- il y a 7 mois
La co-réalisatrice du court-métrage Le temps d'une valse, vous présente le projet et vous partage son expérience interviewé par Elias Amarouche.
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Court métrageTranscription
00:00Alors bonjour Laurie, est-ce que tu peux d'abord te présenter, nous parler un peu de ton parcours
00:11et comment est-ce que le temps d'une valse a été créé ?
00:15Alors mon parcours, je n'ai pas du tout un parcours type cinéma pour le coup,
00:19pour dire vraiment dans un master de logistique, donc rien à voir,
00:23mais j'ai toujours été sensibilisée par rapport au cinéma,
00:28c'est vraiment un domaine qui m'intéresse énormément et dans lequel je vais travailler plus tard,
00:33notamment la production.
00:34C'est justement en cherchant des masters, je devais réaliser un scénario justement
00:38pour rentrer dans un des masters, qui ne m'a pas pris d'ailleurs.
00:42En fait au début cet exercice ne me donnait pas du tout envie,
00:44parce que pour moi je me suis toujours vue comme une productrice,
00:47et non pas comme une scénariste, et encore moins réelle.
00:50Ouais j'avais vraiment pas envie de le faire, mais sur un coup de tête je me suis dit
00:53quitte à faire quelque chose j'ai envie de rendre hommage,
00:56et notamment à des gens que j'aime, et donc j'ai voulu réaliser un court-métrage
01:02sur l'amour qu'ont pu s'apporter mes arrière-grands-parents, pardon.
01:07Oui donc j'ai jamais réalisé, j'ai été dire de prod sur plusieurs court-métrages avant,
01:12mais là c'était vraiment la toute première fois,
01:13et c'est pour ça que j'ai eu besoin de m'entourer.
01:16La co-réalisatrice n'est pas là, mais donc j'ai réalisé avec Flora Chalopin
01:19le temps d'une valse.
01:21Et justement est-ce que tu peux nous parler un peu de l'histoire ?
01:23Qu'est-ce que ça raconte ? Alors en fait le temps d'une valse c'est l'histoire d'un octogénaire
01:27qui est dans son salon,
01:29et qui décide de mettre un vinyle,
01:31et en fait la musique va le transporter
01:33à travers ses souvenirs,
01:35notamment ses souvenirs avec sa femme,
01:37qui s'appelle Gisèle,
01:39et en fait le court-métrage est vraiment autour
01:41de la thématique du souvenir,
01:43alors forcément de l'amour évidemment,
01:45mais surtout de l'aspect aussi de la mémoire,
01:47mes arrière-grands-parents étaient atteints de Parkinson,
01:48et en fait ce qu'on ne sait pas la plupart du temps,
01:51c'est qu'en fait Parkinson à un certain stade,
01:53ça touche aussi la mémoire,
01:54il n'y a pas qu'Alzheimer,
01:56et donc ils étaient tous les deux atteints de cette maladie,
01:58et même s'ils savaient à peine dire
02:01comment ils s'appelaient,
02:02ils étaient capables de dire qu'ils aimaient,
02:05que l'un et l'autre s'aimaient en fait,
02:07et j'ai toujours trouvé ça extraordinairement touchant,
02:10et je m'étais toujours dit un jour,
02:12j'ai envie de traiter justement
02:14de la puissance de cet amour.
02:16Donc voilà, c'est un peu la thématique
02:17que je voulais aborder.
02:20Après, j'ai connu mes arrière-grands-parents,
02:22mais je ne les ai pas connus jeunes.
02:24Pour moi, il était essentiel
02:24qu'il y ait une partie de fiction,
02:26parce que je ne peux pas prétendre
02:28savoir ce qu'ils ont pu vivre,
02:30ce qu'ils ont pu se dire,
02:31et encore moins leur caractère à 20 ans.
02:34Donc dans cette thématique,
02:36j'ai aussi introduit
02:37ma vie amoureuse personnelle,
02:40et j'ai effectivement voulu traiter
02:43des fois cette différence
02:44entre deux personnes,
02:45quand une personne a vraiment
02:47une volonté de vivre la vie,
02:51vraiment cette urgence de vivre,
02:52tandis que l'autre est plus
02:54dans une idée de confort,
02:57de cocon,
02:58peut-être un peu de routine en fait.
03:00Et voilà, c'est ce que je vivais
03:01à ce moment-là de ma vie,
03:02cette espèce de dissonance.
03:04Et voilà, je voulais aussi
03:05rendre hommage aussi
03:06à mon propre amour
03:07que j'ai vécu avec cette personne
03:10à ce moment-là.
03:11Alors comment s'est passé l'écriture,
03:12le processus d'écriture,
03:13t'as écrit seule,
03:14ou comment ça s'est passé ?
03:15Oui, alors j'ai écrit seule
03:16dans mon lit,
03:17je l'écris en trois heures.
03:18Vraiment, ça s'est fait extrêmement vite,
03:20de manière extrêmement fluide.
03:22J'ai eu très peu de versions,
03:24finalement, je crois que
03:25je n'ai pas dépassé la version 5,
03:28ce qui est très peu,
03:29finalement, pour un scénario.
03:30Après, j'avais aussi très peu
03:32de dialogue,
03:33donc cette partie-là
03:35était assez facile.
03:36Mais voilà, ça s'est fait très vite.
03:38En fait, j'ai déclenché un truc
03:39en écrivant les premières lignes
03:41et ça s'est passé vraiment
03:42de manière extrêmement fluide.
03:44On a un personnage qui est central,
03:46c'est celui qui est le plus mis en scène
03:48dans le temps d'une valse,
03:49c'est Victor.
03:50Comment est-ce que tu as réussi
03:51à développer ce personnage ?
03:52Est-ce que tu t'as appuyé surtout
03:53sur des souvenirs personnels,
03:54sur ton vécu à toi ?
03:55Qu'est-ce que tu y as ajouté ?
03:56Comment est-ce que tu l'as fait vivre ?
03:58Alors déjà, Victor,
03:58c'est le prénom de mon arrière-grand-père,
04:01donc il y avait déjà
04:02cet hommage direct.
04:03Et en fait, dans le court-métrage,
04:05on voit Victor à son âge
04:08très très mature, d'octogénaire
04:10et très jeune, dans la vingtaine.
04:14Les inspirations sont différentes,
04:15pour le coup,
04:16pour la partie plus âgée.
04:19Là, pour le coup,
04:19effectivement, je me suis inspirée
04:20de mes souvenirs de petites filles,
04:23parce que moi, je les ai connus
04:23quand j'étais très jeune.
04:25Donc pareil, le souvenir là aussi
04:26est déformé.
04:27Mais c'est l'image que j'en avais,
04:29en fait, de quelqu'un de très calme,
04:30très posé, très doux.
04:31Et moi, quand je l'ai connu,
04:34il était déjà atteint de Parkinson,
04:35donc déjà un peu dans sa tête,
04:37dans ses pensées.
04:38Et la partie plus jeune,
04:40pour le coup,
04:40était vraiment encore une fois
04:42inconsciemment inspirée
04:43de la personne avec qui je vivais
04:45et que j'ai aimée
04:47et qui était, pour le coup,
04:49une personne un peu plus réservée
04:51sur ses sentiments,
04:52qui n'aimait pas danser.
04:54C'est un point bizarre,
04:55mais qui fait un peu tout
04:56le court-métrage,
04:57qui a été quelqu'un
04:58d'extrêmement rassurant,
05:00de sécurisant.
05:00Tu parles de la danse,
05:02tu parles aussi du souvenir,
05:03donc danser pour ne pas être oublié.
05:05La mémoire,
05:06elle a un rôle capital
05:06dans ton film.
05:07Comment est-ce que tu as réussi
05:08à parler de ce thème-là,
05:09surtout dans une condition
05:10où tu évoques aussi
05:11la maladie de Parkinson
05:12qui l'altère ?
05:14Comment est-ce que tu as réussi
05:15à en parler
05:16sans tomber nécessairement
05:17dans un pathos ?
05:18Parce qu'on ressent
05:19beaucoup de pudeur,
05:19on ressent beaucoup
05:20de tendresse,
05:22mais on ne tombe pas
05:22non plus dans le pathos.
05:23Déjà, merci.
05:24L'idée de combiner danse
05:28et mémoire,
05:30c'est à la suite
05:31du visionnage
05:32d'une vidéo
05:32vraiment sur les réseaux sociaux,
05:34d'une ancienne danseuse étoile
05:37qui, à l'écoute
05:39du lac des signes,
05:40rentre dans une espèce
05:42de trance
05:42et elle se laisse
05:43vraiment transporter
05:45par la musique
05:46et elle disparaît
05:49dans son souvenir.
05:50Et déjà,
05:51cette vidéo,
05:51à ce moment-là,
05:51m'avait extrêmement touchée
05:53et je m'étais dit
05:53que c'est un sujet
05:54à aborder.
05:55Alors effectivement,
05:55moi, je voulais en parler.
05:57En fait,
05:57je trouve que la mémoire
05:58est un sujet
05:59qui est extrêmement intéressant.
06:01D'une part,
06:01sur l'aspect
06:02de la déformation
06:03des souvenirs
06:04que provoque le cerveau
06:05parce qu'un souvenir,
06:07c'est subjectif.
06:08Donc déjà,
06:10peut-être qu'on se souviendra
06:11différemment du tournage.
06:13Et donc,
06:14je voulais,
06:14alors ça,
06:15on verra peut-être plus tard,
06:16mais dans la musique,
06:17aborder le souvenir
06:19d'une musique,
06:20par exemple,
06:20qui peut être déformée
06:21après par la mémoire
06:22en fonction des intentions,
06:23en fonction des émotions
06:24qui ont été vécues
06:25à cet instant.
06:26Et sur l'aspect
06:28ne pas tomber dans le pathos,
06:29en fait,
06:30oui,
06:30je ne voulais pas...
06:31J'avais l'impression
06:32que c'était,
06:33en tombant dans le pathos,
06:34c'était les déshumaniser,
06:35en fait.
06:35Et je voulais vraiment
06:36préserver cet aspect-là
06:37de se dire
06:38ils ont beau être ridés,
06:41ne pas avoir toute leur tête,
06:43ils ont été jeunes
06:43et c'est encore
06:44des jeunes au fond d'eux.
06:46Et c'était l'idée
06:47que je voulais en faire ressortir
06:48et pas dire
06:49« Oh, les pauvres,
06:50regardez... »
06:51Tu viens de parler de la musique,
06:52tu lui accordes
06:53une place essentielle
06:55dans la narration.
06:57On voit d'ailleurs
06:58que, par exemple,
06:59le vinyle que Victor joue
07:00dans son salon,
07:01il a presque le rôle
07:01d'un personnage déterminant
07:03parce que c'est ce qui lance
07:03un peu la dynamique
07:05du souvenir, etc.
07:06C'est ce qui le fait vivre,
07:07en fait.
07:07Comment est-ce que
07:08tu as imaginé
07:08la place de la musique
07:09quand tu as écrit
07:11ce court-métrage ?
07:12Alors, en fait,
07:12toute la complexité,
07:14c'était que je voulais
07:15que la musique dure
07:16tout le temps, pardon,
07:17du court-métrage.
07:18Le court-métrage dure
07:19environ 10 minutes.
07:21Faire une musique
07:21de 10 minutes,
07:22c'est un peu...
07:23Je crois que c'est même
07:23pire que Bohemian Rhapsody.
07:25Et je voulais aussi
07:26qu'on ne ressente pas
07:27le fait que, justement,
07:28c'est la même musique
07:29tout le long.
07:30Et pourtant,
07:31tout le long,
07:31c'est la même mélodie.
07:33Donc, je suis allée voir
07:34un de mes amis,
07:36qui est aussi le musicien,
07:37qui s'appelle Maël,
07:38en lui disant
07:39« Écoute, je veux une musique
07:40de 10 minutes,
07:40avec des intentions différentes,
07:42parce qu'on va être
07:43sur des scènes différentes. »
07:44Et à un moment donné,
07:46on est dans le salon de Victor,
07:48ensuite on est dans une guinguette,
07:50et plus tard,
07:51on est sur les quêtes scènes.
07:53À chaque moment,
07:53c'est des moments,
07:54des émotions
07:54que je voulais transmettre
07:55totalement différentes.
07:57Par exemple,
07:57dans le salon,
07:58je voulais qu'on ressente
07:59un peu la douceur
08:00de la vieillesse,
08:01du souvenir,
08:02de tout ça.
08:03La guinguette,
08:03je voulais quelque chose
08:04de dynamique,
08:05sur lequel on pouvait danser.
08:06Et après,
08:06sur les quêtes scènes,
08:07quelque chose d'un peu
08:08plus mélancolique,
08:09peut-être cinématographique.
08:10Donc voilà,
08:11c'est comme ça
08:11que je voulais l'aborder,
08:13parce qu'encore une fois,
08:14je voulais montrer
08:14que les émotions
08:17qu'on vit
08:18peuvent déformer
08:19le souvenir.
08:20Et peut-être une musique
08:21qu'on peut avoir en tête
08:22qu'on n'a pas écoutée
08:23depuis des années,
08:24en fait,
08:24notre cerveau va peut-être
08:25le déformer,
08:26l'imaginer vraiment
08:26de manière totalement différente,
08:28en fonction de,
08:29je ne sais pas moi,
08:29l'émotion qu'on a eue
08:30quand on l'a écoutée
08:31pour la première fois
08:32ou parce que c'est
08:33rattaché à un souvenir.
08:34Toujours en parlant de musique,
08:35il y a eu des très bonnes impressions
08:36à celui du visionnage
08:37des musiques.
08:38Moi, le premier,
08:39je crois que j'en avais parlé
08:40immédiatement.
08:40On m'a dit
08:41que vous aviez reçu
08:42la version apparemment définitive
08:44de l'ABO,
08:45la version terminée.
08:47Est-ce que tu peux
08:47m'en dire plus là-dessus ?
08:48Oui, mais en fait,
08:49quand on a fait
08:50l'avant-première
08:51avec Flora,
08:52beaucoup de personnes
08:53sont venues nous voir
08:54en nous disant
08:54mais la musique,
08:56elle est géniale,
08:56en fait.
08:58Et puis,
08:58pour le coup,
08:58elle est vraiment originale.
09:00C'est Maël
09:01qui l'a fait.
09:02Et donc,
09:02on s'est dit
09:03et pourquoi ne pas
09:05la rendre disponible
09:07parce que peut-être
09:08que ça peut aussi permettre
09:09de faire vivre
09:10le court-métrage
09:10dans le souvenir des gens
09:12juste à l'écoute
09:13de cette musique.
09:14Donc,
09:14on les a développés
09:15parce qu'il y a eu
09:17chaque passage.
09:18Par exemple,
09:18le passage de la guinguette,
09:19il dure peut-être
09:20deux minutes
09:20et le passage
09:22sur Rick et Sen,
09:22trois minutes,
09:23plus ou moins.
09:25Et en fait,
09:25je me suis dit
09:26autant les développer.
09:27Chaque partie,
09:28en fait,
09:28on a développé
09:29et en faire une musique
09:30à part entière.
09:31Donc,
09:31on a peut-être
09:33que le refrain
09:33qui passe dans le court-métrage
09:34sur la musique
09:35qui s'appelle
09:35Jusqu'à toi
09:36et on en a fait
09:38une musique entière
09:39en fait
09:39avec plusieurs couplets
09:40et refrains et tout.
09:42Le film est composé
09:44de retours en arrière,
09:45de flashbacks,
09:46comme tu l'as dit,
09:48retour à la jeunesse,
09:49etc.
09:50Comment est-ce que
09:51t'imaginais ça initialement
09:51en termes de transition ?
09:53Comment est-ce que
09:53tu t'es dit
09:54que t'allais pouvoir
09:55mettre ça en scène
09:56et mettre ça en image,
09:58ces retours-là
09:59sans que ce soit
09:59complètement une brisure ?
10:01On sent quand même
10:02qu'il y a une forme
10:02de continuité
10:03dans le propos
10:03et dans la narration ?
10:05On a beaucoup joué
10:07avec les transitions.
10:09Par exemple,
10:09le premier moment
10:10où on passe
10:11du présent
10:12à un flashback,
10:14on a fait une transition
10:15sur le mouvement
10:16de tête
10:16de l'acteur principal,
10:20en passant
10:21de Victor vieux
10:22à Victor jeune.
10:23Vraiment,
10:23ça fait ça.
10:25C'est là qu'on a fait
10:25la coupure.
10:26On a essayé
10:27de faire des transitions
10:28assez douces.
10:29je voulais vraiment
10:30qu'on voit
10:31la différence
10:32entre les deux.
10:33On a joué
10:34sur un effet
10:34de ratio.
10:36Là,
10:36pour le coup,
10:36c'est vraiment
10:36une idée
10:37de mon chef-hop,
10:38Tom,
10:39qui a une idée
10:41brillante
10:41de nous proposer
10:42de faire le film
10:43sur différents optiques.
10:45On a un optique
10:46anamorphique
10:47pour tout ce qui est
10:48partie flashback
10:51pour donner
10:51un effet
10:53un peu cinématographique
10:55comme un film
10:56qu'on se fait
10:56dans notre tête
10:56à ces passages-là,
10:58alors que sur les passages
11:00au présent,
11:00pour le coup,
11:01on n'est vraiment
11:01pas sur un optique
11:02anamorphique.
11:03Du coup,
11:04le ratio
11:04est complètement différent.
11:06Rajouté à ça,
11:08il était hyper important
11:09qu'on fasse
11:09des vraies scissions
11:11au niveau
11:12de l'étalonnage
11:13de la colorimétrie
11:14du film.
11:15La partie Victor vieux
11:17est davantage
11:18sur des tons
11:19un peu jaunes,
11:21verdâtres presque
11:22pour évoquer
11:23un peu
11:23les maisons
11:24de nos grands-parents.
11:25C'est un peu
11:25l'image qu'on a
11:26un peu tous
11:27de ça.
11:27La partie guinguette,
11:29on est vraiment
11:30parti sur un monochrome
11:31rouge
11:32pour justement
11:34la fête,
11:35la passion.
11:36Et les quatre scènes,
11:38on est vraiment
11:38sur quelque chose
11:39un peu plus bleuté,
11:40beaucoup plus sombre
11:41parce que j'ai eu
11:42une envie de faire
11:43comme s'ils étaient isolés,
11:45seuls,
11:45au milieu de tout ça.
11:47Est-ce que tu peux
11:47nous parler du travail
11:48avec les acteurs,
11:49notamment avec Victor,
11:50l'acteur qui joue Victor ?
11:51Comment est-ce que
11:52ça s'est passé ?
11:53Est-ce que vous avez
11:53eu des directives particulières ?
11:55Déjà,
11:55on l'a trouvé très tard.
11:57C'était celui
11:57qu'on a trouvé
11:58le plus tard
11:58parce qu'effectivement,
11:59trouver un acteur
12:00de 70 ans,
12:0180 ans,
12:01ce n'est pas courant.
12:03On a rencontré
12:04Jean-Paul grâce
12:05à un contact
12:05justement de Flora.
12:06Et après,
12:07sur les indications
12:07qu'on lui a données,
12:09déjà,
12:09moi,
12:09je lui ai demandé
12:09de baquer le tremble
12:11pour signifier
12:12la partie Parkinson,
12:13mais pas de manière
12:14trop saccadée
12:14pour ne pas faire trop
12:16et justement
12:17pas tomber dans le pathos.
12:18Après,
12:18lui,
12:18il n'avait pas
12:18beaucoup de textes.
12:20Je crois qu'il n'a
12:20qu'une ligne,
12:21donc pour le coup,
12:22ce n'était pas très compliqué.
12:24Mais en fait,
12:24on lui a demandé
12:25d'avoir cet air
12:26un peu perdu
12:27et à la fois serein.
12:29Très compliqué.
12:31C'est bien compréhensible.
12:32Tu décides de clore le film
12:33avec une scène bouleversante.
12:34Est-ce que tu veux
12:35nous en parler ou pas ?
12:36Oui,
12:36en fait,
12:37je voulais que
12:38tout le long
12:38du court-métrage,
12:40on se doute
12:41qu'il y a un rapport
12:42à la mémoire.
12:43On voit un peu
12:43les tremblements
12:44au début
12:44de Victor Vieux,
12:47mais on ne se rend
12:49peut-être pas forcément compte
12:50à ce moment-là
12:50que c'est une personne malade.
12:53Quand j'ai écrit
12:53ce passage
12:54où justement
12:54sa fille rentre
12:56et on réalise
12:58qu'il ne sait pas
12:59qui c'est,
13:00c'est là,
13:01en fait,
13:01c'est cette manière
13:01un peu subtile
13:02que je voulais montrer
13:04qui,
13:06en fait,
13:06depuis le début,
13:06il avait perdu la mémoire.
13:08Concernant la distribution,
13:09la diffusion du film,
13:11qu'est-ce que tu prévois ?
13:12Alors là,
13:12pour l'instant,
13:13on est dans l'idée
13:14de le diffuser
13:14sur YouTube,
13:16peut-être même
13:17des extraits
13:17sur TikTok,
13:19parce que
13:20l'idée,
13:21c'est de vraiment
13:21le diffuser
13:22au plus grand nombre,
13:23le rendre accessible
13:25à tous.
13:25Quand on a réalisé
13:27le court-métrage
13:28avec Flora,
13:29l'idée était
13:30de vraiment
13:31juste kiffer,
13:33juste profiter.
13:34On n'avait pas du tout
13:35d'injonction.
13:37On ne l'a pas fait
13:37dans le cadre
13:38d'une école de cinéma
13:39ni même d'un rendu
13:40ou quoi.
13:41C'était vraiment juste
13:42parce qu'on avait envie
13:43de le faire
13:44et Cinefac
13:44nous a beaucoup soutenus
13:46et a rendu ça possible.
13:47Maintenant que nous,
13:49on a bien profité,
13:50on se dit que
13:51c'est le moment
13:52de faire profiter
13:53aussi les gens
13:54de ça.
13:55C'est un peu pompeux
13:56de dire ça,
13:58mais on s'est dit
13:59si ça peut toucher
14:00d'autres personnes,
14:01si ça peut faire évoquer
14:02des souvenirs
14:03à chacun.
14:04Parce que oui,
14:05c'est un point
14:05lors d'avant-première
14:07ou même lors
14:08des différentes diffusions
14:09qu'on a eues,
14:10on a remarqué
14:10que ça évoquait
14:11des souvenirs
14:11chez d'autres personnes
14:12et pas forcément lié
14:13avec la maladie de Parkinson.
14:14Il y en avait
14:15à qui ça a fait évoquer
14:17par exemple
14:17les ruptures,
14:19le souvenir
14:19qu'on peut avoir
14:20d'une personne.
14:21Même juste
14:22dans une rupture,
14:23on écoute une musique
14:23et puis on a des flashbacks
14:24de ce qui a pu se passer.
14:25Il y avait aussi
14:26l'actrice d'Isabelle,
14:28donc Pascale,
14:30qui nous expliquait
14:31qu'elle,
14:33ça lui rappelait
14:33sa mère.
14:35On a d'autres
14:35qui nous ont dit
14:36effectivement
14:36c'est rigolo
14:37parce que la danse...
14:39Enfin, c'est rigolo.
14:40La danse est un exercice
14:42qui est souvent donné
14:43dans des maisons de retraite
14:44pour se maintenir
14:46les personnes
14:47presque en bonne santé
14:48mais juste
14:49en bonne santé mentale
14:50et active.
14:51La danse est presque
14:52un médicament
14:53dans tout ça.
14:54Et au-delà
14:55de l'identification
14:55qui est possible
14:56chez beaucoup de personnes,
14:57qu'est-ce que t'attends,
14:59en tout cas,
14:59qu'est-ce que t'espères
15:00que le public ressente
15:02en visant ton film ?
15:04En vrai,
15:04je dirais que c'est
15:04propre à chacun.
15:05J'aimerais bien
15:09que les gens
15:09puissent se l'approprier
15:10justement,
15:11identifier
15:12des thématiques
15:13qui leur sont propres
15:15à travers
15:16le court-métrage.
15:18Après,
15:18ça peut aussi
15:19leur faire
15:19ni chaud ni froid.
15:22Moi,
15:22juste à la limite
15:22du plaisir
15:23de regarder ça en fait.
15:25Si tu pouvais parler
15:26à la Laurie
15:26d'avant le temps
15:27d'une valse,
15:28qu'est-ce que tu lui dirais ?
15:29Déjà que
15:30il faut qu'elle
15:31se fasse confiance,
15:32qu'elle
15:33s'entoure bien
15:34parce que je pense
15:35que le succès
15:37de ce court-métrage,
15:38il repose surtout
15:39sur le fait
15:40que je me suis entourée
15:41de personnes exceptionnelles.
15:43Flora,
15:44qui est devenue
15:44maintenant une amie.
15:46Maëlle,
15:47qui a fait la musique,
15:48qui a fait un travail
15:49exceptionnel
15:50et qui est pareil,
15:50qui est devenue un amie.
15:52Si je devais citer
15:53toutes les personnes
15:53sur le tournage,
15:55si je pouvais,
15:56je le ferais,
15:56mais c'est vrai
15:57qu'on était assez nombreux.
15:59J'avais des amis aussi
16:00qui étaient figurants
16:01sur ce moment-là
16:02et je voulais juste
16:03lui dire
16:04profite de cet instant
16:07parce que
16:08c'est fort ce que tu vis.
16:10J'ai tellement pleuré
16:11le jour du clap de fin.
16:13Moi,
16:14juste profite.
16:15Est-ce que tu as
16:16des projets pour la suite ?
16:17Oui,
16:17alors rien à voir
16:18pour le coup,
16:19vraiment rien à voir.
16:21En ce moment,
16:22je suis en train
16:22de travailler
16:22sur un documentaire
16:23sur le stress
16:25des étudiants
16:26post-études.
16:27L'idée,
16:28c'est d'interviewer
16:28des étudiants
16:29qui sont sur le point
16:30de terminer
16:31leur cursus scolaire,
16:33leur demandait
16:34comment est-ce qu'ils voient
16:34l'après.
16:36Et ensuite,
16:36moi,
16:36je pars pendant six mois
16:37en Australie,
16:38un peu en mode
16:38journal de bord.
16:39Moi,
16:39je vais donner
16:40mon point de vue
16:41d'étudiant
16:41post-études,
16:43ce stress,
16:44les potentielles galères,
16:46les galères de trouver
16:47du travail.
16:49Et puis,
16:49peut-être,
16:49c'est cette reconnexion.
16:51Et ensuite,
16:52au bout de ces six mois,
16:53je compterai interviewer
16:54ces étudiants
16:55et savoir comment
16:57ils ont pu évoluer
16:57et où ils en sont
16:58et s'il a pu marcher
17:00pour eux,
17:01s'ils se sont trouvés aussi.
17:03Donc,
17:03vraiment,
17:04rien à voir.
17:04Mais un projet
17:06tout aussi sympa.
17:07Mais vaste sujet.
17:09Et pour finir,
17:10est-ce que tu peux résumer
17:11ou alors nous dire
17:12ce que ça t'évoque
17:13le temps d'une valse
17:14en une phrase ?
17:14À la fin du court-métrage,
17:16on a écrit une ligne
17:18qui, je trouve,
17:19résume bien finalement
17:20l'idée qu'on a voulu
17:21transmettre dedans.
17:23Et si je ne me trompe pas,
17:24la phrase dit
17:25c'est un hommage
17:26en disant
17:27à nos vieux
17:28qui ne l'ont pas toujours été.
17:30Et juste pour rappeler
17:31un peu à tout le monde
17:32que derrière cette petite grand-mère
17:34ou ce petit papy
17:36à qui, je ne sais pas,
17:36on ne parle peut-être
17:37pas forcément tout le temps,
17:39il y a eu ce jeune
17:39qui a vécu
17:40peut-être les mêmes émotions
17:41que nous
17:41ou qui est passé
17:42par des étapes
17:43un peu comme nous.
17:44Juste ne pas oublier
17:45que derrière cette
17:46vieille personne,
17:48il y a eu un jeune
17:50qui a vécu.
17:54Merci beaucoup Laurier.
17:55Et puis le meilleur pour la suite.
17:56Merci pour cette interview.
17:57Sous-titrage Société Radio-Canada
17:58Sous-titrage Société Radio-Canada
17:59Sous-titrage Société Radio-Canada
18:01Sous-titrage Société Radio-Canada
18:02Sous-titrage Société Radio-Canada
18:04Sous-titrage Société Radio-Canada
18:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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