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  • il y a 1 an

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00:00Cette question, que reste-t-il des Jeux Olympiques ?
00:03Parce que ça fait un an quasiment, jour pour jour, c'était le 26 juillet 2024, s'ouvraient les Jeux de Paris.
00:08Alors c'est vrai qu'on s'en souvient, dès les premières heures, les critiques s'étaient balayées.
00:12Il y avait eu un état de grâce partagé par toute la France.
00:17Qu'en reste-t-il ?
00:19C'est vrai que je lisais la couverture de nos amis, nos confrères de l'Opinion,
00:24qui disait que les élus ont tué les Jeux Olympiques,
00:29qui n'ont pas été capables de capitaliser sur cet effet positif.
00:33Quel est votre sentiment là-dessus, Raphaël Steinville ?
00:36D'abord, c'est vrai que ces JO, si je fais abstraction de la sérémie d'ouverture,
00:43ont été une réussite, une réussite à la fois sportive et aussi sécuritaire.
00:48On a vécu une sorte de parenthèse enchantée,
00:52où soudainement on pouvait se promener dans Paris sans craindre d'être agressé, violenté.
00:59Pour autant, déjà, moi je trouve qu'on n'a pas suffisamment noté que cette relative paix civile
01:06n'était possible qu'au prix d'un déploiement de forces de l'ordre absolument hors normes
01:12et qui ne pouvait pas être pérenne dans le temps.
01:15Donc il y avait une sorte d'illusion à s'imaginer que les choses puissent tenir
01:20et qu'on puisse tirer des leçons de ces Jeux Olympiques.
01:24Pour le reste, on l'a dit aussi, c'est aussi un coût financier énorme.
01:29Ça a été souligné par la Cour des Comptes.
01:31Ces Jeux, on a fait cramer la caisse.
01:34Ils ont coûté trois fois plus cher que ce qui était initialement prévu.
01:37Et au moment où on parle de réduction des dépenses publiques,
01:42il aurait peut-être fallu être plus raisonnable déjà au temps de ces deux choses Olympiques.
01:48Avant de poursuivre le débat, je voulais vous replonger justement dans cette ambiance d'état de grâce.
01:52Écoutez cet engouement qu'avaient les Français.
01:54C'était au micro d'Europe 1 il y a un an justement.
01:57On sent la ferveur des JO tout simplement.
01:59Là c'est vraiment une autre ambiance, c'est quelque chose d'unique.
02:01Les Jeux Olympiques, il y avait le côté complètement magique avec ses belles médailles.
02:06Je vais rarement à Paris, je vis à Toulouse.
02:08On ne pouvait pas penser que ça allait aussi bien se passer.
02:11Il y a des drapeaux partout, c'est bonne ambiance.
02:13C'est vrai que Gabriel Cluzel, ça a fait un petit peu flop.
02:18Il y a eu entre temps les discussions budgétaires, l'instabilité politique, la dissolution qui a un petit peu séché tout ça.
02:27Écoutez, ça a été une parenthèse très courte finalement,
02:32qui s'apparente quand même un peu à des pains et du jeu, vous savez, du temps de Rome.
02:37Donc pendant un certain laps de temps, les Français n'ont plus vu les problèmes qui minaient la France.
02:47Mais Raphaël l'a dit, pour maintenir la sécurité dans les capitales ou les endroits où se jouaient ces jeux,
02:53il a fallu déployer un arsenal policier incroyable, gendarme aussi, qui a un coup.
03:01Et c'est pour ça qu'aujourd'hui quand les Français disent...
03:02Ils sont même venus en renfort de l'étranger, vous vous souvenez ?
03:04Oui, mais ça a été incroyable. Et quand les gens disent aujourd'hui, mais je ne comprends pas pour le 31, pour les matchs, etc.
03:10Il y a des émeutes ou il y a des voitures brûlées, et pourtant ils n'avaient pas autant des jeux.
03:14Parce qu'on ne peut pas refaire le même dispositif évidemment à chaque fois.
03:20Donc on voit que pour obtenir simplement la tranquillité dans ce pays, c'est un coup énorme.
03:24Il y a eu quand même beaucoup d'auto-satisfaction.
03:26Alors je pense à ces baignades dans la Seine.
03:29Écoutez, un milliard ?
03:30Un bras, voilà. Alors vous savez, ça fait l'objet de beaucoup de controverse.
03:35Comme un certain nombre d'infrastructures aussi.
03:37Vous savez, ceux qui ont organisé les JO contestent les chiffres de la Cour des comptes en disant...
03:41Mais parce qu'il y a des infrastructures durables en Seine-Saint-Denis, etc.
03:46Oui, 2800 logements dont 25% de logements sociaux.
03:49Alors il y a des chiffres quand même qui sont plutôt positifs après ces jours.
03:53Mais en réalité, quand même, est-ce qu'on aura le courage dans ce concert harmonieux d'oser dire
04:01la France avait-elle les moyens de s'offrir ces jeux, connaissant les dettes ?
04:07Enfin vous imaginez quelqu'un qui serait ruiné et qui organiserait une grande fête à la Foucaire-Volvicomte.
04:11Alors il paraîtrait que ça rapporterait entre 6,7 et 11 milliards d'euros.
04:14Oui, oui, oui. Moi aussi j'ai vu la même chose, mais la Cour des comptes n'a pas l'air aussi affirmative.
04:19Et nous sommes repartis en 2030, vous le savez ?
04:22Non ? Vous le savez ? Il va y avoir des Jeux Olympiques d'hiver en 2030.
04:28Alors vous savez, c'est très symbolique aussi parce que nous avons gardé la vasque, cette fameuse vasque.
04:34Et moi je me suis dit, pendant qu'Elon Musk aux Etats-Unis envoie des fusées dans le ciel,
04:37nous avons une vasque vide qui monte pour symboliser notre gloire passée des JO.
04:42Et je trouve ça assez révélateur de l'état d'esprit aujourd'hui,
04:47de ceux qui veulent absolument rester dans cette parenthèse enchantée.
04:52Raphaël Stambil.
04:53Oui, moi je partage le même avis que Gabriel Cluzel.
04:57De cette manière, ces Jeux Olympiques, c'était un petit peu une France potentine.
05:01C'est qu'on nous a fait croire que la France, c'était ça.
05:05C'était une France pacifiée, c'était une France qui gagne, c'était des médailles à la pelle.
05:10C'était quand même ça, Raphaël, pendant l'été, quand on y est arrivé.
05:14Oui, mais encore une fois, au prix soit d'investissements colossaux pour des infrastructures sportives,
05:22soit des déploiements de forces absolument importantes pour préserver l'illusion d'une France pacifiée.
05:30C'est d'abord ça, moi, ce qui me heurte un petit peu aujourd'hui,
05:34c'est qu'on voit qu'il faudrait, et c'est le souhait de tous les Français qui souhaitent vivre dans une France apaisée,
05:41une France sécurisée, et ce n'est possible que pour ces grands événements, et encore.
05:46Regardez encore une fois, plus près de nous, au moment des festivités autour du 14 juillet,
05:52ça a été encore une fois un déploiement de forces de l'ordre colossal pour pouvoir maintenir,
05:58et encore, ça n'a pas été sans heurts, sans difficultés, sans incidents.
06:02Donc, on voit qu'on essaye de maintenir des apparences, mais que le pays va mal, va très mal,
06:09et probablement que la situation est beaucoup plus apocalyptique que même ce qu'on ose dire aujourd'hui au micro.
06:15Alors, oui, on ne dit pas le contraire, mais c'est vrai que c'est important quand même, l'image,
06:21parce que, vous voyez, aujourd'hui, précisément, le hasard du calendrier,
06:24le Premier ministre a présenté son plan pour le tourisme en 2030,
06:30et l'objectif, c'est de faire dépenser 100 milliards d'euros d'ici à 2030.
06:34Il veut clairement capitaliser sur ses Jeux olympiques.
06:38On est clairement en train de se faire distancer par l'Espagne, qui, je crois...
06:44Oui, la France a déjà été première, et je crois qu'elle est quatrième, oui, c'est ça.
06:46Oui, c'est 100 milliards pour l'Espagne, 200 milliards de recettes touristiques pour les Etats-Unis,
06:51et 71 milliards seulement, si j'ose dire, pour la France.
06:56C'est important quand même, ce genre d'événement pour l'image du pays, justement, pour redorer un peu le blason.
07:03Oui, mais enfin, ce qui est important, c'est que les touristes se trouvent surtout en sécurité, si vous voulez,
07:07parce que quand on voit que deux Américaines récemment étaient agressées par un homme sous OQTF,
07:15du reste, qui finalement a été relâchée, agressée sexuellement,
07:19c'est notre confrère Amaury Buco qui racontait cela,
07:22je me suis dit immédiatement, de Valeurs Actuelles,
07:25je me suis dit immédiatement, mais quels porte-parole vont-elles être ?
07:29Qu'est-ce qu'elles vont dire de la France quand elles reviendront ?
07:32L'insécurité qui règne dans notre pays est un remède au tourisme.
07:37Alors, je crois que c'est un chiffre d'affaires, pas en fréquentation,
07:39pour le moment, la France est à égalité avec l'Espagne en nombre de touristes,
07:43mais pas en argent dépensé, pour parler vulgairement,
07:47mais c'était quand même le domaine qui nous restait,
07:49vous savez, depuis 1981, la France se désinstruialise,
07:53il y a beaucoup de domaines que nous avons abandonnés,
07:55il nous restait le tourisme et le luxe.
07:57Et on voit bien que sur le tourisme, nous nous faisons distancer,
08:01alors il y a sans doute d'autres facteurs que celui-là,
08:04mais je ne crois pas que les JO, l'aura des JO,
08:08puisse permettre de rivaliser avec l'impression délétère.
08:12Allez loin, Émilie, à Paris.
08:13Il y a ce plan pour essayer de relancer le tourisme,
08:16je vous propose d'écouter la ministre du tourisme,
08:18Nathalie Delatte, qui était aux côtés de François Bayrou hier.
08:21Quand on regarde les chiffres, entre janvier et avril,
08:24que nous avons déjà consolidés,
08:25nous avons plus 8% d'arrivées, notamment internationales, sur le territoire,
08:31et nous avons déjà battu un record sur la rentrée de nos recettes internationales.
08:35Donc le comité interministériel du tourisme s'était réaffirmé,
08:39notre volonté de continuer à être la première destination mondiale,
08:44mais à travers un tourisme durable, innovant, inclusif,
08:47et puis effectivement, cette ambition d'avoir 100 milliards de recettes internationales,
08:53en amenant beaucoup plus de touristes étrangers,
08:56en leur permettant de rester plus longtemps,
08:58c'est-à-dire en améliorant notre offre touristique,
09:01et en montant en gamme.
09:03Raphaël Astinville, oui, c'est la montée en gamme,
09:05alors un tourisme inclusif, aussi.
09:07C'est un mot, je sens que je vous ai vu un petit peu réagir.
09:10Un tourisme durable, inclusif et innovant.
09:14Non, très honnêtement, moi je suis toujours un peu dubitatif
09:16lorsque ce genre de mots surviennent dans le discours
09:22comme pour rendre la chose absolument magique.
09:27Moi je crois encore une fois que le tourisme n'est pas une mauvaise chose en soi,
09:33mais d'en faire une sorte d'absolu.
09:34C'est oublier que certains quartiers de la capitale, aujourd'hui,
09:38ont été dévitalisés absolument par un tourisme Airbnb,
09:44où finalement il n'y a plus de vrais habitants qui habitent ces quartiers,
09:47mais ce sont des personnes de passage.
09:50Moi je crois qu'il faut à la fois mettre en valeur notre patrimoine,
09:56mais aussi faire en sorte que nos villes vivent,
09:58ce qui n'est pas tout à fait le cas de Paris,
10:01en tout cas qui est une ville qui est habitée par les Parisiens,
10:05et de plus en plus par les touristes.
10:06Merci à tous les deux, merci Raphaël Astinville,
10:08on espère quand même qu'ils viendront nombreux cet été, ils le sont déjà.
10:11Merci Gabriel Cusel de m'avoir accompagnée pour ce 13-14 heures.
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