00:00J'ai pour l'Asie du Sud-Est.
00:05Et puisque nous ne sommes rien face à la mer qui tue,
00:09rien face à ce bruit étrange venu du fond de la terre,
00:13ce bruit de cent mille bombes venu détruire des paysages
00:16où rien plus jamais ne sera pareil.
00:20Pensons d'abord, pensons à eux, pensons aux enfants.
00:24Tous ces enfants disparus, toutes ces vies qui n'auront pas lieu,
00:31tout ce qui ne leur arrivera pas, ce soleil qu'ils ne verront ni se lever, ni se coucher,
00:37ces musiques qu'ils n'entendront pas, ces écoles où ils n'apprendront pas,
00:42où ils ne joueront pas, ces métiers qu'ils n'exerceront pas,
00:45ces passions et ces vocations qu'ils ne pourront pas découvrir ou satisfaire,
00:50ces joies, ces rires, ces petites misères du quotidien.
00:55Ces petits bonheurs inattendus, tout ce qui fait de la vie, ce chemin de lumière,
00:59ils ne le connaîtront pas.
01:01Tous ces milliers d'enfants pulvérisés, anéantis,
01:04par cette cruauté objective, inhumaine.
01:08Cette chose qu'aucune des plus brillantes inventions du progrès à travers les siècles
01:11n'est parvenue à contrôler.
01:13Cette nature qui a pulvérisé des existences, des familles, des rêves,
01:19des pays et des peuples.
01:20Mais puisque nous avons la chance, l'indescriptible, la miraculeuse chance d'être vivants,
01:27d'être là, dans nos habitudes, nos conforts, nos routines, notre protection,
01:33alors donnons à ceux qui ont survécu, à ceux qui n'ont plus rien,
01:37donnons le meilleur de nous-mêmes.
01:39Puisqu'il est clair aujourd'hui, face à cette catastrophe,
01:42que, pour une fois, de façon unanime,
01:45les hommes et les femmes se sentent frères et sœurs, les uns, les autres.
01:49Donnons en pensée et en actes, en gestes et en compassion.
01:53Donnons en amour.
01:55Aidons et aimons.
01:57Nous savons bien qu'il faudra des années, des nuits et des jours
02:00pour réparer, reconstruire, cicatriser et guérir.
02:03Nous savons qu'il ne faudra pas oublier.
02:06Quand les caméras seront parties et qu'il ne restera que la misère,
02:09il ne faudra rien oublier.
02:12Il ne faudra pas oublier que ce sera, pour tous ces malheureux,
02:15longs et durs, douloureux, interminables,
02:19il ne faudra pas retomber dans la solitude rassurante
02:21de nos égoïsmes traditionnels.
02:24Il ne faudra jamais oublier que nous sommes tous fragiles,
02:28humbles devant les grands mystères de la nature,
02:31tous les mêmes devant l'imprévisible.
02:34Mais nous devons aussi savoir qu'on pourra un jour accepter,
02:36à nouveau, de dire que la mer est belle
02:39et qu'un ciel bleu n'est pas forcément une menace.
02:43Il faudra réapprendre à aimer cette nature qui a tué
02:46et s'efforcer de croire que face au mal sans visage,
02:50la bonté et la tendresse, l'espoir ont un visage,
02:54celui de l'amour.
02:56Pourvu qu'il tende la main à l'autre,
02:58l'homme peut tout affronter.
02:59C'est cela qu'il ne faudra pas oublier quand les caméras seront parties
03:03et qu'il restera la misère de ceux qui n'ont plus rien,
03:07nos sœurs et nos frères.
03:09Génial idée sur des mots de Philippe Labrand,
03:16on accueille Emmanuel Ruffi.
03:17Bonsoir.
03:18Merci d'être là avec nous.
03:19Julien, vous pouvez nous présenter votre voisine de gauche.
03:22Vous êtes inséparable.
03:23Emmanuel Ruffi est la responsable,
03:27en tout cas, de mon engagement personnel.
03:29Je crois que c'est tout dit.
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