00:00Le problème des urgences aujourd'hui c'est que nous sommes en situation de crise permanente
00:04et là c'est un vrai problème.
00:06Parce que vous savez, le problème des urgences, on s'est beaucoup attardé sur les gens qui viendraient pour rien.
00:10C'est pas le problème du flux qui nous handicapent aux urgences.
00:12Vous savez, la personne elle vient, elle peut attendre, elle repart sur ses deux jambes,
00:15c'est pas un problème avec une ordonnance.
00:17La question pour nous, c'est les personnes qu'on doit hospitaliser.
00:20Et en particulier, dans cette période, forcément, les personnes âgées souffrent plus,
00:23elles vont avoir ce qu'on appelle, elles vont décompenser leur maladie chronique,
00:26vous voyez, une insuffisance respiratoire, une insuffisance cardiaque,
00:28et on a besoin de les hospitaliser et on n'a pas de lits.
00:30On a encore moins de lits pendant l'été parce que nous sommes à flux tendu sur le personnel
00:34et qu'aujourd'hui, les directeurs d'hôpitaux ferment des lits
00:37parce qu'il faut que le personnel parte en vacances,
00:39parce qu'on a déjà tiré la corde en permanence.
00:41Vous savez, on parle beaucoup des plans blancs,
00:42mais les plans blancs sont déclenchés en période normale tout au long de l'année.
00:45Donc déclencher un plan blanc l'été, on n'aura pas de personnel supplémentaire.
00:49Donc le problème, il est là, c'est-à-dire qu'on va avoir cet été
00:52des gens qui vont être sur des brancards pendant 24-48 heures dans les locaux complètement inadaptés
00:56et ça, c'est source de surmortalité.
00:59C'est source de surmortalité et ça, c'est catastrophique.
01:01Vous savez qu'on a chiffré la surmortalité du haut dysfonctionnement des services d'urgence.
01:05Vous savez, le fait qu'on doit appeler le 15, le fait qu'il n'y a pas de véhicule du SAMU,
01:08entre 1 500 et 2 000 personnes d'essais évitables aux urgences.
01:12Évitables, c'est-à-dire que c'est des gens qui ne devaient pas mourir.
01:14C'est les gens qui ne devaient pas mourir parce que, vous savez,
01:17vous en vénéziez quelques-uns, des personnes qui meurent sur des brancards
01:19ou des personnes qui ont trouvé un service d'urgence fermé
01:22qui font des dizaines de kilomètres.
01:24Vous savez, là, il commence à y avoir une colère de la population très importante.
01:29Ça veut dire qu'au fond, la canicule, elle est comme le révélateur,
01:33c'est-à-dire qu'elle exacerbe les difficultés qu'il y a déjà.
01:37On n'a rien appris de la canicule, on n'a rien appris de la crise Covid.
01:39C'est-à-dire que là, vous voyez, qu'est-ce qu'on nous demande ?
01:42On nous demande de faire 20 milliards d'euros d'économie.
01:45Comment voulez-vous faire ?
01:46Moi, je suis médecin.
01:47Moi, je dis au gouvernement,
01:49si effectivement il faut qu'on fasse 20 milliards d'euros d'économie,
01:51il faut nous dire les patients qu'il ne faut pas soigner.
01:53Et ça, ça nécessite un débat avec la population.
01:56Est-ce qu'on va mettre plus d'argent dans l'hôpital ou plus d'argent dans l'armée ?
01:58En fait, vous mettez les pieds dans le plat, mais vous dites
02:00qu'on se retrouve aujourd'hui à devoir parfois prioriser,
02:04on ne va pas dire sélectionner, on va dire prioriser,
02:06mais c'est au fond une manière de dire
02:09qu'il y a des gens qu'on va laisser tomber.
02:10On ne pourra pas soigner tout le monde.
02:12Notre travail d'urgentiste, c'est le tri.
02:14Mais le tri, ça doit être en fonction du degré d'urgence,
02:15pour ceux qui doivent passer en priorité,
02:17ceux qui peuvent attendre un petit peu.
02:18Aujourd'hui, on trie en laissant des gens dans des conditions
02:21qui sont inadmissibles.
02:22Une personne qui est sur un brancard aux urgences,
02:25qui n'a pas de lit, c'est une surmortalité.
02:27C'est une surmortalité de 9% tous patients confondus,
02:30de 30% pour les patients les plus graves.
02:32Voilà, parce qu'on n'a pas de lit, simplement parce qu'on n'a pas de lit.
02:34C'est une surmortalité.
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