'y entends guère
00:47:10enseigner quoi que ce soit.
00:47:12Isabelle !
00:47:13Allons, acceptez-vous.
00:47:15Quel entêtement !
00:47:16Isabelle !
00:47:17Soit, soit.
00:47:20Quel était cet air
00:47:21que vous chantez ?
00:47:24C'est un air qu'on chante à Florence
00:47:30et qu'il parle d'amour.
00:47:33Isabelle !
00:47:40Qui sait à quel instant
00:47:41de la succession
00:47:42des générations animales
00:47:43nous en sommes ?
00:47:45Qui sait si ce bipède déformé
00:47:47qui n'a que quatre pieds de hauteur
00:47:48qu'on appelle encore un homme
00:47:50et qui ne tarderait pas
00:47:51à perdre ce nom
00:47:52en se déformant un peu davantage
00:47:54n'est pas l'image
00:47:56d'une espèce qui passe ?
00:47:57Diderot est merveilleux.
00:47:58C'est grâce à des hommes
00:48:00comme lui
00:48:00que le monde va s'ouvrir.
00:48:02Le monde !
00:48:03Vous rendez-vous compte ?
00:48:04Qui puis-je ?
00:48:05Nous allons découvrir
00:48:06tant de choses nouvelles
00:48:07comme j'ai hâte
00:48:08et comme j'ai envie.
00:48:09Mon fils,
00:48:10les envies sont inutiles
00:48:11quand on peut tout avoir.
00:48:13Qui sait si tout
00:48:13ne tend pas à se réduire
00:48:14à un grand sédiment
00:48:16inerte et inolive ?
00:48:18Qui sait quelle sera
00:48:19la durée de cette inertie ?
00:48:21Qui sait
00:48:22quelle race nouvelle
00:48:23peut résulter
00:48:28d'un amas
00:48:29aussi grand
00:48:29de points sensibles
00:48:31et vivants ?
00:48:35Il sera plus aisé
00:48:40d'enseigner la mécanique
00:48:42que la tolérance.
00:48:44Sans doute.
00:48:45Il le faudra pourtant.
00:48:46C'est peut-être là
00:48:49notre véritable dessin.
00:48:50Certes.
00:48:52Mais l'homme,
00:48:53l'homme,
00:48:54il avance
00:48:55et il recule.
00:48:57Vous ne le changerez
00:48:57pas aisément.
00:48:59Je ne suis pas pessimiste.
00:49:01Des soirs
00:49:02comme celui-là,
00:49:04moi non plus.
00:49:16Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:46Eh bien !
00:49:56Qu'attend-on ?
00:49:57Françoise ?
00:49:59Il n'y a personne !
00:50:01Françoise !
00:50:02Qu'est-ce que vous avez
00:50:03à crier comme ça ?
00:50:04D'abord,
00:50:05que faites-vous debout ?
00:50:06Il est bien temps,
00:50:07il me semble.
00:50:08Cette heure n'a pas
00:50:09encore sonné ?
00:50:09Oh, voilà !
00:50:10Mais qu'ai-je besoin
00:50:11des cloches ?
00:50:12Mon horloge à moi
00:50:14me dit qu'il est là !
00:50:15L'heure de quoi ?
00:50:16Il est là
00:50:18Oh !
00:50:18Allez !
00:50:19Oh !
00:50:25Oh !
00:50:26Oh !
00:50:27Oh !
00:50:27Oh !!!
00:50:28Oh !
00:50:28Oh !
00:50:31Oh !
00:50:32Blazou !
00:50:33Je trouvere !
00:50:33Qu'est-ce que vous êtes
00:50:43...
00:51:12Je sais que, quand on se comporte ainsi dans sa 95e année, c'est que la déraison est à l'œuvre.
00:51:36Vous ne dites rien, bien sûr.
00:51:42Eh bien, mon oncle, que faites-vous là ?
00:51:47J'attends.
00:51:49Vous attendez ?
00:51:50Oui, une jeune personne qui doit me montrer certains traités qu'elle a commis.
00:51:58Et resterez-vous là jusqu'à son arrivée ?
00:52:01À vrai dire, elle ne viendrait que plus tard.
00:52:05Mais je tenais à m'assurer que tout était en place.
00:52:11J'attends.
00:52:12Vous n'oserez jamais me dire qu'est ce plat ?
00:52:29Vous n'acceptez que juste de l'impunité que l'âge me confère pour vous dire la vérité ?
00:52:38Votre étude est fort judicieuse et le style à votre image, pure et sensible.
00:52:44Pensez-vous, monsieur ?
00:52:48Mon souci de vivre selon des règles simples m'invite à toujours penser comme je dis.
00:52:56Je ne vois toutefois guère ce qu'il y aurait maintenant à vous apprendre sur l'observation des étoiles.
00:53:08Pardonnez-moi, monsieur, si je me suis mal faite entendre.
00:53:12En fait, ma tante ne possède pas des lunettes astronomiques.
00:53:16Et vous voudriez ?
00:53:18Venir étudier chez vous.
00:53:19Mais...
00:53:23La nuit ?
00:53:25Naturellement.
00:53:27Mais si cela est votre souhait, eh bien, je vais...
00:53:30Je vais vous rendre votre excellente étude.
00:53:34Il y a d'autres choses dont vous m'avez promis de m'instruire.
00:53:39Ah, je...
00:53:41Je ne vois pas.
00:53:42Comment avez-vous si vous détachez de l'amour ?
00:53:44Alors, monsieur, souvenez-vous de votre promesse.
00:53:50Comprenez mon embarras.
00:53:54Qu'y a-t-il d'embarrassant ?
00:53:56Rien.
00:53:58Eh bien...
00:54:02On se dévoile toujours trop.
00:54:04Quel danger !
00:54:06Il ne faut pas raconter sa vie.
00:54:08Après, les gens vous demandent des comptes.
00:54:10Ils estiment que je la les regarde.
00:54:16Alors...
00:54:18Eh bien...
00:54:20Dans ma dix-septième année, une jeune fille de quinze ans,
00:54:23une lointaine parente, était venue passer la belle saison chez nous.
00:54:28Un soir, quand nous nous promenions, j'ai osé lui donner un baiser.
00:54:32Dans son regard, j'ai vu une...
00:54:36une confiance qui m'a ému bien plus que...
00:54:39que le baiser lui-même.
00:54:42Cet instant de grâce n'a été gâché par...
00:54:47par aucune parole.
00:54:49C'est la seule fois de ma vie où j'ai ressenti quelque chose.
00:54:52N'avez-vous jamais revu cette jeune fille ?
00:54:58Je n'ai pas voulu.
00:55:00C'est pour cela que je ne l'ai jamais oublié.
00:55:04Mais après...
00:55:06Ce souvenir a suffi à me garder des ravages du cœur.
00:55:11À ne point fixer le mien.
00:55:13Ce qu'il me fallait, je l'ai trouvé.
00:55:17La sérénité de complicité aimable et bien vécue.
00:55:23Pour le reste...
00:55:25Regardez le calendrier.
00:55:28Vous verrez qu'il faut à l'amour bien du talent pour résister.
00:55:32En lieu et place de l'émerveillement perpétuel,
00:55:36vous trouverez l'exactitude et la régularité des jours.
00:55:40Un vertige.
00:55:46Il faut que la présomption domine
00:55:49pour répondre favorablement à la seule question qui vaille.
00:55:55M'aimerez-vous encore demain ?
00:56:02J'aimerais qu'il m'arrive quelque chose d'heureux.
00:56:07Pourquoi est-ce si difficile ?
00:56:10Ça ne doit pourtant pas demander à Dieu un effort bien considérable.
00:56:16Qu'espérez-vous ?
00:56:19Ce que vous avez refusé.
00:56:22Vous vous y êtes déjà brûlée.
00:56:24Mais comment, enfin, pourrait-elle voir autrement sa vie
00:56:28qu'accordée à celle de l'homme qui sera l'aimée ?
00:56:30T'en ai fait une croyance assez répandue, en dépit des dégâts qu'elle cause.
00:56:36Vous parlez comme un impie.
00:56:38Ne mêlez pas Dieu à cela.
00:56:40Le diable, alors.
00:56:42T'es souvent son homme d'affaires.
00:56:44Pour ne pas vous déplaire, il faudrait donc renoncer.
00:56:47Le cœur ne doit point faillir.
00:56:51Souhaitez-vous cela pour moi ?
00:56:54Ne cherchez-vous point de conseil ?
00:56:56On ne se marie pas avec la solitude.
00:56:58N'est-ce pas préférable un homme qui serait indigne de vous ?
00:57:03Vous possédez assez d'intelligence pour être jamais seul ?
00:57:07Ou pas envie de connaître cette chose exquise et rare qu'on nomme liberté ?
00:57:12Et de jouir par la même de cette autre merveille qu'on appelle la paix ?
00:57:18Je dois partir.
00:57:24Regardez, le soir est déjà tombé.
00:57:26En effet.
00:57:34Bonsoir, Monsieur de Fontenelle.
00:57:38N'aimez-vous pas mon prénom ?
00:57:41Vous ne le prononcez jamais.
00:57:43Je l'apprivage.
00:57:52Je voudrais ne pas me rappeler votre conseil, Monsieur.
00:57:56Mais...
00:57:57Peut-être est-il déjà trop tard.
00:58:09Bonjour, Françoise.
00:58:11Comment un autre homme de matin ?
00:58:12Comme hier, Madame.
00:58:14Et comme avant-hier.
00:58:15Il s'entonne, se fait raser et poudrer une heure durant, exige des rubans à son habit.
00:58:19Et il ne ressent plus aucune douleur.
00:58:21Il prétend même que son ouïe ne l'a jamais fait souffrir.
00:58:25Voulez-vous mon avis ?
00:58:27Monsieur se moque de nous.
00:58:30Et le pire, c'est que son appétit a redoublé.
00:58:33Il redemande de tout.
00:58:34J'en suis à me demander si c'est la signe de bonne santé ou de quelques dérangements.
00:58:39Et je ne saurais vous dire à quelle heure il se couche.
00:59:01Pense-t-il seulement à dormir ?
00:59:03Sait-il encore où est sa chambre ?
00:59:06Je me demande s'il ne confond pas la nuit.
00:59:09Musique d'ambiance
00:59:39Se plaignent de ce qui les a transformés en courants d'air
00:59:42Tout ça n'est pas bon, madame, je vous le dis
00:59:45Musique d'ambiance
01:00:09Les visites de la jeune Isabelle semblent avoir sur vous un effet souverain, mon oncle
01:00:16Êtes-vous inquiète ?
01:00:21Non point, mais vous qui avez toujours accueilli avec la même humeur tranquille les gens et les choses
01:00:26Il semble que la jeune Isabelle puisse se flatter de provoquer le changement dans vos habitudes
01:00:33Je suis attentif à ses travaux
01:00:35Elle entend la science à merveille et pratique le raisonnement et la déduction comme peu de gens
01:00:42Voudriez-vous que je fusse absent quand l'intelligence, la finesse, l'esprit et la beauté se sont donnés rendez-vous ?
01:00:51Je vous assure qu'il m'est plus agréable d'écouter et de regarder Isabelle que tous les académiciens réunis
01:01:00L'autre jour, chez la marquise de Villemin, une femme qui devait avoir dans les quarante ans
01:01:12Se mit à nous observer comme si elle s'inquiétait qu'Isabelle fût si jeune ou que je fût si vieux
01:01:19Quelle tristesse que de se trouver entre deux âges
01:01:23Vous avez changé, mon oncle
01:01:27Ah bien
01:01:29C'est comme...
01:01:31Pardonnez-moi, j'allais dire une sottise
01:01:34Allez, allez
01:01:36Eh bien, c'est comme si, soudainement, vous vous découvriez un cœur
01:01:49Je vous ai blessé, je suis impardonnable
01:02:12Je suis confuse
01:02:19Quelle étrange grisserie, cet air frais
01:02:23Il est possible que cela porte un nom ?
01:02:27Ne le prononcez pas
01:02:29Quand on me demande, eh bien, monsieur, comment va votre encyclopédie ?
01:02:46J'ai l'impression qu'on me transperce le cœur
01:02:48Voulez-vous la vérité ?
01:02:50Nous sommes persécutés par des coquins qui espèrent de nous la résignation
01:02:53Et Voltaire qui nous conseille d'aller continuer en pays étranger
01:02:56Mais quelle idée se fait-il donc du courage ?
01:02:59Oui, nous continuerons
01:03:01Mais à poursuivre nos ennemis
01:03:03Et nous retournerons à notre profit la bêtise de nos censeurs
01:03:06Il est heureux de vous entendre parler ainsi, monsieur Diderot
01:03:10D'Alembert disait ici même l'autre soir que vous vous sentiez découragé
01:03:14D'Alembert subit plus que moi les assauts des imbéciles
01:03:17Mais il est vrai que le repos me tente
01:03:21Je rêve parfois d'une vie tranquille au fond de ma province
01:03:26Alors tout s'apaiserait
01:03:28Et je pourrais voir dans les cœurs un peu d'innocence
01:03:32Mais il faut être utile aux hommes
01:03:36Et travailler
01:03:39Je me demande pourtant si l'on fait pas autre chose que les amuser
01:03:44Quelle différence y a-t-il entre le philosophe et le joueur de flûte ?
01:03:48On ne peut changer les hommes, monsieur
01:03:50Et tantôt ils se tourneront vers votre philosophe
01:03:53Tantôt ils préféreront le joueur de flûte
01:03:56On croirait entendre monsieur de Fontenelle
01:03:58Votre remarque me flatte, monsieur
01:04:01Moi, je crois que les hommes sont faits de plusieurs petits récipients
01:04:04Celui de la raison, celui de l'imagination, celui de l'esprit
01:04:08Et qu'il y a aussi une grande marmite de pure bêtise
01:04:12Ah !
01:04:14Voilà bien la preuve que tous les êtres ne se ressemblent pas
01:04:17Et que pour certains d'entre eux le destin n'appuie que dans la grande marmite
01:04:22Et bien moi j'avance que tous les êtres humains doivent être considérés de la même façon
01:04:28Vous ne pouvez quand même pas prétendre qu'ici même nous sommes tous pareils
01:04:32Et laissez donc le Seigneur seul juge de ce que nous sommes
01:04:36Et de ce que nous allons
01:04:38De qui parlez-vous ?
01:04:40Ben je suis surpris monsieur de ne pas vous avoir entendu blasphémer plus tôt
01:04:45Mais voulez-vous que je me rattrape ?
01:04:47Mais voulez-vous que je me rattrape ?
01:04:49Taisez-vous
01:04:52Je vais vous dire ma manière de penser, monsieur
01:04:56Le châtiment est terrible
01:04:58Je veux vous entendre en confession au plus tôt
01:05:03En confession
01:05:12On dit mademoiselle que vos travaux sont du plus grand intérêt
01:05:15Monsieur de Fontenelle me prodigue des encouragements
01:05:17Je voudrais y joindre les miens
01:05:20Et...
01:05:21Voudrais tout autant que vous ne refusiez pas que je vous entende chanter
01:05:24Je ne peux, monsieur
01:05:26Il n'y a personne pour tenir le claveçon
01:05:28Si ?
01:05:30Moi ?
01:05:31Moi ?
01:06:01Moi ?
01:06:02Moi ?
01:06:03Moi ?
01:06:04Moi ?
01:06:05Moi ?
01:06:06Eh...
01:06:07Moi ?
01:06:08C'est le même temps
01:06:10Je veux en plus fuggir la peine d'un amour finnot à ciotto
01:06:18et me spongo d'un rifiuto
01:06:20all'oltraggio et d'arrosor
01:06:23all'oltraggio et d'arrosor
01:06:48Sous-titrage Société Radio-Canada
01:07:18Nel, à ce temps matinal
01:07:21Je dois voir votre nièce
01:07:22pour lui remettre ceci
01:07:25Elle est sortie
01:07:26Mais pourquoi avez-vous pris vous-même la peine de...
01:07:30Où est-elle ?
01:07:31Monsieur Diderot est venu la chercher
01:07:32Voulez-vous me confier ce que vous avez là ?
01:07:36Je la peux attendre
01:07:38À tantôt
01:07:48Mais enfin, monsieur le Fontenelle
01:07:51Puisque je vous dis que monsieur Diderot n'est pas là
01:07:53Où est-il alors ?
01:07:54Ah, il est, pour vous dire sincèrement, il est...
01:07:56Où se plaît ?
01:07:57Le lieu, je l'ignore, monsieur
01:07:58Mais il est avec une personne
01:08:00Et que font-ils ?
01:08:02L'avez-vous vue, cette personne ?
01:08:04Ah, celle-là, non, je ne l'ai pas encore vue
01:08:05Mais enfin, vous avez bien une idée
01:08:07Elle doit être jeune, non ?
01:08:11Jeune et belle
01:08:12Elles sont toutes jeunes et belles, monsieur
01:08:15Je vais l'attendre
01:08:42Mais c'est Fontenelle
01:08:43Mais qui a-t-il
01:08:45Je n'ai que peu de choses à vous dire, monsieur
01:08:49Ce que vous faites
01:08:52Oui
01:08:53Ce que vous faites est...
01:08:57Incomplet
01:09:00De quoi parlez-vous, non ?
01:09:03De votre encyclopédie
01:09:05Qu'a-t-elle d'incomplet ?
01:09:09Vous n'y traitez point
01:09:10Des passions, du sentiment
01:09:12Qu'avez-vous à rire ?
01:09:19C'est vous, monsieur de Fontenelle
01:09:20Qui parlez de sentiments
01:09:21Ah, et puis faites comme vous voulez
01:09:23Je ne m'apprendrai à donner des conseils
01:09:25Eh bien, une colère du paisible Fontenelle
01:09:28L'événement est unique
01:09:28C'est un honneur
01:09:29J'envis vos emportements
01:09:31J'aimerais vous ressembler
01:09:33Permettez que je vous renvoie le compliment
01:09:35Mais vous n'êtes pas sérieux
01:09:36Qu'est-ce donc que je possède qui vous manquerait ?
01:09:39Du courage
01:09:39Je suisgre
01:09:49Je suisré
01:09:51Je suisré
01:09:52Je suisAST
01:09:55Je suis
01:09:58Je suis
01:10:07Sous-titrage Société Radio-Canada
01:10:37Vous semblez vous ennouiller ?
01:10:40Non, point du tout.
01:10:44Je crois que j'abuse de votre bonté.
01:10:48Ce n'est pas un peu d'intérêt pour un savant comme vous.
01:10:55Vous ne dites rien ?
01:10:58Que pense M. Diderot de vos observations ?
01:11:02Ma tante vous a dit ?
01:11:05Il m'a fait l'honneur de trouver de l'intérêt à ce que je fais.
01:11:13Est-ce là ce qui vous contrarie ?
01:11:16Je ne suis pas un contrarier.
01:11:19C'est moi en effet qui devrais l'être.
01:11:22Yarnet vous ne partiez pas alors que je chantais ?
01:11:25Non, vous avez bien d'autres oreilles pour vous entendre.
01:11:28Vous êtes de méchante humeur, tout cela par ma faute.
01:11:34Aurais-je dû refuser l'invitation de M. Diderot ?
01:11:37Il s'est montré aimable et fort enjoué.
01:11:40Non, d'autres points.
01:11:42Reprenez vos observations.
01:11:44Pensez-vous que je n'ai pu oublier certains conseils ?
01:11:55Si M. Diderot a charmé mon esprit, mon corps, lui, n'a pas failli.
01:12:00Il aura été retardé en route.
01:12:02Vous croyez donc que je ne vous dis pas la vérité ?
01:12:05Pour ce que de bien connaître la vérité, je crois disposer d'une certaine avance.
01:12:10Bien inutile, je vous rassure.
01:12:14Les mises en garde que je vous ai adressées sont aujourd'hui dérisoires, dérisoires.
01:12:19Qui avait-il de dérisoires ?
01:12:21À vouloir m'épargner erreurs et souffrances ?
01:12:25Ce soir, je ne vois que trop la vanité de mes propos.
01:12:30Pas d'impulsion du cœur, du raisonnement.
01:12:38Je me suis laissé entraîner à penser que ce qui m'avait si bien convenu
01:12:41devait vous convenir aussi.
01:12:45Voilà les paroles d'un homme qui toute sa vie a peu changé de place
01:12:49et qui en a tenu si peu.
01:12:53J'ai promis à M. Diderot d'aller lui rendre visite chez lui,
01:13:03mais...
01:13:04j'aimerais continuer à étudier auprès de vous.
01:13:10Vous aimeriez, mais vous ne le souhaitez point.
01:13:16Je vous comprends mal.
01:13:18Vous cherchez à me dire que vous voulez votre liberté.
01:13:22Vous me blessez, monsieur.
01:13:24Je crains de vous blesser aussi.
01:13:27Cela arrive quand on vise juste.
01:13:30J'ai de l'amitié pour vous.
01:13:33J'ai pensé cette amitié partagée.
01:13:35Elle paraît être inégale.
01:13:38J'aurais dû le savoir.
01:13:40Vous entrez dans la vie quand je ne me décide pas à en sortir.
01:13:43Alors ?
01:13:44Mon cœur est honnête, monsieur.
01:13:47Je serai toujours heureux d'avoir connaissance de vos travaux.
01:13:49Nous verrons chez votre tante, si toutefois vous y paraissez encore,
01:13:54ce dont je doute.
01:13:56Pourquoi cela ?
01:13:57Parce que votre tête, votre esprit, votre corps seront ailleurs.
01:14:01Ils y sont déjà.
01:14:03On ne peut pas songer les hommes.
01:14:05Vous-même l'avez reconnu.
01:14:08Il est si pénible de dire adieu.
01:14:11Je voudrais vous éviter cet embarras.
01:14:15Ce soir, on...
01:14:15Vous êtes là pour la dernière fois.
01:14:20Et je l'ai su avant vous.
01:14:24J'insisterai, pour vous voir revenir, que je forcerai votre compassion.
01:14:32Ce serait me renier.
01:14:36Monsieur Diderot s'est montré enjoué.
01:14:39Dites-vous.
01:14:39Il sera donc libertin, quand vous le croirez galant.
01:14:46Vous serez ainsi rassurés en pensant que l'esprit l'emporte.
01:14:50Nous préférons toujours abdiquer dans le confort.
01:14:53C'est à cela qu'on reconnaît nos défaites ordinaires.
01:14:56C'est à cela qu'on reconnaît.
01:15:26Monsieur Delamotte est philosophe profond.
01:15:51Philosopher, c'est rendre à la raison toute sa dignité.
01:15:54Il serait plus agréable de vous entendre lire La princesse de Clèves.
01:16:00Mais vous connaissez ce roman par cœur.
01:16:03Le mot est juste.
01:16:07Madame Geoffrin vous rend visite.
01:16:10Bonjour, ma bonne amie.
01:16:12Que se passe-t-il ?
01:16:13Je vais vous expliquer.
01:16:17Votre avis me sera précieux.
01:16:18C'est au sujet d'Isabelle.
01:16:22Depuis un an, à peine l'ai-je vue sortir au matin de la maison et rentrer fort tard.
01:16:26Je sens bien tous les reproches qui peuvent m'être faits.
01:16:29Je ne me suis point alarmée, sachant comme elle se passionne pour les sciences.
01:16:33Mais je connais aujourd'hui les raisons de sa conduite.
01:16:36Eh bien, monsieur Liderot a fait se rencontrer ma nièce et l'un de ses libraires.
01:16:43Ce jeune homme est l'un de ceux qui continue à soutenir l'encyclopédie.
01:16:45Mais il part s'installer en Flandre, à Lille, et il a demandé Isabelle en mariage.
01:16:51Je ne sais que faire, mon bon ami.
01:16:54Vous qui lui fûtes si précieux.
01:16:56Qui l'avait aidé à sortir de son tourment par l'étude de la philosophie.
01:16:58Vous devez me conseiller.
01:17:02Lille.
01:17:04Très belle ville.
01:17:14Néanmoins, il ne se rebute à point encore.
01:17:17Il fit tout ce qu'il put pour la faire changer de dix.
01:17:23Des années entières s'étant passées.
01:17:25Le temps et l'absence ralentirent sa douleur et éteignirent sa passion.
01:17:32Madame de Clèves vécut d'une sorte qui ne laissa pas d'apparence qu'elle put un jour revenir.
01:17:38Votre visite m'a enchanté.
01:18:03Je suis heureux de vous savoir à Lille.
01:18:09Tout au service de la librairie.
01:18:12Je sais ce que je vous dois, monsieur.
01:18:14Et je chercherai toujours de quelle façon vous exprimer ma reconnaissance.
01:18:19Je n'aurai plus à chercher longtemps, je pense.
01:18:23Qu'il voulait vous dire ?
01:18:24Mon âge a fini par me rattraper.
01:18:26Vous vous portez à merveille.
01:18:31J'étais venue dans l'espoir que vous me pardonnerez.
01:18:35Je n'ai pas un remarqué d'offense.
01:18:37Je préférais vous entendre dire que je m'étais montrée en grade.
01:18:42Nous ne sommes pas assez parfaits pour être toujours affligés.
01:18:48Travaillez-vous en ce moment ?
01:18:50J'étudie notre langue française, sujet inépuisable.
01:18:57Je m'étonne toujours de ce que tant de choses puissent loger dans si peu de mots.
01:19:04Regardez, il n'en faut que deux pour dire que le temps n'est pas à notre disposition.
01:19:12Et c'est des mots ?
01:19:14Trop tard.
01:19:15Algo à mes sèvres.
01:19:24je ne chante plus monsieur et pourtant chaque fois que j'aimerais le faire je pense à vous
01:19:54c'est ce qu'il s'appelle
01:20:08Oh Dieu, Isabelle.
01:20:27Rentrez.
01:20:29Il fut encore vrai.
01:20:38Vous avez raison.
01:20:56Il y en a une dure.
01:21:08Il y en a une dure.
01:21:09Il y en a une dure.
01:21:12Il y a une dure.
01:21:18Il y a une dure.
01:21:21Il s'a dit un peu dure.
01:21:24Peu-être mal.
01:21:26Il s'en est différent.
01:21:28Il s'est déjà passé à l'esprit.
01:21:30Il s'est passé à l'esprit.
01:21:33Tu es dure.
01:21:35Ah, vous vous remettrez.
01:21:56Vous êtes toujours remis de tout.
01:21:59C'est bien la preuve que la clémence divine est infinie.
01:22:02Tenez, l'autre jour, je visitais Mme Grimaud.
01:22:06Savez-vous qu'elle a passé les cent ans ?
01:22:09Et comme dit-elle,
01:22:11M. l'abbé, je crois que la Providence, m'a oublié.
01:22:15Que peut-on répondre à cela ?
01:22:20Alors, c'était mieux qu'hier ?
01:22:28J'ai autorisé l'abbé Chalon à le voir en lui recommandant de ne pas le fatiguer.
01:22:32Mes respects, M. de Frontenelle.
01:22:48Que ressentez-vous ?
01:22:59Je ressens une difficulté d'être.
01:23:03Mais vous êtes mieux qu'hier, n'est-ce pas ?
01:23:06Je vous demande, comment cela va-t-il ?
01:23:13Comment cela va-t-il ?
01:23:18Cela ne va pas.
01:23:19Cela s'en va.
01:23:24Je me regrette.
01:23:25Merci.
01:23:26Merci.
01:23:27Merci.
01:23:28Merci.
01:23:29Merci.
01:23:30Merci.
01:23:31Merci.
01:23:32Merci.
01:23:33Merci.
01:23:34Merci.
01:23:35Merci.
01:23:36Merci.
01:23:37Merci.
01:23:38Merci.
01:23:39Merci.
01:23:40Merci.
01:23:41Merci.
01:24:11Merci.
01:24:41Merci.
01:25:11Merci.
01:25:12Merci.
01:25:13Merci.
01:25:14Merci.
01:25:15Merci.
01:25:16Merci.
01:25:17Merci.
01:25:18Merci.
01:25:19Merci.
01:25:21Merci.
01:25:22Merci.
01:25:24Merci.
01:25:25Merci.
01:25:26Merci.
01:25:27Merci.
01:25:29Merci.
01:25:30Merci.
01:25:31Merci.
01:25:33Merci.
01:25:34Merci.
01:25:35Merci.
01:25:36Merci.
01:25:37Merci.
01:25:38Merci.
01:25:39Merci.
01:25:40Merci.
01:25:41Merci.
01:25:42Si éloigné de ceux que vous vouliez que vous voulez paraître,
01:25:46si je pense à vous, c'est que me vient enfin la force de dire votre
01:25:51secrete espérance, que quelqu'un un jour entend battre un coeur oublé.
01:26:04Sous-titrage FR ?
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