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  • il y a 7 mois
AVENIR - Marc Delire évoque la disparition de l'émission "Match 1"

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Transcription
00:00Moi c'est le souvenir d'une époque fabuleuse.
00:07Le début de ma carrière, c'est le départ d'un rêve en fait,
00:11c'est de participer à quelque chose auquel on se dit
00:15c'est pas pour moi, j'y arriverai jamais.
00:17Et puis là tu y es, tu rentres dans la cour des grands
00:20et là c'est une madeleine de Proust mais super bonne.
00:25C'était quoi une émission de madeleine ?
00:27Ça ressemblait à quoi ? C'était du freestyle ?
00:29C'était du freestyle complet, c'était un défi permanent.
00:32C'était une remise en question à chaque seconde
00:35parce qu'on ne savait pas du tout où on allait.
00:37Il faut s'imaginer que c'était des moyens techniques
00:40pas préhistoriques mais très archaïques
00:42et on devait essayer de trouver des solutions
00:46à des problèmes qui devenaient de plus en plus compliqués
00:48parce qu'il n'y avait pas de limites dans Match 1.
00:50On se faisait ses propres limites.
00:51Si on voulait dans une zone de confort
00:53et présenter un match tranquille, oui.
00:55Mais on voulait toujours apporter plus,
00:56on voulait des meilleures interviews,
00:57on voulait des meilleures analyses.
00:59Et donc à chaque fois, tu te battais contre des moyens techniques
01:01qui étaient très compliqués à mettre en place.
01:04Tu avais des motards qui arrivaient à toute allure,
01:06tu avais des mecs qui couraient dans les couloirs,
01:08tu avais, à l'époque, on pouvait encore fumer dans les studios.
01:10Mais attends, j'étais fumeur à l'époque,
01:12c'était un paquet par Match 1,
01:13tellement c'était stressant.
01:15Mais c'était tellement valorisant.
01:16C'était l'abaissé du métier.
01:19Pour moi, comme journaliste sportive,
01:20c'est la meilleure école possible.
01:22Et les soirées qui restent plus mémorables que d'autres ?
01:25Quasiment toutes.
01:26Je trouve que chaque Match 1 avait son identité.
01:29Il y en avait qui étaient plus calmes que d'autres,
01:30mais à chaque fois, c'était, je ne sais pas dire,
01:33un miracle hebdomadaire,
01:35mais c'était à chaque fois une remise en question
01:36qui nous poussait.
01:37Quand on parvenait à arriver à un certain stade,
01:39on dit, allez, on va aller plus loin.
01:41Non, non, non, c'est trop compliqué,
01:42commence pas à faire des...
01:43Si, si, si, si, si, on y va, on y va.
01:45Et c'était à chaque fois...
01:45Et je crois que c'était ça qui plaisait aux amateurs de foot,
01:49c'est qu'on ne les considérait pas comme un public acquis.
01:52On voulait aller les chercher en leur proposant encore davantage.
01:55Et c'est ça qui était bien.
01:56C'est pour ça que chaque Match 1 avait son identité propre.
02:00Les émissions, on se disait,
02:01on ne va jamais y arriver ce soir ?
02:03Ah ben, moi, j'ai déjà commencé les émissions après générique
02:06où, tu es là, tu dis, on en est où ?
02:09On n'a rien.
02:10Ah, ok, bon, ben, on va revoir le classement
02:13pour repositionner dans la soirée
02:16les tenants et aboutissants de cette journée
02:18qui s'annonce passionnante.
02:20On a bientôt un résumé.
02:21Oui, ça va, le standard arrive.
02:23Et voilà, et tu rames, tu rames, tu rames, tu rames.
02:26Tu dois avoir aussi des anecdotes,
02:27tu vois, des histoires que tu dois pouvoir raconter.
02:30Il y avait Match 1,
02:32c'est aussi l'émission où j'avais, tu vois,
02:34quelques cartouches pour me permettre de tenir
02:37en disant, n'oubliez pas, mercredi, en exclusivité,
02:41il va y avoir un grand match de basket sur la 2,
02:43commenté par Pierre Robert.
02:45Donc, tu vois, tu mettais, ou alors je disais,
02:47tiens, les promos qu'on a à la fin, mets-les au début.
02:50Et donc, tu vois, chaque fois, tu devais...
02:52En fait, tu avais une conduite dans Match 1,
02:54on a coupé des arbres pour rien
02:56parce que les conduites, elles ne servaient à rien.
02:58Après 20 secondes d'émission, tout était chamboulé.
03:00Donc, tu devais chaque fois t'adapter, improviser.
03:03Et en cela, c'était de la haute voltige.
03:07Il y avait des moments de stress, des moments drôles,
03:10des moments d'émotion aussi, dont tu gardes le souvenir ?
03:14Les moments d'émotion, mais elle était...
03:16C'est très particulier, parce que tu avais...
03:20Enfin, moi, je pleure vite, tu vois.
03:22Donc, c'était...
03:23Moi, je regarde les Simpsons, je pleure.
03:25Et il y a des moments, c'est vrai, où dans des matchs de football,
03:28des moments un peu particuliers,
03:32des petites équipes qui en battent d'autres.
03:34Là, tu vois des joueurs qui sont en larmes
03:37ou qui arrivent pour la première fois devant le micro.
03:41Par exemple, anecdote.
03:43Antony Vandenborg se souvient encore
03:45que sa première interview, c'était dans Match 1
03:47et qu'il était tétalisé.
03:48À l'époque, pour les joueurs, Match 1, c'était...
03:51Passer dans Match 1, pour les joueurs, c'était...
03:52Waouh !
03:53Maintenant, tu dois aller les chercher,
03:55presque les payer pour les faire venir.
03:57À l'époque, Match 1, c'était de place to be.
04:00Donc, oui, l'émotion, elle était permanente.
04:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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