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  • il y a 8 mois
Donald Trump porte plainte pour diffamation vendredi 18 juillet contre le Wall Street Journal, et réclame au journal dix milliards de dollars. Le journal américain avait publié un article attribuant à Donald Trump une lettre salace adressée au financier américain Jeffrey Epstein en 2003, à l'occasion de son 50e anniversaire. De quelle manière Trump parvient-il ou pas à maîtriser cette histoire qui l'embarrasse ? On y revient avec : Naoufel El Khaouafi, envoyé spécial BFMTV à Washington D.C. (États-Unis). Laurence Haïm, journaliste spécialiste des États-Unis. Olivier Ravanello, consultant politique internationale BFMTV. Philippe Karsenty, porte-parole de "Comité Trump France". Henry Arnaud, correspondant BFMTV à Los Angeles. Et Michel Fayad, analyste géopolitique, enseignant en géopolitique du pétrole et du gaz à l'IFP.

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00:0010 milliards de dollars, voilà ce que réclame Donald Trump au Wall Street Journal qui porte plainte pour diffamation.
00:11Cela fait suite, et vous l'avez sans doute suivi si vous nous regardez depuis hier, à la publication par le quotidien d'un message d'anniversaire qu'aurait adressé en 2003 Donald Trump à Jeffrey Epstein.
00:20Partons tout de suite pour Washington. Vous retrouvez Naouf El-Kawafi.
00:24Racontez-nous comment cette affaire Epstein, elle se retrouve au cœur de l'actualité américaine et comment elle embarrasse Donald Trump, Naouf El.
00:34Pour cela, il faut rembobiner lorsque le quotidien américain, le Wall Street Journal, qui est un journal très réputé, sérieux ici, a publié une lettre attribuée au président américain qui date de 2003,
00:45adressée à Jeffrey Epstein à l'occasion de son 50e anniversaire. Dans cette lettre, qu'est-ce qu'on retrouve ?
00:50On retrouve un dessin à caractère sexuel accompagné d'un mot. Ce qui sème le trouble sur la nature de la relation entre, d'un côté, le locataire de la Maison Blanche,
00:59de l'autre, Jeffrey Epstein, ce délinquant sexuel qui, avant son suicide en 2019, avait été inculpé pour trafic sexuel de mineurs.
01:07Il n'en a pas fallu plus pour que cette polémique enfre, prenne de plus en plus d'ampleur. Donald Trump, assez répidement, a réagi en y en tout en bloc,
01:14en annonçant avoir porté plainte contre le quotidien et son propriétaire, en demandant près de 10 milliards d'euros de préjudice.
01:22De son côté, le Wall Street Journal réaffirme l'exactitude de ces informations. Mais c'est vrai que cette affaire, Epstein, elle a suscité ici beaucoup de divisions au sein même du clan de Trump.
01:31Parce que, d'un côté, vous avez ces servants soutiens qui sont assez rapidement allés au front. Et de l'autre, vous avez des élus républicains qui sont un peu plus silencieux,
01:38qui refusent de s'exprimer publiquement. Une division également au sein même de l'électorat de Donald Trump, notamment les MAGA,
01:44à qui le président américain, avant d'être élu, avait promis de mettre la lumière entièrement sur cette affaire Epstein.
01:51Force est de constater que c'est beaucoup plus compliqué que prévu, que le président américain se retrouve dans l'embarras avec cette polémique qui enfle
01:58et qui n'a pas eu d'autre choix que de contre-attaquer avec cette plainte.
02:02Merci Naofel, en direct de Washington. On va continuer d'en parler avec mes invités.
02:06J'accueille Laurence Haïm, journaliste spécialiste des États-Unis. Ravie de vous retrouver.
02:09Moi aussi, ravi de vous retrouver.
02:10Olivier Ravanello est toujours là avec Michel Fayad. Merci d'être resté avec nous.
02:14Et j'accueille également Philippe Carsenti, porte-parole du comité Trump France. Soyez également le bienvenu.
02:19Laurence, je voulais qu'on revienne avant de parler de ce message, avant de parler de la plainte de Donald Trump.
02:23Déjà, est-ce qu'il ne faut pas remonter au tout début du mois de juillet ?
02:27Quand, par exemple, la ministre de la Justice, Pam Bondy, a dit « il y a une liste », ce à quoi le FBI a dit « malin, il n'y a pas de liste ».
02:33Donc, est-ce que ça n'a pas donné des envies aussi, je me pose cette question, à Repère Modorg de publier ce document-là ?
02:38Alors, Repère Modorg, peut-être pas, mais tous les journalistes cherchent évidemment de publier un scoop.
02:43C'est le métier de journaliste d'essayer de trouver quelque chose, de publier quelque chose.
02:47Ce qui est intéressant, c'est que Pam Bondy, c'est l'ancienne procureure de Floride,
02:51donc l'État dans lequel Jeffrey Epstein avait sa maison secondaire,
02:55où il allait faire des parties fines avec des mineurs pendant des années,
03:00où il a été inculpé en 2007.
03:02Donc, elle sait des choses.
03:03Pam Bondy, qui est maintenant ministre de la Justice,
03:06elle est proche de Donald Trump, qui l'a nommée à ce poste.
03:08Et puis, de l'autre côté, vous avez quand même une institution importante,
03:11qui est le FBI, avec le directeur du FBI, Keshe Patel,
03:15et le numéro 2, le directeur adjoint du FBI,
03:18qui est un homme qui a fait toute la campagne de Trump,
03:20et qui est absolument persuadé qu'il y a des choses qui ont été cachées dans le dossier Epstein.
03:25Et donc, Dan, le numéro 2 du FBI, ne cesse de répéter,
03:29son nom de famille c'est Bongino, donc Dan Bongino ne cesse de répéter,
03:33voilà, il faut absolument que la lumière soit faite sur le dossier Epstein.
03:37Et Pam Bondy, qui avait promis dans une interview, il y a quelques mois,
03:42de révéler la liste, et bien, la liste elle est restée sur la table.
03:46Et donc, il y a eu une impatience qui s'est faite avec des gens très importants,
03:50donc au FBI, qui disent, mais il faut publier, il faut publier.
03:53Trump s'est retrouvé au milieu, avec quand même des dissensions,
03:56dans une époque sensible, entre le FBI et le ministère de la Justice.
04:01Et c'est ça aussi qui s'est passé, pour répondre à votre question, début juillet.
04:04Oui, et donc, on arrive à, hier, cette publication d'un message,
04:10visiblement, où Trump porte plainte, où il dit,
04:12« Je vais demander 10 milliards de dollars pour diffamation ».
04:15Ce message d'anniversaire adressé par Donald Trump à Jeffrey Stein en 2003,
04:19avec cette petite phrase, « Un joyeux anniversaire »
04:21et que chaque jour apporte un nouveau merveilleux secret,
04:24avec un dessin, nous dit le Wall Street Journal,
04:26tracé aux marqueurs qui représentent les contours d'un corps de femme nue,
04:29avec la signature Donald située au niveau des poils publiens.
04:32Voilà ce que dit le Wall Street Journal.
04:34Et de là, et c'est ce que vous rappeliez hier, Olivier Raffanello,
04:36tout le monde diffuse un peu son petit dessin pour voir si c'est le même
04:40par rapport à celui du Wall Street Journal.
04:42Oui, en réponse d'un tweet de Trump qui dit,
04:44« Moi, je ne fais jamais de dessin ».
04:46Et la réalité, c'est que ça n'est, encore une fois, pas vrai,
04:48puisque ça a même été, à un moment donné, presque une marque de fabrique.
04:52Ils faisaient des dessins qui étaient vendus dans des dîners caritatifs,
04:56des dîners de charity, ou alors, certains même, on peut en voir un,
04:59qui s'est retrouvé dans une galerie, et avec le même style.
05:03Alors là, en l'occurrence, il y a des dessins qui ressortent,
05:06qui sont un pommier avec des dollars qui tombent,
05:10la skyline de Manhattan, et en dessous, cette signature typique,
05:13qu'on a maintenant bien identifiée depuis les nombreux décrets
05:16qui ont été signés, de Donald Trump.
05:18Donc c'est un nouveau petit mensonge, mais qui alimente cette suspicion
05:23et surtout cette envie de savoir, en fait.
05:25Il y a beaucoup de questions qui se posent.
05:27Il y a la question de la proximité avec Epstein.
05:30Est-ce que vraiment ils étaient amis ?
05:31Ou est-ce qu'ils étaient simplement copains de fête ?
05:34Il y a une vieille vidéo qui tourne et qui a été prise à Mar-a-Lago,
05:37on les voit ensemble, en train de plaisanter manifestement,
05:41comme l'expliquait Laurence.
05:42Il y a une vidéo aussi du concours Elite Model Look en 1991,
05:45aussi, qui a été ressortie, vous nous le disiez, Laurence Haïm,
05:48justement, où on les voit aussi gravitants autour de Jean-Nana en devenir.
05:52Il y a quelque chose sur la relation Epstein-Trump.
05:56Est-ce qu'ils étaient proches ou ils n'étaient pas proches ?
05:58Je peux vous dire que pendant la campagne 2020, toute la presse américaine voulait montrer
06:03que Donald Trump, qui se présentait à la présidence des États-Unis,
06:07avait des liens très étroits avec Jeffrey Epstein.
06:09Et personne n'a vraiment trouvé les choses.
06:13C'est des hommes qui se connaissaient, c'est des hommes qui faisaient partie,
06:15dans les années 90, des mêmes fêtes.
06:18C'est des gens qui se voyaient.
06:20Mais Donald Trump était beaucoup plus proche de la complice de Jeffrey Epstein,
06:23qui s'appelle Ghislaine Maxwell, qui est actuellement en prison,
06:27qui, de 1996 à 2001, selon les documents de justice,
06:31selon les témoignages de jeunes filles mineures,
06:33recrutait les jeunes filles mineures pour les amener à Jeffrey Epstein
06:37pour des services sexuels.
06:38Elle est actuellement en prison.
06:40Elle n'a jamais parlé.
06:42J'ai assisté à son procès.
06:43Et au moment du procès, le nom de Trump,
06:45et il faut le dire, ça, parce que quand on est journaliste,
06:47il faut bien dire les choses d'un côté comme de l'autre.
06:50Au moment du procès de Ghislaine Maxwell, on ne parlait pas beaucoup de Donald Trump
06:53dans les coulisses de ce procès de New York.
06:56On parlait beaucoup des abus sexuels.
06:57On parlait beaucoup de gens très puissants
06:59qui invitaient des jeunes filles mineures à venir faire des parties fines.
07:03Mais le nom de Donald Trump n'était pas tous les jours
07:06dans la salle du tribunal de Ghislaine Maxwell, qui sait tout.
07:09Et évidemment, tout le monde voudrait savoir.
07:11Il y a même un avocat proche de Jeffrey Epstein,
07:15qui s'appelle Alan Darkowitz,
07:16qui, hier soir, a demandé au Congrès de faire appel à Ghislaine Maxwell
07:21et de faire une commission pour questionner Ghislaine Maxwell
07:24pour que tout se sache sur l'affaire Epstein.
07:27Donc c'est une histoire qui part dans de nombreuses directions.
07:29C'est une histoire qui a des conséquences politiques
07:31et qui peut avoir aussi des conséquences financières.
07:33Vous vous dites affaire d'État, Laurence ?
07:34Vous dites que c'est une affaire d'État ?
07:35Ça prend les airs d'une affaire d'État ?
07:38Pour le moment, tout est possible.
07:39On va voir de quelle manière Donald Trump parvient ou pas
07:42à maîtriser cette histoire qui l'embarrasse.
07:45On le voit.
07:46Et le fait qu'il ait attaqué,
07:47Rupert Murdoch, qui est le propriétaire de la chaîne d'information Fox News,
07:50le propriétaire du Wall Street Journal,
07:53c'est quelque chose d'important.
07:54Alors Philippe Carsanti, je vous vois hocher la tête.
07:56Vous allez me dire pourquoi, parce que c'est vrai que...
07:58Pourquoi ? Parce que je connais bien tout ce monde-là.
07:59Oui, alors attendez, laissez-moi, je vais vous poser une question.
08:01Ça va bien se passer.
08:02Donald Trump avait promis de révéler les éléments les plus sensibles de l'affaire,
08:05s'il était élu de cette affaire à Epstein.
08:06Et Laurence nous disait, j'ai fait sa campagne,
08:09elle n'en a pas fait qu'une, Laurence,
08:11et elle nous disait que c'était l'un des thèmes cruciaux de cette campagne.
08:13C'est faux.
08:14Alors ça, c'est faux.
08:15Non, c'est faux.
08:16C'est rigoureusement faux.
08:16Vous ne trouverez aucun discours de campagne.
08:18Alors Laurence qui a suivi...
08:20C'est rigoureusement faux.
08:21J'insiste bien.
08:22Je vais finir.
08:22Comme on l'a déjà dit, je vais continuer.
08:23Allez-y, allez-y.
08:24Donc je connais bien Alain Derchowicz et je connais bien tout cet environnement-là.
08:28Ça n'a pas été un des thèmes de campagne de Donald Trump.
08:29Ça n'a pas été un thème de campagne.
08:30C'était un thème qui était traité beaucoup par tous les blogueurs autour de Trump,
08:35qui se sont d'ailleurs beaucoup éloignés de Trump,
08:37et qui continuent maintenant à mettre le dossier.
08:38Mais ça n'a jamais été un thème de campagne de Donald Trump.
08:40J'insiste bien.
08:41Et il n'en a jamais parlé pendant toute sa campagne.
08:43Il en a parlé, mais ça n'est pas un thème de campagne.
08:45J'insiste bien, il n'en a pas fait dans ses discours.
08:47Maintenant, pour vous dire, je connais vraiment bien cet environnement...
08:49Oui, et Laurence aussi, c'est pour ça que j'apprais réagir après vous.
08:50Non, mais moi je les connais perso.
08:51Je connais Alain Derchowicz.
08:52Et Alain Derchowicz, par exemple, lui, il a été accusé d'avoir eu des relations sexuelles
08:57avec une des filles de la clique d'Epstein, qui s'est d'ailleurs suicidée.
09:02Donc tout ça pour vous dire quoi ?
09:03Que, en fait, n'oubliez pas une chose.
09:05La lettre sur laquelle on accuse Trump d'avoir écrit, dessiné, date de 2003.
09:12Trump nie avoir écrit cette lettre.
09:14Je tiens à rappeler une chose.
09:15Les premières accusations contre Epstein datent de 2005.
09:19Et j'ai bien noté certaines choses.
09:20Juste pour venir sur un point sur Rupert Murdoch,
09:22donc Rupert Murdoch n'est absolument plus rien dans le groupe Fox et le Wall Street Journal.
09:26Alors, on évoquera cet aspect dans quelques minutes.
09:28D'accord, ok.
09:28Je voulais juste revenir sur une chose.
09:31Les attes sont très importantes.
09:33En 2005, c'est là où Epstein commence à tomber.
09:35Je vais vous raconter une petite histoire de ce qui se passe en France.
09:37Parce que l'affaire Epstein aura des répercussions en France et a eu des répercussions en France.
09:41En 2018, il y a une association française qui a reçu 58 000 dollars de la fondation Epstein.
09:48C'est un an avant qu'Epstein soit arrêtée.
09:49Quelle association française ?
09:50Je vais vous donner en détail cette association française.
09:54C'est la seule association française qui a reçu de l'argent de la fondation Epstein.
09:58La personne qui a reçu cet argent a dit que Jeffrey Epstein était une personne charmante, courtoise et agréable.
10:04Il est allé déjeuner avec lui au 22 Avenue Foch.
10:07Pourtant, on ne reproche rien à cette personne.
10:08Cette personne, c'est Jack Lang.
10:10Donc, tout ça pour vous dire quoi ?
10:11Il y a des gens qui ont été...
10:11Alors, ces propos n'engagent que vous.
10:12Mais c'est officiel, madame.
10:14C'est totalement officiel.
10:15Et vous pouvez demander en régie qu'il vérifie.
10:17Jack Lang, Epstein, 2018.
10:19Tout ça pour vous dire quoi ?
10:19Moi, ces propos n'engagent que vous.
10:22Non, mais ils sont totalement officiels.
10:23C'est politico, c'est France Télévisions, tout le monde.
10:25Et en fait, j'ai l'impression que vous faites un peu ce que fait Trump actuellement, c'est-à-dire faire divertir.
10:28Non, pas du tout.
10:29Je vous explique simplement une chose.
10:30Trump a cessé toute relation avec Epstein avant qu'il soit accusé en 2005.
10:34Et qu'en 2018 et même en 2019, il y avait des gens en France qui entretenaient des relations avec Epstein.
10:40Et notamment, et je vous dis encore, c'est vérifiable, quand il y a eu les 30 ans de la pyramide du Louvre qui ont été célébrés à Paris,
10:47Jeffrey Epstein a été invité aussi par Jack Lang.
10:49Tout ça pour vous dire quoi ?
10:50Et je n'accuse absolument pas Jack Lang.
10:52Je dis simplement une chose, que toutes ces relations, quelles qu'elles soient, ne prouvent strictement rien.
10:56Donc, on a des photos. Je vous rappelle que la vidéo qu'on voit, la vidéo où on voit Jeffrey Epstein et Donald Trump, elle date de 1992.
11:05Alors, attendez, on va faire une petite pause. On va aller voir Henri Arnault qui est à Los Angeles parce que j'aimerais bien qu'on prenne aussi le pouls de la presse américaine avec vous.
11:11Henri, ça réagit aussi à Los Angeles. Que disent les médias américains suite à ces révélations par le Wall Street Journal hier ?
11:19C'est bien simple, Anne. Donald Trump déteste Hollywood, mais Hollywood le lui rend bien.
11:24Cela fait bien longtemps que Donald Trump subit les moqueries, les jeux de tous les animateurs, les présentateurs de talk show quotidiens ici aux États-Unis.
11:36Mais c'est vrai qu'en Californie, un État largement démocrate, Los Angeles, une mégapole qui vote démocrate depuis bien longtemps.
11:44Ici, tout le monde voit cette affaire de la manière la plus négative possible pour Donald Trump.
11:51Le Los Angeles Times de ce matin évoquait les manipulations du président, ses petits coups bas pour essayer de s'en sortir.
12:01Je suis devant les studios CBS, qui est la plus grande chaîne de télévision américaine, car il y a moins de 48 heures,
12:08l'animateur du talk show quotidien le plus regardé de light show, Steven Kohlberg, a été remercié.
12:15Les patrons ont dit que son émission s'arrêtait après plusieurs décennies uniquement pour des problèmes financiers.
12:22Mais ici, à Los Angeles, personne n'est dupe.
12:25C'est la main de Donald Trump qui veut faire taire ses opposants.
12:28En tout cas, c'est ce que les commentateurs disent ici.
12:30Et c'est bien simple.
12:31Après l'annonce de l'arrêt du light show de Steven Kohlberg, Jimmy Fallon, qui est l'animateur du talk show concurrent sur l'autre grande chaîne ABC,
12:42de l'émission du soir sur cette chaîne concurrente, a pris la défense de Steven Kohlberg.
12:47Et vous savez quoi, Anne ?
12:49Quelques heures plus tard, Donald Trump a fait un message sur les réseaux sociaux en disant
12:53« Kohlberg, Bondébara, Jimmy Fallon sera le prochain sur la liste ».
12:58Donc littéralement, ce qu'on appelle ici la mainmise de Donald Trump sur les médias et sur ses grands groupes de la finance,
13:07c'est tout simplement, pour les médias locaux, une attaque du premier amendement de la Constitution américaine.
13:14Liberté d'expression, liberté de la presse et liberté de la réunion.
13:18Maintenant, il va falloir attendre pour voir dans les prochains jours
13:21de quelle manière toute l'affaire Epstein va se développer aux États-Unis.
13:26J'en parlais rapidement avec une collègue australienne
13:29qui m'a rappelé que l'une des jeunes personnes, elle avait 16 ans au moment des faits,
13:33qui a ensuite accusé le prince Andrew, a également été vue à ce moment-là,
13:38dans toutes ces grandes soirées où Epstein et Trump se fréquentaient.
13:42On parle de la fin des années 90.
13:44Un grand merci à vous, Henri Arnault, en direct de Los Angeles.
13:49Je vous rappelle, Philippe Carcenti, que vos popos n'engagent que vous.
13:51Vous m'avez parlé d'une somme qui a été donnée à une association gérée par plusieurs anciens collaborateurs
13:58et professeurs de Jacques Lang en 2018.
14:00Dans un article publié d'ailleurs par Politico, Jacques Lang avait assuré, pour sa défense,
14:04qu'il ne s'agissait que de gens qui levaient de l'argent pour financer un film.
14:07Donc on est bien loin des accusations que vous prêtez à Jacques Lang.
14:10Par rapport à ce que M. Carcenti disait, on a l'habitude de s'affronter souvent sur les plateaux
14:17et on va essayer de rester extrêmement courtois.
14:20Moi, je voudrais simplement vous poser une question, M. Carcenti.
14:22Sur le thème de campagne, Laurence ?
14:24Oui, mais vous dites, voilà, Laurence Haim, vous avez dit n'importe quoi sur Trump n'a jamais dit ça, etc.
14:29Je voudrais savoir combien de meetings vous avez faits.
14:31Est-ce que vous avez suivi Donald Trump en campagne ?
14:33Vous avez été le voir et où ?
14:35Oui.
14:35Ou ça ? Ah bah, je ne vous ai pas vu. Alors allez-y.
14:37On ne s'est pas vu, mais c'est simplement une chose pour une chose.
14:39Non, mais où s'il vous plaît, M. Carcenti ?
14:40Non, je vais d'abord répondre une chose.
14:42Une chose importante, je n'ai porté aucune accusation.
14:44J'ai simplement dit, c'est fait...
14:45Ça ressemble un peu, mais...
14:46Non, non, j'ai dit simplement, c'est fait.
14:48Cette association a levé 58 millions de dollars de la part de la Fondation M.
14:52Et ça en est expliqué dans un article politico.
14:53Voilà, et pour autant, sur France, on en a parlé.
14:55Et pour autant, on n'accuse absolument pas de Jacques Lang.
14:58Et je n'accuse absolument pas de Jacques Lang.
14:59D'accord, ok.
15:00Et en revanche, pour venir...
15:01Vous vous éloignez à nouveau du sujet, Philippe Carcenti.
15:02Non, mais je reviens, je reviens parce que vous avez employé le mot accusation.
15:05Il n'y a aucune accusation de ne pas.
15:06D'accord, on est bien d'accord, vous enlevez donc vos accusations.
15:09Non, l'autre chose que je voulais vous dire...
15:10Laurent Saïd, on va simplement sur la manière dont Donald Trump a fait campagne sur l'affaire Epstein.
15:17Dans ses meetings, moi j'en ai suivi quand même beaucoup,
15:21on voyait toujours avoir un discours sur Prompteur,
15:24avec un discours qui était extrêmement bien préparé.
15:26Et là, vous avez raison, dans le discours sur Prompteur, il ne parlait pas d'Epstein.
15:29Par contre, devant ses supporters fanatiques,
15:32et c'est pour ça qu'ils ne sont pas contents...
15:33Pas fanatiques ?
15:34Mais pourquoi cette expérience à chaque fois ?
15:35Non, non, mais...
15:36Philippe Carcenti, elle ne vous a pas interrompu, Laurent Saïd.
15:39Écoutez-la et vous lui répondrez après.
15:40Merci beaucoup, Anne, je vous remercie.
15:42Après, vous pourrez répondre, c'est le jeu du débat, mais restons calmes et courtois.
15:45Dans ce qui se passe sur Donald Trump, par rapport à ses militants,
15:50les militants dans cette Amérique profonde,
15:52c'est des gens qui sont issus de la classe moyenne,
15:54qui ne sont pas tous débiles,
15:56qui sont des gens qui sont désespérés,
15:58et qui ont vu, dans Donald Trump, l'espoir d'une autre chose.
16:03Ça, ça va vous plaire quand je dis ça, mais c'est aussi la vérité.
16:06Sur l'affaire Epstein, ils ont le sentiment que la justice ne s'était pas faite.
16:09Et donc, souvent, ces meetings, dans les petites villes de l'Iowa, du New Hampshire, du Nevada, où j'étais,
16:15Donald Trump ne parlait pas effectivement sur Prompteur,
16:18mais disait, on va, à un moment donné, si vous me donnez le pouvoir,
16:22faire la vérité sur le dossier Epstein.
16:24Et ensuite, M. Karsanti, je vous invite à réécouter l'interview qui a eu lieu en 2024
16:29sur un média que vous connaissez, Fox News,
16:33où la journaliste de Fox News pose la question à Donald Trump en lui disant,
16:36mais si jamais vous êtes au pouvoir, qu'est-ce que vous allez faire avec les dossiers Epstein ?
16:41Et Donald Trump, en américain, il vous parlait, je crois, très bien d'anglais,
16:43M. Karsanti dit, I would, I would.
16:46Donc, avant d'accuser sur des plateaux de télévision des journalistes de dire n'importe quoi,
16:50on les fait, il s'était engagé à en parler de cette affaire, Philippe Karsanti.
16:54Je vais vous dire une chose pour répondre là-dessus.
16:55Il y a une personne aujourd'hui qui est sur la sellette à Washington,
16:57j'ai encore passé quelques coups de fil pour savoir, c'est Pam Bondy.
16:59Pam Bondy, la ministre de la Justice, est sur la sellette parce qu'elle a avancé des choses,
17:03elle a dit, j'ai les dossiers, et finalement, rien ne sort.
17:07Naturellement, moi, comme tout un tas de gens autour de l'administration Trump,
17:10on a envie de voir ces choses-là sortir.
17:12On a envie de comprendre quelle est la réalité de ces dossiers qui ont été cachés,
17:15et ça, je le comprends parfaitement.
17:17Mais je voudrais juste, et permettez-moi juste de faire un tout petit pas de côté,
17:21non mais juste par rapport à la proximité alléguée entre Trump et Epstein,
17:26j'insiste bien, à partir du moment où les révélations se sont faites contre Epstein,
17:31Trump a totalement pris ses distances.
17:32Je vous rappelle que Bill Gates a divorcé,
17:35Melinda Gates a annoncé qu'elle a divorcé de Bill Gates
17:37en raison des relations entre Bill Gates et Jeffrey Epstein.
17:41On sait aussi que les Clintons sont allés souvent sur l'île,
17:44enfin, Bill Clinton était souvent sur l'île,
17:45alors que, j'insiste bien,
17:47Donald Trump n'a jamais mis un pied sur l'île Saint-James
17:50de Jeffrey Epstein au Caraïbe.
17:53Donc, c'est très important de montrer quand même
17:54qu'il y a quand même eu une très grande distance entre Trump et Epstein,
17:58et pourquoi aussi ?
17:58Parce qu'il s'est passé une chose très grave à Mar-a-Lago
18:01juste avant qu'Epstein soit mis en cause,
18:05et Trump a dit, je ne veux plus avoir aucune relation avec ce type-là.
18:07Tous ces éléments, et tout ce débat qu'on est en train d'avoir,
18:11et tous ces arguments qui sont échangés,
18:13sont un début de réponse à votre question
18:15est-ce que c'est une affaire d'État ?
18:16Je ne sais pas si c'est une affaire d'État,
18:18mais c'est une énorme affaire.
18:19Parce qu'elle est en train de bloquer,
18:21d'embourber la caravane Trump,
18:24qui avait pris comme habitude, tous les jours,
18:26d'annoncer une nouvelle initiative,
18:29de passer un coup de téléphone,
18:30de revenir en arrière, d'aller en avant, etc.,
18:32et d'occuper l'espace,
18:34et en faisant en sorte qu'on finissait par oublier
18:36ce qu'il avait dit il y a 15 jours,
18:37mais ça n'était pas grave puisqu'on attendait la nouvelle déclaration,
18:40et qu'ainsi, les choses allaient,
18:42peu importe vraiment ce qui avait été dit,
18:43peu importe vraiment où était la vérité.
18:45Là, les choses s'arrêtent,
18:47et tout le monde se réintéresse à cette affaire d'État,
18:49qui est une vieille affaire,
18:51et tout le monde veut rouvrir la boîte.
18:53Et il y a une forme de consensus.
18:54Vous avez d'un côté les supporters magas,
18:57les plus virulents,
18:58qui attendaient qu'on leur donne
18:59l'entièreté des débats, des témoignages,
19:03pour pouvoir aller gratter et trouver
19:04le nom d'un tel, le nom d'un tel,
19:06et avoir la démonstration de ce qu'ils pensent,
19:08au fond d'eux,
19:09c'est que tout ça est un establishment,
19:11un État profond,
19:12qui contrôle les États-Unis.
19:13Ils attendent ça,
19:14et Trump ne leur donne pas,
19:16contrairement à ce qu'il avait promis,
19:18à différents moments.
19:20Il y a les républicains,
19:21plus traditionnels,
19:22de ce grand vieux parti,
19:24qui sont attachés à des valeurs morales,
19:26et qui, au fond,
19:27ne sont pas à l'aise avec l'idée
19:28que leur président ait pu fréquenter,
19:31je ne parle pas de culpabilité,
19:33simplement de fréquenter tous ces milieux,
19:35et que si on ouvrait ces interrogatoires
19:39qui ont eu lieu,
19:40et que le nom du président soit mêlé à tout ça,
19:43ça ne leur plairait pas,
19:44d'autant qu'ils vont bientôt se présenter
19:46devant les électeurs,
19:47et qu'ils ont des sièges à défendre,
19:48et qu'il y a peut-être une majorité
19:49qui peut vaciller.
19:50Et puis, vous avez les démocrates,
19:51qui veulent aussi savoir,
19:53qui veulent aller dans le détail
19:54et de dire,
19:55mais toute cette clique républicaine
19:59qui, du matin au soir,
20:00nous dit qu'on a été
20:01les pires dirigeants possibles,
20:04qu'on est les pires journalistes possibles,
20:06qu'on ment en permanence,
20:07d'avoir des faits qui ressortent un peu.
20:09Donc, il y a un consensus
20:10aux États-Unis en ce moment
20:11pour qu'on arrête la machine Trump
20:13et qu'on regarde cette affaire Epstein.
20:16Et ça, Trump,
20:16avec tout le talent de communicant qu'il a,
20:18il n'arrive pas à enjamber l'obstacle.
20:20Non, il essaye de faire diversion,
20:21c'est ce que vous nous disiez hier, Laurence,
20:22que ce soit par ses bulletins de santé,
20:24que ce soit aujourd'hui
20:25en accusant l'administration,
20:26notamment Obama.
20:28Oui, alors, il va falloir surveiller ça
20:29puisque Tulsi Goubar,
20:31qui est une ancienne démocrate
20:32qui s'est convertie au Trumpisme,
20:33eh bien, sur Fox News,
20:34dans la matinale il y a quelques heures,
20:36commence à parler d'un complot
20:38que Barack Obama aurait fait
20:39au moment de l'élection 2016
20:40en dissimulant un document
20:42sur l'ingérence russe
20:44dans l'élection présidentielle.
20:45Et ça aussi, c'est un thème
20:46très complotiste,
20:48développé par la base Maga.
20:50Et donc, on voit bien
20:51qu'ils essayent de lancer des choses
20:52pour essayer de calmer
20:54cette base Maga
20:54qui leur a permis aussi
20:55de gagner l'élection.
20:56Michel Fayad, comment voyez les choses ?
20:58Je voulais qu'on regarde aussi
20:58et qu'on jette un oeil
20:59à la cote de popularité
21:00de Donald Trump actuellement.
21:01Olivier Ravanello le disait,
21:02il y a les mid-terms.
21:04Il y a Trump qui a une majorité,
21:06certes faible, au Congrès.
21:07Est-ce qu'on se dit que, justement,
21:09ceux qui sont désarçonnés,
21:11déçus, n'iront pas voter,
21:12que le risque politique,
21:13c'est que Donald Trump
21:14perde sa majorité là ?
21:15Non, bien sûr.
21:16Comment voyez les choses ?
21:17Moi, je pense que la question
21:18d'Upstein,
21:19elle intéresse énormément
21:20les médias
21:20et elle intéresse énormément
21:21beaucoup de gens
21:22parmi les Magas, c'est clair.
21:24Maintenant, la question...
21:25Les Magas, le socle
21:25de la base électorale de Trump.
21:27Absolument.
21:27Mais je pense que, quand même,
21:29ce qui reste le plus important
21:30pour eux,
21:30ça reste le côté économique
21:32et le côté financier.
21:34C'est-à-dire que si Donald Trump
21:36a les bons résultats économiques
21:38et les bons résultats financiers,
21:39malgré l'affaire Upstein,
21:40je pense...
21:41Vous voulez dire que ce ne sera
21:41pas une affaire d'État
21:42s'il a des bons résultats ?
21:43Non, je ne dis pas que ce ne sera
21:43pas une affaire d'État.
21:44Moi, je pense que cette affaire
21:44va rester collée
21:46tout au long du mandat.
21:48Elle n'est pas prête
21:48de santé, à mon sens.
21:50Par contre, je pense que
21:51d'un point de vue économique
21:54et d'un point de vue financier,
21:55dans les 16 prochains mois,
21:56au moment des mid-terms,
21:58il a de bons résultats,
22:01il est fort à parier
22:01qu'il pourra remporter
22:02les élections.
22:03Par contre, si jamais,
22:05effectivement,
22:05ça ne marche pas
22:07au niveau des marchés financiers
22:08et il n'a pas les résultats
22:09économiques qu'il espère,
22:11là, oui, là,
22:11il risque de perdre
22:12lourdement les élections,
22:13c'est sûr.
22:14Je pense quand même
22:15que vraiment l'aspect
22:16économique et financier
22:17pour les gens,
22:19notamment les pauvres
22:20que vous décriviez
22:21tout à l'heure,
22:22c'est quand même
22:22le premier aspect
22:24qui compte pour eux.
22:24Au final,
22:25avec l'immigration.
22:27Je voudrais simplement
22:27rajouter quelque chose
22:28pour que les Français
22:29comprennent bien
22:30cette histoire Upstein
22:31parce que,
22:31vu de France,
22:32c'est quand même
22:32un peu compliqué,
22:33on se dit,
22:33mais est-ce que c'est
22:34simplement une histoire
22:35sexuelle,
22:36une histoire de trafic,
22:37ce type est mort
22:38dans des conditions
22:39un peu sulfureuses,
22:41enfin,
22:41il s'est officiellement
22:42suicidé dans sa prison,
22:44mais j'ai l'impression
22:45qu'en France,
22:45on ne comprend pas
22:46très bien ce qui se passe.
22:47Il y a deux choses,
22:47il y a l'affaire Upstein
22:48qui touche les parties fines,
22:50les riches,
22:51qui font des choses entre eux
22:52et qui se sentent
22:53au-dessus de la justice.
22:55Et il y a des victimes
22:58dans une époque
22:59MeToo
22:59où, évidemment,
23:01des jeunes filles mineures
23:03ont été sexuellement abusées
23:05avec Dylan Maxwell,
23:06la complice de Jeffrey Upstein
23:07qui est condamnée
23:08à 20 ans de prison,
23:09ils étaient coupables.
23:10Mais il y a aussi
23:10un aspect financier.
23:11Il y a toutes les transactions
23:12financières qui ont été faites
23:13dans ce monde-là
23:14de Jeffrey Upstein
23:15avec des banques américaines
23:17extrêmement puissantes
23:18et ça,
23:19ce n'est pas sorti.
23:21Et donc,
23:21par rapport à cela,
23:22l'affaire Upstein
23:23va effectivement
23:24coller le mandat
23:25de Donald Trump.
23:26Il va falloir surveiller
23:27l'aspect financier
23:28de l'affaire Upstein
23:29qui est très mal connue
23:31jusqu'à présent.
23:32Merci à tous les quatre.
23:33Je suis désolée,
23:34on n'a plus le temps.
23:34Je ne crois pas.
23:35Je voulais seulement dire
23:36que l'affaire Upstein
23:36ne colle pas
23:37parce qu'il n'y a pas grand-chose.
23:38On verra si cette affaire
23:40peut continuer
23:41longtemps à coller
23:42au basket de Donald Trump.
23:44Restez bien la parole.
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