00:00De retour dans première édition, Sun Tattoo, Burn Lines ou encore Timeline, ces mots ne vous disent peut-être rien,
00:07mais c'est cette nouvelle tendance très inquiétante diffusée sur TikTok dont on voulait vous parler.
00:12Elle pousse cette tendance à faire que les adolescentes que vous voyez à l'écran s'exposent à des bronzages volontaires.
00:19On va en parler dans quelques instants avec notre invitée.
00:22Oui, effectivement, et quelle chance on a ce matin en plein mois de juillet.
00:25Merci d'avoir fait le déplacement, Yannick Noder, ministre de la Santé et de l'accès aux soins de France.
00:30Évidemment, on va en parler en longueur de ce qu'on appelle une traîne, en fait, pour être tout à fait complète sur le sujet, sur TikTok.
00:39Ces jeunes qui volontairement s'infligent des coups de soleil, sauf que c'est extrêmement dangereux, et c'est ce dont on va parler ce matin,
00:46parce qu'il y a des conséquences à vie après des coups de soleil, monsieur le ministre.
00:50Bien sûr, 85% des cancers de la peau sont dus à des expositions dans l'enfance, 8 enfants sur 10, donc c'est énorme.
01:04Et je crois qu'ils ne se rendent pas compte, nos plus jeunes, avec cette amplification des réseaux sociaux,
01:10que pour quelques secondes de buzz sur les réseaux sociaux, en fait, ils détruisent leurs cellules à vie.
01:17Une peau, on n'en a qu'une seule, et je crois que c'est le message d'alerte, de dire, attention, on se protège,
01:25et puis surtout, on ne s'expose pas, parce qu'en fait, ils mettent de l'huile, ils mettent du monoï pour accentuer ces brûlures,
01:30qui vont modifier l'ADN, qui vont créer des lésions dans quelques années,
01:35et on sait qu'on a entre 150 et 250 000 cancers de la peau chaque année,
01:40en grande partie, je vous le disais, dans 8 cas sur 10, dues à des brûlures de l'enfance,
01:45et je crois qu'avec Clara Chappas, nous allons saisir les autorités européennes chargées du numérique,
01:53et surtout saisir les plateformes pour interdire ces messages qui sont dangereux.
02:00Le mélanome, ça tue en France, et donc je crois que nos jeunes,
02:04particulièrement nos jeunes filles qui font toutes ces photos, toutes ces vidéos,
02:08ne se rendent pas compte que ces quelques minutes de buzz sur les réseaux sociaux,
02:12elles vont le payer très cher dans quelques années, avec des mélanomes qui mettent à ça,
02:17et qui provoquent le décès, donc je crois que c'est criminel de propager ça sur les réseaux sociaux,
02:22et je crois que nous allons faire tous les moyens qui sont en notre possession,
02:25avec Clara Chappas, la mise du numérique, pour aller contre les plateformes,
02:29et interdire ces messages qui sont dangereux.
02:31Alors justement, ça veut dire quoi, très concrètement, peut-être pour les parents aussi,
02:33qui sont inquiets, qui découvrent pour certains cette pratique,
02:36ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous allez directement interdire la diffusion de ces contenus,
02:41mais par quels moyens vous pouvez faire ça ?
02:42Alors là, c'est des moyens juridiques vis-à-vis des plateformes,
02:45il y a une réglementation européenne, c'est pas simple, mais c'est possible,
02:50c'est le même sujet avec l'extrême maigreur,
02:53vous savez, les skinny talks qui montrent cet extrême maigreur,
02:57en fait, tous ces sujets de mode amplifiés par les réseaux sociaux
03:00mettent gravement en danger la santé de nos adolescents,
03:04et je crois que c'est aussi l'occasion de rappeler ces messages,
03:08alors on n'est pas sous des canicules, mais on est en période d'été,
03:12de se protéger des UV avec un chapeau, des lunettes,
03:15de mettre de la crème avec des forts indices, des indices 50,
03:19et de ne pas s'exposer entre midi et 16h, ça c'est les règles, on va dire, classiques,
03:24mais surtout dire à nos enfants, à nos adolescents,
03:27de ne pas rentrer dans ces jeux mortifères amplifiés par les réseaux sociaux,
03:31de se brûler volontairement.
03:32J'ai vu aussi sur les réseaux sociaux des dessins qui sont posés,
03:37à coller avec des motifs pour avoir des tatouages éphémères.
03:42Le sun tattoo, on appelle ça.
03:43Voilà, le sun tattoo, c'est extrêmement dangereux pour la santé.
03:47Donc, merci de le relayer, et merci de dire à tous les adolescents de France
03:51et à leurs parents, si vous voyez ça,
03:54mais il faut surtout leur dire de ne pas recommencer, c'est très dangereux.
03:57Alors là, on parle des adolescents, est-ce que la prévention est une solution ?
04:00Je pense, par exemple, je crois que c'est la ville du Touquet
04:02qui a mis en place, à l'entrée de la plage, un système où il y a une distribution de crème solaire.
04:07Est-ce que, finalement, ça ne passe pas par ça aussi, la prévention,
04:10chez les plus jeunes, pour éviter ce genre de situation quand ils sont adolescents ?
04:12Alors, moi, je pense que c'est un moyen de sensibilité.
04:15Quand vous rentrez dans un espace public, et en l'occurrence une plage,
04:18et qu'on vous distribue de la crème, ça vous incite à dire,
04:20mince, je n'y ai pas pensé, parce que, souvent, en fait, c'est un oubli,
04:24de partir une exposition au soleil sans chapeau, sans...
04:27Après, je ne suis pas complètement sûr non plus que c'est à l'État
04:30de fournir la crème solaire aux Françaises et aux Français.
04:35Je crois que c'est des messages de santé publique importants, de prévention,
04:39de dire qu'on ne s'expose pas au soleil.
04:41Ça provoque le vieillissement de la peau,
04:42et ça provoque des cancers de la peau qui peuvent conduire au décès.
04:45Donc, c'est pour ça que le ministre de la Santé, que je suis,
04:48alerte en disant « attention, attention ».
04:50Le président de la République martèle qu'il a pour projet d'interdire les réseaux sociaux
04:54au moins de 15 ans.
04:56Quand on voit cette tendance dangereuse dont vous parlez,
04:58vous êtes favorable à cette mesure ?
04:59Mais je suis très favorable, puisque c'est un sujet qui s'est invité
05:02lors du dernier Conseil européen des ministres qui a eu lieu au Luxembourg.
05:06J'en avais déjà parlé au Conseil des ministres en Pologne, à Varsovie.
05:11Je pense qu'il faut supprimer l'exposition aux écrans avant 3 ans,
05:17et puis notamment les réseaux sociaux avant 15 ans.
05:20Et d'une façon générale, attention à l'utilisation des écrans.
05:24Je l'ai rappelé encore la semaine dernière sur le sommeil.
05:27Nous avons un gros problème, une grosse dette de sommeil vis-à-vis de nos adolescents.
05:31Et en 50 ans, les Français ont perdu 1h30 de sommeil.
05:35Et on sait très bien que le manque de sommeil, par tout motif que ça soit,
05:39mais notamment les réseaux sociaux, sont causes de maladies chroniques,
05:43de cancers, de troubles métaboliques, de maladies cardiovasculaires.
05:46Donc il faut rappeler ces messages de bonne santé publique.
05:50Il faut dormir.
05:51Monsieur le ministre, on profite de votre venue également pour parler quand même du budget 2026.
05:55Le Premier ministre en a fait les propositions il y a maintenant quelques semaines.
05:59Les arrêts de travail, notamment, les arrêts maladies, sont dans le viseur du Premier ministre.
06:04Est-ce que ça veut dire qu'il y a trop d'arrêts de travail, de complaisance aujourd'hui en France ?
06:08Je pense que ça veut surtout dire que c'est important de poser ce sujet,
06:12parce qu'ils ont augmenté de près de 6,4%, je crois.
06:16Ça représente 17 milliards d'euros pour le secteur privé.
06:20Si on rajoute les arrêts maladies des fonctionnaires, on arrive à 27 milliards.
06:25Donc c'est des chiffres significatifs.
06:26Et moi, je crois que c'est la responsabilité de tous.
06:28Je crois qu'il s'agit de culpabiliser personne, mais de prendre...
06:31Il y a un médecin généraliste ici qui nous disait, moi je me sens visé, c'est pour nous qu'on accuse.
06:35Je crois que c'est une chance en France que quand on est malade,
06:38on peut justement pouvoir s'arrêter de travailler pour se soigner, se protéger.
06:43Et surtout, en cas infectieux, par exemple la grippe, de ne pas contaminer tout votre plateau
06:47si un de vos collègues a la grippe.
06:49Donc je crois que c'est une chance que le système français permet.
06:53Il faut l'utiliser avec modération et bon usage.
06:57Donc ça veut dire que pour les patients, on ne va pas chez son médecin traitant...
07:01Moi, je suis toujours choqué quand j'entends quelqu'un qui dit
07:04« Bon, puisque c'est comme ça, pour quel ou quel fait, je me mets en arrêt de travail ».
07:09Rappelez que l'arrêt de travail, c'est un acte médical,
07:12c'est un médecin qui prescrit un arrêt de maladie
07:15si votre état de santé ne permet pas de pouvoir poursuivre le travail.
07:19Donc on ne sollicite pas soi-même, on est citoyen, un arrêt de travail
07:23si notre état de santé, qu'il soit psychique ou organique, ne le nécessite pas.
07:28Le médecin traitant, effectivement, ou le médecin en général,
07:32est précautionneux sur ce genre de signature.
07:35Et j'en appelle effectivement mes confrères à faire attention.
07:38Et puis surtout les employeurs, parce que c'est un problème de santé au travail.
07:41Et il faut toujours se poser la question
07:42« Pourquoi il y a beaucoup plus d'arrêts dans telle ou telle entreprise à activité identique ? »
07:47C'est une prise de conscience collective
07:49si on veut sauvegarder notre système de protection sociale.
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