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  • 23/06/2025
professeur Laurent Muller
chef du service de réanimation et responsable médical de la coordination hospitalière des prélèvements d'organes et tissus (CHPOT) du CHU de Nîmes

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Transcription
00:00Le jour c'est lundi, nous sommes le 23 juin.
00:04Dans le grand studio, ici Garlosère, 7h47, Quentin, notre invité, c'est donc le chef du service réanimation de l'hôpital de Nîmes.
00:10Oui, bonjour professeur Muller.
00:12Bonjour et merci pour l'invitation.
00:14Et de rien, et également responsable médical, je le précise, de la coordination hospitalière des prélèvements d'organes et tissus.
00:20Sujet, et c'est pour ça que vous êtes avec nous ce matin, sur lequel vous allez informer soignants et patients, aujourd'hui et demain au CHU.
00:27C'est après la journée nationale du don d'organes hier, et lors de laquelle des parents se sont mobilisés pour soutenir une élève de leur école, l'école La Planète à Nîmes, Lise, qui est dans l'attente d'un cœur.
00:38Je voudrais donc qu'on parle d'elle d'abord, qu'est-ce qu'elle vous évoque, l'histoire et surtout l'épreuve de cette petite d'à peine 7 ans ?
00:45Je crois que le terme est bien choisi, ça évoque l'épreuve que subissent les patients qui attendent une greffe, notamment avec un appareillage complexe, comme Lise a reçu.
00:57Et donc c'est toute la difficulté, elle est branchée à un cœur artificiel, et toute la difficulté c'est d'obtenir un greffon rapidement.
01:05Et donc toutes les actions, comme on le fait ce matin, qui peuvent permettre l'acceptation du don d'organes et l'obtention de greffons, est quelque chose de très important.
01:14Mais justement, quand on est médecin comme vous et qu'on a le pouvoir de soigner, mais qu'on ne peut pas parce qu'on n'a pas de cœur à donner à Lise, qu'est-ce qu'on ressent ?
01:21On ressent de la déception, de la frustration, on se dit que peut-être si l'information était mieux passée dans la population, on ferait un petit peu mieux.
01:31Un exemple, l'Espagne fait deux fois plus de prélèvements d'organes que nous, probablement parce qu'ils informent mieux la population.
01:38Donc je crois que c'est un des objectifs qu'on doit avoir, c'est de tendre vers les résultats d'acceptation de l'Espagne.
01:45D'où l'importance de sensibiliser au don d'organes.
01:48Ce qui est curieux, c'est que j'ai regardé un petit peu les chiffres, l'an passé il y a eu 6000 greffes pour 22 000 patients en attente.
01:54Alors qu'on est tous considérés comme des donneurs présumés, comment ça se fait qu'on fait si peu ?
02:00Alors, on fait si peu parce qu'il y a un taux de refus qui reste important.
02:04Il est de l'ordre de 35% en moyenne, ça varie un peu chaque année.
02:08Et ce taux de refus, il est lié simplement au fait que la population n'a pas l'occasion de réfléchir à ça avant.
02:15Et on sait que quand il y a des discussions dans les familles et que tout le monde peut se positionner, ça favorise le don d'organes.
02:22Donc encore une fois, toutes les actions qui peuvent permettre de parler à la population de ce don d'organes sont importantes
02:27parce que ça permet d'avoir un taux d'acceptation qui est meilleur.
02:30Donc ça veut dire que ce n'est pas parce qu'on est donneurs présumés que nos organes vont être obligatoirement prélevés si jamais on vient à décéder un jour ?
02:40Effectivement, la loi dit qu'on est tous donneurs jusqu'à preuve du contraire.
02:43Mais nous, nous avons l'obligation de vérifier que le patient ne s'était pas positionné contre le don d'organes.
02:50Et donc ça, ça passe par un entretien avec la famille.
02:53Et donc on est obligé de rencontrer les familles et de recueillir leurs témoignages.
02:58Pas leur acceptation, mais leur témoignage.
03:00A quelle réticence vous faites face justement quand vous discutez avec ces familles ?
03:06La réticence principale, c'est l'ignorance de la position du défunt.
03:10Quand quelqu'un décède brutalement, on s'aperçoit que souvent les familles ne connaissent pas la position du défunt vis-à-vis du prélèvement d'organes.
03:18Donc encore une fois, tout ce qui permet de faire en sorte que dans les familles, l'information circule,
03:24permet de diminuer le taux de refus.
03:28On dit qu'un corps peut sauver jusqu'à cette vie. Est-ce que c'est vrai ?
03:33Oui, alors jusqu'à cette vie, c'est possible.
03:36C'est un cas qui est assez rare.
03:38En moyenne, on prélève quatre organes.
03:40Mais chez certains patients, on peut prélever le cœur, les poumons.
03:44Ça fait deux greffes.
03:45Les deux reins, ça fait deux greffes.
03:47On peut prélever le pancréas et on peut parfois prélever, mais c'est très rare, du tube digestif.
03:55Et de temps en temps, prélever en bloc le pancréas et les reins.
04:00Donc, on va retenir quatre à cinq organes par prélèvement.
04:04Sept, c'est un petit peu rare.
04:06Ce sept greffes à partir d'un donneur.
04:10Il est aussi réalisé lorsqu'on prélève un foie adulte et qu'on le sépare en deux pour greffer deux enfants.
04:18Mais en moyenne, on peut retenir quatre à cinq greffes avec un donneur.
04:22Sept heures cinquante et une.
04:23Ici matin, notre invité, le chef du service réel de l'hôpital de Nîmes.
04:26Oui, on parle du prélèvement d'organes.
04:28Comment vous faites justement pour techniquement les conserver, ces organes ?
04:31Alors, une fois que l'organe est explanté, c'est-à-dire retiré du corps, on va le mettre très souvent sur une machine.
04:41Une machine qui est une machine à perfuser.
04:43Donc, on va brancher une machine qui perfuse un liquide de conservation dans l'organe.
04:49Et ensuite, une fois perfusé, cet organe, on va le placer dans un compartiment réfrigéré.
04:54Et puis surtout, il faut que cette greffe, elle intervienne le plus rapidement possible.
04:58Quatre heures pour le cœur et le poumon.
05:01Seulement quatre heures ?
05:02Huit heures pour le foie et jusqu'à 24 heures pour le rein.
05:04Donc après, c'est une course contre la montre.
05:07Donc en fait, si je comprends bien, tous les organes que vous prélevez, vous ne pouvez pas les conserver indéfiniment ?
05:12Non. S'il faut qu'ils soient greffés pour le cœur et le poumon, c'est le plus emblématique dans les quatre heures.
05:17Donc ça impose que les équipes de transplantation viennent prélever et repartent rapidement vers leur centre de référence.
05:24Puisqu'en fait, les organes qui sont prélevés à Nîmes seront greffés dans une autre ville.
05:28Parce qu'après, il y a un problème de compatibilité aussi avec le patient sur lequel ces organes peuvent être greffés.
05:35Absolument. La principale compatibilité, c'est le groupe sanguin.
05:39Et donc, il y a une injustice là-dessus, puisque si vous êtes d'un groupe sanguin rare,
05:42vous allez attendre plus longtemps la greffe que si vous êtes d'un groupe sanguin plus fréquent.
05:47Quels sont les groupes sanguins rares, justement ?
05:49Alors, les groupes sanguins rares, c'est surtout B et O, et on a plus d'attente pour ces patients-là.
05:54Bon, qu'est-ce que vous dites, professeur, aux Français qui nous écoutent, aux auditeurs qui nous écoutent,
05:59et qui ne seraient pas encore à l'aise avec le fait de donner son organe, un organe ?
06:03On l'a dit, je pense que le plus important, c'est d'y réfléchir, d'abord en soi-même, si j'ose dire,
06:10et puis surtout d'échanger avec sa famille.
06:12Il y avait eu un clip fait par l'agence de biomédecine avec plusieurs acteurs de cinéma très connus,
06:17où ils prenaient leur téléphone et ils disaient à leur famille, je suis pour le don d'organe.
06:23Donc, je pense qu'il faut y réfléchir pour soi-même et le dire à son entourage.
06:26C'est le plus important de très, très loin.
06:28Et vous allez en discuter aujourd'hui et demain, donc demain avec les patients,
06:31aujourd'hui avec les professionnels de santé.
06:33Pourquoi c'est important, mais d'en parler entre professionnels de santé, du don d'organe ?
06:37Parce qu'on s'aperçoit que pour les professionnels de santé qui ne travaillent pas dans des secteurs
06:41comme la réanimation ou le bloc opératoire, eh bien cette information, elle ne diffuse pas non plus.
06:46Le professionnel de santé, c'est aussi un citoyen et lorsqu'il ne travaille pas dans des secteurs critiques,
06:54eh bien il peut ne pas avoir de position vis-à-vis du don d'organe et surtout, il peut ne pas l'avoir dit à sa famille.
07:01Et donc eux aussi, les soignants sont concernés au même titre que nous tous.
07:04Je vous remercie beaucoup en tout cas, professeur Laurent Muert, d'avoir été avec nous ce matin pour parler du don d'organe.
07:10Je rappelle que vous êtes chef du service réanimation et responsable médical à l'hôpital de Nîmes
07:15de la SHOT, j'espère que je prononce bien, coordination hospitalière des prélèvements d'organes et tissus.
07:23Merci encore.
07:23Merci à vous.
07:24Merci.
07:25Merci.
07:26Merci.
07:27Merci.
07:28Merci.
07:29Merci.
07:30Merci.
07:31Merci.
07:32Merci.

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