00:00À notre invité également, qui nous a rejoint à l'instant, Sonny Anderson,
00:02grand attaquant de l'OL, bien sûr, 4 saisons à Lyon, quasiment sans but.
00:05Bonsoir, Sonny.
00:06Bonsoir. Désolé, je ne suis pas prêt à...
00:11Oui, on comprend, Sonny. Évidemment, c'est dur de parler.
00:13C'est là qu'on voit à quel point il était important pour la famille des Lyonnais
00:16et pour tous les gens qui sont passés dans ce club.
00:18C'est l'émotion qui traverse que ce garais, c'était la statue.
00:21C'était le gars, il était là, c'était à Lyon, c'était comme un parrain.
00:26C'est comme ça que tu le décrirais aussi, Sonny ?
00:28C'était le parrain un peu tous les joueurs passés par Lyon.
00:31Je ne parle pas de sportif, je parle de l'homme, celui qui comptait comme mon père.
00:37Vous savez, quand vous avez un parent qui est malade,
00:39vous savez qu'il est malade, à un moment ou à l'autre, il va partir.
00:42Mais vous ne voulez pas.
00:44Vous ne voulez pas.
00:44Et quand il n'est plus là, vous perdez quelque chose dans votre vie.
00:49Et la disparition de Bernard, c'est...
00:52Je suis allé le voir, j'ai eu la chance de pouvoir le voir
00:55dans une situation qui n'est pas celle que j'ai eu d'habitude,
00:59mais c'est quelqu'un que j'ai aimé énormément,
01:01qui m'a appris énormément dans ma carrière à Lyon,
01:05surtout le côté humain.
01:07Les gens, ils parlent beaucoup de footballeurs,
01:09mais ils parlent peu de la connaissance humaine qu'ils avaient au niveau de nous.
01:15Ils nous aimaient, nous, les attaquants.
01:17Ils nous aimaient.
01:17Ça veut dire que Bernard, quand j'ai rentré sur le terrain,
01:20il m'a touché la cuisse gauche pour me dire,
01:23mon petit, tu vas marquer ce soir.
01:25Et quand j'ai signé à Lyon, c'est grâce à lui,
01:28parce qu'il m'a dit, tu verras, tu vas transformer ce club.
01:31Il n'a pas eu peur de ce qu'il disait.
01:34Et qu'aujourd'hui, c'est dur.
01:38J'ai perdu mon père en 2001,
01:39et j'ai perdu mon deuxième père en 2025.
01:42C'est très dur, c'est très, très dur,
01:45parce que Lyon, sans Bernard Lacombe,
01:48c'est l'histoire de Bernard Lacombe, sans Bernard Lacombe.
01:50C'est plus qu'ils perdent un titre.
01:52C'est plus qu'ils perdent un championnat.
01:54Aujourd'hui, c'est perdre Bernard Lacombe, pour nous.
01:59Pour moi, c'est perdre un père en deuxième fois.
02:02Parce que quand les joueurs arrivaient
02:04et qu'ils étaient adoubés par Bernard Lacombe,
02:07c'était, comme dit Sonia Anderson,
02:08une sorte de père, de parrain qui était là.
02:11Il y avait le président, c'était autre chose, le président.
02:13Lui, c'était la figure.
02:15Quand tu étais accepté par lui,
02:18c'était à la vie, à la mort.
02:19Et les gens, on a contacté beaucoup de joueurs
02:22de la grande époque lyonnaise.
02:24Il y en a beaucoup, c'est tout à l'honneur de Louis, de Sonny,
02:27d'accepter de nous parler.
02:28Il y en a beaucoup qui sont vraiment effondrés ce soir,
02:31qui sont incapables de parler.
02:32Et c'est là qu'on voit la personnalité,
02:34la force qu'il était,
02:36et ce qu'il valait, ce qu'il représentait.
02:38C'est vrai, très souvent, dans les interviews des Lyonnais,
02:40des jeunes Lyonnais, même plus tard,
02:41même Karim Benzema,
02:42à chaque fois, on a des hommages à Bernard Lacombe
02:44lorsqu'il était soit directeur sportif,
02:47soit conseiller de Jean-Michel Olaz,
02:49Sonny.
02:49Il y avait une unanimité autour de l'homme
02:51qu'il était également.
02:53Premier défenseur du club et des joueurs de Lyon,
02:55même devant les critiques, parfois.
02:58Oui, mais c'est normal.
03:00Il nous a eu un cuquier, quelque chose,
03:02quand on parle de la DM lyonnaise,
03:04elle est partie de Bernard Lacombe.
03:06Vous imaginez, quand vous signez à Lyon,
03:08et il vous explique ce qu'il c'est de jouer un derby,
03:11ce qu'il c'est de porter ce maillot,
03:13ce qu'il c'est de représenter ce club.
03:16Il allait voir tous les matchs.
03:18Il nous a envoyés,
03:19et moi, quand je suis arrivé à Lyon,
03:20il m'a amené à Toulabologe,
03:23il m'a amené à la plaine du jeu
03:24pour voir la réserve au jouet.
03:27Parce qu'il a dit,
03:28là, il y a de l'avenir dans ce club.
03:30Il me parlait de la DM du club,
03:32ça veut dire que ça venait de la formation.
03:35Et Bernard Lacombe, c'était ça.
03:37Il nous a un cuquier, ça,
03:38cet ADN lyonnaise.
03:40C'est lui qui nous a amené ça
03:41pour tous les joueurs étrangers qui arrivaient.
03:43On est tous arrivés.
03:45On est arrivés du Brésil,
03:46on est arrivés de Noport,
03:47et on a tous gardé cet ADN.
03:49On sent qu'on est Lyonnais
03:50grâce à Bernard Lacombe.
03:52C'est lui qui nous a un cuquier, ça,
03:53et que c'était important.
03:55Et que malheureusement,
03:56quand Bernard a quitté ses fonctions,
03:58le club a perdu cet ADN.
04:00Et c'est difficile pour moi
04:03de parler de quelqu'un comme Bernard,
04:07qui ne sera plus là
04:09pour nous raconter ses histoires,
04:12nous raconter ce qu'on a vécu ensemble,
04:13nous raconter la mémoire de ce club.
04:17Il n'y a personne d'autre
04:18qui est capable de le faire,
04:19ce qu'il a fait pour nous.
04:21Sonny, tu avais un point commun avec lui,
04:23c'est le poste de numéro 9.
04:25Toi, grand 9 de Lyon,
04:26lui aussi, Bernard Lacombe,
04:27il donnait des conseils parfois ou pas ?
04:29Vous parliez de positionnement,
04:31de rapport au but ?
04:33Non, parce qu'on parlait surtout
04:35des choses qu'il pouvait antéciper.
04:37Bernard, il m'a amené à chaque fois
04:39à Gerland,
04:41aller faire le tour de terrain,
04:43d'aller voir la pelouse,
04:44il venait me parler,
04:45il m'appelait toujours mon petit,
04:48tu verras,
04:49tu vas sentir des moments,
04:51demain tu vas être comme ça
04:52dans ce terrain-là,
04:52dans ce espace-là.
04:54Et pas souvent,
04:55on n'était pas d'accord
04:56sur certaines choses,
04:57mais à la fin,
04:58on arrivait toujours au même but,
05:00c'était de trouver
05:01la faille de l'adversaire,
05:02la faille de la défense,
05:04et il m'a parlé souvent
05:05du fait comment se déplacer
05:07sur le terrain,
05:08d'être dans l'angle mort
05:10du défenseur.
05:12Parce que pour lui,
05:12le déplacement,
05:13c'était de l'art.
05:14Et moi, j'ai appris ça,
05:15c'est-à-dire qu'on se cache
05:16du défenseur,
05:17le moment que le défenseur
05:18ne voit pas.
05:19Et ça, je pense que c'était,
05:22pour moi,
05:22c'était primordial
05:23pour mon intégration
05:24dans ce rôle-là,
05:26même si j'ai toujours grandi
05:27en tant qu'avançante,
05:28d'avoir quelqu'un
05:29comme Bernard Lacan
05:29vous donner un conseil
05:30et d'être attentif
05:31dans ce qu'on fait,
05:33on est obligé d'écouter,
05:34on est obligé d'appliquer
05:35ce qu'il nous dit.
05:37Et voilà,
05:37on avait cette discussion-là
05:39de tous les jours
05:40de parler
05:41combien du but
05:42au début de saison,
05:44je me mettais d'accord
05:44avec lui,
05:45combien du but
05:45j'allais marquer la saison.
05:46On se mettait en Paris
05:48et ça,
05:49ça arrivait souvent.
05:50Les deux premières années
05:51à Lyon,
05:52quand j'ai marqué
05:52finir mon but
05:53au championnat,
05:54il m'a dit
05:54tu marqueras
05:55plus de 20 buts
05:56et j'ai réussi
05:56à marquer plus de 20 buts.
05:58Il n'y avait pas mieux
05:59pour nous
06:00que lui
06:01pour nous expliquer
06:01le rôle d'avançante.
06:04Sonny,
06:04l'histoire aussi,
06:05c'est que c'est lui,
06:06Bernard Lacombe,
06:07qui est venu te chercher
06:07à Barcelone en 1999.
06:09Oui.
06:11Oui,
06:11c'est lui
06:12parce que
06:12quand je l'ai eu
06:13au téléphone
06:14à Barcelone,
06:15il était au courant
06:16par mes agents
06:16que je ne voulais plus
06:17rester à Barcelone
06:18parce que Van Gaal
06:18ne voulait pas
06:19que je sois en concurrence
06:20avec Kluvert,
06:22il a discuté
06:23avec lui,
06:24il m'a dit
06:24mon petit,
06:26ici,
06:26les grands attaquants
06:27ils ont toujours
06:28marqué des buts
06:28et tu vas venir,
06:31tu vas marquer des buts,
06:31tu vas écrire
06:32l'histoire
06:33de ce club.
06:34Il m'a parlé
06:35de quel projet sportif
06:36ou de fait
06:37de ce club
06:39qu'il est devenu
06:40quelques années après
06:41mais
06:42il avait convaincu
06:44Jérôme Sedou
06:45de mettre
06:46100 millions
06:46de francs
06:48pour m'acheter
06:48c'était une somme
06:50énorme
06:52à l'époque
06:52et oui
06:53bien sûr
06:53à l'époque
06:54mais il fallait
06:56le faire
06:56pour quelqu'un
06:57qui était à Barcelone
06:58qui ne jouait pas
06:58beaucoup
06:59et qui à l'époque
07:00j'étais blessé
07:02pour venir
07:02pour faire
07:03il m'a convaincu
07:05de venir
07:05de Barcelone
07:06à Lyon
07:07pour rentrer
07:08dans un projet
07:09pour faire grandir
07:10un club
07:10d'écrire
07:11l'histoire
07:11d'un club
07:12il était visionnaire
07:14du côté sportif
07:15il savait
07:15qu'il pouvait arriver
07:16à convaincre
07:18les gens
07:18comme quoi
07:19c'était possible
07:20dans le football
07:22il m'a convaincu
07:23effectivement
07:23de quitter
07:24Barcelone
07:25parce que j'avais
07:26d'autres propositions
07:27d'autres grands clubs
07:27mais son discours
07:28sportif
07:29et terrain
07:30pour moi
07:31ça m'a convaincu
07:33de venir à Lyon
07:34pour moi
07:35pour moi
07:36pour moi
07:37c'est parti
07:37pour moi
07:38c'est parti
07:39– Sous-titrage FR 2021
Commentaires