Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
L'Equipe de Greg L'hommage de LÉquipe de Greg à Didier Roustan (1957-2024)

Biographie de Didier Roustan
Didier Roustan, né le 10 octobre 1957 à Brazzaville (Moyen-Congo, Afrique équatoriale française) et mort le 11 septembre 2024 à Paris, est un journaliste, consultant, commentateur, présentateur et chroniqueur sportif français spécialisé dans le football.
Il se fait connaître du public en 1984, en présentant l'émission de TF1 Téléfoot, qu'il dirige ensuite de 1986 à 1989. Durant les années 1990, il présente des magazines et commente des rencontres pour Canal+ et France 2. Au cours des années 2000, il présente notamment l'émission de débat Enfin du foot sur L'Équipe TV. Il travaille également pour TV5 Monde.
À la radio, il a exercé sur Europe 1, RTL et Sport O'FM.
En 1995, il crée avec plusieurs personnalités, l'Association internationale des joueurs professionnels (AIFP). En 2003, il fonde l'association Foot Citoyen.

Facebook : https://www.facebook.com/lequipedegreg/

L'Equipe de Greg Site officiel : https://www.lequipe.fr/tv/collection/lequipedegreg/

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Dominique Grimaud, merci d'être avec nous ce soir. C'est un plaisir de vous accompagner.
00:03J'aurais aimé que ce soit dans d'autres circonstances que vous reveniez.
00:07Ça va aller Bertrand.
00:09Dominique, je vais vous laisser un mot sur Didier que vous avez parfaitement connu.
00:13Oui, c'est à la fois un confrère, un ami, un frère.
00:22On s'est connu il y a près de l'un demi-siècle.
00:25J'étais journaliste de presse écrite.
00:28Lui, il débutait à Téléfoot.
00:31On est à la fin des années 70.
00:35Quand il rentre à TF1 à Cognac-Ger à l'époque, il a à peine 18 ans.
00:41C'est sa maman qui a fait jouer ses relations pour faire entrer Didier.
00:49Didier est accepté immédiatement par l'équipe de TF1.
00:54Des confrères qui étaient aussi des amis, Georges Decaune, François Jeannin.
00:58Jean Reynal qui commentait surtout le basket.
01:02Et Jean Reynal qui va parrainer en fait Didier.
01:04Et Didier immédiatement se singularise par un ton, par une apparence qui ne fait même pas semblant d'entretenir.
01:15Il est lui, c'est quelqu'un de libre, c'est quelqu'un d'indépendant.
01:23Et je trouve que c'est dans notre métier une force de savoir être indépendant.
01:29Il a son ton, il a son langage, il a ses mots.
01:32Il a surtout, et ça Charles Bietry le disait, je lisais encore, parenthèse pour dire que Charles s'accroche encore à la vie, qu'on le salue très chaleureusement.
01:44Charles Bietry disait dans son tweet, que j'ai lu il y a quelques minutes, qu'il avait surtout le sens de l'image.
01:52Et c'est vrai qu'il avait le sens de l'image.
01:54Moi je l'ai connu ensuite à TF1, j'ai rejoint TF1 en 88.
01:59Didier à l'époque était le réalisateur, le metteur en scène de téléfoot.
02:04En plus d'être le présentateur.
02:06Et ce qu'il aimait par-dessus tout, c'est de passer ces nuits, du samedi au dimanche, enfermés dans les cabines de montage.
02:17C'est-à-dire qu'il inventait, il imaginait ce qu'allait être téléfoot.
02:21Donc voilà, et puis ensuite, ça a été un long parcours, on ne s'est jamais perdu de vue.
02:26Si ce n'est ces dernières semaines, j'ai encore une fourmille d'anecdotes.
02:35Le concernant, je me souviens aussi de ce qu'on a fait à l'Olympique de Marseille, il y a 15 ans.
02:41J'avais été nommé directeur des médias et je l'ai fait engager par l'Olympique de Marseille pendant une saison.
02:49Aux combien saison réussie, puisque doublée de l'OM, c'était 2009-2010.
02:54Alors au début, on n'a pas été très bien reçu par les supporters.
02:59Je me souviens de Banderole, dans le Vélodrome, qui nous indiquait la direction des toilettes et de Paris.
03:06On n'était pas marseillais vraiment, donc on n'était pas vraiment acceptés.
03:09Et puis les résultats de l'équipe entraînée par Deschamps et Stéphane ont fait qu'ensuite,
03:13on est rentré dans le cœur des supporters marseillais.
03:16Voilà, je pense à Didier, je pense à Didier à Marseille, je pense à nos têtes à tête
03:20et je pense surtout à nos dîners en tête à tête, où l'on refaisait non pas le match.
03:24Mais les matchs de l'histoire, en fait c'était notre passion commune.
03:29C'était de refaire l'histoire du foot.
03:31Et puis vous Bertrand, au moment où vous vous apprêtez à nous quitter,
03:35quitter la chaîne L'Équipe pour de nouvelles aventures,
03:36et vous savez qu'on vous souhaite le meilleur.
03:38Vous avez aussi grandi aux côtés de Didier régulièrement dans l'équipe du soir,
03:41avec ses coups de gueule, avec ses prises de position,
03:44avec parfois ses non-envies de télé traditionnelles.
03:48Vous avez appris beaucoup à ses côtés, j'imagine.
03:49Oui, forcément.
03:58Il m'a fait chier cent fois Didier, mais je suis fier d'avoir pu travailler avec lui.
04:05Il m'a forcément appris des choses.
04:08Je pense que des journalistes comme lui, avec sa dimension, il n'y en aura plus.
04:11Plus jamais.
04:13Je pense que l'époque, et c'est en ça que je pouvais avoir des points communs avec lui,
04:17c'est qu'il n'a pas cette époque, et je pense qu'il y a des choses qu'il a vécues,
04:20que j'aurais aimé vivre.
04:22La proximité avec les athlètes, la liberté qu'il s'est donnée.
04:26Il a dit merde à plein de gens.
04:27C'est pour ça qu'il a aussi changé pas mal de fois de chaîne.
04:30Je pense qu'il ne s'est jamais menti.
04:32Il n'y avait pas de faux semblants avec lui.
04:34Je pense que c'est quelque chose qu'il faut avoir en tête.
04:38Je pense qu'il peut être fier d'avoir réussi ça, d'avoir touché toutes les générations.
04:44Moi, je n'ai pas connu l'époque de téléfoot.
04:46Ce n'était pas le mec de l'équipe de soir avec lequel j'allais boire des verres après,
04:50mais il restera, on s'en souviendra toute notre vie.
04:53Je pense que quand on le rencontre un jour, on s'en souvient.
04:57Et c'est vrai que c'est une immense peine de dire qu'on ne le reverra plus.
05:04Il y a aussi ce qu'il a fait en dehors, ce syndicat qu'il a créé.
05:09Il était là aussi précurseur parce que quand on voit toutes les problématiques dont on parle,
05:14les mecs qui jouent trop, etc.,
05:16lui, il a voulu prendre la défense des footballeurs avec n'importe qui,
05:20avec Kanto, avec Maradona, avec tous ces gens-là.
05:23Il n'a pas pu aller au bout de ce combat-là,
05:25mais il a éveillé les consciences de ce point de vue-là.
05:29J'espère qu'un jour, ça avancera et qu'à ce moment-là,
05:32on lui rendra grâce aussi de ce point de vue-là.
05:36J'ai revu depuis ce matin,
05:38j'en avais déjà eu connaissance,
05:39mais tous ces documentaires qu'il avait pu faire, etc.,
05:41cette manière très singulière qu'il avait
05:43de parler de foot et de le raconter.
05:48Voilà, j'ai...
05:48Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de peine.
05:52C'est très difficile.
05:54Merci en tout cas d'être venu ce soir,
05:56alors que je sais que c'est très compliqué.
05:58Vickage d'Orasso, quand on parle...
05:59Je parlais d'homme libre, je parlais de liberté,
06:02Dom et Bertrand, on parlait de proximité aussi avec les joueurs.
06:05C'était une autre époque, un autre temps,
06:07plein de réseaux sociaux.
06:08C'est pas le « c'était mieux avant », Didier,
06:09c'est pas « c'était mieux avant », c'était différent.
06:11Et il a toujours, lui aussi, cultivé un peu cette différence
06:15et ce côté « j'avance comme j'ai envie d'avancer »
06:18et qu'il était metteur en scène à la fois de son émission,
06:21de ses reportages et de sa vie.
06:23Vous l'avez connu aussi.
06:24Très bien, vous avez été plusieurs fois à ses côtés.
06:28Oui, foot citoyen, Tatane, il est venu nous aider,
06:31il a commenté des matchs pour nous.
06:34Dès que je l'appelais, il répondait et on pouvait discuter.
06:38Il était toujours dispo pour les actions,
06:41pour les plus faibles notamment,
06:44lutter contre les discriminations, le racisme.
06:47Évidemment, le syndicat, Bertrand en parlait,
06:49il m'avait raconté tout sur le syndicat.
06:51C'était passionnant, comme il avait convaincu Maradona,
06:56Cantona, et puis après que le système l'avait rattrapé.
07:00Voilà, c'était aussi quelqu'un qui, d'une certaine manière,
07:03était du côté des joueurs.
07:04Évidemment, moi, ça me touche énormément.
07:06Il était avec nous.
07:07On savait et c'est pour ça qu'on l'aimait beaucoup.
07:10Et puis aussi, il était quelqu'un qui luttait plutôt
07:12contre le système et contre le pouvoir.
07:14Donc, c'est aussi pour ça qu'il était avec les joueurs.
07:17Et puis moi, évidemment, j'ai grandi avec lui.
07:20C'était les foot, les reportages.
07:22Je les ai vus à l'époque.
07:25J'avais vu Karam Pudjabar, Michael Jordan.
07:27C'est pour ça que j'ai séparé entre les moins de 40 ans
07:29et les plus de 40 ans.
07:30Je me suis permis de le faire.
07:30Oui, on a grandi avec lui.
07:32Parce que c'est ça, c'est ce que tout le monde
07:34m'a témoigné aujourd'hui comme histoire.
07:36Et puis, on a continué.
07:37Quand je tombais sur l'équipe du soir et je vous écoutais,
07:41c'est quand même une émission qu'on adore.
07:43Et de l'écouter lui, c'était un ton.
07:45Et c'était aussi, comment dire, il imposait son rythme.
07:48C'était lui qui décidait ce qui allait se passer.
07:51Et c'est quand même assez unique.
07:52Basile Bolli était avec nous ce soir dans l'EDG.
07:55Bonsoir Basile.
07:56Merci d'avoir répondu à notre invitation
07:57pour parler de Didier Roustan.
08:00Je ne vais pas être très original dans ma première question.
08:02Quel souvenir vous avez de Didier et Basile ?
08:05C'était un mec, on pouvait rire de tout, pas de foot.
08:12Il avait une philosophie à part dans le monde du foot.
08:17C'était mes premiers pas au CERB, mon premier reportage.
08:21Cette amitié qui a duré pendant près de 40 ans à Marseille.
08:30Après, on a travaillé pendant 7 ans ensemble.
08:32Et puis, on a lié une amitié vraiment solide.
08:39Et puis, Didier, c'était une philosophie du foot.
08:42Cruyff, Rivellino, Maradona, c'était un amoureux.
08:47C'est le tchèque, comme je l'appelle.
08:51Vous étiez tous les deux en train de rigoler, période 93.
08:55Et puis, on discute ensemble, histoire de se souvenir aussi des jolies choses.
09:00Bonjour tout le monde.
09:01Pour ce questionnaire roux-roux, j'ai à mes côtés un joueur petit niveau.
09:07Quoi petit niveau ?
09:08Promotion d'honneur.
09:10Les événements ont fait que le bonheur a décidé qu'un jour,
09:14cet homme nul de la tête ferme les yeux et que ça arrive sur sa tête.
09:18J'ai été ouvert les yeux.
09:19Et la légende, je suis refermé, tu veux que je te sorte la photo, je suis refermé les yeux.
09:24Tu n'étais pas un bon joueur de tête.
09:26Non, c'est vrai.
09:27Alors, comment c'est possible, ça ?
09:28J'ai eu la chance d'avoir Carlos Moser et Casoni tous les jours.
09:33Donc, on apprend.
09:35C'est vrai qu'on sent une complicité.
09:37C'est compliqué aujourd'hui de dire un joueur de foot que vous ne connaissez pas.
09:39Tu n'étais pas un bon joueur de foot.
09:40Tu fermes les yeux.
09:41On sent quand même une proximité et que vous aviez envie de vous marrer avec lui
09:45en parlant d'un moment d'histoire du foot français, tout simplement.
09:49C'était le témoin du foot français des années 70 et 90.
09:54C'était quelqu'un qui avait une mémoire exceptionnelle.
09:58Il m'a raconté une histoire quand même qui est extraordinaire.
10:02Je ne sais pas si vous la connaissez.
10:04Il avait 17 ans quand Pierre Cagnoni l'amène à TF1.
10:10Il est rentré à TF1 grâce au foot parce qu'il jouait à Cannes dans l'équipe de Pierre Cagnoni.
10:16Il a magouillé en disant qu'il avait 18 ans.
10:20En fait, il n'avait pas 18 ans quand Cagnoni l'a imposé à TF1.
10:28Et en même temps, c'était son dieu.
10:30C'était quelqu'un qu'il aimait beaucoup.
10:33C'est-à-dire qu'il m'en parlait.
10:37Cet après-midi, j'ai eu Dimitri, son fils.
10:44C'était lourd.
10:46C'est mon tchèque.
10:48C'était Bérangère.
10:51Je ne sais pas si vous avez vu le reportage qu'il avait fait en 1993 avec le loup.
10:56Il n'y avait que lui qui pouvait le faire.
10:58Avec son originalité, avec sa façon de voir le foot.
11:01C'est vrai que je n'étais pas son type de joueur.
11:03Mais il m'aimait bien parce que je faisais penser à Piazza, à ses stoppeurs rigoureux.
11:09Et puis, il avait une affection pour moi.
11:21Mais vraiment, il est rentré dans ma vie.
11:26Il a vu mes débuts.
11:28Il était toujours avec moi.
11:31On perd le tchèque, mais on perd un scientifique du foot qui avait sa façon de parler, sa façon d'être aussi libre.
11:46Il avait une putain de liberté dans sa façon de dire les choses.
11:50Et il restera gravé dans nos cœurs.
11:53Vous parliez de scientifique, c'est original.
11:55C'est un mot que je n'avais pas encore eu quand on a préparé cette émission.
11:58Mais il y avait aussi ce côté poète avec ses reportages.
12:00Le mot metteur en scène est arrivé dans mon texte, dans les mots de Dôme, dans les mots de Vicache Dorasso également.
12:06Il y avait ça.
12:06Il était capable de vous entraîner au-delà de ce qu'on pouvait imaginer quand on était joueur.
12:10Vous aviez envie de le suivre, de lui faire confiance, Basile Bolli ?
12:14Oui, à l'époque, il bossait pour France Télévisions.
12:17Donc, il a demandé à Giroud de venir faire un reportage sur moi.
12:22Giroud était un peu sceptique.
12:24Il est arrivé.
12:24Il avait son idée en tête.
12:29Donc, il a placé mes chaussures.
12:31Il a placé ma mobilette.
12:33Il a tout mis en scène pour que ça se passe comme il avait été dans la tête.
12:38C'était quelqu'un qui vivait vraiment ce qu'il faisait.
12:44Dans son métier, il n'y avait pas autre chose que la création, le petit truc qui fait à ce que les reportages ne se ressemblent pas.
12:57Il n'y a pas longtemps, il y a deux mois, il m'a remis la cassette des loups en 1993.
13:04Voilà, franchement, c'est bon.
13:15Merci beaucoup, Basile, d'avoir répondu à notre invitation.
13:17On vous laisse à votre émotion et on pense tous très fort à Didier Roustan.
13:20On va continuer à lui rendre hommage, évidemment, pour se souvenir de l'immense journaliste qu'il était, de l'empreinte qu'il va laisser.
13:26Merci, Basile, d'avoir répondu à notre invitation, même si je sais que c'est difficile.
13:29On apprécie énormément votre gentillesse et bravo pour être venu malgré l'émotion.
13:35Alicia, d'autres hommages, évidemment.
13:36Notamment de la part des champions d'Europe 84, avec à chaque fois, vous le verrez, des anecdotes.
13:41On en parle depuis le début de l'émission, ce côté original, cette part artistique finalement de Didier Roustan.
13:48Les mots de Michel Platini pour l'équipe.
13:50Il est arrivé après Thierry Roland et avant Thierry Gillardi avec son propre style, sa voix, sa passion pour l'Amérique du Sud et sa bonne connaissance du football.
13:57On était copains, mais pas amis. J'étais sûrement un peu trop normale pour lui.
14:02On a déjeuné ensemble à Cassis il y a quelques mois.
14:04C'était vraiment quelqu'un de bien.
14:06Le témoignage aussi d'Alain Gires, qui sera notre invité un peu plus tard dans l'émission.
14:10Il avait le feu sacré du football et le respect.
14:13On avait une proximité à l'époque.
14:15Pour mon dernier match, en 88, il avait fait un reportage avec toujours ce côté original qu'on aimait.
14:20Ce jour-là, à Marseille, il m'avait fait porter un nez de clown pour montrer que je savais m'amuser.
14:24Il avait fait venir Eric Cantona, qui avait signé à l'OM et puis encore un autre hommage avec Luis Fernandez.
14:30Il avait réalisé un film sur moi qui s'appelait Rocky, qui était merveilleux.
14:34Il m'a fait connaître Maradona au Parc des Princes, dans les couloirs, lors d'un France Argentine.
14:38Il était d'une simplicité, d'une gentillesse, d'une humilité.
14:41Il avait la connaissance du foot.
14:43Je ne l'ai jamais entendu dire du mal de quelqu'un d'autre.
14:45Je suis bouleversé.
14:47On lira d'autres hommages qui affluent aujourd'hui, après la disparition ce matin.
14:54On l'a pris de notre ami et collègue, et respecté, voire même vénéré, Didier Roustan.
Commentaires

Recommandations