- il y a 6 mois
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00:00Et en ce vendredi, 1er août, bonne route à vous si vous êtes justement dans les bouchons.
00:04Bon courage pour rejoindre votre lieu de villager-ture, 20h13, avec moi en studio,
00:08Georges Fenech, ancien juge d'instruction. Bonsoir Georges.
00:11Bonsoir.
00:11Et également Charlotte Dornelas, journaliste au JDD. Bonsoir Charlotte.
00:15Tous les trois, nous recevons Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie.
00:20Bonsoir Monsieur Blanchemaison.
00:21Bonsoir Monsieur l'ambassadeur, vous êtes auteur du livre
00:23« Fragment d'un parcours aventureux aux éditions d'Emporis ».
00:26On en parlera un petit peu à la fin de cet entretien.
00:28Merci d'avoir accepté l'invitation d'Europe 1.
00:31Bien évidemment, on souhaite parler de cette guerre qui se déroule actuellement entre l'Ukraine et la Russie,
00:38avec plein de choses qui se sont passées cette semaine.
00:41Notamment, j'aimerais revenir sur cet ultimatum de Donald Trump,
00:44qui est passé de la fin de l'été à plus que 10-12 jours.
00:47Et Donald Trump qui montre encore un peu plus les muscles aujourd'hui,
00:51puisque suite aux propos de l'ancien président russe Dmitry Medvedev,
00:54qui avait écrit que chaque nouvel ultimatum fixé par le président américain
00:57pour mettre fin à la guerre en Ukraine était une menace et un pas vers la guerre avec les Etats-Unis.
01:03Réponse de l'intéressé, Donald Trump sur son propre réseau social,
01:07qui a expliqué qu'il a ordonné que deux sous-marins nucléaires soient positionnés dans les zones appropriées,
01:12au cas où ces déclarations idiotes, je le cite,
01:14et incendiaires soient plus sérieuses que cela.
01:17Les mots comptent et peuvent souvent avoir des conséquences imprévues.
01:20J'espère que cela ne sera pas le cas cette fois, a écrit le président américain.
01:24Monsieur l'ambassadeur, c'est quoi des zones appropriées ?
01:27Vous savez, vous pourriez nous l'expliquer peut-être ?
01:29Ah ça, je ne suis pas dans la confidence.
01:31On pourrait imaginer quoi ?
01:33En plus, voilà.
01:33Pour ces deux sous-marins.
01:34La dissuasion nucléaire fait que la localisation des sous-marins, des nôtres comme ceux des américains,
01:40normalement est secrète.
01:41Bien sûr, mais on pourrait imaginer quoi ?
01:42On pourrait imaginer que, par exemple, puisqu'il y a des manœuvres communes de la Russie et de la Chine
01:48dans l'océan Pacifique, du côté des côtes chinoises,
01:53et bien que l'un des deux sous-marins aille dans une fosse profonde
01:57pour écouter, regarder un peu ce qui se passe.
02:00Par définition, il est furtif.
02:02Par définition, il ne doit pas être repéré.
02:05Donc peut-être dans cette zone-là, Pacifique,
02:08à un moment où il y a des manœuvres importantes,
02:12des manœuvres militaires maritimes entre la Chine et la Russie,
02:16peut-être un autre, puisque vous me forcez à dévoiler des choses que je ne connais pas,
02:22peut-être dans l'Arctique, ça ne serait pas absurde.
02:26Il y a beaucoup de sous-marins dans l'Arctique,
02:27parce que sous la calotte glaciaire, vous savez que ce n'est pas un continent,
02:30c'est de la glace qui flotte sur l'océan,
02:32et donc c'est assez commode pour circuler discrètement.
02:36Pour déplacer ces pions.
02:37Voilà.
02:38Et donc beaucoup de sous-marins vont sous la calotte glaciaire,
02:41et on peut écouter effectivement tout ce qui se passe.
02:44La Russie ayant 11 fuseaux horaires,
02:47le nord de la Russie, c'est tout autour de l'Arctique,
02:51et par conséquent, c'est une zone extrêmement sensible.
02:54Est-ce qu'on peut imaginer que ça inquiète Vladimir Poutine,
02:57ou au contraire, est-ce qu'il rechercherait justement ça,
02:59cette petite tension qui grossit, qui grandit ?
03:02Je ne crois pas.
03:03Moi, ce qui m'étonne plutôt dans cette affaire,
03:05c'est que le président Trump est pris au sérieux ce que dit Medvedev.
03:10Medvedev, je le connais un petit peu,
03:11parce que j'étais ambassadeur à Moscou pendant le premier mandat de Poutine,
03:15donc je suis arrivé en 2000,
03:16et Medvedev, à l'époque, avait un job assez modeste dans l'administration du Kremlin.
03:21C'était l'ami de Poutine, dix ans plus jeune que lui,
03:25et c'était son juriste, déjà à la mairie de Saint-Pétersbourg,
03:28quand Poutine s'occupait des relations extérieures de Sopchak,
03:32le maire libéral de Saint-Pétersbourg.
03:35Donc c'était son juriste de service qui rédigeait les contrats
03:38pour l'approvisionnement de la ville de Saint-Pétersbourg.
03:40Et ils ont noué des liens,
03:43peut-être même avec la mafia de Saint-Pétersbourg à l'époque,
03:45puisqu'il fallait trouver des approvisionnements,
03:47il ne fallait pas que les gens soient en difficulté.
03:49Et lorsqu'il a eu, après ses deux premiers mandats de 4 ans,
03:54à trouver un fondé de pouvoir,
03:56puisque la Constitution lui interdisait de faire un troisième mandat de 4 ans au Kremlin,
04:01il a demandé à Medvedev de lui rendre ce service.
04:05Et Medvedev est devenu président.
04:07L'appétit venant en mangeant,
04:10Medvedev ayant une politique un peu libérale,
04:12un peu high-tech, etc.
04:13Bien vu les Occidentaux d'ailleurs,
04:15parce qu'il était plus moderne que Poutine.
04:17Les Occidentaux et d'autres lui ont dit,
04:19mais pourquoi vous ne feriez pas un deuxième mandat ?
04:21Puisque voilà, Poutine a sifflé la fin de la récréation,
04:25en disant, c'est hors de question,
04:28évidemment je reprends le manche,
04:31et c'est moi qui ferai le mandat suivant.
04:33Ce qui s'est produit,
04:34et ils ont à nouveau tourné,
04:36joué aux chaises musicales,
04:38entre le poste de Premier ministre et le poste de Président.
04:41Mais on peut considérer que,
04:42depuis 25 ans...
04:43Effectivement, Donald Trump accorde peut-être trop d'importance
04:45à propos de Medvedev.
04:46Depuis 25 ans, c'est Poutine qui est au pouvoir,
04:49et effectivement Medvedev a fait un intermède.
04:52Et depuis, comme il fallait lui donner un poste honorifique,
04:56on lui a donné divers postes plus ou moins honorifiques.
04:57Aujourd'hui, c'est un poste sur le papier très important,
05:00puisqu'il est vice-président du Conseil National de Sécurité,
05:04Poutine en étant le président.
05:05L'homme important, c'est le secrétaire général de ce Conseil de Sécurité,
05:09qui coordonne tous les services de renseignement.
05:11Claude Blanche-Maison, une question justement sur cet ultimatum.
05:14Au départ, c'était la fin de l'été.
05:16Finalement, c'est dans moins de 10 jours.
05:17Je n'ai pas la date exacte en tête par rapport...
05:20Et puis, ça peut changer d'un jour à l'autre avec le président Trump.
05:23Il parle de sanctions.
05:25Les sanctions, on le sait, sont graduelles.
05:27Là encore, votre expertise,
05:28vous pensez que ça ne va être que monétaire ?
05:30Ça peut être autre chose ?
05:31Ça peut être sur des accords commerciaux ?
05:33On peut envisager quoi ?
05:34Alors, il a affiché une sanction très importante
05:37qui était de décider des droits de douane de 100% sur la Russie
05:43et sur tous les gens qui commercent avec la Russie.
05:46Alors, la Russie, ça, Poutine s'en moque éperdument
05:48parce qu'il ne vend plus rien aux Etats-Unis.
05:50Donc, ça n'aura aucun effet.
05:51En revanche, la Chine et l'Inde,
05:55qui achètent beaucoup de pétrole,
05:56comme vous le savez,
05:57malgré l'embargo,
05:58seront exposés à ces 100% de droits de douane.
06:04Alors, la Chine a des moyens de rétorsion.
06:06Elle a l'arme absolue, pratiquement,
06:08parce que c'est la Chine qui fournit les terres rares
06:10dont les Etats-Unis ont besoin.
06:12Très gourmands, oui.
06:13Voilà.
06:13Et donc, la Chine dit,
06:14écoutez, c'est très bien,
06:16si vous nous mettez des droits de douane prohibitifs,
06:18nous, on met un embargo sur nos terres noires.
06:19Vous n'aurez plus de terres rares, pardon.
06:21Et par conséquent, évidemment,
06:23la négociation est ouverte,
06:24elle continue.
06:25Même la négociation bilatérale douanière
06:28n'a pas abouti,
06:29alors qu'elle a abouti avec l'Europe
06:30et avec d'autres entités.
06:32Donc, la Chine,
06:33ça va aller à une négociation
06:35dont on ne connaît pas l'issue,
06:36mais ça va être difficile,
06:37parce que les Chinois n'aiment pas les ultimatums.
06:40L'Inde est dans une plus grande difficulté,
06:42parce que l'Inde n'a pas l'arme absolue,
06:44elle n'a pas les terres rares,
06:45elle n'a pas quelque chose
06:46qui intéresse au plus haut point les Américains,
06:49sauf sa position géopolitique,
06:50et très curieusement,
06:53manifestement,
06:54Trump est prêt à sacrifier
06:55le fait que Modi a fait beaucoup de chemin
06:59vers les Etats-Unis,
07:01dans les mois qui ont,
07:03et même avant avec le président Joe Biden,
07:06pour diversifier ses relations
07:07par rapport à la Russie
07:08et surtout par rapport à l'ennemi chinois
07:11qui est de l'autre côté de l'Himalaya.
07:14Et je pense que Trump est prêt à sacrifier
07:16cette importance politique reconnue,
07:19cette importance géopolitique reconnue à l'Inde,
07:22en lui infligeant des droits de douane très sévères.
07:25Sauf que,
07:26évidemment,
07:28ce n'est pas l'Etat qui achète le pétrole,
07:30c'est des opérateurs,
07:31privés ou publics,
07:32et des raffineurs,
07:34publics ou privés.
07:35Et ils ont déjà senti le vent venir.
07:37Ils ont pris leur disposition.
07:38Et ils ont déjà diminué sensiblement leurs achats à la Russie.
07:42Il ne restera plus grand-chose à la fin de la semaine.
07:44Donc probablement que le problème disparaîtra de lui-même.
07:47Et le 18e paquet de sanctions de l'Union Européenne contre la Russie,
07:51est-ce qu'il faut continuer comme ça à mettre une pression à Moscou ?
07:55Est-ce que ça fonctionne ?
07:5619, 20,
07:57on peut aller jusqu'à combien de paquets de sanctions comme ça ?
07:58Il y en aura 20, 21, 22, 23,
08:00il y en aura beaucoup d'autres,
08:01je vous rassure tout de suite.
08:01Et pourquoi ne pas passer au 25e déjà ?
08:03Oui, évidemment.
08:04Parce qu'il faut habituer notre ami Orban,
08:07qui à chaque fois dit,
08:08je vais mettre le véto,
08:09c'est la dernière fois que je laisse passer.
08:10Et puis à chaque fois,
08:12il s'absente au moment du vote,
08:13où on trouve une astuce,
08:15et il ne s'oppose pas à la formation de la décision.
08:19Donc il y en aura d'autres.
08:20Actuellement, le 18e paquet est surtout axé,
08:25d'ailleurs comme les sanctions de Trump,
08:27sur l'assèchement que constitue pour la Russie
08:31ses ventes de pétrole,
08:33ses ventes d'hydrocarbures,
08:34puisque ça va directement dans le budget de guerre en réalité.
08:39Et donc l'idée, c'est d'assécher cette ressource financière
08:43pour le budget russe.
08:45Alors l'Union Européenne a entrepris de lutter contre la flotte fantôme,
08:48les fameux bateaux qui transportent les hydrocarbures en question,
08:52le pétrole surtout,
08:53notamment en interdisant tous les ports européens.
08:56Alors où est-ce qu'ils peuvent se ravitailler ?
08:58C'est compliqué.
08:59Et probablement en coordonnant cette action avec les Etats-Unis.
09:03Mais c'est vrai que dans le fond,
09:05il faudrait probablement être plus radical
09:06et couler cette flotte fantôme,
09:09puisque ce sont des bateaux qui sont en infraction totale.
09:12Mais c'est compliqué,
09:13parce qu'ils ont des pavillons de complaisance,
09:14parce qu'ils s'arrangent pour naviguer surtout dans les zones internationales.
09:18Donc ça met du temps.
09:20Il faut aussi empêcher les assureurs et réassureurs
09:23d'assurer ces navires.
09:25C'est le cas pour l'Aloïd,
09:26qui n'assure plus rien,
09:27naturellement pour ces bateaux qui transportent des hydrocarbures russes.
09:31Et maintenant,
09:31les Russes sont obligés de recourir à des assureurs turcs
09:34ou un peu bizarroïdes au Moyen-Orient,
09:39qui n'ont peut-être d'assureurs que le nom.
09:42Mais effectivement, il faut assurer ces...
09:43Donc l'idée, c'est d'assécher ces courants-là.
09:46Et c'était l'idée aussi qu'avait Trump
09:48avec ses sanctions secondaires,
09:50notamment vis-à-vis de la Chine et de l'Inde.
09:52Claude Blanche-Maison,
09:53ancien ambassadeur de France en Russie,
09:54est l'invité ce soir d'Europe un soir week-end.
09:57Monsieur Blanche-Maison,
09:58monsieur l'ambassadeur,
09:59Vladimir Zelensky demande
10:00que le monde s'engage
10:01pour un changement de régime en Russie.
10:03Sans cela,
10:03pour le président ukrainien,
10:04Moscou continuera de déstabiliser ses voisins.
10:07Est-ce que tenir par les propos
10:08est utopique ou possible ?
10:10Ce vocabulaire est quand même un peu surprenant
10:13parce que c'est le vocabulaire habituel
10:15des néo-conservateurs américains.
10:17Les néo-conservateurs américains,
10:19effectivement,
10:19quand ils jugeaient qu'un gouvernement,
10:21notamment en Amérique du Sud,
10:23agissait contre les intérêts des États-Unis,
10:25ils décidaient de faire une expédition militaire
10:26pour le changer.
10:27Régime change.
10:28Jusqu'à présent,
10:31seuls les plus extrémistes des Ukrainiens
10:35défendaient cette position.
10:37Il faut changer le régime à Moscou,
10:39on n'y arrivera pas sans ça.
10:41Mais la position occidentale,
10:42c'était non,
10:43on traite le sujet ukrainien,
10:45il n'est pas question
10:46de s'attaquer à un changement de régime.
10:48D'ailleurs, le régime,
10:49il dépend des Russes.
10:50C'est aux Russes de faire le job,
10:51ce n'est pas à nous.
10:52Le fait que Zelensky utilise cette expression
10:55pour la première fois,
10:56montre que probablement,
10:58il s'est rallié à la branche la plus dure
11:00peut-être à M. Boudanov lui-même,
11:04le chef des services de renseignement,
11:05vous savez,
11:06ce jeune général de 34 ans
11:07qui a monté beaucoup de coups,
11:10y compris pour bombarder Moscou, etc.
11:13Donc, ça vient peut-être de là
11:15pour satisfaire cette partie
11:16des gens qui le soutiennent.
11:19Il a utilisé ce langage,
11:20sachant pertinemment que
11:21ça n'est pas la position américaine,
11:23ça n'est pas la position des Européens.
11:25Claude Blanche-Maison,
11:25soyons fantasmants,
11:28imaginons que le cleveux de Zelensky
11:30soit exaucé.
11:31Est-ce qu'il y a pire que Poutine
11:32qui pourrait reprendre les ARN de la Russie ?
11:34Oui, alors il sera forcément exaucé un jour
11:35parce que,
11:36vous pouvez révéler un scoop,
11:38c'est que Poutine est mortel.
11:39Donc, un jour, il va disparaître.
11:40Je pensais dans un avion proche.
11:42Mais ça peut prendre du temps, en effet.
11:44Alors, effectivement,
11:45vous avez tout à fait raison.
11:46Son entourage proche
11:47est d'abord terrorisé par Poutine.
11:50Probablement que très peu de gens
11:53osent aujourd'hui...
11:54Alors, c'est qui le dauphin naturel ?
11:56Il n'y avait pas trop chef,
11:58mais Poutine,
12:00dans le fond,
12:02démis de ses fonctions.
12:03Il était le secrétaire
12:04du conseil de sécurité russe.
12:06C'était lui qui coordonnait
12:07tout le renseignement.
12:09Et, effectivement,
12:09il avait énormément de pouvoir.
12:11Il a eu un grand tort,
12:12c'est qu'à l'époque de Joe Biden,
12:14il est devenu l'interlocuteur principal
12:16du patron de la CIA.
12:17C'est-à-dire que le patron de la CIA
12:19trouvait qu'il était sympathique,
12:21qu'on pouvait discuter avec lui,
12:22qu'il était peut-être plus rationnel
12:23que Poutine.
12:24Et puis, ils étaient un peu homologues.
12:26Simplement, c'est un peu dangereux
12:28de devenir l'interlocuteur principal
12:29du patron de la CIA.
12:31Il était, en effet,
12:32le rival tout désigné
12:34et le successeur tout désigné
12:36s'il arrivait quelque chose à Poutine
12:38ou s'il y avait une révolution de palais.
12:39Donc, Poutine,
12:40l'a démis de ses fonctions
12:42au conseil de sécurité
12:43et l'a nommé responsable
12:45de la construction navale
12:46avec un bureau au Kremlin,
12:47toujours, voiture d'Acha, etc.
12:50Mais, bon,
12:50ce n'est plus vraiment
12:51un poste stratégique,
12:53effectivement.
12:54Alors, qui reste-t-il ?
12:56Eh bien, pas grand monde.
12:57Moi, effectivement,
12:58je pense que le maire de Moscou
13:00pourrait peut-être être l'un d'entre eux.
13:03Il a montré ses capacités de gestion.
13:05Il a été le maire du palais.
13:07Il a été le chef
13:07de l'administration présidentielle
13:09à un moment donné.
13:10Il a été bien avant
13:11le jeune gouverneur de Tumen.
13:12Tumen, c'est dans l'Oral,
13:14là où il y a
13:15beaucoup de pétrole.
13:18Donc, c'était un oblast très riche.
13:20Bon, il se trouve qu'à l'époque
13:21où j'étais en poste,
13:24je lui ai rendu visite à Tumen
13:26parce que...
13:26Alors, je suis peut-être partiel,
13:28en effet,
13:29parce qu'il voulait renouveler,
13:30figurez-vous,
13:31ça paraît bizarre,
13:31mais le troupeau
13:33de vaches de la région
13:35pour renouveler
13:37le troupeau de vaches allaitantes.
13:38Et il avait eu la bonne idée
13:39d'acheter
13:40de mille vaches françaises.
13:43Et évidemment,
13:43ça méritait bien,
13:45justement,
13:45le mérite agricole.
13:47Mais ceci étant une anecdote,
13:49effectivement,
13:50je m'arrête là.
13:51Beaucoup d'autres gens
13:52peuvent prétendre
13:52à la succession de Poutine.
13:54Mais là, actuellement,
13:55personne ne pousse
13:55pour y arriver.
13:56Ah ben,
13:56il serait immédiatement muté ailleurs.
13:58Voir pas trop chef.
14:00Donc, surtout pas.
14:01Il n'y a pas une tête
14:02qui dépasse.
14:03Et effectivement,
14:03la Constitution prévoit
14:04que sur le plan constitutionnel,
14:07c'est d'ailleurs
14:07ce qui est arrivé à Poutine,
14:08si le président est empêché
14:09pour une raison
14:09ou pour une autre,
14:11l'intérim est assuré
14:11par le Premier ministre.
14:13Chez nous,
14:13c'est le Président du Sénat.
14:14Chez eux,
14:15c'est le Premier ministre
14:15qui organise des élections.
14:17C'est comme ça
14:18que Poutine est devenu président,
14:19d'ailleurs.
14:19C'est parce qu'un mécanisme
14:21constitutionnel régulier.
14:24Mais il peut y avoir
14:25une révolution de palais,
14:26en effet.
14:27Ça peut être un militaire,
14:28ça peut être un responsable
14:30des services de sécurité.
14:31Mais Poutine s'en méfie,
14:33comme je viens
14:34de vous le démontrer.
14:35Et dans le fond,
14:36c'est très dangereux
14:37d'être le successeur potentiel.
14:39Claude Blanche-Maison,
14:40il nous reste encore
14:41deux, trois minutes
14:42à passer ensemble.
14:43Le Parlement ukrainien
14:43a voté hier en faveur
14:44d'un projet de loi
14:45pour remplacer une autre loi
14:46qui limitait les pouvoirs
14:47des organismes anticorruption,
14:49qui a valu pas mal,
14:50justement,
14:50de manifestations
14:51de la part des Ukrainiens
14:52directement dans leur pays.
14:54Est-ce que ce changement,
14:56avec notamment des détections,
14:57un détecteur de mensonges,
14:58faire passer les personnes
14:59qui sont en lien
15:01avec des documents
15:01de la sécurité défense
15:03et autres qui sont très
15:04sensibles comme ça
15:06par rapport à des opérations
15:08qui sont en lien
15:09avec la guerre,
15:10est-ce que c'est une réelle démocratie
15:11ou un écran de fumée
15:12pour rassurer Bruxelles
15:13et Washington ?
15:14Sur ce sujet,
15:14Zelensky,
15:15dans le fond,
15:16revient de loin
15:16parce qu'il avait fait voter
15:18par son Parlement
15:19une loi
15:21qui plaçait
15:22les deux organismes
15:24indépendants
15:24chargés de la lutte
15:25contre la corruption
15:26sous la coupe
15:28du procureur général
15:30qui lui-même
15:31est nommé par Zelensky.
15:32Et effectivement,
15:33il a eu la surprise
15:34de voir un mouvement populaire
15:35se développer
15:36dans les villes
15:36et notamment à Kiev.
15:38Les gens manifester
15:38tous les jours,
15:39tous les jours,
15:39tous les jours.
15:40Puis bien entendu,
15:40l'Union Européenne a dit
15:41mais qu'est-ce que c'est que ça ?
15:42Avec tout ce qu'on fournit
15:43comme argent,
15:44on a évidemment besoin
15:45d'un organisme indépendant
15:47de lutte contre la corruption
15:48qui ne dépend pas
15:49du président.
15:50Et il a été obligé
15:51de revenir en arrière
15:52Zelensky
15:52et de faire voter
15:53donc une nouvelle loi
15:54qui revient à la situation
15:55antérieure
15:56avec autonomie
15:57de l'agence
15:57de lutte contre la corruption
15:58et autonomie indépendance
16:00du procureur spécialisé
16:02dans la lutte
16:03contre la corruption.
16:04La corruption,
16:04c'est la question
16:05sous-jacente.
16:06Évidemment,
16:06elle est partout
16:07mais elle est partout
16:08parce que...
16:08C'est justement
16:09ce que pointe du doigt
16:10Vladimir Pétine
16:11en expliquant
16:11que c'est un pays
16:12totalement corrompu
16:13l'Ukraine.
16:13Et qu'elle est partout
16:14comme en Russie
16:15elle est partout.
16:16Et simplement
16:16dans la mesure
16:17où l'Ukraine aspire
16:18à se rapprocher
16:19de l'Union Européenne
16:20les états membres
16:22de l'Union Européenne
16:23et de l'Union Européenne
16:24sont fondés
16:24de lui dire
16:25il faut faire le ménage
16:26il faut lutter
16:27contre la corruption.
16:28Mais il y a encore
16:28beaucoup de boulot.
16:29Merci beaucoup
16:30d'avoir répondu
16:31aux questions d'Europe
16:31un soir au week-end
16:32Claude Blanche Maison.
16:33J'en profite
16:34je vous garde encore
16:3530 secondes
16:35pour que vous nous donniez
16:36quelques petits mots
16:37sur votre dernier ouvrage
16:38dernier livre
16:39fragment d'un parcours aventureux
16:41je m'attends à quoi
16:42en ouvrant les pages
16:43dites-moi.
16:46Un parcours
16:46c'est le mien
16:47évidemment
16:47alors ça commence
16:49c'est plutôt amusant
16:50dans une petite ville
16:51de Touraine
16:51qui s'appelle Loche
16:52où on n'a jamais rencontré
16:53un diplomate
16:54donc j'avais assez peu
16:55de chances
16:55de devenir diplomate
16:56et puis
16:57les circonstances
16:59locales, familiales
17:00font que je me suis retrouvé
17:01au lycée de Tours
17:02figurez-vous
17:02près de Loche
17:03donc la capitale
17:05du département
17:05où figurez-vous
17:07il y avait des classes préparatoires
17:08aux grandes écoles
17:08et là encore
17:09ma petite bourgeoisie
17:10provinciale
17:11il était mieux
17:12de faire une grande école
17:13que d'aller faire
17:14des études de droit
17:14qui étaient possibles
17:16à Tours
17:16et donc j'ai fait
17:18la préparation
17:18de Loche à Moscou
17:19de la douceur
17:20torangelle
17:21au fracas
17:21d'une guerre globalisée
17:22ben voilà
17:23c'est comme ça
17:23que vous l'expliquez
17:24mais effectivement
17:25les concours républicains
17:27ont fait que
17:28j'ai été catapulté
17:30à Paris
17:30à HEC
17:31qui était encore
17:33boulevard Malzerbe
17:34à l'époque
17:34pas du tout
17:35à Jouin-Josas
17:35et que j'ai découvert Paris
17:37et que découvrant Paris
17:38je me suis dit
17:39dans le fond
17:39j'ai peut-être pas envie
17:40de faire du business
17:41et du commerce
17:41j'ai eu tort d'ailleurs
17:42j'ai préparé l'ENA
17:44j'ai eu tort
17:45puisqu'il n'y a plus l'ENA
17:46on l'a supprimé
17:46et donc j'ai fait
17:47une préparation
17:48à Sciences Po
17:48pour rentrer à l'ENA
17:49et nous on va découvrir
17:51votre livre
17:52Club Blanche Maison
17:53votre livre
17:54fragment d'un parcours aventureux
17:55au fil des bouleversements du monde
17:56merci beaucoup
17:57d'avoir répondu aux questions
17:58d'Europe un soir
17:59week-end
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