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00:00Et on commence par ce rapport de l'OFAST, l'office anti-stupéfiant.
00:04Toute la France est désormais gangrénée par la drogue.
00:06C'est l'un des pays d'Europe les plus exposés au trafic.
00:09Les consommateurs sont de plus en plus jeunes et aucune ville n'est épargnée.
00:12Le rapport évoque même un tsunami blanc.
00:15Pour en parler, on accueille Gilles Leclerc, l'ancien patron de l'office central de lutte contre les stupéfiants, devenu aujourd'hui l'OFAST.
00:21Bonjour Gilles Leclerc.
00:23Bonjour.
00:24Merci d'être avec nous sur Europe 1.
00:26C'est un rapport alarmant ?
00:30Pas plus alarmant que les précédents.
00:34C'est un constat de la situation actuelle qui, effectivement, ne s'arrange pas vraiment.
00:41Malgré tous les efforts des services de police, de gendarmerie et de la justice.
00:48Je le disais, le rapport évoque un tsunami. De quoi on parle exactement ?
00:52Bon, ça ce sont des mots.
00:55Tsunami, tout ce qu'on veut.
00:56Si vous voulez, ce qu'il faut regarder, c'est l'histoire un petit peu de nos sociétés qui, pendant des années et des années, médias compris, ont considéré qu'il fallait banaliser la prise de drogue,
01:12qu'il n'y avait pas de problème, ni de santé, ni économique, ni sociétaux.
01:17Et que, finalement, on découvre aujourd'hui que nous sommes inondés, qu'on va bientôt devenir un arco-État comme un certain nombre de nos partenaires européens ou internationaux.
01:30Et je pense qu'effectivement, il faudrait peut-être reprendre un petit peu le problème à la base et lancer un plan Marshall.
01:39Parce que, bon, à force de s'étonner que la drogue est devenue soudainement un produit dangereux pour la santé et l'économie,
01:50écoutez, c'est pas faute de l'avoir dit, écrit, mes collègues et moi pendant des années.
01:59Donc, je pense qu'il faut quand même pas faire semblant de tomber de l'armoire.
02:05Vous parlez d'accord Marshall, de narco-État, ce sont des termes qui sont quand même très forts.
02:11Le rapport fait aussi état d'une offre de drogue sans zone blanche.
02:13Donc, en fait, plus aucune zone du territoire n'est épargnée, c'est ça que ça veut dire ?
02:17Non, malheureusement. Pendant des années, c'était réservé aux grandes villes et puis finalement, tout ça, ça s'est développé.
02:26Et une ville comme Guéret ou comme, je sais pas, Pau ou tout ce qu'on voudra,
02:32toute la jeunesse et toutes les personnes qui ont envie de se droguer sont finalement touchées sur l'ensemble du territoire et bien ailleurs.
02:41Donc, bon, je vous dis, moi, je suis un peu consterné d'entendre des déclarations de ce type
02:50alors que finalement, c'est des années qu'on souligne, nous les professionnels,
02:55que la drogue soutient l'ensemble de la criminalité et qu'on a laissé trop faire.
03:01Donc, il faut repartir à la base maintenant.
03:03Il faut ne pas considérer qu'un toxicomène est un malade, déjà.
03:11Il n'est pas des psychomènes, il le devient.
03:14Il ne faut pas considérer que la petite boutique de produits de luxe,
03:19c'est normal qu'elle accepte du cash pour l'achat d'un sac de luxe.
03:26Et que toutes ces choses-là participent au trafic et participent à la construction d'une société
03:32qui vit normalement avec des produits qui sont finalement extrêmement dangereux
03:39pour la santé et pour l'économie française.
03:41Comment les petits points de deal se sont étendus à des zones qui étaient épargnées avant ?
03:47Ça, c'est difficile.
03:49Bon, d'abord, notre société a évolué, évidemment, entre la surcommunication,
03:59le fait que les gens bougent, que ça se développe partout.
04:06Je veux dire, il y a une quarantaine d'années, une cinquantaine d'années,
04:10c'était réservé aux grandes métropoles.
04:12Maintenant, nous avons moins de petits villages, nous pouvons avoir un plan de deal.
04:18C'est aussi cette évolution de notre société qui est extrêmement, finalement,
04:24communicative et qui reçoit les mêmes messages,
04:29que ce soit dans un village isolé des Alpes ou dans la capitale,
04:34le fait que, finalement, ça a amené une banalisation sur l'ensemble du territoire,
04:39mais sur l'ensemble du TFD, des territoires des pays occidentaux.
04:43Ce sont des réseaux locaux ou des gens qui viennent spécialement sur le territoire ?
04:47Ou des réseaux étrangers ?
04:49Le rapport évoque, d'ailleurs, l'implication croissante de réseaux étrangers.
04:53Oui, enfin, tout ça, vous savez, c'est...
04:56Moi, je suis... Les réseaux étrangers, ça veut dire quoi, les réseaux étrangers ?
04:59Je vous pose la question, justement.
05:00Par définition, le trafic, il est international.
05:03Les productions de cocaïne sont en Amérique du Sud,
05:07mais pas particulièrement.
05:09Les productions de cannabis sont dans certains pays d'Afrique du Nord.
05:14Nous, on produit aussi nos propres produits avec les drogues synthétiques.
05:18Donc, ça ne veut rien dire, ça, d'internationalisation.
05:21Maintenant, on est dans une multiconsommation,
05:24festive pour certains,
05:28qui fait que cette banalisation
05:30nous remet maintenant devant le mur, si vous voulez,
05:36à se dire, tiens, c'est bizarre, c'est vrai que c'est finalement dangereux pour la santé, pour l'économie.
05:42Non, il faut, si vous voulez,
05:44si je pouvais sortir tous les rapports que j'ai pu écrire,
05:47ou que mes collègues ont pu écrire il y a une vingtaine d'années,
05:50on était déjà dans la même situation de constat.
05:53Je rebondis sur ce que vous disiez à l'instant, Gilles Leclerc,
05:56et les chiffres sur le marché des stupéfiants en 2025 en France
05:59sont eux aussi stupéfiants, sans mauvais jeu de mots.
06:02Plus de 42 tonnes de cocaïne ont été saisies depuis janvier seulement.
06:05C'est une hausse de 45% en un an.
06:07On enregistre des saisies records de MDMA,
06:09d'amphétamines et d'autres drogues synthétiques.
06:11Là, c'est une hausse de 164% en un an.
06:14Et le cannabis et l'héroïne enregistrent aussi des niveaux historiques.
06:16Donc, il y a vraiment une déferlante de drogues.
06:18Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que la France est devenue un pays producteur
06:21ou uniquement, entre guillemets, une plaque tournante ?
06:24Non, on n'est pas producteur.
06:25On est hyper consommateur.
06:27Enfin, il n'y a pas que nous.
06:28Il ne faut pas non plus se focaliser sur la France.
06:30Évidemment, on est en France.
06:31Mais je veux dire, c'est un constat mondial.
06:34On a laissé se développer des réseaux sur l'ensemble des pays occidentaux
06:47qui sont libéraux, etc., sans penser aux conséquences économiques
06:52et aux conséquences sociétales et de santé.
06:57Je vous dis, si je reprenais les déclarations que j'ai pu faire
07:00il y a une vingtaine d'années, on était exactement dans le même constat.
07:03Je veux dire, on a ouvert les yeux, on a essayé d'ouvrir les yeux
07:09à nos dirigeants, on a essayé de démontrer
07:13qu'il ne fallait pas que ce soit une fatalité, etc.
07:16Mais ça rapporte tellement d'argent, vous comprenez,
07:19que ça corrompt, ça se prolifère parce que finalement,
07:27beaucoup de gens ont intérêt à...
07:29parce que ça soit une politique relativement laxiste,
07:36parce que ça rapporte de l'argent.
07:38On est tout simplement dans un modèle économique.
07:42On a parlé très longtemps d'économie parallèle de la drogue.
07:45Moi, je dis maintenant qu'on peut parler d'économie de la drogue.
07:47On enlève le parallèle.
07:49Vous parlez de corruption, Gilles Leclerc,
07:50et justement, le rapport parle aussi d'un risque de corruption.
07:53Quel secteur, quel profil sont les plus ciblés de ce côté-là ?
07:57Quel, pardon ?
07:57Quel profil, quel secteur sont les plus ciblés au niveau corruption ?
08:02Les douaniers, les policiers ?
08:05Oui, on peut considérer que ça commence par les services régaliens.
08:10Mais enfin, ça peut être aussi dans des entreprises
08:14qui sont placées à des endroits stratégiques.
08:17Ça peut être des hommes politiques, ou des femmes, d'ailleurs.
08:22Donc, bien sûr qu'il faut être très vigilant
08:25dans les services régaliens qui sont en première ligne.
08:28Donc ça, c'est le travail des chefs de police,
08:30de gendarmerie et de douane.
08:32Mais, en fait, la grosse difficulté,
08:38c'est qu'effectivement, comme ça développe
08:40une somme d'argent considérable,
08:44tout être humain a fait unique, vous comprenez ?
08:47Et puis, bon, c'est pas que je te propose de l'argent.
08:51C'est aussi, ça peut être aussi des pressions sur la famille,
08:55tout un tas de menaces.
09:00Donc, il faut avoir des gens qui sont solides,
09:04si vous voulez, dans la lutte contre les stupéfiants.
09:06On va en parler dans un instant.
09:08Restez avec nous, Gilles Leclerc.
09:10On marque une pause.
09:10Il est 11h14 sur Europe 1.
09:13Trina Magdine et vous.
09:15Il est 11h17.
09:16Merci de nous rejoindre sur Europe 1.
09:18Trina, vous recevez ce midi Gilles Leclerc,
09:20ancien patron de l'Office Central de lutte contre les stupéfiants.
09:23Et on revient sur ce rapport de l'Office anti-stupéfiants.
09:26Le narcotrafic est désormais présent sur tout le territoire national.
09:30Gilles Leclerc, vous parliez, juste avant la pause,
09:32de pressions qui sont exercées sur la famille.
09:34Et justement, le rapport évoque une contre-culture violente
09:37dans certains quartiers.
09:38Qu'est-ce que c'est exactement ?
09:39C'est une mexicanisation de la France ?
09:41Oui, ça, ce sont des mots un petit peu.
09:46Mexicanisation.
09:48Bref.
09:49Mais dites-moi ce que vous en pensez.
09:50C'est peut-être un terme trop fort.
09:53Vous parliez d'accord Marshall pourtant tout à l'heure.
09:55Oui, oui, oui.
09:57On peut trouver tous les mots que l'on veut.
10:01Ce qu'il faut, c'est revenir à la base, en fait.
10:05Si on veut maintenant protéger notre pays,
10:07il faut finalement revenir à des principes de base
10:13et ne pas considérer que la consommation, c'est une banalité.
10:18Il faut taper sur les consommateurs.
10:20Il faut taper sur les blanchisseurs de base.
10:23Il faut faire, en fait, une politique de terre brûlée
10:26et bien faire comprendre que si vous êtes patron
10:30ou patron d'une boutique de luxe
10:34et que vous acceptez du cash,
10:36vous blanchissez l'argent de la drogue.
10:39Si vous êtes un petit dealer
10:43et que vous vendez de la drogue,
10:45vous êtes là aussi dans un circuit de consommation
10:52qui va évidemment impacter sur la santé des gens
10:54et sur l'économie.
10:56Oui, allez-y.
10:59Il faut taper sur les...
11:02À mon avis, aujourd'hui, il faut revenir, je vous dis,
11:04au principe de base,
11:07et taper au début du réseau.
11:11Les consommateurs, arrêtons de dire que ce sont des malades,
11:15ils le deviennent.
11:16Donc il faut les taper.
11:18Il faut confisquer leurs biens.
11:21Il faut franchement, sur une politique de la terre brûlée.
11:23Évidemment, ça n'empêche pas de travailler sur les grands réseaux.
11:27Je vous dis que sur le plan basique de la répression,
11:33il faut repartir sur des principes de base.
11:36Combien de boutiques de luxe ne respectent pas la loi
11:40en acceptant de vendre des sacs ou des robes de luxe
11:46et de recevoir du cash ?
11:49Alors c'est interdit.
11:51Bon, ben voilà, ils participent aussi, eux,
11:53au blanchiment de l'argent.
11:55Voilà, donc je pense qu'il faut effectivement repartir de zéro.
11:59Le ministre de l'Intérieur, il a fait une déclaration assez racaçante.
12:07Mais derrière, il faut aussi qu'il y ait des policiers
12:10qui s'investissent, qui prennent des risques.
12:13Il y a un certain nombre de mesures qui sont possibles
12:17avec des lois spécifiques que nous avons.
12:20On a dans le dispositif l'infiltration,
12:25un certain nombre de livraisons surveillées, etc.
12:27Il faut arrêter de faire du juridisme.
12:29Il faut vraiment combattre avec nos moyens
12:32que nous avons, faire confiance aux policiers,
12:36aux gendarmes qui travaillent là-dedans.
12:38Mais justement, Gilles Leclerc,
12:40est-ce que les forces de l'ordre ont les moyens aujourd'hui
12:41de faire face à cette menace ?
12:44En tout cas, ils ont les moyens juridiques.
12:47On a suffisamment de lois pour faire face à ces menaces.
12:50Oui, mais alors dans ce cas-là,
12:52puisque ce n'est pas en diguier,
12:53quelles sont les failles actuelles de la réponse politique
12:55et sécuritaire sur le sujet ?
12:58Non, mais je ne peux pas faire un procès
13:01à X ou à Y.
13:03On a laissé faire, on a laissé faire.
13:06On a eu des affaires retentissantes.
13:10On classait des affaires de trafic
13:14avec des dizaines de kilos qui avaient été saisis.
13:20Il n'y avait aucune enquête qui était engagée.
13:24Donc, si vous voulez, on s'est laissé déborder.
13:27Peut-être parce qu'on en a trop.
13:28Effectivement, je comprends que les magistrats
13:30ne puissent pas suivre, les policiers.
13:32Mais en ayant une politique qui finalement,
13:35une politique de laissé aller,
13:38on se retrouve finalement avec des cités
13:42qui vivent de la drogue.
13:44Des villes qui vivent de la drogue.
13:45Des familles entières qui vivent de la drogue.
13:49Et encore une fois, je rappelle,
13:51je répète, on n'est plus dans une économie parallèle.
13:54On est dans une économie ouverte maintenant.
13:56C'est ostentatoire.
13:59Restez avec nous, Gilles Leclerc.
14:00On a Aurélien qui voudrait réagir
14:02au Standard Europe 1.
14:02Bonjour Aurélien.
14:04Bonjour.
14:05Bienvenue Aurélien.
14:06Vous nous appelez d'où ?
14:08Je suis en vacances dans le sud.
14:10Mais normalement, je suis sur Lyon.
14:12D'accord.
14:13D'y souhaiter réagir.
14:14Oui, parce que c'est quelque chose
14:16qui me touche particulièrement.
14:19Il y a trois points.
14:20Le premier, c'est justement
14:21la facilité de procuration
14:25qu'il peut y avoir,
14:26notamment dans les grandes villes.
14:28Le deuxième, c'est les prix qui sont attractifs.
14:30Moi, je suis quatre dirigeants
14:31dans une grande boîte.
14:32J'ai eu un alternant.
14:35En fait, il m'expliquait que maintenant,
14:36les soirées, c'était que ça.
14:37C'est 5 euros en cachet
14:39et puis ils font la soirée avec.
14:41C'est-à-dire qu'il y a des collègues à vous
14:44qui en consomment, c'est ça ?
14:45Souvent des plus jeunes.
14:47Mais oui, c'est la nouvelle génération.
14:49Ils ne boivent plus d'alcool.
14:50Par contre, les soirées,
14:51c'est les soirées techno.
14:54Et puis d'ailleurs,
14:56je suis allé dans une juste pour voir.
14:59C'est impressionnant.
15:00Comment ça se passe exactement ?
15:02C'est zombie-land.
15:03Vous avez 35 ans,
15:04où vous arrivez là-bas ?
15:05Enfin, vous ne comprenez pas.
15:08C'est un autre monde.
15:10Nous, c'était sorti bar, boîte, etc.
15:13Ce n'est plus ça du tout.
15:16Je travaille dans une industrie
15:18qui est un peu sensible.
15:20Et tous les rapports disent
15:22qu'il y a de plus en plus
15:24de consommation de stupéfiants,
15:25que ce soit alcool ou drogue d'ailleurs,
15:27sur le lieu du travail.
15:30Et des rapports sortent.
15:33Et en fait, on ne sait rien.
15:34Et effectivement,
15:35je rejoins votre interlocuteur précédent
15:39sur le fait qu'il faut arrêter de dire
15:41que c'est une maladie.
15:43C'est sciemment choisi.
15:44Et au bout d'un moment,
15:45quand les législateurs...
15:47Il y a quand même l'année dernière
15:48deux cas de consommation de drogue.
15:51un personnel, deux...
15:54Après, je ne citerai pas les noms
15:55parce que du coup,
15:56je ne sais pas si ça a été jugé, etc.
15:57Mais en fait, il y a quand même
15:58une affaire à l'Assemblée nationale,
16:01une affaire au Sénat.
16:03Il y a beaucoup de rapports
16:04qui disent qu'à l'Assemblée nationale,
16:05ça circule aussi quand même
16:06de façon, on va dire, un peu libre.
16:10Et non, effectivement,
16:10si on veut vraiment s'y attaquer,
16:12il faut attaquer au portefeuille
16:14des consommateurs.
16:16Et effectivement,
16:18c'est une très bonne idée.
16:19Le blanchiment via les voitures,
16:21quand on achète une voiture
16:2230 ou 40 000 balles
16:23avec 20 000 euros d'apport en liquide,
16:26il faut se poser des questions.
16:27Mais Aurélien,
16:27les personnes que vous connaissez
16:29qui en consomment,
16:29qu'est-ce qu'elles cherchent exactement ?
16:31Comment elles y ont accès ?
16:33Et pourquoi elles en consomment ?
16:34Est-ce qu'elles ont des explications ?
16:35Est-ce que c'est la facilité,
16:36l'accessibilité,
16:38le plaisir recherché ?
16:40Oui, c'est un peu comme nous à l'époque.
16:42Je pense que...
16:43Moi, j'ai 35 ans.
16:45Quand je sortais en soirée étudiante,
16:48c'était pour rigoler,
16:50on buvait de l'alcool.
16:50L'alcool, c'est aussi une drogue,
16:54finalement.
16:55Mais au moins,
16:56ce n'est pas un circuit parallèle.
16:59Ça n'enrichit pas
17:00des personnes
17:03qui, après,
17:04se règlent les comptes
17:05parce que c'est extrêmement lucratif.
17:07Moi, j'ai toujours vécu
17:08dans des villes
17:09qui étaient un peu plus petites.
17:10J'ai débarqué à Lyon,
17:12mais vous vous hallucinez.
17:14Et c'est rien qu'on parle à Paris
17:15quand je pars en déplacement,
17:16mais c'est à tous les coins de rue.
17:18Et du coup,
17:21on ne se donne pas les moyens,
17:22c'est compliqué.
17:24Non, je rejoins vraiment
17:26votre interlocuteur précédent.
17:28Il faut taper au portefeuille
17:29des consommateurs
17:30et faire en sorte
17:32que ça cesse
17:33parce qu'il y a du sang sur les mains.
17:35Et puis, il faut aussi
17:36que les gens se rendent compte
17:36que quand ils achètent ça en liquide,
17:38et quand le petit à Marseille
17:40à la rose,
17:41il se fait tuer
17:42ou abattre de trois balles
17:44parce qu'il était guetteur
17:46avec une bande différente,
17:49en fait,
17:50le sang,
17:51ils les ont sur les mains.
17:52Gilles Leclerc,
17:53vous souhaitiez réagir.
17:54Comment on explique
17:55cette accessibilité ?
17:57J'entends très mal.
18:00Comment on explique
18:01une telle accessibilité
18:03à toutes ces drogues ?
18:05Limiter l'accessibilité.
18:07D'abord,
18:09bravo pour le témoignage précédent
18:10parce que
18:11c'est un témoignage
18:13d'un citoyen fin
18:14et qui a parfaitement compris
18:16ce qui se passait.
18:16Tout à fait.
18:18Non, mais limiter l'accessibilité,
18:20c'est travailler
18:22sur tous les plans.
18:24Mais si vous voulez,
18:25la drogue,
18:25c'est un sujet international.
18:28On a,
18:29en fin des années 98-99,
18:32il y a eu une conférence
18:33internationale sur la drogue
18:35à laquelle j'insistais
18:37avec le président Chirac
18:39et tous ses conseillers.
18:41Et on a accepté
18:42le principe de co-responsabilité.
18:45Les producteurs,
18:49il fallait considérer
18:51qu'ils étaient producteurs
18:52parce qu'ils en avaient
18:53la nécessité.
18:54Puis les consommateurs,
18:56ils subissaient la production.
18:58Donc on était
18:59dans la co-responsabilité.
19:00Moi, je ne suis pas d'accord.
19:01il faut une politique économique,
19:03une politique internationale
19:05très, très ferme
19:06contre les pays producteurs.
19:08Et puis, bon,
19:08évidemment,
19:09à l'intérieur
19:09de notre territoire aussi
19:12puisque maintenant,
19:13on peut faire
19:14de l'extasie
19:15ou des drogues synthétiques
19:17à la maison.
19:19Donc,
19:20il y a tout un processus
19:22qu'il faut remettre en place
19:23qui n'est pas finalement
19:25très compliqué
19:25puisqu'on a toutes les lois
19:27pour le faire.
19:28Alors, pourquoi on ne le fait pas ?
19:29Et fermement, voilà.
19:32Et quand je dis
19:33qu'il faut repartir
19:34sur les consommateurs
19:35et sur les blanchisseurs de base,
19:37c'est pour couper l'herbe
19:38sous le pied
19:39des trafiquants
19:40parce que si on leur coupe
19:41les premiers niveaux,
19:44ils ne pourront plus
19:44vivre tranquillement,
19:47vous comprenez ?
19:48Mais bon,
19:49on a un gros handicap,
19:51c'est qu'on a
19:52des dizaines d'années maintenant
19:54de consommation,
19:55de banalisation,
19:57d'acceptation,
19:58etc.
19:59Et donc,
19:59il y a toute une politique
20:00à reprendre
20:01et une communication
20:03très ferme
20:04contre la drogue.
20:05Vous vous rendez compte
20:05que...
20:07Est-ce que vous voyez
20:08des spots
20:09contre la drogue ?
20:10Très rarement.
20:12Très rarement.
20:12On fait des spots
20:12contre les drogues licites
20:14parce qu'on aimerait
20:15d'en parler.
20:16Moi, je me souviens
20:16d'avoir eu des conversations
20:18où on disait
20:18« Ah ben non,
20:19on ne peut pas faire
20:19de spots contre la drogue
20:20parce que c'est interdit. »
20:21Vous vous rendez compte
20:22où on en est.
20:23Je pense qu'il faut
20:24revenir un petit peu
20:25à la raison
20:27et faire notamment
20:29des communications
20:29sur qu'est-ce que la cocaïne ?
20:32Bien sûr,
20:32ça aussi,
20:32c'est important.
20:33Restez avec nous,
20:34Gilles Leclerc.
20:35Et restez aussi,
20:36restez avec nous aussi,
20:38Aurélien.
20:38On va faire une pause.
20:39On revient dans un instant.
20:39Il est 11h28
20:40sur Europe 1.
20:42Europe 1,
20:42Trina Magdine et vous.
20:45Et Trina,
20:45vous êtes toujours
20:46avec votre invité,
20:47Gilles Leclerc,
20:48ancien patron
20:48de l'Office central
20:49de lutte contre les stupéfiants.
20:51On s'intéresse
20:51au rapport de l'OFAST,
20:53l'Office anti-stupéfiants.
20:54Toute la France
20:55est désormais gangrénée
20:56par la drogue.
20:56Les consommateurs
20:57sont de plus en plus jeunes
20:58et aucune ville
20:59n'est épargnée.
21:00Gilles Leclerc,
21:01sur le plan social
21:01et sécuritaire,
21:02le rapport alerte aussi
21:03sur une montée
21:04de la violence criminelle.
21:05Les homicides
21:06et les tentatives d'homicide
21:07ont bondi de 33%
21:08en 4 ans.
21:09Quelles sont les causes
21:09de cette hausse ?
21:12C'est la conséquence
21:13plutôt que la cause.
21:15À partir du moment
21:16où vous avez
21:16des réseaux
21:18qui essayent
21:23de s'implanter
21:24et sont en concurrence
21:27sur un territoire,
21:31là on est avec
21:32les ingrédients
21:34du climat organisé.
21:36On ne passe pas
21:37devant le tribunal
21:37pour savoir
21:40si la clôture
21:40est trop haute
21:41ou trop basse.
21:43On prend les guns
21:43et on se tire dessus
21:45pour éliminer
21:45le concurrent.
21:47Donc on est dans
21:48une guerre
21:50de concurrence
21:51et de voyous
21:53qui n'ont qu'une chose
21:55en tête
21:57c'est éliminer
21:57les voisins
21:59pour pouvoir
22:00ne pas partager
22:02le gâteau.
22:03Donc c'est la violence
22:03qui régie ce monde
22:04du narcotrafic ?
22:06Bah oui,
22:08le monde du narcotrafic
22:09c'est le monde
22:11de la criminalité
22:14donc il y a
22:16d'autres règles
22:16que celles
22:17qu'on a
22:17dans la vie
22:18classique et sociale.
22:21On ne va pas
22:22déposer plainte
22:22au commissariat,
22:24on règle
22:24les problèmes
22:25entre nous.
22:26Donc évidemment
22:28ça entraîne
22:29de la violence
22:30puisque
22:30par définition
22:32ce type d'individu
22:33n'a que ça en tête
22:37c'est la violence
22:38pour conserver
22:40ou pour
22:41agrandir
22:43son action.
22:45Quel est le profil type
22:46des trafiquants
22:47aujourd'hui ?
22:48S'il y en a un ?
22:50Je ne suis pas sûr
22:51qu'il y en ait.
22:52Franchement
22:52on a un peu
22:53tous les profils.
22:55À une époque aussi
22:56ça c'était
22:57assez classique.
22:59on avait un profil
23:01de voyous
23:01maintenant
23:01tout le monde
23:02est dedans.
23:03Vous voyez bien
23:03les affaires
23:05ça peut même être
23:08un soutien
23:09pour une activité
23:11économique.
23:12Il y en a
23:12qui font du trafic
23:15de drogue
23:15pour avoir
23:16de la trésorerie
23:17pour faire
23:18tourner leurs entreprises
23:19ou les sauver.
23:20On est dans un système
23:21complètement
23:22planétaire
23:24et horizontal
23:26
23:27finalement
23:28on tombe
23:30sur des
23:30consommateurs
23:32connus
23:33sur
23:33des
23:34dealers
23:35qui sont également
23:36connus
23:37puisque souvent
23:38l'usager
23:40est dealer.
23:41On est
23:42dans une
23:43espèce
23:44comme l'a dit
23:45le ministre
23:46si je n'aime pas
23:46trop ce mot
23:47tsunami
23:47mais c'est un peu
23:48vrai quand même
23:49on est dans
23:49une espèce
23:50de vague
23:50qui
23:51déferle
23:54sur les
23:54pays
23:55occidentaux
23:57sur les autres
23:58aussi d'ailleurs
23:58malheureusement
23:59et
24:00à un moment donné
24:02les digues
24:03elles ont un peu
24:03de mal
24:03à résister.
24:05Vous parlez des
24:05consommateurs
24:06on va reprendre
24:06notre auditeur
24:07Aurélien
24:08qui nous en parlait
24:09aussi.
24:10Aurélien
24:10les consommateurs
24:11que vous connaissez
24:12autour de vous
24:12est-ce qu'ils ont
24:13un même profil ?
24:15Est-ce que c'est un profil
24:16insoupçonnable ?
24:18Non
24:19en fait
24:20pour moi
24:20il y a deux types
24:21de consommateurs
24:21il y a les consommateurs
24:22qui sont festifs
24:23et il y a les consommateurs
24:24dans mon milieu
24:25où je vous dis
24:25je suis quatre dirigeants
24:26d'un grand groupe
24:28où en fait
24:28c'est pour la perf
24:30et du coup
24:32c'est quand même
24:32ces deux choses
24:33qui sont complètement
24:34qui sont complètement
24:36différentes
24:36et quand
24:36je reviens
24:38avec mon exemple
24:40à l'Assemblée Nationale
24:41je ne suis pas sûr
24:42que ce soit
24:42restéritif
24:43je pense que du coup
24:44c'est pour
24:44faire de la perf
24:47du bord
24:48de la performance
24:48vous voulez dire ?
24:49Ouais c'est ça
24:50la performance
24:50Pourquoi se tourner
24:52vers ce genre de choses
24:53pour la performance
24:55et est-ce que ce n'est pas
24:55une idée reçue ?
24:57Non non
24:57je ne sais pas
24:57après c'est ce qu'on dit
24:59Donc les gens
25:00qui en consomment
25:01autour de vous
25:01vous disent clairement
25:02quand j'en ai consommé ?
25:04Moi j'ai vraiment
25:05deux profils
25:05j'ai ceux qui sont
25:06j'ai ceux qui
25:08c'est juste pour
25:09les soirées
25:10etc
25:10et puis pour s'amuser
25:12et il y en a en fait
25:13ils ne peuvent pas
25:14s'en passer
25:14quand vous avez
25:15des affreintes
25:16de 12h
25:18vous êtes réveillés
25:19tout le temps
25:19et puis qu'après
25:20ils font enchaîner derrière
25:21voilà
25:22ils prennent la facilité
25:23en fait c'est la facilité
25:24et l'accessibilité
25:26et l'accessibilité
25:27et effectivement
25:29lorsque je disais
25:31j'ai fait du grand déplacement
25:32et j'étais choqué
25:33de voir
25:34dans certains fins fonds
25:36de la France
25:36que les personnes
25:38qui voulaient en trouver
25:39en trouvaient tout le temps
25:39donc non en fait
25:41voilà
25:42c'est la large distribution
25:43c'est l'acceptation
25:44mine de rien
25:45parce qu'en fait
25:45c'est jamais de la faute
25:46du consommateur
25:47c'est toujours à cause
25:48de la société
25:49moi je vois
25:50quand le député LSI
25:53il s'est fait prendre
25:54la main dans le sac
25:56les premiers mots
25:58ça a été qu'en fait
25:59il était malade
25:59et que du coup
26:00c'était pas sa faute
26:01que c'était une maladie à soi
26:03non en fait
26:03on fait le choix
26:05d'aller en acheter
26:05on fait le choix
26:06de la consommer
26:07et du coup
26:09il faut aussi
26:10enfin voilà
26:10quand c'est le législateur
26:12qui est hors la loi
26:13à ce point là
26:13alors qu'en parallèle
26:15il vote
26:16il vote
26:18des motions
26:19qui sont justement
26:19anti-drogue
26:20enfin voilà
26:21moi je pense que du coup
26:22il faut
26:22il faut taper
26:25il faut vraiment taper
26:26il faut vraiment taper
26:27le consommateur
26:27et faire en sorte
26:29qu'en fait
26:31qu'on soit pris une fois
26:32et pas deux
26:32c'est plus possible
26:34c'est plus possible
26:35la criminalité
26:36elle a augmenté
26:37aujourd'hui
26:38vous êtes dans des villes
26:39comme Lyon
26:40Paris
26:40etc
26:40à partir de 22h
26:43vous avez l'impression
26:44que voilà
26:44tout le monde
26:45dans certains quartiers
26:47il n'y a que des zombies
26:48ça fait peur
26:48vous n'êtes pas en sécurité
26:49vous vous êtes agressé
26:50tout le temps
26:50moi c'est facile
26:53maintenant
26:53on ne sort plus
26:53après 22h à Lyon
26:54c'est comme ça
26:56parce que du coup
26:56vous faites tout le temps
26:57agresser
26:57c'est tout le temps
26:58c'est malheureux
27:01mais c'est comme ça
27:02et je rejoins
27:03votre
27:04il faut taper
27:07il faut taper
27:08le consommateur
27:09et arrêter
27:10de penser
27:10que c'est une maladie
27:11et avoir des sanctions
27:13financières
27:14et répréhensives
27:15qui soient conséquentes
27:16merci beaucoup
27:17en tout cas
27:17Aurélien
27:18pour votre témoignage
27:19merci d'avoir été avec nous
27:21Gilles Leclerc
27:22vous pensez qu'on peut
27:23inverser la tendance
27:24aujourd'hui
27:25ou c'est trop tard ?
27:27il ne faut jamais dire
27:28que c'est trop tard
27:29il faut juste
27:29qu'on ait une politique
27:30beaucoup plus
27:31d'abord il faut de la communication
27:33ce que je disais tout à l'heure
27:34on s'est trop caché
27:37derrière le fait
27:38que c'était des produits éterdits
27:40qu'on n'avait pas le droit
27:40d'en parler
27:41c'est complètement ridicule
27:42il faut maintenant
27:43expliquer aux gens
27:44quels sont les effets
27:45de la cocaïne
27:46de l'héroïne
27:47toutes les drogues
27:48qui sont interdites
27:49sur cerveau
27:51sur
27:52le corps humain
27:54et donc
27:55je pense qu'il y a déjà
27:56un gros travail
27:58de com
27:58et d'information
27:59donc
28:01et ça
28:02on a
28:03on a
28:03on a toute la littérature
28:05qu'il faut
28:05depuis 30 ans
28:06on écrit tous
28:07nous les professionnels
28:08mais
28:09ça sort pas
28:10sur le
28:11sur le
28:12dans les messages publics
28:15on n'a pas
28:15cette information
28:17donc
28:18bon ben voilà
28:18donc les jeunes
28:19vont en soirée
28:21ils se prennent de la coque
28:23comme s'ils prenaient du chocolat
28:24donc c'est pas tout à fait pareil
28:25même si le chocolat
28:26d'ailleurs
28:26est aussi
28:27peut-être aussi
28:27nocif
28:28mais donc
28:31si vous voulez
28:32c'est ça
28:32je crois qu'il faut repartir
28:33avec une vraie politique
28:35de base
28:36et avoir
28:37le courage
28:38de dire
28:39ce que c'est
28:40que ces produits
28:40enfin
28:41vous vous rendez compte
28:42que quand même
28:43la transformation
28:44de chlorhydrate
28:45de cocaïne
28:46c'est quand même
28:46une transformation chimique
28:47c'est à dire que
28:48vous
28:48vous sniffez
28:50à la fois
28:51des produits
28:53qui sont
28:55extrêmement dangereux
28:57et nocifs
28:58pour le
28:59le corps humain
29:00mais
29:01les gens
29:01ne connaissent pas
29:02la composition
29:04donc c'est vraiment
29:05plus de sensibilisation
29:06il faudrait évidemment
29:07autour de ça
29:08et plus précise
29:09surtout
29:09Samuel voulait réagir aussi
29:11bonjour Samuel
29:12bonjour
29:13bienvenue Samuel
29:15vous nous appelez d'où ?
29:16bonjour
29:17je vous appelle
29:18de Bretagne
29:19alors quel est votre avis
29:20sur le sujet ?
29:22moi je pense
29:23qu'il faut
29:23il ne faut pas oublier une chose
29:24c'est que
29:25le trafic de drogue
29:26obéit
29:27comme beaucoup
29:28d'entreprises
29:28une loi
29:29qui est la courbe
29:30de l'offre
29:31et la demande
29:31on parle beaucoup
29:33de la demande
29:35par rapport
29:36aux consommateurs
29:36je pense qu'en termes
29:37de prévention
29:38c'est un sujet
29:40qui revient régulièrement
29:41je pense qu'on ne pourra
29:42rien faire
29:43de plus
29:44j'ai plus de 30 ans
29:45et quand j'étais
29:46enfant déjà
29:47on nous faisait
29:48de la prévention là-dessus
29:49en nous disant
29:49que la drogue
29:51c'est mal
29:52ça n'a jamais
29:53rien changé
29:54il y en a
29:55qui comparent
29:56la consommation
29:57de drogue
29:58avec l'histoire
29:59de la consommation
30:00du tabac
30:01c'est pas tout à fait
30:02la même chose
30:02puisque la drogue
30:04de base
30:05est interdite
30:06la consommation
30:06est interdite
30:07le tabac
30:07il y a quand même
30:08un gros marketing
30:08qui a été fait
30:09et la loi
30:12et la loi
30:12ont permis
30:13de diminuer
30:13la consommation
30:14mais la drogue
30:14c'est quand même
30:15pas la même chose
30:15donc effectivement
30:17la drogue
30:17elle répond
30:18à un besoin
30:18qui est très divers
30:20selon le type
30:21de drogue
30:21qui va être consommée
30:22selon que ce soit
30:22du cannabis
30:23ou des drogues
30:25comme la cocaïne
30:27ça n'oblige pas
30:28aux mêmes besoins
30:28mais pour chacun
30:29de ces besoins
30:30il y a un type
30:30de consommateur
30:31et je pense
30:32que le besoin
30:34n'est pas prêt
30:35de diminuer
30:35donc il faut
30:36taper fort
30:37en termes pénales
30:39sur le consommateur
30:41et bien sûr
30:42s'il y a de la demande
30:43c'est qu'il y a de l'offre
30:44et là-dessus
30:45je pense qu'il y a
30:45un énorme travail
30:46à faire
30:47sur les traficants
30:50en onel
30:50et je vais peut-être
30:52vous apprendre quelque chose
30:53mais il y a des pays
30:54où il n'y a pas
30:54de trafic de drogue
30:55il y a 0%
30:56de trafic de drogue
30:57il y a même des pays
30:57qui sont partis
30:58de très loin
31:00qui étaient parmi
31:01les pires pays au monde
31:02en termes de sécurité
31:03qui sont devenus
31:03des pays
31:04presque des plus sûrs
31:06je pense notamment
31:06au Salvador
31:07c'est juste
31:11qu'il y a eu
31:11une vraie prise de conscience
31:13des politiques
31:15qui ont mis en place
31:16Oui voilà
31:16c'est ça
31:16il faut aussi
31:17une vraie prise de conscience
31:18des politiques
31:19Gilles Leclerc
31:20il y a aussi quelque chose
31:20dont on n'a pas parlé
31:21qu'on va peut-être évoquer
31:22rapidement
31:22c'est le rôle du numérique
31:24dans l'histoire
31:25c'est-à-dire
31:25que les réseaux sociaux
31:26les messageries cryptées
31:27le dark web
31:28tout ça
31:28ça joue un rôle
31:29dans l'organisation du trafic
31:30aussi
31:30comment on digait ça ?
31:32c'est pas possible ?
31:33Oui bien sûr
31:33c'est un moyen de transmission
31:36qu'on a depuis
31:37quelques années
31:38mais effectivement
31:40c'est plus
31:41le bouche à oreille
31:42tu vas à tel endroit
31:43tu trouveras le billard
31:44c'est une facilitation
31:46donc
31:47par définition
31:49les trafiquants
31:52vivent avec leur temps
31:52donc
31:53ils sont
31:54effectivement
31:55peut-être plus protégés
31:57avec le dark web
31:58mais ils utilisent
32:00les réseaux sociaux
32:01pour pouvoir
32:03disséminer
32:04leurs informations
32:06et leurs propositions
32:07donc il y a encore
32:08beaucoup de travail
32:09je pense que
32:11c'est effectivement
32:12on vit avec notre temps
32:13mais
32:13la politique
32:15de prévention
32:16et d'information
32:17elle
32:18pourrait aussi
32:19d'ailleurs
32:20utiliser de l'art web
32:21et on pourrait faire
32:22des contre-propositions
32:23oui effectivement
32:24il faudrait s'y pencher
32:25en effet
32:26merci beaucoup
32:27quand les gens sauront
32:27que dans la cocaïne
32:29il y a du kérosène
32:31il y a de l'acide sulfurique
32:32il y a du
32:33enfin bon
32:34il y a tout un tas
32:35de produits
32:36il faudrait que ça soit
32:36en effet
32:36plus clair
32:38et plus transparent
32:39en effet
32:40merci beaucoup
32:41on va remercier Samuel
32:42aussi qui nous avait appelé
32:43merci Gilles Leclerc
32:44d'avoir été avec nous
32:45sur Europe 1
32:45je rappelle que vous êtes
32:46l'ancien patron
32:47de l'office central de lutte
32:48contre les stupéfiants
32:49devenu aujourd'hui
32:50Lofast
32:50merci à vous
32:51il est 11h44
32:52sur Europe 1
32:52on fait une pause
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