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  • il y a 6 mois
Le thermomètre a dépassé les 40°C dans le Sud-Ouest. Trouver de la fraîcheur est compliqué. Seize départements seront en vigilance rouge ce mardi 12 août. On en parle avec : Pierre-Olivier Dentan, envoyé spécial BFMTV à Agen (Lot-et-Garonne). Kévin Floury, journaliste météo et climat BFMTV. Victor Peres-Boucheron, envoyé spécial BFMTV à Montpellier (Hérault). Jean-Pierre Thierry, consultant santé BFMTV. Yamina Saheb, co-auteure du dernier rapport du Giec, spécialiste des questions climatiques. Et Pauline Sarrafy, envoyée spéciale BFMTV à Carcassonne (Aude).

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Transcription
00:00En attendant, ce qui est très rouge, c'est le thermomètre qui est monté et qui a allègrement dépassé les 40 degrés.
00:06Aujourd'hui dans le sud-ouest, on va retrouver Pierre-Olivier Dantan qui est près d'Agin avec le gérant d'un camping
00:11où on essaye d'avoir un peu de fraîcheur ou de trouver de la fraîcheur, ce qui est compliqué, Pierre-Olivier.
00:19Oui Alain, parce qu'il fait encore 39 degrés, ressenti 40 ici dans ce camping de Saint-Sylvestre-sur-Lotte,
00:25à 30 kilomètres d'Agin environ, ça a été compliqué pour tous ces campeurs toute la journée de résister à cette chaleur.
00:30Il y a une piscine évidemment pour profiter d'un peu de fraîcheur, mais la trentaine de résidents ici ont dû s'adapter, c'est votre cas Yves.
00:37Votre camping-car n'est déjà pas climatisé, alors comment vous faites vous pour résister à la chaleur ?
00:41Quels sont les petits conseils ?
00:42On a un petit répliqueur d'eau, qu'on y met un petit bac ici, un petit bac, et puis en dessous on y met des glaçons, on met des glaçons dessous.
00:53Et ça, ça vous donne de l'air frais en permanence ?
00:56Et ça, ça nous donne de l'air frais en permanence.
00:59Voilà, le soir on ferme et voilà, ça nous donne de l'air frais, on lance, ça nous donne de l'air frais.
01:04Autrement, on a le petit ventilateur là, et on ouvre surtout les fenêtres.
01:09Parce que la nuit, comment ça se passe ? C'est pas trop difficile ?
01:12Ça va, ça va.
01:16On a chaud, mais c'est régulier.
01:18Mais le soir, avant d'aller au lit, on prend une douche, et souvent le soir, on repart à la piscine, même s'il y a 9h30, 10h du soir, on part à la piscine, on se baigne un petit cou, on prend une douche et on va se coucher.
01:30Et d'ailleurs, c'est l'heure à laquelle vous allez promener le chien, parce qu'avant il va faire trop chaud.
01:33Le premier chien, un petit cou avant, et puis après, on se relâche un petit cou là, on joue des fois aux cartes, aux tréminos, un petit cou à l'air, parce que là, le soir, il fait bon, il fait un peu vrai bon.
01:47La chaleur est tombée, alors c'est super.
01:50C'est vrai que là, c'est un peu mieux, on va vous laisser continuer l'apéro, Yves, en tout cas, parce qu'il va falloir continuer à faire attention.
01:55Demain, on a désormais 16 départements placés en vigilance rouge, canicule, dont le Lot-et-Garonne, où nous sommes ce soir avec Nicolas de Roussy.
02:02Voilà, Pierre-Olivier Danton et Nicolas de Roussy, dans ce camping près d'Agin.
02:07Qu'est-ce qui est prévu pour demain avec cet ensemble de départements qui passent en rouge ?
02:12Dans la région d'Agin, entre 40 et 42 degrés, donc 16 départements, vous l'avez rappelé, en vigilance rouge demain.
02:18On baissera peut-être d'un niveau Charente et Charente-Maritime à 6 heures demain matin, ce sera à préciser.
02:22Ça n'enlève en rien, évidemment, l'importance de cette canicule avec plusieurs records battus aujourd'hui.
02:26Plus de 40 degrés vers Bordeaux, vers Bergerac, pas très loin en Dordogne ou au pied des Pyrénées.
02:33C'est tout à fait exceptionnel.
02:34Vous voyez, voilà, les records qui s'affichent avec un ressenti qui est allé atteindre les 46 à 47.
02:40Comment on calcule le ressenti ?
02:41Alors, on prend la température de l'air et on regarde le taux d'humidité.
02:44Oui, plus la température est élevée et plus le taux d'humidité est élevé, plus le ressenti du corps sera franchement désagréable et désagréable sur un bon nombre de territoires.
02:52Aujourd'hui, quand on regarde toutes les stations de Météo France, il y en a au moins 25 qui ont atteint ou dépassé les 42 degrés et il y en a 150 qui ont dépassé les 40 degrés, essentiellement entre le sud-ouest et le pourtour méditerranéen.
03:05Là, ce qui arrive, ça avait été prévu par Météo France.
03:08On parlera tout à l'heure des prévisions, malheureusement, des experts climatologues.
03:14Mais ce qui veut dire que dans les prochains jours, on peut encore battre ces températures.
03:19Oui, on reste sous ce dôme de chaleur qui explique ce blocage.
03:22Tout est figé.
03:22Jusqu'à la fin de la semaine au moins.
03:23Jusqu'à la fin de la semaine.
03:24Il y aura une petite faiblesse de ces conditions anticycloniques mercredi et encore avec l'arrivée d'orage.
03:29Mais on reste en effet bloqué sous ce dôme de chaleur avec en plus une dépression au large de la France.
03:33Vous imaginez, elle nous envoie de l'air supplémentaire sous la cloche.
03:37Donc, ça continue de grimper et ça nous emmènera en effet sur des températures tout à fait exceptionnelles.
03:41Également sur les territoires de l'Est, dans un flux de secteur sud à sud-ouest, progressivement aussi est pour la fin de la semaine.
03:48Donc, tout est bloqué.
03:49Les températures avec et donc le thermomètre reste à un niveau très élevé l'après-midi et la nuit.
03:54C'est vrai qu'on a beaucoup parlé des après-midi, mais la nuit prochaine, c'est tout à fait remarquable.
03:58Ce qui attend les Niçois, pas moins de 28 degrés.
04:01Et on aura même des pointes à 20-21 degrés, y compris sur les bords de manche.
04:04Voilà, les organismes ont du mal, souffrent, en particulier quand on travaille, quand on travaille en plein air,
04:10qu'on a des chantiers notamment à faire.
04:12Victor Pérez-Boucheron est en direct avec nous pour BFM TV, justement près de Montpellier,
04:18avec tous ceux qui travaillent dans ce contexte de la chaleur, que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur des établissements,
04:24surtout lorsqu'il s'agit des bars et des restaurants, Victor.
04:26Exactement. Alors, bonsoir à tous. Regardez, dans ce restaurant, Montpellier, il fait encore 32 degrés.
04:32Plus de 30 degrés dans ce restaurant, vous l'avez dit.
04:35Les organismes souffrent et les machines également.
04:37Je suis avec Guillaume, vous êtes le gérant du Café Z.
04:40Guillaume, en bas de vous, il y a un ventilo qui souffle sur les fûts de bière.
04:44Alors, il ne souffle pas sur les fûts de bière, mais sur ce qu'on appelle la machine, là où il y a un piton,
04:47qui permet de refroidir la bière à température vraiment idéale.
04:50Et là, il y a ce ventilateur parce qu'en fait, il fait tellement chaud que le moteur souffre.
04:55Donc, on souffle en permanence 24 heures sur 24 sur ce moteur-là pour refroidir un maximum le moteur
05:01et pour que notre bière soit toujours fraîche.
05:03Bon, c'est vrai qu'on a aussi, avec ces gros chaleurs-là qui sont hyper intenses et qui arrivent d'un coup,
05:08des problèmes sur, par exemple, des chambres froides.
05:09Moi, j'ai eu au mois de juin deux chambres froides qui sont tombées simultanément en retard.
05:14Bon, je m'en suis très vite aperçu.
05:15Donc, on a pu faire les réparations très, très vite, mais ça peut être terrible.
05:18Les organismes souffrent, certes, mais aussi le matériel des commerçants.
05:22Ensuite, bon, nous, on a aussi d'autres choses pour nos clients.
05:25Nous avons les brumisateurs, nous proposons...
05:27Justement, Guillaume, on va avancer, regardez.
05:28Alain, je vais vous présenter aussi les brumisateurs sur la terrasse de Guillaume.
05:31Guillaume, il a fait le choix de mettre des brumisateurs.
05:33Est-ce que ça attire les clients, Guillaume, les brumisateurs ?
05:35Alors, ça attire les clients.
05:36Ce n'est pas pour les attirer, mais c'est surtout pour leur propre confort.
05:38Donc, oui, quelque part, ça les attire.
05:40Ils se mettent en route toutes les 15 secondes pour 45 secondes d'attente.
05:45Et c'est vrai que c'est un gros plus pour les enfants, pour les personnes âgées, tout ça.
05:48C'est un gros plus.
05:49C'est quelque chose qui est nécessaire pour nos clients.
05:51Ce n'est pas un gadget en été pour des canicules comme ça.
05:53C'est vraiment nécessaire.
05:54Et même pour nous, le personnel, ce n'est pas spécialement agréable.
06:00Ça peut être quelque part un petit peu vital pour nous quand on travaille.
06:02Regardez, ils se mettent en route là et c'est vrai que c'est hyper pratique.
06:05Nos clients ne sont pas mécontents d'avoir ce genre de choses-là.
06:08Et c'est vrai que c'est quelque chose qui est nécessaire.
06:11Merci beaucoup, Guillaume. On vous laisse pour le service.
06:12Merci beaucoup.
06:13Vous l'avez compris, Alain, rien n'est optionnel durant les fortes chaleurs.
06:16Le matériel, les organismes sont tous mis à rude épreuve.
06:20Merci, Pierre-Olivier Danton.
06:23Pardon, Victor Pérez-Boucheron.
06:25Donc, on le voit, les organismes sont mis à rude épreuve.
06:27C'est ce qui est le plus difficile, c'est d'encaisser ces journées de chaleur à répétition, docteur Thierry.
06:32Oui, alors il faut bien distinguer ce qui peut arriver pendant un pic de chaleur.
06:36On peut imaginer que le risque augmente.
06:38Mais en réalité, les organismes sont fatigués tout le long de la vague de chaleur qui peut durer plusieurs jours
06:43et même plusieurs semaines bientôt ou à plusieurs épisodes de canicule.
06:48Par exemple, entre aujourd'hui juillet et août.
06:52Puis demain, peut-être même à partir de juin.
06:54Et d'ailleurs, on a eu un épisode caniculaire en juin.
06:57Donc, ce qu'il faut retenir, c'est que ce qu'on va éviter, c'est d'avoir ce qu'on appelle une surmortalité,
07:01c'est-à-dire des décès prématurés liés à cette chaleur.
07:04Et donc, il se trouve qu'en France, depuis le traumatisme de 2003,
07:09qui était une vraie catastrophe sanitaire, on a une bonne sensibilité à ces problèmes-là.
07:15Et on voit que les gens réagissent, que ce soit les commerçants ou à titre individuel.
07:19Donc, on limite cette surmortalité qui, aujourd'hui, plafonne entre 2 000 et 4 000 décès par an
07:25qu'on impute à la chaleur.
07:26Et pas seulement au pic, à toute cette période de chaleur.
07:29Donc, il y a deux réponses.
07:31Les réponses qu'on répète à chaque fois et qui sont connues, c'est de s'hydrater, c'est de se refroidir, etc.
07:36Et pas sortir aux heures chaudes, pas faire l'activité sportive, etc.
07:39Et puis, il y a un deuxième volet qui est adressé aujourd'hui, qui va être plus compliqué quelque part,
07:43c'est d'adapter les infrastructures, les villes et l'environnement, les établissements hospitaliers, par exemple.
07:51C'est-à-dire, c'est des mesures de long terme qu'on doit faire pour accompagner les effets du réchauffement climatique,
07:57puisque, sous le contrôle de madame, si j'ai bien compris,
08:00on va avoir une multiplication des vagues de chaleur dans les années qui viennent, très certainement, progressivement.
08:05Et donc, il faudra s'adapter.
08:07Donc, il y a la prévention qui est plutôt bien assimilée en France, heureusement,
08:11après l'exemple de 2003.
08:13Et puis, il y a l'adaptation à long terme, qui est quand même des défis assez importants.
08:19Justement, Yasmine Assa, vous êtes co-auteur du dernier rapport du GIEC.
08:22Le GIEC, c'est ce groupe d'experts spécialisant le climat, qui, depuis des années climatiques,
08:26cette pollution que nous avons générée et qui a détraqué le climat,
08:30il fallait agir.
08:31On n'a pas agi suffisamment.
08:33Alors, en attendant qu'on fasse baisser les températures,
08:35on doit pouvoir quand même transformer nos villes et nous adapter,
08:38mettre de la verdure pour mieux encaisser ces chocs, non ?
08:42Il y a deux choses à faire et qu'il faut faire en parallèle.
08:44Il faut absolument faire baisser les gaz à effet de serre.
08:48Et c'est ça qui va faire baisser et stabiliser la température.
08:50Parce que là, on ne va pas revenir à la température qu'ont connue nos arrières-grands-parents.
08:53Ça, ce n'est plus possible, en fait.
08:54Ça ne va pas se produire de notre temps.
08:56Par contre, on peut éviter que les choses empirent
08:59en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
09:01Qu'est-ce qui est responsable des gaz à effet de serre ?
09:03C'est 75% des émissions de gaz à effet de serre,
09:05ce sont les énergies fossiles.
09:07Et le reste, c'est l'agriculture, les déchets, etc.
09:10Et donc, tant qu'on n'aura pas de politique qui s'attaque aux énergies fossiles,
09:14à éviter l'utilisation des énergies fossiles,
09:17on n'arrivera pas à baisser les émissions de gaz à effet de serre.
09:20C'est ça qu'on a fait jusqu'à présent.
09:21Ça, c'est ce qu'on appelle l'atténuation, la réduction.
09:24Et en parallèle…
09:24À la limite, avant de voir les effets, on tente quand même.
09:28Aujourd'hui, on voit que les voitures sont de plus en plus propres.
09:31Il y a des efforts quand même industriels qui sont faits.
09:34Et puis après, il y a ce qu'on peut faire très rapidement,
09:36c'est-à-dire adapter nos villes, les verdir, changer les habitations.
09:39Alors, les efforts qui ont été faits jusqu'à présent
09:40ne s'attaquent pas aux causes du changement climatique,
09:43ils s'attaquent aux symptômes.
09:44Vous citiez l'exemple des voitures, par exemple.
09:46En vérité, en tant que citoyen, nous n'avons pas un besoin de voiture.
09:49On a besoin d'aller d'un point A à un point B pour telle ou telle raison.
09:52C'est ça, notre besoin.
09:53Et la seule solution qui nous est proposée,
09:55qui nous a été proposée depuis les années 50-60 en France,
09:58c'est la voiture individuelle.
10:00On a tout fait.
10:01Toute notre société est organisée autour de la voiture individuelle
10:04et l'aménagement du territoire, etc.
10:06Et donc, du coup, ce qu'on a fait pendant ces 30 dernières années,
10:09on a essayé d'améliorer cette solution-là qui existe.
10:12Mais on ne s'est pas posé la question au départ,
10:14quel était notre besoin ?
10:15Donc, on ne s'est pas attaqué encore au cœur du problème.
10:20Et maintenant, qu'est-ce qu'il faut faire ?
10:21Point de vue adaptation, il faut en parallèle, bien sûr,
10:25verdir les villes, débétoniser les villes, débitumer les villes.
10:29En venant ici, je voyais le bâtiment qui est à côté de la porte de Versailles.
10:33Moi, je n'en reviens pas.
10:33La Tour Triangle.
10:34Voilà. Je n'en reviens pas qu'en 2025, c'est encore en construction.
10:37On puisse construire une tour aussi haute en verre et en béton.
10:42Ça, ça doit être banni.
10:43Comment est-ce qu'on peut encore faire ça ?
10:45Et donc, vous voyez, on est encore en train de crier.
10:47En anglais, on parle du lock-in effect.
10:49Donc, on est en train de s'enfermer dans des technologies,
10:52des solutions du siècle précédent, à l'époque où l'augmentation de la température était beaucoup moindre.
10:58On a Pauline Sarafi qui est en direct de Carcassonne pour BFM TV.
11:02Une ville fournaise.
11:03On peut dire ça comme ça aujourd'hui, Pauline ?
11:07Oui, totalement.
11:09Il a fait plus de 41 degrés ici à Toulouse.
11:12Autant vous dire que c'est très étouffant pour respirer.
11:1641 degrés, c'est quasiment le record qui avait été battu en 2023.
11:23Il avait fait 43 degrés.
11:25Et si vous voyez un peu derrière moi, les gens trouvent des façons de se réhydrater,
11:32de trouver un peu de fraîcheur.
11:34Les rues sont très, très vides.
11:36Et bien sûr, les gens, on les trouve à des endroits comme celui-ci où il y a de l'eau.
11:40Alors, au bord des fontaines, ici sur une place publique où il y a des jets d'eau.
11:45Et on est justement avec Jérôme.
11:47Jérôme, il est en vacances avec ses trois enfants.
11:50Jérôme, comment on fait avec trois enfants pour gérer d'aussi grosses salaires ?
11:54On a trouvé ça en revenant de Bandol.
11:58On est partis en vacances et on a trouvé une petite fontaine.
12:01On est venus se rafraîchir un peu là, ce qui faisait super chaud dans les apparts.
12:04Et puis, bon, voilà.
12:05Et là, les enfants, ça commence à aller mieux là.
12:08Vous n'avez plus trop chaud ?
12:09Oui.
12:11Là, vous me disiez, vous étiez en vacances.
12:14Vous comptiez revenir à Paris directement.
12:16On est partis en Vendée.
12:18Mais au final, avec la route et les chaleurs,
12:20on a préféré faire un petit arrêt dans le coin pour couper la route en deux
12:22et pas que ça fasse trop long pour les enfants dans la voiture.
12:25Et ce soir, comment on va faire ?
12:26Parce que ce soir, les températures vont baisser un peu, légèrement.
12:30On a pris la clim dans l'Airbnb pour être au frais.
12:32Parce qu'hier soir, on a dormi dans un appart sans clim.
12:34Et c'est vrai que c'était très, très dur.
12:36Donc, voilà.
12:37Super, merci beaucoup.
12:38Vous l'entendez.
12:38Un des vacanciers qui sont, eux aussi, obligés de se réadapter.
12:42Là, ils ont dû changer d'appartement parce qu'ils n'avaient pas de climatisation.
12:47Ce soir, la température, ici, elle devrait baisser.
12:49Le thermomètre devrait atteindre, on va dire, entre 25 et 26 degrés
12:53aux alentours de 6 ou 7 heures du matin.
12:55Mais demain, il fera à nouveau toujours aussi chaud.
12:59Entre 39 et 40 degrés sont attendus ici à Carcassonne.
13:02Pauline Sartre avec Lucas Davies, donc, dans la ville de Carcassonne.
13:06Et ça, il va falloir s'y habituer.
13:07C'est-à-dire ces étés caniculaires, les inondations l'hiver
13:11et des phénomènes de canicule qui vont être de plus en plus précoces
13:14et de plus en plus intenses.
13:15Oui, qui vont durer plus longtemps, plus précoces,
13:18qui vont se produire plus tôt dans l'année.
13:23Ça va devenir la norme, ça va devenir notre quotidien
13:25parce qu'on n'a pas suffisamment travaillé sur le plan politique.
13:28Alors, juste un point par rapport à…
13:30Moi, il se trouve que j'habitais à Toulouse en 2003
13:32quand il y avait eu la canicule.
13:34J'étais en thèse et je travaillais sur les équipements de froid, justement.
13:36Et en fait, ce qui se passe dans le bâtiment,
13:39c'est que quand il y a plusieurs jours de chaleur qui se suivent
13:43et la température ne baisse pas suffisamment le soir,
13:45le bâtiment n'a pas le temps de respirer.
13:47Donc, en fait, comme on a construit avec du béton,
13:49la plupart de nos bâtiments sont en béton depuis la Seconde Guerre,
13:53en fait, cette chaleur-là est emmagasinée dans les bâtiments.
13:55Les bâtiments n'ont pas le temps de respirer.
13:57Donc, en fait, ils deviennent des lieux invivables.
13:59Donc, du coup, le corps humain est soumis toute la journée à la chaleur,
14:02mais aussi le soir.
14:03Et il n'y a pas en France d'endroit où on peut aller se reposer,
14:09sortir de cette chaleur-là.
14:11Quand il y avait eu la première grande canicule à Chicago,
14:13il y a très longtemps,
14:14ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont créé des hangars
14:17qu'ils ont climatisés.
14:20Et quand il y a de grandes canicules,
14:22avant que la climatisation ne se réponde partout aux États-Unis,
14:25quand il y avait les premières grandes canicules à Chicago,
14:28il y avait des appels à la population
14:30et les gens se rendaient dans des hangars climatisés
14:32parce que la question climatique,
14:35c'est une question de sécurité,
14:36c'est une question de santé publique.
14:38La pire des combinaisons,
14:39et là, je parle sous votre contrôle,
14:41c'est une combinaison,
14:43une haute température avec une haute humidité.
14:45Le corps humain ne peut plus réguler ça.
14:47Et donc, du coup,
14:48on passe à des situations extrêmes,
14:50point de vue santé,
14:50qui peuvent aller jusqu'à la mort.
14:52Un dernier mot, justement, là-dessus.
14:54Si il y a un petit conseil à donner,
14:55le soir, quand on est dans la fournaise
14:57et dans sa passoire thermique,
14:59qu'est-ce qu'on fait ?
15:00En fait, je pense que, globalement,
15:01les gens ont intégré les bons comportements.
15:04Je reviens sur les bâtiments.
15:06Il y a des enjeux autour de la modernisation
15:08des bâtiments hospitaliers.
15:10Parce que je pense aussi à des effets indirects
15:13à ce réchauffement.
15:14C'est la pénibilité pour le personnel.
15:16Donc, vous voyez que le ministre,
15:17il est inquiet.
15:18Il faut une bonne prévention primaire
15:20pour éviter l'augmentation
15:21et le passage aux urgences.
15:22Mais si on parle du personnel
15:24dans certains établissements,
15:26on a un problème aussi
15:27de sécurité plus général,
15:29c'est qu'il reste efficace au travail
15:31et qu'il ne change pas trop vite de métier
15:33par désespoir, si vous voulez.
15:34Donc, il y a un plan
15:36de modernisation du bâtiment hospitalier
15:38à lancer, en fin de compte.
15:40Je pense qu'il l'est
15:41pour des raisons énergétiques d'économie,
15:43mais il ne l'est pas dans un angle
15:44de ce qu'on a vu à Chicago,
15:46d'introduire massivement
15:48où il faut la climatisation.
15:49Mais pas juste pour les bâtiments hospitaliers.
15:51Tous les plans de rénovation
15:53dont on parle en France
15:54sont des plans de rénovation énergétique
15:55qui visent uniquement
15:56la réduction des besoins de froid l'hiver.
15:59Et on ne parle pas du tout
16:00des besoins de refroidissement l'été.
16:03Alors que nous allons vers une France
16:05en surchauffe, on le sait,
16:06il va falloir refroidir.
16:08Merci à tous.
16:10Et on va se retrouver, bien évidemment,
16:11dans les jours à venir
16:12puisque cet épisode de canicule
16:13s'installe sur le pays
16:14au moins jusqu'à la fin de la semaine
16:16et début de semaine prochaine,
16:18nous disait Kevin Flory.
16:19Merci.
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