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  • il y a 6 mois
François Bayrou a dévoilé ce mardi 15 juillet les grandes orientations du budget 2026, un casse-tête financier et politique visant 40 milliards d'euros d'économies pour ramener le déficit à 4,6% du PIB l'an prochain, contre 5,8% en 2024. Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale, réagit aux annonces du Premier ministre.

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Transcription
00:00Nous mesurons tous aujourd'hui ce qui est la situation extrêmement grave des finances de notre pays et les menaces qu'elle fait courir à la France.
00:10Alors qu'il y a 12 ans, la dette de la France était dans la moyenne de la zone euro, au cours des années qui viennent de s'écouler, notre pays est le pays d'Europe qui s'est le plus endetté.
00:21A tel point qu'aujourd'hui, nous sommes souvent perçus comme étant moins crédibles que des pays comme la Grèce et l'Espagne.
00:26Et personne ne peut esquiver ce défi colossal qui consiste à restaurer l'équilibre de nos finances publiques.
00:38La situation est dangereuse et elle mérite de la part des responsables politiques d'être à la hauteur des défis qui sont face à nous.
00:44Le plan qui a été présenté hier par François Bayrou a au moins le mérite de chercher des solutions dans une situation extrêmement compliquée.
00:56Et si les solutions miracles existaient, cela ferait longtemps que les uns et les autres auraient dû les mettre sur la table.
01:07Ce que je constate depuis hier, c'est la somme des réactions irresponsables de tous ceux qui rejettent tout en bloc.
01:18Et la conviction de la droite républicaine, c'est que ce n'est pas comme ça qu'on sortira le pays de l'impasse.
01:22Et que la période actuelle suppose au contraire que l'on soit capable de travailler ensemble au-delà des différences politiques pour aller chercher des solutions d'économie sur notre dépense.
01:34Et c'est précisément ce à quoi nous allons nous employer avec les parlementaires de la droite républicaine.
01:45Est-ce que ce plan est parfait ? Non.
01:49Et bien précisément, ce plan doit être corrigé et amélioré.
01:54Et c'est en ce sens que nous allons nous engager.
01:59D'abord, il y a ce qui nous semble aller dans la bonne direction.
02:02Un plan qui assume de dire, oui, avec un discours de vérité, il y a des économies à faire.
02:10Et qui reprend une partie de propositions que nous avons poussées depuis de nombreux mois.
02:16La question des agences et des opérateurs de l'État, qui nous coûtent si cher et qui ne sont pas des services publics attendus par les Français.
02:23La lutte contre les arrêts de travail abusifs, sur lesquels a travaillé Thibault.
02:29Le chantier de mettre en route une aide sociale unifiée.
02:33Qui était, souvenez-vous, ce que j'avais demandé au Premier ministre lors de son discours de politique générale.
02:38Ou encore le fait d'assumer, de dire, on peut baisser le nombre de fonctionnaires,
02:43notamment sur les périmètres de l'administration qui pondent des normes et pas sur celles qui rendent des services publics sur le terrain.
02:48Pour autant, ce plan présente à nos yeux deux très grosses lacunes et deux très gros problèmes.
02:55Le premier, c'est que force est de constater qu'il recourt de façon importante à des augmentations d'impôts.
03:03Or, le problème de la France, c'est pas de ne pas avoir pas assez d'impôts, c'est d'avoir beaucoup trop d'impôts.
03:13Et on a déjà par le passé tellement eu recours à cette solution de facilité qui consiste systématiquement,
03:20quand il faut restaurer l'équilibre des dépenses publiques, à aller au plus facile, c'est-à-dire prendre encore plus dans la poche des Français.
03:26Le problème pour nous, c'est que là, dans les grands équilibres, on évalue à peu près à 10 milliards les augmentations pures d'impôts.
03:34On peut évaluer globalement à 16 milliards les efforts qui sont demandés aux Français.
03:40Alors que l'effort mené sur l'ensemble de la dépense publique par l'État et les collectivités locales, lui, est à peine de 16 milliards.
03:50Notre conviction, c'est que l'effort maximal doit être sur la baisse de la dépense et pas sur les augmentations d'impôts.
03:56La deuxième question qui est posée par ce plan, c'est qu'il pèse fortement sur la France qui travaille.
04:04Et là aussi, l'important, c'est de regarder avec lucidité ce qu'est l'État du pays.
04:09Le problème de notre pays, c'est qu'on décourage le travail.
04:13Le problème de la France, c'est qu'on ferme les yeux sur l'assistanat et les abus,
04:17et qu'on demande à ceux qui travaillent de financer ces abus.
04:20Et qu'à l'arrivée, on décourage le travail et on encourage l'assistanat.
04:28Or, nous ne voyons pas de réponse dans le plan proposé par François Bayrou à ces sujets qui, à nos yeux, sont absolument centraux,
04:35non seulement pour restaurer l'équilibre des finances publiques,
04:37mais aussi pour restaurer la compétitivité du pays et pour le faire avec un effort qui soit juste.
04:42Nous allons donc nous engager pour améliorer, sur trois plans principaux, ce plan.
04:50Sur trois domaines principaux, le plan proposé par François Bayrou.
04:55Nous ne prétendons pas avoir la solution à tous les problèmes,
05:00et on va juste essayer d'être force de proposition.
05:03Et de ne pas faire partie de ceux qui balayent tout d'un revers de main,
05:06sans même faire l'effort de proposer quoi que ce soit.
05:08être à la hauteur de la période actuelle.
05:13Le premier angle mort de ce sujet, Philippe, c'est la question de l'assistanat.
05:22Notre demande est qu'il y ait un plan de lutte contre l'assistanat,
05:27qui soit un véritable plan, qui permette enfin de retrouver les bons équilibres
05:32entre, d'un côté, le social qu'on veut garder,
05:35de l'autre côté, l'assistanat et les abus qu'on veut arrêter,
05:37et enfin, la revalorisation du travail.
05:41Vous connaissez nos positions.
05:44L'allocation sociale unique doit être accompagnée d'un plafonnement à 70% du SMIC,
05:48pour que dans notre pays, on ne puisse jamais gagner plus d'argent
05:51en restant chez soi qu'en allant travailler.
05:54Et ça nous semble une condition indispensable
05:56par rapport à tous les efforts qu'on va demander à la France qui travaille.
05:58Nous souhaitons qu'il y ait une limitation du RSA à deux ans.
06:04Et nous voulons qu'il y ait, dès l'automne, avant même le projet de loi de finances et de financement de la sécurité sociale,
06:09un vrai plan de lutte contre la fraude et les abus, avec une loi qui soit adoptée avant le budget.
06:14La deuxième dimension, et je laisserai après Thibault à Philippe le soin de la présenter,
06:23c'est celle de s'attaquer enfin aux dépenses indulées à l'immigration.
06:27Il y a très clairement une explosion des dépenses liées à l'immigration.
06:30Le plan de François Bayrou n'en parle pas.
06:32Ça n'est pas pour nous acceptable.
06:35Il y a toute une série de mesures que nous avons proposées.
06:39Exiger un délai de résidence minimal en France avant de pouvoir percevoir des aides sociales.
06:45Supprimer le titre de séjour pour soins.
06:47Restreindre drastiquement l'AME.
06:51Et puis le troisième sujet, c'est qu'on pense qu'on peut aller plus loin
06:54sur la limitation des dépenses publiques et le train de vie de l'État.
06:57La proposition là faite par François Bayrou est de baisser de 3 000 le nombre de fonctionnaires l'année prochaine.
07:06Ça a augmenté de plus de 130 000 fonctionnaires au cours des quelques années qui viennent de s'écouler.
07:11Pour autant, les services publics ne vont pas mieux.
07:13Ils vont même plutôt moins bien.
07:15On est convaincu que sur les opérateurs de l'État et les agences,
07:18vous savez tout le travail qu'on a mené, on peut aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite.
07:23Nous considérons qu'il faut aussi assumer de poser la question du périmètre de l'État.
07:27On a un fonctionnement en France avec un État qui prend beaucoup d'argent dans la poche des Français
07:31mais qui ensuite s'occupe de beaucoup de domaines où on ne l'attend pas
07:35et qui fait semblant de faire des chèques gouvernementaux divers et variés.
07:39Peut-être qu'il serait mieux d'assumer une vraie table rase en disant
07:44on va arrêter tous ces pseudo-chèques gouvernementaux
07:46mais la contrepartie c'est qu'il n'y aura pas d'augmentation d'impôts.
07:50Est-ce que les Français ont vraiment besoin d'un chèque de réparation de vêtements payé par l'État en France ?
07:55Est-ce qu'il n'y a pas une autre façon d'aborder le sujet de la location de rentrée scolaire
07:59qui est un chèque qui ne sert pas toujours en réalité à financer des livres ou du matériel scolaire pour les enfants ?
08:05Est-ce que juste à un moment on ne peut pas dire qu'un État ruiné doit se recentrer sur la réalité de ses missions
08:10au lieu de se disperser et de faire semblant de pouvoir tout faire ?
08:15Et enfin, et ce sera notre bataille sur les semaines qui vont venir,
08:20on ne redressera pas le pays uniquement avec des solutions de court terme.
08:24Il y a besoin de se projeter.
08:25Il faut que la ligne de vision politique se redresse un peu et reprenne un peu de hauteur.
08:33On ne redressera pas uniquement le budget avec des solutions de court terme,
08:37bricolées en urgence.
08:39On a besoin de réformes de bien plus grande ampleur
08:41pour restaurer ce qu'est un pays qui tienne à nouveau debout
08:44et qui corresponde à ce que sont les attentes de nos compatriotes
08:48sur la reconnaissance du travail,
08:50la préservation d'un pouvoir d'achat qui est construit par ceux qui se donnent du mal
08:54et le fait d'avoir un État qui est à nouveau efficace et pas dispersé.
08:59En clair, il y a un certain nombre de sujets de réformes structurelles
09:01que nous voulons voir aborder.
09:03Est-ce qu'on assume enfin de poser le débat des retraites par capitalisation dans notre pays
09:07qui permettraient aux Français de mettre de côté de l'argent pour leur retraite
09:11en ayant la garantie qu'elle ne servira qu'au financement de leur retraite ?
09:15Est-ce qu'on assume de mettre à plat
09:17l'ensemble du fonctionnement de notre protection sociale
09:20en posant cette question de comment est-ce qu'on reconstruit notre protection sociale
09:25pour qu'elle ne pèse pas en termes de financement totalement sur les salaires et ceux qui travaillent ?
09:31Est-ce qu'on assume de poser la question d'une refonte totale
09:34de notre financement de l'immigration ?
09:38Est-ce qu'on assume de poser la question des charges qui pèsent sur nos entreprises
09:42et de comment est-ce qu'on peut rééquilibrer
09:44avec un financement qui repose plus sur les importations
09:47et qui favorise plus ce qui est fabriqué dans notre pays
09:50à l'image de ce qui peut se passer, y compris dans des pays comme l'Allemagne et l'Italie
09:54qui n'ont pas le même système de financement ?
09:56Autrement dit, des réformes qui permettent d'éclairer un peu notre avenir
10:01et de revoir de façon plus fondamentale que juste un alignement de mesures
10:06consistant à aller chercher des milliards dans tous les sens,
10:08c'est-à-dire assumer de remettre à plat l'édifice sur lequel on fonctionne
10:12et qui petit à petit a perdu son chemin.
10:14La ligne directrice de la droite, elle est simple.
10:16Il faut d'abord baisser la dépense publique.
10:22La ligne de la droite, elle est simple.
10:24Le recours aux impôts doit être ultra marginal dans un pays qui est déjà assommé d'impôts.
10:31Et la ligne de la droite, elle est simple.
10:33Elle consiste à être convaincue qu'on doit retrouver un équilibre
10:36entre l'assistanat qu'il faut faire cesser et le travail qu'il faut revaloriser.
10:39Notre engagement d'ici à septembre va donc consister à corriger et améliorer ce plan
10:47parce qu'il est perfectible, mais à le faire dans un esprit qui est commun,
10:53chercher les solutions qui sont nécessaires dans un pays qui est aujourd'hui ruiné.
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