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  • il y a 6 mois
Alors que la réélection de Donald Trump a ravivé les craintes d'un désengagement américain de l'OTAN, nous avons enquêté sur la capacité de l'armée française à entrer en guerre en cas de conflit. Chars de dernière génération en nombre réduit, véhicules militaires peu adaptés, manque de poudre à canon, retard dans le programme de livraison de drones : les points faibles de la Défense nationale sont légion. Un document signé Benoît Sarrade, Juan Palencia et Nicolas Duchêne.

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Transcription
00:00Cascuée, lourdement armée,
00:28l'adjudant Benjamin donne sa progression à son commandement.
00:32Je m'en pars de 41 et ensuite je redirige mon action sur Sud-232.
00:38Il dirige un peloton de reconnaissance de l'armée française.
00:46À travers la Taïga, non loin de la frontière russe,
00:50ils doivent ouvrir une brèche dans les lignes ennemies.
00:54Mais leur adversaire est redoutable,
00:56doté de moyens aériens importants.
01:08C'est des agents ennemis.
01:10Ils nous cherchent.
01:16Le but, c'est de nous trouver.
01:18Le but, c'est de progresser le plus à couvert possible
01:20pour ne pas être repéré par leur caméra.
01:27Maintenant, on ne sait jamais si on est repéré ou si on n'est pas repéré.
01:32Mettez-moi du monde là face à droite, face à droite.
01:34Mettez-moi du monde face à droite.
01:37Au Mali, en Afghanistan,
01:40Benjamin a combattu des groupes terroristes,
01:42mais jamais une armée régulière dotée de moyens équivalents
01:46ou supérieurs à ceux de l'armée française.
02:01L'unité de Benjamin est tombée dans une embuscade.
02:04Les soldats français sont à peine 40
02:13et doivent affronter un rouleau compresseur.
02:1623, cache-toi, cache-toi !
02:19Qui attaque aussi par le ciel
02:20et qui a de l'artillerie lourde.
02:25Ils ne pourront pas tenir longtemps.
02:27Ça va être un souci.
02:31On n'a pas de munitions illimitées,
02:32on n'est pas dans des jeux vidéo.
02:34Mais tout à coup, les combats s'arrêtent.
02:36Cessez le feu. Stop !
02:38Plus de tirs.
02:40Et les belligérants sortent des bosquets.
02:45Tout ça n'est en fait qu'un gigantesque exercice de l'OTAN.
02:50Baptisé Springstorm,
02:52il a lieu en Estonie,
02:53pays frontalier de la Russie.
02:57C'est l'un des exercices les plus importants
02:59depuis la guerre froide.
03:0114 000 soldats venus de 11 pays
03:03s'affrontent en deux camps.
03:05Le but recherché,
03:06préparer les pays membres de l'OTAN
03:08à se défendre face à une armée régulière.
03:13Fondamentalement,
03:14ça change dans le volume
03:17parce qu'il y a beaucoup plus de monde sur le terrain.
03:19Donc on est face à un ennemi
03:21qui a les mêmes capacités,
03:23le même volume.
03:24Donc on est obligé de se prémunir
03:26de plus
03:27de menaces.
03:31Pour Benjamin,
03:32le bilan fictif des exercices est lourd.
03:38Il est ennemi.
03:42J'ai perdu l'équivalent
03:46d'une vingtaine de soldats
03:47sur mes 40.
03:49Si ça avait été en vrai,
03:51c'est compliqué.
03:51ça veut dire que je ne peux pas
03:52continuer ma mission.
03:57Si aucun soldat n'accepte
03:59d'en parler face caméra,
04:01la possibilité d'affronter
04:02l'armée russe est ici
04:03dans toutes les têtes.
04:05Mais l'armée française
04:06est-elle prête ?
04:08Plusieurs exercices ont déjà montré
04:15les lacunes
04:16de notre appareil de défense.
04:22L'exercice Warfighter,
04:23on a eu des pertes considérables
04:26en huit jours.
04:27Quasiment 4000 hommes hors de combat,
04:30c'est-à-dire tués, blessés
04:31ou disparus.
04:33Selon des experts,
04:38en cas de guerre
04:39à la frontière est de l'Europe,
04:41l'armée française
04:42ne pourrait contrôler
04:43qu'une zone très limitée,
04:45faute d'hommes et de munitions.
04:49Ça fait mal parce que
04:50se dire que l'armée française
04:51tiendrait 80 km
04:53sur un front
04:54qui en fait plus de 1000,
04:56on se dit
04:56oula, c'est pas génial.
05:00L'objectif,
05:01c'est de faire 100 000 obus par an.
05:03100 000 obus
05:04et 4 jours
05:04dans le front en Ukraine,
05:05est-ce que c'est suffisant ?
05:06Ça, je peux pas vous répondre.
05:11Une armée qui peine
05:12au moment critique
05:13à recruter
05:13et à conserver ses troupes.
05:16Alors, quand on est
05:17en temps de paix,
05:17on s'en fiche un peu,
05:19mais quand la guerre
05:19est à nos portes,
05:20évidemment, là,
05:21ça devient une vraie urgence.
05:23C'est clair
05:23que l'armée française
05:24toute seule
05:24n'arrêtera pas
05:25l'armée russe
05:26si elle perce
05:27le front ukrainien.
05:29Une armée
05:29qui s'inquiète
05:30de la fascination
05:31que continue
05:32d'exercer la Russie
05:33de Poutine
05:33auprès de certains soldats
05:35et officiers,
05:36notamment
05:37dans la Légion étrangère.
05:40Les forces
05:41pro-russes
05:41aux Légions,
05:42c'est comme une secte.
05:44Cette secte fermée.
05:45il y a quand même
05:46dans la haute hiérarchie
05:48militaire
05:49une forme
05:50de complaisance
05:52vis-à-vis de la Russie.
05:55Enquête
05:56sur l'état
05:57de préparation
05:58de notre armée
05:59à un conflit majeur.
06:00Voici le char Leclerc,
06:25le seul modèle
06:26de tank lourd
06:27de l'armée française.
06:28Il est présenté
06:30dans ce clip
06:30du ministère
06:31des armées
06:32pour vanter
06:33sa puissance
06:34de feu
06:34et la modernisation
06:35de ses composants.
06:38Les atouts
06:39du Leclerc,
06:39l'ingénieur
06:40Marc Chassillon
06:41les connaît bien.
06:42Il a participé
06:43à sa conception
06:44et lui consacre
06:45aujourd'hui
06:46des livres.
06:46L'idée
06:48c'était de faire
06:49le meilleur char
06:50du monde.
06:50C'était ça
06:50le slogan
06:51de la fin
06:52des années 80
06:53et factuellement
06:55nous y sommes
06:56arrivés.
06:57Quand le char
06:58Leclerc a été
06:59conçu,
06:59nous étions
07:00dans une posture
07:01de guerre froide.
07:02On a dit
07:03il va falloir
07:03se battre
07:04à un contre trois.
07:06Pour se battre
07:07à un contre trois,
07:08il faut tirer plus vite
07:08et il faut tirer mieux
07:09que les autres.
07:10Et une des clés
07:11de la qualité
07:12du tir
07:13du Leclerc,
07:13c'est ce canon
07:14de 120 mm
07:15qui perce le blindage
07:16des chars adverses.
07:19L'un des chars
07:20les plus rapides
07:21au monde.
07:22Un véhicule
07:22conçu pour détruire
07:23des tanks russes
07:24réclamé avec véhémence
07:26par les Ukrainiens.
07:28Mais la France
07:28n'a pas pu
07:29leur en livrer.
07:31L'armée française
07:32a réduit
07:32comme pot de chagrin
07:33sa flotte de chars
07:34à peu près
07:34200 exemplaires.
07:36200 chars
07:36ne vous permet pas
07:37d'avoir de réserve.
07:38Pour des raisons
07:39stratégiques,
07:40on ne pouvait pas
07:41se défaire
07:42du peu de capacité
07:44au nom de nos dispositions.
07:53L'armée française
07:54observe le front ukrainien
07:56et se compare.
07:57Les Russes
07:58perdent quotidiennement
07:595 chars.
08:01Avec environ
08:01220 blindés lourds,
08:03l'armée française
08:04serait à court de tank
08:05en 44 jours.
08:08Et incapable
08:08de remplacer
08:09ceux perdus.
08:11La ligne de production
08:12des Leclerc
08:13a fermé
08:13en 2008.
08:16Ce manque de moyens,
08:18on le retrouve
08:18dans toutes les branches
08:19de l'armée française.
08:21Air,
08:22terre,
08:23mer.
08:25Au point
08:25qu'un journaliste
08:26l'a qualifié
08:27d'armée bonsaï.
08:29C'est-à-dire
08:30qu'elle a
08:30tous les attributs
08:31d'une grande,
08:32mais en version miniature.
08:34On a un peu de tout,
08:36c'est de très bonne qualité,
08:38mais on n'a pas beaucoup.
08:39Ce qu'on constate
08:40sur ce tableau,
08:42c'est qu'au cours
08:43des 30 dernières années,
08:45de 1991 à 2021,
08:47le format de l'armée
08:48a été extrêmement réduit.
08:49comment est-on passé
08:53de 1349 chars
08:55à 222
08:56ou de 686 avions de combat
09:00à 254
09:02en 30 ans ?
09:04C'est l'héritage
09:05d'une période
09:05commencée
09:06avec la fin
09:07de la guerre froide.
09:08Après la chute
09:37du mur de Berlin,
09:38et donc la fin
09:38de la menace soviétique,
09:41la France,
09:41comme tous les pays
09:42occidentaux,
09:44a cru que le risque
09:45de guerre en Europe
09:46était terminé,
09:47qu'on pouvait
09:48tranquillement
09:49encaisser
09:50les dividendes
09:51de la paix
09:51et que la mondialisation
09:53heureuse
09:53faisait disparaître
09:55cette menace.
09:56Ça explique
09:56la réduction globale
09:58du parc
10:00dans tous les domaines,
10:01que ce soit
10:01les chars,
10:02les avions
10:03ou les navires
10:04de surface.
10:04commande annulée,
10:09baisse des effectifs
10:10dans l'industrie
10:10de l'armement,
10:12c'est aussi
10:12le moment
10:12où le service
10:13militaire
10:14est abandonné.
10:14En 1993,
10:17près de 100 villes
10:18nouvelles de France
10:19vont devoir apprendre
10:19à vivre sans leur régiment
10:21ou sans leur établissement
10:22d'armement.
10:22Jusqu'en 1989,
10:27on dépensait
10:27à peu près
10:283%
10:29de notre produit
10:29intérieur brut
10:30pour la défense.
10:31En 2015,
10:33nous étions tombés
10:33à 1,4%,
10:34donc division de moitié.
10:36Il était normal
10:37de reconfigurer les choses,
10:38on ne pouvait pas rester
10:39avec la même armée,
10:40ça aurait été absurde.
10:42On avait besoin
10:42d'une armée,
10:44on va dire,
10:44expéditionnaire,
10:46une armée plus réduite,
10:47une armée professionnelle,
10:48de meilleure qualité
10:50en termes de compétences
10:53et disponible
10:56au coup de sifflet
10:57pour pouvoir
10:58être engagée
10:59dans les Balkans,
11:01au Moyen-Orient,
11:02en Afghanistan,
11:03en Afrique.
11:06C'est l'époque
11:06des OPEX
11:07pour opérations extérieures.
11:14Les plus importantes
11:15ont lieu
11:16après le 11 septembre 2001,
11:19avec notamment
11:19l'opération PAMIR
11:20en Afghanistan,
11:24Hartmann
11:25en Libye
11:26et Serval
11:28au Mali.
11:30L'ennemi
11:31n'est pas un État,
11:32mais un groupe terroriste
11:33ou une milice.
11:39Nous avions
11:39la supériorité aérienne,
11:41des moyens
11:41bien supérieurs
11:43et nous arrivions
11:44à obtenir des résultats
11:45avec des pertes limitées.
11:47Face à la puissance
11:48de feu française,
11:50l'ennemi recourt
11:51à la guérilla.
11:56Des bombes artisanales
11:58enterrent et explosent
11:59au passage
11:59des blindés français.
12:02Ça, c'est une période
12:03de l'histoire
12:04qui a duré 30 ans
12:05et on a eu l'armée
12:07dont on avait besoin
12:08en fait
12:08durant ces 30 ans.
12:10Cette période,
12:10elle se termine.
12:11Elle s'est terminée,
12:13je pense,
12:13avec l'invasion
12:14de l'Ukraine.
12:27C'est le retour des guerres
12:35entre puissances militaires,
12:37des guerres dites
12:37de haute intensité.
12:40La guerre
12:40de haute intensité,
12:41on n'est plus avec
12:42un dominant
12:43comme l'armée française
12:44et des groupes armés
12:45terroristes
12:46qui ont juste
12:47quelques mitraillettes
12:49et leurs sandales
12:50et quelques motos.
12:52Là,
12:52on s'affronte
12:53de bloc à bloc
12:54et donc,
12:54évidemment,
12:55la compétition
12:55et le jeu
12:56est beaucoup plus compliqué,
12:58risqué
12:58et potentiellement sanglant.
13:00C'est le contraire
13:01des OPEC
13:02et c'est une guerre
13:03d'une violence
13:04qui peut rappeler
13:05celle des précédentes
13:06guerres mondiales,
13:07par exemple.
13:08Deux jours
13:08avant l'invasion russe,
13:10le député
13:11Jean-Louis Thieriot
13:12alerte dans un rapport
13:13sur l'impréparation
13:14de l'armée française
13:15à ce type de guerre.
13:17Mais il n'est pas écouté.
13:20On pensait encore
13:21que par la diplomatie,
13:24on serait en mesure
13:26d'empêcher la Russie
13:29de succomber
13:30à son vertige impérial.
13:32Très clairement,
13:33c'était une erreur
13:34d'analyse.
13:35On ne voulait pas voir.
13:36Les armées
13:37et les dirigeants
13:37n'étaient pas focalisés
13:39sur la défense
13:40du continent européen,
13:42sur la menace russe
13:44pour dire les choses.
13:45Il y a eu une forme
13:45d'aveuglement volontaire
13:47face à la menace russe.
13:49La défense nationale,
13:50c'est comme
13:51l'assurance
13:52de sa maison.
13:53Quand il n'y a pas
13:54de sinistre,
13:54on trouve qu'elle coûte
13:55toujours trop cher.
13:56Quand il y a une énorme fuite
13:58et qu'il faut refaire
13:59les murs à neufs,
14:00on est content
14:01d'être bien assuré.
14:02Ce risque de confrontation
14:04avec l'armée russe,
14:05c'est l'accident
14:07que n'avait pas prévu
14:08l'état-major français.
14:09Cinq mois après
14:19le début de la guerre
14:20en Ukraine,
14:21les plus hauts gradés
14:22sont auditionnés
14:23à huis clos
14:24à l'Assemblée nationale.
14:28D'ordinaire
14:28si réticent
14:29à évoquer
14:30leurs faiblesses,
14:31les généraux
14:32décrivent ici
14:32sans filtre
14:33l'état
14:34de leurs troupes.
14:36Pas aptes
14:37à conduire
14:38une guerre
14:39de haute intensité.
14:4120 années
14:41de conflits asymétriques
14:42ont réduit
14:43certaines capacités.
14:46Comme la défense
14:46sol-air,
14:47les drones,
14:48les feux,
14:49le renseignement
14:49ou les moyens
14:50de franchissement.
14:52Il faudrait
14:52un plancher
14:53de 225 avions
14:54afin de pouvoir
14:55remplir sereinement
14:56nos missions.
14:57Depuis 1945,
14:59la marine française
15:00n'a jamais été
15:01aussi petite
15:01qu'aujourd'hui.
15:03Nos stocks,
15:03notamment de missiles
15:04air-air,
15:05ne sont pas
15:05à un niveau suffisant.
15:07nous arriverions
15:08assez rapidement
15:09à bout
15:09de chargeurs.
15:11Une armée
15:12à l'os
15:12et les chiffres
15:14donnent le vertige
15:15face à la menace russe.
15:18La France
15:18produit 100 000
15:19obus par an,
15:22ce que tire
15:22parfois la Russie
15:23en trois jours
15:24sur le front.
15:24ce qu'on constate,
15:31c'est que la masse,
15:32le volume,
15:33ça compte.
15:35Combien vous êtes
15:35capables de mettre
15:36d'hommes sur le terrain,
15:37combien vous êtes
15:38capables de fournir
15:39de coups d'artillerie
15:40par jour.
15:43On n'avait jamais
15:44imaginé de tirer
15:47des milliers
15:48d'obus par jour.
15:50On raisonnait
15:51en milliers.
15:52en Ukraine aujourd'hui,
15:54on compte
15:55en centaines
15:56de milliers.
15:57On est passé
15:58dans un rapport
15:59de 1 à 100.
16:01Un manque critique
16:02de masse humaine aussi.
16:03Actuellement,
16:04la Russie mobiliserait
16:05420 000 combattants
16:07en Ukraine.
16:07La force opérationnelle
16:11terrestre française,
16:12elle,
16:13est de 77 000 soldats.
16:16Mais en cas de conflit,
16:18en raison des rotations,
16:19l'état-major
16:20dit pouvoir projeter
16:21environ 20 000 hommes
16:22seulement.
16:24L'armée pourrait ainsi
16:25tenir 80 km de front,
16:28par exemple,
16:29pour défendre
16:29la Pologne.
16:31Car selon
16:31des projections militaires,
16:33il faut 5000 hommes
16:34pour tenir
16:3520 km de front.
16:36C'est des plans
16:38officiels.
16:394 brigades,
16:40une brigade 20 km,
16:424 fois 20,
16:4380.
16:44Voilà,
16:44c'est aussi
16:45arithmétique que ça.
16:46Ça fait mal
16:47parce que se dire
16:48que l'armée française
16:49tiendrait 80 km
16:50sur un front
16:51qui en fait
16:52plus de 1000,
16:53on se dit
16:54oula,
16:55c'est pas génial.
16:57C'est clair
16:57que l'armée française
16:58toute seule
16:59n'arrêtera pas
16:59l'armée russe
17:00si elle perce
17:01le front ukrainien.
17:02Mais la France
17:05ne serait pas seule
17:06face à la Russie.
17:07Elle interviendrait
17:08au sein de l'OTAN,
17:10une organisation
17:11militaire puissante,
17:12capable de mobiliser
17:14plus de 300 000 hommes
17:15et mieux équipée
17:17que la Russie.
17:20La France
17:20est aussi
17:21le seul pays
17:22de l'Union européenne
17:23à disposer
17:24depuis les années 60
17:25de l'arme ultime,
17:28la bombe nucléaire.
17:29La France
17:31est un État doté
17:31d'armes nucléaires
17:33et qu'en fait
17:34la dissuasion
17:35est au cœur
17:36de nos stratégies
17:36de défense.
17:37Et ça,
17:38il ne faut jamais l'oublier.
17:39Pour se défendre,
17:40la France
17:40n'a pas besoin
17:41de faire tuer
17:42500 000 hommes.
17:44Avant,
17:45elle a eu une dissuasion.
17:46Une fois qu'on a dit ça,
17:48est-ce que la dissuasion
17:49nucléaire suffit
17:50pour répondre
17:51à toutes les menaces,
17:53à toutes les situations
17:54dans lesquelles
17:55on pourrait se trouver ?
17:56La réponse
17:56était évidemment non.
17:58On peut se trouver
17:59confronté
17:59à des dizaines
18:00de situations
18:01dans lesquelles
18:02on a besoin
18:02de matériel
18:04d'armement
18:05qui ne soit pas
18:05de l'armement nucléaire.
18:07Croire que ça nous protège
18:09de tout,
18:09mais c'est de la folie.
18:11Un constat
18:12qui a amené
18:13le président Macron
18:13à réclamer
18:14une montée en puissance
18:15de notre armement.
18:16juin 2022,
18:38cinq mois
18:39après l'invasion russe,
18:41le chef des armées,
18:42le président Macron,
18:43exhorte les industriels
18:45de la défense
18:45à passer
18:46à la vitesse supérieure.
18:48Mesdames et messieurs,
18:49les dirigeants
18:50d'entreprises,
18:51nous entrons
18:51dans une économie de guerre,
18:52ce qui est un changement
18:53pour beaucoup d'entre nous.
18:55Soyons lucides,
18:56qui va nous obliger
18:57à investir davantage
18:59pour les Etats,
19:00à être plus exigeants
19:01avec les industriels
19:02pour ces derniers,
19:04à être encore plus innovants,
19:05plus rapides.
19:06Tout a changé.
19:08Deux ans après ce discours,
19:10pourrait-on entrer
19:10en économie de guerre ?
19:13Autrement dit,
19:14notre industrie de l'armement
19:15produit-elle beaucoup plus,
19:17beaucoup plus vite
19:18et moins chère ?
19:21Le secteur regroupe
19:26plus de 2000 entreprises.
19:28Leurs activités se structurent
19:29autour des commandes
19:30passées par les dix géants
19:32de l'armement,
19:33parmi lesquels Naval Group,
19:35qui produit les sous-marins.
19:36Dassault,
19:38le constructeur du Rafale,
19:41ou KNDS,
19:42qui fabrique à Bourges
19:43tous les canons
19:44de l'armée française
19:45à partir de ses tuyaux d'acier.
19:48Vous avez ici
19:48du 30 mm
19:49qui est le canon du Rafale,
19:51du 20 mm
19:51qui est décliné
19:52pour des applications
19:53hélicoptères
19:54ou tourelles marines.
19:56Vous avez ici
19:56du 40 mm
19:57qui équipe
19:58notre fleuron,
19:59le Jaguar actuellement.
20:00détenu à 50 %
20:06par l'État,
20:08le groupe franco-allemand
20:09KNDS a acquis
20:10une renommée internationale
20:11grâce à ce canon.
20:15Une fois installé
20:16sur un camion,
20:17il prend le nom
20:18de canon César.
20:2030 ont déjà été livrés
20:21aux Ukrainiens.
20:22Un calvaire
20:23pour les Russes.
20:24Il peut tirer 6 coups
20:31sur des cibles
20:32à 40 km
20:33en moins de 3 minutes
20:34et quitter les lieux,
20:36rendant les tirs
20:37de contre-batterie
20:38quasi inefficaces.
20:44Les soldats ukrainiens
20:45ont eu un coup de foudre
20:46pour ce canon,
20:48au point de lui
20:48déclarer leur flamme.
20:54Pour livrer les Ukrainiens
21:13et l'armée française,
21:14KNDS a quadruplé
21:16sa production de César,
21:17passant de 2 à 8 par mois.
21:20Mais actuellement,
21:21la France ne dispose
21:22que d'une soixantaine
21:23de César,
21:25loin des 5000 canons russes
21:26qui seraient actuellement
21:28déployés sur le front.
21:30On est très très bon
21:31en France
21:31en termes d'industrie
21:32de défense.
21:33Mais cette industrie,
21:34elle a été depuis 30 ans
21:35formatée pour produire
21:37presque comme
21:39de l'industrie du luxe.
21:40On produit des choses
21:42d'extrêmement bonne qualité,
21:45très chères,
21:46lentement
21:47et en relative
21:49petite quantité.
21:50Comme l'industrie du luxe.
21:51Et tout d'un coup,
21:52on se dit
21:53il faut changer de modèle,
21:54il faut repasser
21:55à un modèle,
21:56on va passer
21:56du luxe au prêt-à-porter.
22:02Sur un autre site,
22:04voici la machine
22:05qui produit
22:05les munitions
22:06de 155 mm
22:08du César.
22:09Elle tourne
22:0924 heures sur 24.
22:13L'objectif,
22:14c'est de faire
22:14100 000 obus par an
22:15sur l'ensemble
22:16des 3 unités
22:17que nous avons
22:17sur le site
22:19de KNDES
22:20Amo-France.
22:2320 % de ces obus
22:24sont destinés
22:25à l'armée française.
22:27Le reste partira
22:28pour l'Ukraine.
22:29De quoi tenir
22:294 jours sur le front.
22:32Pas de quoi livrer
22:32une guerre
22:33de haute intensité.
22:35Si vous voulez monter
22:36à 500 000 obus,
22:38qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
22:39Multiplier par 5
22:40toutes les installations
22:41qu'on a chez nous
22:42sur le site.
22:43Ça, c'est possible.
22:44Tout est possible,
22:45mais encore une fois,
22:46c'est une question
22:46d'investissement
22:47et de financement.
22:51KNDES a déjà dépensé
22:53300 millions d'euros
22:54pour augmenter
22:55ses capacités de production,
22:57mais refuse d'investir
22:58davantage
22:58sans financement
22:59de l'État.
23:01À cette impasse financière
23:03s'ajoute une autre difficulté.
23:05L'industrie peine
23:05à recruter.
23:10Vous avez des postes
23:11de vacances ?
23:11À peu près 18-20 postes
23:13qui sont vacants à date
23:14et sur lesquels
23:15on a des difficultés
23:16à trouver du personnel
23:17qualifié
23:17dans le domaine
23:18de la mécanique,
23:19notamment.
23:21Une fois usinés,
23:22ces obus doivent être chargés
23:24en poudre à canon.
23:26Nouvel obstacle,
23:27comme les masques
23:28pendant la Covid,
23:29la France découvre
23:30qu'elle a abandonné
23:31cette production
23:32et qu'une des composantes
23:34essentielles
23:34de la poudre à canon
23:35vient de Chine.
23:38Hier, sans conséquence,
23:39on réalise
23:40que la défense
23:41de notre territoire
23:42dépend aujourd'hui
23:42d'un allié majeur
23:44de la Russie.
23:48Comme c'est un produit
23:49à faible valeur ajoutée
23:51qu'on ne s'attendait pas
23:52à avoir à produire
23:53en masse,
23:53on s'approvisionnait
23:54tranquillement
23:55en Chine.
23:56Aujourd'hui,
23:56la guerre en Ukraine
23:57commence.
23:59Curieusement,
24:00les Chinois
24:01ont cessé
24:03quasiment totalement
24:04de nous en vendre.
24:05surpris une nouvelle fois,
24:11l'exécutif
24:12dans l'urgence
24:13tente de relocaliser
24:14cette production.
24:16En avril 2024,
24:18le chef des armées
24:19pose la première pierre
24:20d'une usine
24:20de poudre en Dordogne.
24:22Cette usine sera terminée
24:28au premier semestre 2025.
24:30de 2017 à 2030,
24:34on aura doublé
24:36le budget de la défense
24:37qui est absolument
24:38considérable.
24:40Malgré les slogans
24:41et un effort financier
24:43sans précédent
24:44depuis la fin
24:44de la guerre froide,
24:46on ne transforme pas
24:47un outil industriel
24:48complexe
24:49en quelques mois.
24:49L'économie de guerre
24:52telle que l'a enclenchée
24:53par exemple la Russie,
24:54on en est loin.
24:57L'usine de poudre
24:59de Bergerac
24:59produira 120 tonnes
25:01de poudre par mois,
25:03de quoi charger
25:03environ 7500 obus.
25:10Un volume
25:11à des années-lumière
25:12des productions russes,
25:14environ 250 000 obus
25:16par mois.
25:17Nous ne fabriquons
25:18plus seuls,
25:19ni en quantité suffisante
25:24l'intégralité
25:24du matériel militaire
25:26dont notre armée
25:26a besoin.
25:29Encore plus préoccupant,
25:31les nouveaux équipements
25:32en train d'être livrés
25:33à nos troupes
25:33sont pour certains
25:34inadaptés.
25:35en grande banlieue parisienne,
25:59Euro Satori,
26:00l'un des plus importants
26:02salons de l'armement.
26:02des chefs militaires
26:08des quatre coins
26:09du globe
26:09sont venus
26:10faire leurs emplettes.
26:15Et voici
26:16ce qu'ils peuvent acheter.
26:20Des hélicoptères
26:21de combats,
26:23des missiles,
26:25des drones suicides,
26:27auprès de 1700 exposants
26:29venus de 62 pays.
26:34Pour se vendre,
26:36l'industrie peut compter
26:37sur nos militaires
26:38reconvertis en VRP
26:39de l'armement.
26:40Et même,
26:42en acteurs,
26:43pour vanter les qualités
26:44des blindés légers
26:45de l'armée française,
26:46une sorte de téléshopping
26:48où le griffon,
26:50le serval
26:51et le dernier venu,
26:53le jaguar,
26:54sont présentés
26:55comme des bêtes de combat.
26:58En haut de notre colline,
27:00devant vous,
27:01vous pouvez voir
27:01se déployer le jaguar.
27:03Le jaguar
27:04est un engin blindé
27:05de très haute technologie.
27:06Le VBCI
27:07a été déployé
27:08pour les opérations
27:09au Mali.
27:12Des véhicules conçus
27:13pour des guerres asymétriques,
27:15les fameuses OPEX.
27:17Selon les opérias peignées,
27:18spécialistes
27:19des politiques d'armement.
27:21Si on se met comme ça,
27:21vous avez peut-être
27:22un angle pas trop mal
27:22sur les trois véhicules ?
27:25Ils sont inadaptés
27:26pour les vraies guerres
27:27type Ukraine.
27:28Le principal transport
27:29de l'armée de terre
27:30qui va être donc
27:30le griffon.
27:31Vous le voyez,
27:32on a un véhicule de transport
27:32qui est assez haut
27:34parce qu'il a été pensé
27:35pour résister d'abord
27:36à la principale menace
27:37rencontrée par les armées
27:38en Afrique,
27:39à savoir les explosifs
27:41improvisés placés sur la route
27:42qui sont donc
27:43ce qu'on appelle les IED.
27:44Donc le véhicule est très haut
27:45parce que le souffle
27:46d'une explosion
27:47qui arriverait sous le véhicule
27:48doit pouvoir s'évacuer
27:49sans blesser l'équipage.
27:51C'est très important.
27:52On retrouve sur le jaguar,
27:54on retrouve sur le serval.
27:56C'est un des éléments
27:57constitutifs.
27:58Ils sont envisagés
27:58pour un terrain
27:59qui va être sec,
27:59un terrain qui va être très chaud.
28:01Ces véhicules sont climatisés.
28:02Maintenant,
28:02le fait est qu'aujourd'hui,
28:04ce qu'on voit
28:04depuis deux ans en Ukraine
28:05montre que les besoins
28:07sont peut-être un peu différents.
28:08Sur un terrain
28:08qui va être bouleversé
28:09par de l'artillerie,
28:11rempli de shrapnel,
28:12confronté à des explosions
28:13sur les côtés
28:14plutôt qu'en dessous,
28:15si vous voulez,
28:15ça va être un petit peu
28:16plus difficile
28:17parce que tout à l'heure,
28:18ils n'ont pas été pensés pour.
28:22Une incompatibilité vérifiée
28:24sur le front ukrainien.
28:26La France a livré
28:27une quarantaine
28:28d'AMX RC-10
28:29à l'Ukraine,
28:30l'ancienne génération
28:31de nos blindés légers.
28:33Un désastre selon
28:34ce militaire ukrainien
28:35cité par Le Point.
28:37Envoyer ces véhicules
28:38à l'attaque
28:39est inutile
28:40car cela met en danger
28:41l'équipage.
28:43Leur blindage léger
28:44les rend inadaptés
28:45à l'attaque.
28:45Pourquoi notre matériel
28:51militaire répond-il
28:52aux guerres d'hier
28:52mais pas d'aujourd'hui ?
28:54Pour le comprendre,
28:56allons sur le stand
28:57du ministère des armées.
28:59Ici,
29:00on prétend concevoir
29:01les équipements
29:02de deux mains.
29:05Au milieu trône
29:06ce drone,
29:07le patrouleur
29:07avec ses 18 mètres
29:09d'envergure,
29:10un drone tactique
29:11destiné à guider
29:12les troupes au sol.
29:13Commandé en 2016,
29:16il devait être livré
29:17deux ans plus tard
29:18mais il n'est finalement
29:20entré en service
29:20qu'en 2024.
29:25Un programme
29:26qui a déjà coûté
29:27300 millions d'euros
29:28ce qui plonge un peu
29:30dans l'embarras
29:31l'officier chargé
29:32des évaluations
29:32de ce drone.
29:35Il est très critiqué
29:35et je le comprends
29:37puisque en termes
29:38de délai,
29:39en termes de ce qu'on
29:39attendait
29:40et de ce qu'on aurait
29:41voulu avoir,
29:43on a un décalage
29:44parce qu'on l'aurait eu
29:46effectivement
29:47s'il n'y avait pas eu
29:47de problème.
29:50Entre autres,
29:51son crash
29:51lors d'un essai
29:52en 2019
29:53dont aucune image
29:54n'a fuité.
29:56Le programme
29:57est alors mis à l'arrêt
29:58puis relancé
30:00alors que la guerre
30:01en Ukraine éclate.
30:06Problème,
30:06les températures
30:07sont souvent glaciales
30:08sur le flanc Est,
30:09nouveau théâtre
30:10d'opération
30:11des forces françaises
30:12et ce drone
30:13déteste le froid.
30:16Il n'a pas été conçu
30:17complètement au départ
30:18pour faire face
30:19à la haute intensité LS
30:20donc nous,
30:20on le réadapte
30:21pour pouvoir l'employer.
30:22Il est équipé
30:23d'un système
30:24anti-givre
30:25pour résister ?
30:26Alors,
30:27non,
30:27il n'est pas si équipé
30:28de systèmes
30:29de dégivrage
30:30donc c'est à nous
30:31d'éviter
30:33les cellules givrantes,
30:34d'éviter
30:34les zones dangereuses.
30:36Le spécialiste
30:38des systèmes
30:38d'armement
30:39est moins optimiste
30:40pour ce drone
30:41conçu pour des opérations
30:43où nous avions
30:44la maîtrise totale
30:45du ciel.
30:46Est-ce qu'on pourrait
30:47le déployer
30:48sur le front ukrainien ?
30:53Euh...
30:54On peut.
30:55Maintenant,
30:56il va falloir accepter
30:57d'en perdre
30:57parce que,
30:59voilà,
30:59encore une fois,
30:59il est très grand,
31:01il n'est pas très rapide,
31:03il est assez repérable
31:03au vu de sa taille
31:04et de sa composition,
31:05donc il risque
31:06d'être ciblé
31:07par l'adversaire
31:08qui le verra
31:09et qui pourra
31:10le détecter
31:10et l'abattre.
31:15Pour Léo Peria-Pegnier,
31:17une des explications
31:18du fiasco
31:18du Batrolleur
31:19s'explique en trois lettres
31:20DGA
31:21pour Direction Générale
31:23de l'Armement,
31:24l'administration militaire
31:26chargée
31:26d'équiper nos forces.
31:29Notre travail,
31:30c'est d'être expert
31:31au profit des forces.
31:32Moi,
31:34mon but,
31:35c'est d'avoir le véhicule
31:36le meilleur possible
31:36pour que,
31:37dans les forces,
31:38ils n'aient aucun problème.
31:40Ce qui est aujourd'hui
31:40un des gros problèmes,
31:41c'est que,
31:41pour qu'un système
31:43soit acheté par les armées,
31:44il faut qu'il soit qualifié,
31:45donc reconnu,
31:46évalué par la DGA.
31:47Il y a des listes d'attente
31:49qui sont assez complexes
31:49et c'est long.
31:51Des procédures administratives
31:53qui ont ralenti
31:54le programme
31:54à chaque étape
31:55de son développement,
31:57selon cet ingénieur
31:58du patrouleur
31:58filmé
31:59en caméra cachée.
32:00C'est pour l'armée de terre,
32:03mais on est sur un objet
32:04avec des contraintes
32:06réglementaires
32:07de certification
32:08qui correspondent
32:09quasiment
32:11au standard
32:11de l'aviation commerciale.
32:13Donc,
32:13au fur et à mesure
32:14qu'on applique la norme,
32:15où là,
32:16il va falloir aller
32:16un peu plus loin
32:17dans les justifications
32:18et les détails,
32:19etc.,
32:20et bien,
32:20à la fin,
32:21c'est du patier,
32:21du patier,
32:22du patier.
32:22Une inertie
32:25qui a aussi ralenti
32:26le programme
32:26du drone européen,
32:28un drone d'attaque
32:29qui devait notamment
32:30servir
32:31pour des frappes ciblées.
32:33Commencé en 2004,
32:34il ne sera pas livré
32:36avant 2030.
32:38La France a dû se résoudre
32:39à acheter un drone américain,
32:41le Reaper,
32:42quitte à céder
32:42une partie
32:43de notre souveraineté.
32:46Il faut bien comprendre
32:47que le drone mâle
32:47Reaper américain
32:49nécessite l'autorisation
32:50du Congrès
32:50et qu'il appartient
32:51aux Américains,
32:51que les Américains
32:52le maintiennent en état,
32:54c'est-à-dire qu'on n'a pas
32:55le droit d'ouvrir en gros.
32:55On n'a pas le droit
32:56d'ouvrir le moteur,
32:56on n'a pas le droit
32:57de regarder ce qui se passe dedans.
32:58Les images appartiennent
32:58aux Américains
32:59et les autorisations
33:00de survol
33:01sont données par les Américains.
33:02Donc en fait,
33:02on est complètement
33:03dépendant des Américains.
33:05Donc oui,
33:05c'est un échec
33:06dans la mesure
33:06où on en est toujours
33:07aujourd'hui avec le Reaper.
33:11Ce dont nous,
33:12nous disposons
33:12quand on lit ce tableau,
33:14ce sont essentiellement
33:15des micro-drones
33:16et des mini-drones.
33:17Le Black Hornet,
33:18là dont on parle,
33:19il y en a 600 en 2025.
33:21Ce sont des tout petits drones
33:21qui font la taille
33:22d'une libellule
33:22qui sont utilisés
33:23notamment par les forces
33:24pour aller dans des bâtiments,
33:26pour aller voir
33:26l'état du bâtiment,
33:28s'il y a ou non
33:28des forces adverses et autres.
33:30Et quand on est sortis
33:31de ces micro-drones
33:32et des mini-drones,
33:34en fait,
33:34il ne reste plus grand-chose.
33:37Un échec systémique
33:38préoccupant.
33:40Depuis la guerre en Ukraine,
33:42les drones sont devenus
33:43des armes capables
33:44de changer le cours
33:44d'une bataille.
33:48Comme ici,
33:50où ils ont empêché
33:51la progression
33:51des forces russes
33:52vers Kiev.
33:56La France a pris du retard
33:58pour fabriquer des drones,
34:00mais aussi pour résister
34:01à leurs attaques.
34:08Fin mai 2024,
34:10l'armée nous accueille
34:11au 501e régiment de chars
34:13dans le Grand Est.
34:14Cette unité de cavalerie
34:17est la première
34:18à avoir reçu
34:19des chars Leclerc rénovés.
34:21Autrement dit,
34:22nos blindés lourds
34:23conçus avant la guerre froide
34:24ont été modernisés
34:25pour être déployés
34:27sur les nouveaux champs
34:27de bataille.
34:29Rénovés,
34:30le Leclerc a été rebaptisé
34:31Leclerc,
34:33XLR.
34:33Sur le XLR,
34:37maintenant,
34:37on a une plaque
34:38contre QD
34:38qui a été installée
34:39sous le châssis.
34:41C'est une plaque
34:41qui est incurvée.
34:42Vous voulez monter ?
34:44La partie faible du char,
34:46c'est tout ce qui est 3D.
34:47Les menaces qui viennent du haut.
34:48Les hélicoptères
34:49étaient la plus grosse menace
34:50et depuis 20 ans,
34:51on se rend compte
34:51qu'avec la montée
34:52en puissance des drones,
34:53c'est le côté faible.
34:54Vous avez un surladage
34:55sur le côté latéral
34:57et vous avez ce qu'on appelle
34:58du slot armor.
34:59C'est du anti-RPG,
35:00anti-lance-roquette.
35:01Sur le toit,
35:02il n'y a pas plus de protection
35:03que ça, pour l'instant.
35:04Il n'y a pas de surblendage ?
35:05Il n'y a pas de surblendage.
35:06Pour l'instant,
35:06ce n'est pas prévu,
35:07ça sera sûrement rajouté.
35:08Ce qu'on voit en Ukraine,
35:09c'est qu'ils rajoutent des...
35:11En vrai,
35:12ils bricolent leurs chars.
35:13Ils rajoutent des plaques
35:14de surblendage eux-mêmes.
35:17Quand le programme de rénovation
35:18du char Leclerc
35:19a été imaginé,
35:21nous étions dans une posture
35:22géostratégique
35:23complètement différente
35:24de celle que nous avons aujourd'hui.
35:25Les drones ne faisaient pas
35:26partie de la menace.
35:27Et donc,
35:28l'état-major a jugé
35:30qu'il y avait un seuil
35:32que l'on pourrait qualifier
35:34de minimal
35:34pour rénover le char Leclerc.
35:40Une rénovation limitée
35:42qui coûte pourtant
35:431,5 million d'euros par char.
35:46En cas de conflit
35:55avec la Russie,
35:56l'armée française
35:57pourrait aussi devoir
35:58se priver
35:59de plusieurs centaines
36:00de soldats
36:00parmi les plus aguerris.
36:02Sous-titrage Société Radio-Canada
36:32les légionnaires
36:34du 2e régiment étranger
36:35de parachutistes
36:36ont le doigt
36:37sur la couture.
36:39Le chef d'état-major
36:40des armées
36:41passe en revue
36:42cette troupe d'élite.
36:45Afghanistan,
36:46Centrafrique,
36:46Mali
36:47et maintenant
36:48Europe de l'Est,
36:49cette unité
36:50est très souvent projetée
36:51pour régler des crises.
36:52C'est ainsi
36:54que les drapeaux
36:55de la Légion étrangère
36:57se sont couverts
36:58de gloire
36:58pour la France.
37:00Il y a une nécessité
37:01de se tenir prêt
37:02à tout,
37:03y compris
37:04à l'affrontement
37:04de haute intensité.
37:07150 nationalités
37:08sont représentées
37:09dans la Légion.
37:10Parmi eux,
37:11selon les chiffres
37:12de 2022,
37:13450 Russes
37:14et 710 Ukrainiens.
37:16Malgré l'invasion russe
37:23en Ukraine,
37:24selon l'officier
37:24en charge du camp,
37:26la guerre n'a pas
37:27de répercussions
37:27au sein du 2e REP.
37:30Ça, c'est la magie
37:32de la Légion.
37:32Depuis la guerre
37:33en Ukraine,
37:33il n'y a pas
37:33la moindre bagarre,
37:34il n'y a pas
37:35le moindre accrochage,
37:35il n'y a pas la moindre...
37:36Et pourtant,
37:36vous avez effectivement
37:37des gens qui pensent...
37:38qui ont des opinions différentes
37:39et qui viennent
37:40des 4 coins du monde.
37:41Mais ils ont l'habitude,
37:42depuis qu'ils sont
37:42dans la Légion,
37:43qu'ici,
37:43c'est la République française.
37:45Ils sont aux ordres
37:45de la République.
37:46de la République française
37:46ce qu'ils pensent
37:48de leur pays
37:48et de les zones
37:49dans lesquelles
37:50ils ont pu grandir,
37:50ça ne regarde qu'eux
37:51et ils n'en font pas
37:52l'État en service.
37:53Donc, non,
37:53c'est pas un sujet au régiment.
37:58Légionnaires russes
37:59et ukrainiens,
38:00frères d'armes,
38:00donc,
38:01en toutes circonstances.
38:12Crâne tondu,
38:13regard de plomb,
38:15ce caporal-chef
38:16ukrainiens racontent
38:17une toute autre histoire.
38:19Miraïlo Jardine
38:20a servi la Légion
38:21pendant 11 ans
38:22et a participé
38:23à plusieurs OPEX.
38:24Mais en juillet 2022,
38:34suite à une altercation
38:35avec un légionnaire
38:36pro-russe,
38:37il est exclu de la Légion
38:38pour insubordination.
38:41Une sanction intervenue
38:43après des années
38:43de tensions
38:44au sein de la Légion
38:45entre pro-russe
38:46et pro-ukrainien
38:47que sa hiérarchie
38:49tenterait de masquer,
38:50selon Miraïlo Jardine.
38:51qu'il fait,
38:52il juste cachait
38:53le problème,
38:54cachait le gros problème
38:56qui existe
38:57au deuxième rep
38:58entre les légionnaires
39:00russes
39:00et ukrainiens.
39:02Il cachait le problème
39:03parce qu'il voulait
39:03garder la bonne image
39:05de son régime.
39:06Légion,
39:07il y a des sectes russes.
39:09Ça veut dire
39:09les gens
39:11qui sympathisent
39:13des forces russes,
39:14sympathisent
39:15de Poutine.
39:17Donc,
39:18comme je suis entré
39:19au bureau
39:20pour faire le rendez-vous
39:21ou demander le papier
39:22ou signer quelque chose,
39:24au bureau,
39:24je vois les photos
39:25de Poutine et Staline
39:26à côté.
39:27C'est des petites photos,
39:28des grandes photos ?
39:29Non, ça, c'est des photos
39:30comme ça.
39:31Je ne sais pas
39:31quel temps,
39:32mais ça, c'est des photos
39:33bien visibles.
39:34Donc, ça, c'est des photos
39:35format A4.
39:38D'autres légionnaires
39:40confirment l'existence
39:41de groupes pro-Poutine.
39:43Dans le bureau
39:44d'un des russes,
39:45j'ai vu qu'il y avait
39:46des photos de Poutine
39:47et de Staline aussi.
39:50Le 24 février 2022,
39:52il y a beaucoup de russes
39:54qui ont mis à être
39:54sur les véhicules,
39:56sur les motos,
39:58sur les sacs à dos,
40:00etc.
40:02Le symbole
40:03des blindés russes
40:04engagés dans l'invasion
40:05de l'Ukraine.
40:07Le drapeau de la Nouvelle Russie,
40:09symbole des visées
40:09expansionnistes de Poutine,
40:12a même été planté
40:12dans un local
40:13du camp Rafaheli.
40:15Ce serait l'œuvre
40:16d'un soldat formé
40:17dans une académie
40:18militaire russe
40:19avant d'entrer
40:20dans la Légion.
40:21Monté en gratte depuis,
40:23il est présent
40:24sur des groupes
40:24pro-Poutine,
40:25sur les réseaux sociaux russes.
40:27D'autres
40:29prennent la pause
40:30devant des drapeaux
40:30à la gloire
40:31de l'armée soviétique.
40:33Miraël Ogerdine
40:34veut alerter
40:35sur leurs agissements.
40:37Il rencontre
40:38deux de ses supérieurs
40:39hiérarchiques
40:39et enregistre
40:41leurs conversations.
40:42La question de l'entrée.
40:47Et pourquoi
40:48Adjoutamchef
40:48ramène cette guerre civile
40:50ici à Légion?
40:52Ça, c'est pas
40:53que pour le comportement
40:54de Légionnaire.
40:55Attention,
40:57si je suis un bras
40:58tout blanc,
40:58tout rouge,
40:59tout vert,
41:00ou avec une caisse
41:01de Mickey dessus,
41:03c'est pas mal.
41:03Toi,
41:04tu peux jouer
41:05la télé,
41:05tu as des bases.
41:06Mais toi,
41:07on va tout faire.
41:08Tu continuez comme ça,
41:09le CDO l'on trouve.
41:11On va tout faire.
41:12de finir.
41:13On va te dégager,
41:14dis-y.
41:18Objectif atteint
41:19quelques mois plus tard,
41:20après une histoire
41:21ubuesque.
41:23Alors que Miraël Ogerdine
41:24est responsable
41:25des cuisines,
41:26des pro-russes
41:27le dénoncent
41:27auprès de sa hiérarchie
41:29pour des steaks
41:30trop cuits.
41:33Steaks hachés,
41:34carbonisés,
41:36immangeables.
41:38Ces supérieurs
41:39condamnent Miraël Ogerdine
41:40à 20 jours de prison
41:41pour négligence
41:42au travail
41:43et insultes.
41:44Le para refuse
41:45d'être incarcéré.
41:47Une insubordination
41:48qui conduira
41:49à son exclusion.
41:50Le commandement de la Légion
42:16n'a pas souhaité réagir
42:18sur une affaire en cours.
42:20Miraël Ogerdine
42:21espère lui toujours
42:22sa réintégration
42:23et se tient prêt.
42:24Si la France
42:26demain est entrée
42:27à la guerre
42:27contre la Russie,
42:28je suis prêt
42:29à engager
42:30et faire le service
42:31pour la France
42:32parce que c'est un pays
42:33qui géodeur.
42:35Les légionnaires russes
42:37auraient eux
42:38le droit
42:38de refuser
42:39de se battre.
42:41Cette affaire
42:41qui pourrait
42:42sembler anecdotique
42:43jette la lumière
42:44sur un problème
42:45bien plus profond.
42:46Il y a quand même
42:49dans la hiérarchie militaire,
42:51la haute hiérarchie militaire,
42:53une forme de complaisance
42:56on va dire
42:57vis-à-vis de la Russie
42:59qu'on ne retrouve pas forcément
43:01dans d'autres armées européennes.
43:03Du côté des renseignements militaires,
43:06on redoute
43:06des infiltrations russes.
43:08Le climat est particulièrement tendi.
43:11La DRSD
43:11qui est là
43:12pour fliquer,
43:13pour suivre,
43:14pour espionner
43:15ses propres troupes
43:16par des moyens
43:17parfois très intrusifs.
43:19Il y a des rappels,
43:21des mises en garde
43:21qui sont faits aussi
43:22de tous les grades
43:23à ces questions
43:24d'influence,
43:26d'infiltration,
43:27d'espionnage.
43:28Un lieutenant-colonel français
43:30aurait ainsi transmis
43:31des informations
43:32sur l'OTAN
43:33au service russe.
43:34Il a été mis en examen
43:35pour intelligence
43:37avec une puissance étrangère
43:38Face à la menace russe,
43:45la France n'est pas la seule
43:47à remettre son armée
43:48à niveau.
43:49Les 31 autres pays
43:50de l'OTAN
43:50ont lancé
43:51des programmes
43:52de réarmement.
43:56Sur le terrain,
43:58les soldats mélangent
43:58les nationalités
43:59de sorte à ne former
44:01plus qu'une seule
44:02et même armée.
44:07Les pays européens
44:08se préparent
44:08à se passer
44:09de la tutelle américaine.
44:1260 à 70%
44:13des hommes
44:14et du matériel
44:15de l'OTAN
44:15sont fournis
44:16par les Etats-Unis.
44:18Ce lance-roquette
44:19peut faire la différence.
44:23Tu vois cette tranchée là-bas ?
44:25Je peux tirer
44:26à une certaine hauteur,
44:27ça va exploser
44:28au-dessus de la tranchée
44:29et ça va tuer
44:30tout ce qu'il y a en dessous.
44:36Avec l'élection
44:37de Donald Trump,
44:39les Etats-Unis
44:39pourraient drastiquement
44:40diminuer leurs contributions,
44:43laissant la France
44:44et ses alliés européens
44:45seuls
44:46face à la Russie.
44:47et ses alliés européens
44:48dans les Etats-Unis.
44:49Les Etats-Unis
44:50ont été déroulés
44:50dans les Etats-Unis.
44:51Les Etats-Unis
44:52ont été déroulés
44:52dans les Etats-Unis.
44:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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