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  • il y a 6 mois
Le 9 janvier 2005, Johnny Hallyday ouvre l’émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" sur France 3 par une lecture bouleversante d’un texte de Philippe Labro. Cette séquence, illustrée par des images du tsunami tragique survenu en Asie fin 2004, rend hommage aux victimes de cette catastrophe. Un moment rare et émouvant, empreint de sobriété et d’humanité.

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Transcription
00:00J'ai pour l'Asie du Sud-Est.
00:05Et puisque nous ne sommes rien face à la mer qui tue,
00:09rien face à ce bruit étrange venu du fond de la terre,
00:13ce bruit de cent mille bombes venu détruire des paysages
00:16où rien plus jamais ne sera pareil.
00:20Pensons d'abord, pensons à eux, pensons aux enfants.
00:24Tous ces enfants disparus, toutes ces vies qui n'auront pas lieu,
00:31tout ce qui ne leur arrivera pas, ce soleil qu'ils ne verront ni se lever, ni se coucher,
00:37ces musiques qu'ils n'entendront pas, ces écoles où ils n'apprendront pas,
00:42où ils ne joueront pas, ces métiers qu'ils n'exerceront pas,
00:45ces passions et ces vocations qu'ils ne pourront pas découvrir ou satisfaire,
00:50ces joies, ces rires, ces petites misères du quotidien.
00:55Ces petits bonheurs inattendus, tout ce qui fait de la vie, ce chemin de lumière,
00:59ils ne le connaîtront pas.
01:01Tous ces milliers d'enfants pulvérisés, anéantis,
01:04par cette cruauté objective, inhumaine.
01:08Cette chose qu'aucune des plus brillantes inventions du progrès à travers les siècles
01:11n'est parvenue à contrôler.
01:13Cette nature qui a pulvérisé des existences, des familles, des rêves,
01:19des pays et des peuples.
01:20Mais puisque nous avons la chance, l'indescriptible, la miraculeuse chance d'être vivants,
01:27d'être là, dans nos habitudes, nos conforts, nos routines, notre protection,
01:33alors donnons à ceux qui ont survécu, à ceux qui n'ont plus rien,
01:37donnons le meilleur de nous-mêmes.
01:39Puisqu'il est clair aujourd'hui, face à cette catastrophe,
01:42que, pour une fois, de façon unanime,
01:45les hommes et les femmes se sentent frères et sœurs, les uns, les autres.
01:49Donnons en pensée et en actes, en gestes et en compassion.
01:53Donnons en amour.
01:55Aidons et aimons.
01:57Nous savons bien qu'il faudra des années, des nuits et des jours
02:00pour réparer, reconstruire, cicatriser et guérir.
02:03Nous savons qu'il ne faudra pas oublier.
02:06Quand les caméras seront parties et qu'il ne restera que la misère,
02:09il ne faudra rien oublier.
02:12Il ne faudra pas oublier que ce sera, pour tous ces malheureux,
02:15longs et durs, douloureux, interminables,
02:19il ne faudra pas retomber dans la solitude rassurante
02:21de nos égoïsmes traditionnels.
02:24Il ne faudra jamais oublier que nous sommes tous fragiles,
02:28humbles devant les grands mystères de la nature,
02:31tous les mêmes devant l'imprévisible.
02:34Mais nous devons aussi savoir qu'on pourra un jour accepter,
02:36à nouveau, de dire que la mer est belle
02:39et qu'un ciel bleu n'est pas forcément une menace.
02:43Il faudra réapprendre à aimer cette nature qui a tué
02:46et s'efforcer de croire que face au mal sans visage,
02:50la bonté et la tendresse, l'espoir ont un visage,
02:54celui de l'amour.
02:56Pourvu qu'il tende la main à l'autre,
02:58l'homme peut tout affronter.
02:59C'est cela qu'il ne faudra pas oublier quand les caméras seront parties
03:03et qu'il restera la misère de ceux qui n'ont plus rien,
03:07nos sœurs et nos frères.
03:09Génial idée sur des mots de Philippe Labrand,
03:16on accueille Emmanuel Ruffi.
03:17Bonsoir.
03:18Merci d'être là avec nous.
03:19Julien, vous pouvez nous présenter votre voisine de gauche.
03:22Vous êtes inséparable.
03:23Emmanuel Ruffi est la responsable,
03:27en tout cas, de mon engagement personnel.
03:29Je crois que c'est tout dit.
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