00:00Le méga-feu dans l'Aude est toujours en cours, déjà 16 000 hectares parcourus.
00:04Dans un deuxième temps, ce sera le temps de l'enquête.
00:07Comment mener une enquête pour trouver les causes d'un incendie ?
00:11Vous allez le voir dans un instant, le chien est crucial.
00:15Et justement, un chien pisteur est sur ce plateau, c'est l'objet de notre 7 minutes pour comprendre.
00:25Bonjour Monsieur.
00:26Bonjour Major-Yves, merci d'être avec nous.
00:28Vous êtes avec Tiroc qui nous rejoint en plateau.
00:31Bonjour à vous deux.
00:33Alors Tiroc, qui est donc, on va juste se décaler un tout petit peu pour que vous puissiez être face à la caméra,
00:38qui est donc un chien qui est habitué à être sur ces scènes dont on parle depuis maintenant plusieurs heures sur BFM TV,
00:44ces scènes d'incendie, et qui va comme ça venir essayer de retrouver des indices.
00:50Comment vous travaillez-vous avec lui ?
00:51Tout à fait. Alors Tiroc est dressé à chercher les produits accélérateurs d'incendie.
00:55Donc sur une scène d'incendie, le chien va nous déterminer s'il y a de la matière inflammable qui a été mise ou pas.
01:00D'accord.
01:01Tiroc, c'est-à-dire concrètement, il recherche des hydrocarbures ?
01:04Tout ce qui est carburant, alcool à brûler, essence, gazole, white, etc.
01:09Le chien est capable de détecter jusqu'à très peu de doses s'il y a de la matière incendiaire qui a été mise.
01:16Qu'on comprenne bien, il y a des chiens spécialisés qui sont entraînés à repérer de la drogue.
01:20Tout à fait.
01:20On leur fait sentir avant, il la repère.
01:21Lui, il est entraîné seulement à repérer les produits accélérateurs d'incendie.
01:26Alors, il a le regard très vif, Tiroc, ce matin.
01:29Ça tombe bien, parce qu'on va faire maintenant, en direct, sur BFM TV, sur notre plateau ici,
01:35une démonstration avant qu'on la fasse.
01:37Expliquez-nous en quoi elle consiste.
01:39Alors, mon camarade a caché tout à l'heure une gaze avec quelques gouttes de pétrole dénaturé.
01:46D'accord.
01:46Quelque part ici.
01:47Sur votre plateau.
01:49Donc, charge pour Tiroc de déterminer où elle va être.
01:52C'est son travail de tous les jours.
01:53C'est ce qu'il fait sur une scène.
01:54Comme là, on voit sur les scènes d'incendie.
01:56C'est plus propre que les scènes d'incendie sur lesquelles on travaille généralement,
02:00mais c'est le travail qu'il fait tous les jours.
02:02Eh bien, on vous laisse, on vous suit.
02:04On regarde comment vous procédez pour les personnes qui nous regardent.
02:07Ça marche.
02:08Assez.
02:08Pas bouger.
02:15Ça glisse un peu.
02:16C'est pas des terrains qu'il cherche.
02:17Il est en train de chercher.
02:18C'est pas des terrains avec lesquels il travaille généralement.
02:21Là, vous avez lancé, en quelque sorte, le mouvement.
02:23Je l'ai mis en œuvre.
02:25Très bien.
02:27Je l'ai mis en œuvre.
02:28Ah, là, il vient de s'arrêter ici.
02:34Voilà.
02:34Alors là.
02:35Ça y est, il a trouvé.
02:36Qu'est-ce qu'il a trouvé ?
02:37On voit qu'on a de la gaz.
02:40Il y a des compresses qui ont été mises.
02:42Donc maintenant, comme il a bien travaillé, il a sa récompense.
02:45Et donc, il se couche.
02:46Il se couche pour me faire un marquage, pour me montrer que la matière incendiaire est là.
02:50Et si nos techniciens, en investigation criminelle, étaient là, qu'ils fassent un prélèvement,
02:54ils prélèvent entre les pattes de mon chien et ils trouveront de la matière incendiaire à ce moment-là.
02:58C'est le signe qu'il vous envoie, quand il est assis comme ça, qu'il a bien marqué.
03:02Soit couché.
03:03Ça veut dire que la matière incendiaire est ici.
03:06Entre les pattes en particulier ?
03:08On voit que la gaz est là, ouais.
03:10Ça, c'est le travail quotidien.
03:12On vous disait que sur les zones, évidemment, dans la nature, c'est autre chose.
03:16C'est beaucoup plus compliqué que sur un plateau comme le nôtre.
03:18Alors, c'est plus compliqué, mais c'est plus naturel.
03:21Le sol ne glisse pas, voilà.
03:24Donc, c'est plus naturel.
03:26Et pourquoi il se lève tout d'un coup ?
03:28Parce qu'il a sa récompense qui tarde à venir.
03:31Il a sa récompense qui tarde à venir.
03:33Donc, comme il a travaillé, il ne comprend pas que j'attende pour lui donner.
03:35C'est un jouet.
03:36C'est un jouet, oui.
03:37Toutes les bases de dressage en gendarmerie sont toutes basées au jeu.
03:39Pas de biscuits ?
03:39Donc, le chien joue.
03:40Non.
03:41Pas de gâteau.
03:41On travaille qu'au jouet.
03:42Vous avez quelle relation avec lui ?
03:44Je te passe la parole juste après, Alexandra.
03:45Alors, c'est mon binôme.
03:49C'est mon collègue de travail.
03:51C'est mon outil de travail quelque part.
03:53Je n'aime pas trop ce mot-là.
03:55Mais c'est vraiment le binôme.
03:56Je travaille avec lui tous les jours.
03:58Ça fait cinq ans qu'on travaille ensemble.
04:00On se connaît très, très, très, très bien.
04:01Je le connais très bien.
04:02Et c'est grâce à lui qu'on peut résoudre certaines enquêtes
04:05et apporter certaines enquêtes.
04:06Donc, on doit énormément de choses au chien en gendarmerie.
04:09On va peut-être aller se rasseoir pendant que vous répondez à la question d'Alexandre.
04:13Merci beaucoup, camarade.
04:14Ça sera plus facile pour cette démonstration.
04:16C'est très parlant pour nous, évidemment, qui ne sommes pas dans votre quotidien.
04:20Oui.
04:21Et on va, évidemment, en parler avec vous.
04:23Bon, Alexandra, c'est très impressionnant ce qu'on vient de voir là.
04:25Oui, oui, oui, c'est impressionnant.
04:27Et en fait, on voit comment les gendarmes peuvent utiliser ces animaux
04:33qui sont extrêmement utiles pour les enquêtes.
04:35J'avais une question.
04:36Lorsqu'ils sont dans des zones où les feux sont actifs,
04:39ils ne sont pas perturbés par toutes les odeurs.
04:42Ils arrivent à...
04:43Parce qu'ici, sur le plateau, effectivement, c'est la seule odeur peut-être notable et saillante.
04:48Mais comment ça se passe dans une zone où il y a des feux actifs ?
04:50Alors, quand on intervient sur un incendie, on intervient quand la Seine est froide.
04:54On ne va pas intervenir au milieu des braises.
04:57Donc, on va intervenir quand le sinistre est froid.
05:00Et on apprend à nos chiens à travailler dans le milieu incendié, en fait.
05:04C'est-à-dire qu'on travaille sur de la matière brute, sur de la matière lavée et sur de la matière brûlée.
05:10Ce qui fait que notre chien apprend à travailler sur les différents milieux.
05:14Les odeurs d'hydrocarbures, elles persistent malgré l'incendie.
05:17Ça, c'est encore fort ?
05:18Il y a une forte rémanence sur les produits qu'on a.
05:21Et les délinquants, quand ils en mettent, travaillent assez rarement avec une goutte.
05:25Ils travaillent avec un volume de produits qui est assez un peu important, ce qui a un avantage pour nous.
05:30Ludovic, vous qui êtes aussi expert de ces situations de risque, c'est impressionnant.
05:37Ça permet donc de remonter le fil.
05:39Et c'est récurrent que des pistes criminelles soient identifiées en particulier ?
05:43Oui, on utilise beaucoup les chiens dans la sécurité civile également.
05:46Et comme le Major vient de le dire, on parle bien d'équipe cynotechnique.
05:49Ce n'est pas que le maître, ce n'est pas que le chien.
05:52C'est vraiment un ensemble qui fait ce travail.
05:54Et ce sont vraiment des outils.
05:56Vous avez raison d'utiliser ce terme, même s'il n'est pas très joli.
05:59Mais ce sont des outils absolument incroyables.
06:01à la fois dans la détection d'accélérants ou d'accélérateurs sur les scènes d'incendie.
06:07Mais on le retrouve également, bien sûr, dans la recherche de stupéfiants.
06:11Souvenez-vous, pendant le Covid, des chiens ont été dressés pour identifier les personnes
06:15qui potentiellement pouvaient être contaminées au Covid.
06:18Et ces animaux sont tout à fait exceptionnels, puisqu'ils sont même capables de détecter
06:21de façon précoce, par exemple, l'arrivée d'un tsunami.
06:23Major, sur la scène immense dont on parle, parce que je rappelle pour revenir à notre actualité,
06:28que là, on parle de 16 hectares, partie non pas en fumée, mais parcourue, en tout cas,
06:34par le feu, 16 000 au total.
06:36Qu'est-ce qui est compliqué ?
06:38Qu'est-ce que vous avez, notez-vous, dans cette situation qui rend la situation hors du commun ?
06:43La complication, la plus grosse complication qu'on ait, c'est de déterminer une zone de départ,
06:48pour ma partie, sinon, en tout cas.
06:50Donc, on a les techniciens en investigation criminelle qui sont déjà là-bas,
06:53on a des enquêteurs qui sont déjà là-bas.
06:54La grosse difficulté qu'on va avoir pour faire employer un chien, ensuite,
06:58c'est déterminer une zone de départ et restreindre une zone de départ,
07:02de façon à ce qu'on puisse regarder sur cette zone de départ,
07:04s'il y a de la matière incendiaire qui a été mise ou pas.
07:07On va faire un point, justement, pendant cette enquête avec Alexandra González.
07:11Où est-ce qu'on en est ? Est-ce qu'on sait, au moment où on se parle ?
07:13Comment ce feu est né ?
07:15Non, l'enquête ne fait que débuter,
07:18mais pour l'instant, ce que nous dit le parquet de Carcassonne
07:22qui a ouvert l'enquête,
07:23c'est qu'il n'y a aucune constatation technique
07:26qui me permette d'orienter l'enquête vers la thèse
07:28de l'incendie volontaire.
07:31Peut-être... Alors, est-ce que vous pensez
07:32qu'à ce stade, des chiens ont déjà pu travailler ?
07:34Ou non, vous dites que c'est vraiment quand la zone est froide,
07:36donc il est trop tôt aujourd'hui ?
07:38Là, c'est encore en cours, donc il est encore un petit peu tôt
07:40et je ne suis pas sur place,
07:41donc je ne vais pas me prononcer sur les moyens qui ont été mis en place.
07:43Mais effectivement, quand l'éthique auront,
07:47les textes en investigation criminelle,
07:49les enquêteurs là-bas auront travaillé et déterminé une zone,
07:52on pourra éventuellement faire appel à un chien
07:53pour fermer une porte, oui.
07:55Merci.
07:56En tous les cas, les investigations se poursuivent
07:59et à ce stade, je rappelle quand même le bilan
08:02qui est très important,
08:04puisque une sexagénaire est décédée,
08:0714 blessés, dont 11 sapeurs-pompiers.
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