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00:00Générique
00:00Bonjour à tous, bienvenue sur le plateau de TV5MONDE pour Face au Territoire avec un invité qui est un leader du monde économique ce matin.
00:19Bonjour Daniel Ball, merci d'être avec nous.
00:22Vous êtes le président du Crédit Mutuel, on va en parler tout au long de cette émission.
00:25Vous avez sorti un livre qui s'appelle Pour une société plus mutuelle avec Nicolas Théry aux éditions de l'Aube, on en parlera aussi pendant cette émission, Pour une société plus mutuelle.
00:37J'ai envie de vous demander, puisque je reçois un grand banquier ce matin, comment on peut rassurer les gens quand on est un grand banquier aujourd'hui ?
00:44Comment leur expliquer que nos modes de vie pourront sans doute changer mais qu'ils continueront d'avoir des économies dans les banques ?
00:51Est-ce qu'au fond, les gens qui se sentent en danger, vous pouvez leur dire quelque chose ce matin qui les rassurerait ?
00:59Le rôle de la banque c'est d'apporter de la confiance. Notre activité elle est basée sur la confiance, c'est également des promesses que nous faisons.
01:06Et dans notre réseau, les conseillers voient au quotidien des clients, des sociétaires.
01:12Et finalement, cette anxiété dont on entend souvent parler, on la ressent moins.
01:19On la ressent moins parce qu'il y a une relation de confiance qui est établie.
01:23Il fut un temps effectivement où la banque a inspiré des inquiétudes.
01:27Aujourd'hui, on sait que les banques, et notamment que les banques françaises sont extrêmement solides.
01:30Oui, je pense que là, il n'y a plus aucun doute. Le système de surveillance qui a été mis en place par la Banque Centrale Européenne depuis maintenant plus de dix ans
01:40a permis de solidifier complètement les banques européennes. Et on sait que les banques françaises font partie de ces banques solides.
01:47Le Crénie Mutuel tout particulièrement, qui a un ratio de solvabilité extrêmement fort.
01:52Donc la confiance, elle est là. Après, la confiance, c'est également qu'est-ce qu'on va expliquer, en quoi on va accompagner.
01:59Et les grands enjeux qu'on a aujourd'hui, notamment sur le marché de l'entreprise, notamment sur le marché des professionnels,
02:06c'est comment accompagner aujourd'hui dans cette transition écologique qui est absolument indispensable
02:12et dont les clients sont de plus en plus conscients. Et nous devons être à leur côté.
02:17C'est vraiment une mission essentielle que nous avons.
02:19On va en parler. Patrice Moyon, éditorialiste politique, économique et sociale à Ouest français, sur ce plateau.
02:28Alors, comment, Patrice Moyon, avec le plan Bayrou ?
02:3240 milliards d'économies à trouver. Les semaines qui viennent s'annoncent à haut risque pour le gouvernement.
02:38Vous, en tant que président d'une grande banque, où est-ce que vous mettriez l'accent aujourd'hui sur les économies sans casser la machine ?
02:46J'ai terminé ma journée hier avec le Premier ministre et je lui ai posé cette question à lui, d'ailleurs.
02:51Comment faire ? Il me dit qu'il faudra, par le dialogue, essayer de trouver des solutions.
02:57Alors, c'est vrai que les 40 milliards, c'est incroyable.
02:59À partir du moment où on dit qu'on ne veut pas augmenter les impôts,
03:03et je pense qu'effectivement, ce serait une très, très mauvaise idée d'augmenter les impôts,
03:08que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises,
03:09la pression fiscale est déjà extrêmement forte.
03:13Donc, ça veut dire faire du travail sur les dépenses.
03:15Alors, nous, chefs d'entreprise, on sait comment on doit de temps en autre agir pour réduire certaines dépenses.
03:20Alors, est-ce qu'il y a un ou deux domaines sur lesquels vous pensez qu'on peut agir ?
03:23Moi, je pense surtout qu'il y a des domaines sur lesquels il ne faut pas agir.
03:26Parce que c'est des priorités qui sont l'éducation, qui sont la défense, qui sont la santé,
03:31d'autant plus que la santé, aujourd'hui, déjà, souffre un peu,
03:34même si la France reste quand même un des meilleurs systèmes de santé en France.
03:40Puis, sans doute qu'il y a des efforts à faire également sur les sujets de la justice.
03:43Et puis, il y a un sujet nouveau qui est apparu, enfin, qui est réapparu au premier plan.
03:47C'est effectivement les enjeux de souveraineté nationale et les enjeux de défense.
03:50Alors, vous évoquez la santé, justement.
03:52La Cour des comptes tire la sonnette d'alarme.
03:54175 milliards d'euros de dettes.
03:58Le risque d'une crise de liquidité dès 2027.
04:03Est-ce que le financement de la santé, de la famille,
04:06il doit continuer à reposer sur le travail ?
04:09Aujourd'hui, il repose très largement sur les cotisations des salariés, des entreprises.
04:13Donc, un des projets dont on entend parler actuellement
04:16serait effectivement de le faire également porter un peu.
04:20Jusqu'à quel niveau on n'en sait rien sur la consommation avec cette fameuse TVA sociale ?
04:24Je n'ai pas d'avis tranché, mais ça mérite en tout cas qu'on y réfléchisse.
04:28Alors, la TVA sociale, justement, elle suscite une levée de boucliers,
04:32notamment du côté des syndicats, mais elle aurait quand même l'avantage,
04:35par exemple, de taxer les importations.
04:38Exactement.
04:39Pour moi, c'est d'ailleurs l'intérêt essentiel.
04:42C'est effectivement de taxer également les importations
04:45et de les taxer pour un enjeu majeur qui est celui de la santé.
04:51Donc, c'est pour ça que je considère qu'il ne faut pas exclure cela.
04:53Après, sur le travail de la santé, on a un système performant quand même.
04:58On ne va pas se plaindre, même si chacun, de temps à autre, va se plaindre.
05:01Il ne trouve pas de médecin.
05:02Il y a des moments très longs.
05:04Aller aux urgences, il y a quelque chose qu'il ne faut surtout pas vivre.
05:07Donc, pour avoir parlé récemment avec pas mal de praticiens de la santé, profs de CHU,
05:18il y a quand même un point qui revient souvent, qui est le sujet de l'efficacité
05:21et de la charge administrative très lourde du système de santé français.
05:26Qu'est-ce que vous voulez dire, vous, en tant que banquier mutualiste ?
05:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les dépenses administratives dans le secteur de la santé sont trop lourdes.
05:35On pourrait faire mieux ?
05:36Oui, c'est ce que les praticiens disent.
05:38Après, notre rôle, et nous sommes assureurs également, et nous sommes également assureurs santé,
05:42et le rôle qui devrait plus être pris en charge aujourd'hui, y compris par la sécurité sociale,
05:48c'est sans doute dans le domaine de la prévention.
05:50Là aussi, je suis frappé lorsque j'échange avec des professionnels de santé
05:54qui me disent aujourd'hui que le sujet de la prévention n'est absolument pas pris en compte,
05:58alors que la prévention, c'est des économies potentielles importantes pour le futur,
06:03sans parler d'un élément qui est quand même important, une amélioration de la qualité de la vie.
06:07Et ça, c'est aussi un sujet qui, nous, en tant que banquier mutualiste, nous intéresse.
06:12Une dernière question.
06:13Est-ce que vous avez une idée de ce que cette prévention pourrait rapporter aujourd'hui ?
06:18Oui, est-ce qu'il y a des chiffres qui existent ?
06:19Les chiffres, je ne les ai pas en tête, mais bon, il suffirait de chercher les études.
06:24Et les études existent, clairement.
06:26La une de Ouest France, Patrice Moyon.
06:27Sur le recyclage avec le verre.
06:30Le verre, très bien.
06:31Avec la consigne, le retour de la consigne.
06:32Voilà, ça, on va parler écologie tout à l'heure avec Daniel Ball.
06:35C'est une des choses qui sont importantes dans son livre.
06:38Il consacre tout un chapitre.
06:39Oui, parce que c'est un sujet qui, aujourd'hui, concerne chacune et chacun des citoyens, absolument.
06:44Pour rester avec nous, Patrice Moyon, on va partir pour Marseille.
06:47Daniel Ball, qui est le président du Crédit Mutuel, qui est notre invité ce matin,
06:49face au territoire en direct.
06:51Olivier Biscay, le directeur de la rédaction de la Provence, a une question à vous poser, Olivier.
06:55Daniel Ball, bonjour.
06:58De quelle qualité, portée par le monde de l'économie, le monde de l'entreprise,
07:02le monde politique, devrait s'inspirer ?
07:05C'est une belle question.
07:07Et malheureusement, aujourd'hui, souvent, le monde de la politique a un peu perdu la confiance.
07:15Nous, les entreprises, nous devons, au contraire, continuer à apporter de la confiance.
07:19Nous devons également être constamment dans l'innovation, constamment dans la recherche de cohésion en interne et en externe.
07:28Le parler vrai, non ?
07:29Le parler vrai, je crois que l'entrepreneur, le chef d'entreprise, les dirigeants d'entreprise savent le faire aujourd'hui.
07:35Et c'est une force que nous avons également, bien sûr.
07:38La Une de la Provence, notre partenaire dans Face au Territoire.
07:42Et merci, Patrice Moyon.
07:43Dans un instant, Jefferson Desport, du groupe Sud-Ouest, et sur ce plateau.
07:51Bonjour Jefferson Desport, vous arrivez de l'OTAN.
07:54Vous êtes éditorialiste à Sud-Ouest, Politique et Défense.
07:56Bonjour Cyril, bonjour Daniel Ball.
07:58Bonjour.
07:59On va parler de Défense.
08:00Vous l'avez évoqué dans vos propos à l'instant.
08:02Éric Lombard, le ministre de l'Économie, l'a annoncé.
08:04Pour financer le réarmement de la France, les entreprises de Défense vont avoir besoin de 5 milliards d'euros,
08:09de fonds propres et de capitaux nouveaux.
08:10Est-ce que le Crédit Mutuel est prêt à accompagner ces entreprises, Daniel Ball,
08:14parce que ces dernières années, le secteur bancaire était plutôt frileux à l'égard des investissements de Défense,
08:19en tout cas pour des questions d'image, pour certains d'entre eux ?
08:21Voilà, pour certains d'entre eux.
08:22Je l'entends.
08:23Je considère vraiment de ne pas en faire partie.
08:26Nous avons une politique sectorielle de Défense qui est très clairement affirmée.
08:29Et nous sommes aux côtés de l'industrie de la Défense française, y compris quand elle exporte.
08:35Il n'y a plus de questions d'image.
08:37Mais non, il ne peut pas y avoir de questions d'image.
08:39Aux gens qui se disaient, bon, une grande banque n'a pas non plus à financer de la guerre, par exemple.
08:44J'ai fait récemment une déclaration qui avait été largement reprise dans un certain nombre de titres de la presse cotienne régionale,
08:50en disant que le Crédit Mutuel sera un rendez-vous de l'effort de Défense.
08:53Alors j'ai bien eu une ou l'autre lettre de clients ou de sociétaires.
08:57Non, j'en ai reçu très peu.
08:58En me disant, mais ce n'est pas normal.
09:00Les mentalités changent.
09:01Je parle de la Défense.
09:04Je ne parle pas de l'attaque.
09:06Et je rappelle que si justement je veux travailler à la paix, je dois avoir une Défense qui est à la hauteur.
09:11Non, les sujets de responsabilité sociétale de l'entreprise, aujourd'hui, nous imposent, au contraire, d'être une banque citoyenne.
09:19Et une banque citoyenne doit participer à l'effort d'armement.
09:21Il n'y a aucun doute.
09:22Vous reprenez le mot d'Éric Lombard.
09:23L'investissement dans la Défense est un investissement responsable dans la mesure où il protège la Sorbonne.
09:26Absolument. Nous sommes complètement en phase avec Éric Lombard sur ce sujet, comme sur d'autres, d'ailleurs.
09:30Il y a un autre levier qui a été mis sur la table.
09:32C'est la mobilisation de l'épargne des Français.
09:34Avec BPI France doit ouvrir un fonds de 450 millions d'euros, justement pour mobiliser cette épargne des Français.
09:39Est-ce que vous y êtes favori ? Est-ce que vous encouragez vos sociétaires, vos clients ?
09:43Comment vous abordez cette question ?
09:44Oui, bien entendu. Lorsque le fonds sera opérationnel, nous le diffuserons.
09:48Mais aujourd'hui, déjà, l'épargne des Français, indirectement, contribue au financement de la Défense.
09:55Il y a eu peut-être quelques mots malheureux où certains Français ont pu croire qu'on veut piocher dans leur épargne.
10:03Bon, ce n'est pas le sujet. Leur épargne reste leur épargne.
10:06Elle sera utilisée comme elle est aujourd'hui utilisée pour le logement, par exemple, sur le livret A, également sur la Défense.
10:14J'ai une question complémentaire. Est-ce qu'une grande banque, un grand banquier comme vous, pourrait s'opposer aux politiques si le politique décidait, entre guillemets, de saisir l'épargne des Français ?
10:24Non, mais c'est juste impensable. Saisir l'épargne des Français, enfin, c'est saisir...
10:28Vous avez entendu les commentaires, les articles...
10:30Oui, oui, j'ai entendu les commentaires, mais je crois que c'est parti de propos qui étaient un peu maladroits.
10:34Mais est-ce que vous en auriez les moyens ? Est-ce que vous auriez l'autorité, le pouvoir d'empêcher, par exemple, un gouvernement qui souhaiterait saisir l'épargne ?
10:42Mais ça serait contraire à la Constitution, de ne plus respecter le droit à la propriété, tout simplement.
10:48Non, franchement, je pense que là, on fait parfois peur de manière absolument injustifiée.
10:54Absolument injustifiée. Demain, un épargnant vient chez nous, même si son épargne a servi à financer la Défense ou le logement, évidemment, il y a droit.
11:04– Daniel, est-ce que sur ce fonds qui va arriver de BPI France pour financer le réarmement, est-ce que les Français peuvent avoir confiance ?
11:12Parce que il y a toujours, vous l'avez dit au début de votre propos, la banque, c'est une histoire de confiance.
11:16Là, pour le coup, cette question va arriver. Est-ce qu'on peut investir, confier ses économies ?
11:20Alors, il y a un premier ticket d'entrée de 500 euros. Après, les sommes sont beaucoup plus importantes.
11:23Mais en tout cas, cette question de confiance, pour vous, elle ne se pose pas ?
11:26– Non, je pense qu'elle ne se pose pas. Quand la BPI gère ça, on doit faire confiance à la BPI.
11:34Et clairement, les entreprises de la Défense française, aujourd'hui, elles-mêmes, sont, dans leur grande majorité, très solides.
11:41Alors, bien sûr, il y a eu…
11:41– Avec des actionnaires de l'État, notamment.
11:43– Avec des actionnaires de l'État, comme vous le dites.
11:44Il y a eu une ou l'autre PME qui a connu des difficultés, qui était plus structurelle, liée à des insuffisances de fonds propres.
11:52Mais sur le fond, ça reste un investissement qui n'est pas risqué pour l'épargnant.
11:57– Et l'Allemagne ?
11:58– Oui, je reste sur cette question, Daniel Ball, parce qu'on a vu les Allemands, eux aussi,
12:01se lancer dans cette course au réarmement, avec un chiffre assez vertigineux.
12:04Ils sont prêts à mettre près de 100 milliards d'euros pour remuscler leur défense, en tout cas leur armée.
12:10Comment vous percevez ce chiffre ?
12:11On parle, en tout cas pour le côté français, 5 milliards d'euros de fonds propres à fournir.
12:16Et c'est 100 milliards en opposition de l'autre côté.
12:18– Et je dis aux téléspectateurs, c'est important, que vous avez racheté la 10e banque allemande OBL il y a quelques mois.
12:24Donc vous êtes bien impliqué dans ces problématiques-là.
12:26– Oui, aujourd'hui, on fait déjà 10% de nos revenus.
12:29Le groupe fait 10% de ses revenus en Allemagne.
12:31Alors pour répondre à votre question, oui, on note que l'Allemagne avait quand même du retard en matière de dépenses d'armement.
12:37Et donc aujourd'hui, ça fait partie de l'ensemble du programme d'investissement extrêmement fort
12:42qui est en train de se mettre en œuvre sous l'impulsion du nouveau chancelier,
12:46qui change un peu toute sa doctrine militaire par rapport à ce qu'on a connu avant.
12:51– Il rompt avec l'orthodoxie.
12:53– C'est une vraie rupture.
12:53– Dans vos discussions, vous nous avez dit que vous étiez avec le Premier ministre hier.
12:57Est-ce que c'est des messages que vous faites passer sur ce sujet-là ?
13:00Parce que vous avez aussi un pied en Allemagne, vous voyez ce qui se passe des deux côtés.
13:02– Écoutez, nous, on est ravis de ce qui se passe en Allemagne.
13:06Lorsque justement nous avons racheté OLB au mois de février,
13:09on nous dit oui, mais l'Allemagne aujourd'hui souffre.
13:11Oui, elle souffre sans doute.
13:12Mais déjà, elle a quand même une situation budgétaire très nettement meilleure que celle de la France.
13:17Et surtout, elle a un potentiel d'investissement extrêmement fort.
13:20Et ce potentiel d'investissement servira aux entreprises allemandes,
13:23mais elle servira aux entreprises européennes,
13:25parce que l'ensemble des entreprises européennes pourront intervenir en Allemagne.
13:27– C'est Daniel Ball, le président du Crédit Mutuel,
13:29qui est notre vitée en direct, face au territoire.
13:31– Aujourd'hui sur TV5MONDE, on va regarder le cahier éco
13:34encarté dans le journal Sud-Ouest le lundi matin,
13:37qui est un beau succès, lancé par Michael Bourguignon et Jean-Pierre Dorian.
13:41Voilà, on le voit, il s'agit évidemment d'économie locale, c'est important.
13:45Et puis la lune de Sud-Ouest, merci beaucoup Jefferson Desport.
13:49– Merci, merci Daniel Ball.
13:50– Dans un instant, Fabrice Vesser-Redon, justement,
13:53rédacteur en chef du bureau de Paris du groupe EBRAS, est sur ce plateau.
13:57– Bonjour Fabrice Vesser-Redon, alors je précise tout de suite
14:03que le groupe EBRAS est détenu par le Crédit Mutuel,
14:05que les choses soient très claires,
14:06et que la liberté de parole est totale,
14:11qu'il y a des accords, des conventions mis en place avec votre groupe
14:14pour qu'il n'y ait aucun souci déontologique.
14:17– Voilà, une indépendance totale,
14:19qu'a rappelé d'ailleurs le président du Crédit Mutuel assez récemment.
14:23– Oui, oui, on y tient, parce qu'on ne veut pas utiliser le groupe de presse
14:27comme étant un moyen de pression, et ça nous semble normal.
14:31À partir du moment où nous sommes propriétaires d'un groupe de presse,
14:34nous devons lui donner tous les moyens de réussir.
14:36Nous attendons du groupe de presse qui…
14:37– Et vous avez donné des moyens financiers, pendant.
14:39– On a donné des moyens financiers très importants,
14:40on attend qu'il livre une information de qualité à nos lecteurs,
14:44et cette information de qualité, c'est à la rédaction de définir dans quel sens elle va.
14:48– On va parler du cash, qui est quand même une problématique énorme,
14:51puisque le ministre de la Justice, dans une interview récente,
14:55a dit au fond le cash sert à financer le narcotrafic,
14:59il serait peut-être bon d'imaginer de le supprimer.
15:02– C'est un sujet qui n'est pas tout à fait nouveau, Daniel Ball,
15:04mais est-ce que c'est le sens de l'histoire,
15:06la disparition de l'espèce, pour parler en bon français ?
15:10Qu'en pense la banque ?
15:12– La disparition totale, je ne crois pas.
15:14Le fait que de moins en moins, on utilise la monnaie fiduciaire,
15:18ça c'est juste une réalité.
15:20Moi je connais beaucoup, et je suis sans doute parti aujourd'hui de ces gens
15:23qui n'utilisent absolument plus la monnaie fiduciaire,
15:26parce qu'avec ma carte de paiement, ou encore mieux avec mon smartphone…
15:29– Mais quand vous devez laisser un pourboire, ça crée quelque chose ?
15:32– Le pourboire, c'est le seul.
15:34– Oui, ça crée un lien.
15:35– Lorsqu'on me dit qu'on ne peut pas le mettre sur la carte,
15:38parce que je demande toujours est-ce que je peux le mettre sur la carte,
15:40et alors j'ai quand même quelque chose.
15:41Mais autrement, je crois qu'aujourd'hui, on peut très bien vivre.
15:45Et je vais de temps à autre à l'étranger.
15:48Quand c'est en zone euro, il n'y a pas de problème.
15:49Mais j'étais la semaine dernière dans un pays en dehors de la zone euro,
15:53je n'ai pas fait de change.
15:54J'ai tout payé par carte également.
15:56Je pense qu'aujourd'hui, c'est rentré dans les coutumes.
15:59Après, je ne suis pas favorable à la suppression totale du cash,
16:04parce qu'il faut respecter les gens qui aujourd'hui ne peuvent pas vivre quasiment autrement.
16:09Donc ça, c'est un élément.
16:10Maintenant, la monnaie fiduciaire, ce sont des coûts extrêmement importants.
16:15On parle régulièrement du parc de distributeurs.
16:18– Alors on va en parler, parce que j'ai des questions là-dessus.
16:21– On peut en parler.
16:22– J'ai des questions là-dessus.
16:23Mais pour rester une minute quand même sur l'espèce,
16:26le dernier rapport de la Banque centrale européenne révèle qu'en Europe,
16:29la France comprise, le cash reste le moyen préféré de paiement des Français.
16:35dominant en érosion, c'est vrai, mais à plus de 50%.
16:38– Oui, dans des pays comme l'Allemagne ou l'Autriche,
16:41c'est encore bien plus important que ce n'est le cas en France.
16:44Mais la tendance, et le Covid a accéléré la tendance,
16:48est quand même à la réduction.
16:49Après, on nous dit souvent, le cash c'est indispensable.
16:53Oui, mais aujourd'hui, on peut quasiment tout payer autrement que par du cash.
16:57– Ça rassure les gens.
16:57– Oui, mais en plus…
16:59– Le fameux matelas, on le met sur le matelas.
17:01– Alors si c'est le matelas, c'est un autre sujet.
17:03Franchement, aujourd'hui, est-ce qu'on a encore besoin
17:05d'avoir un matelas de billets de banque chez soi ?
17:06Qu'est-ce que ça veut dire ?
17:07Je veux dire, c'est juste incroyable qu'on puisse encore raisonner comme ça,
17:12de temps à autre, 20 ans après, on a des clients qui viennent
17:17et j'ai retrouvé ces billets.
17:18– Ils ne valent plus rien.
17:19– Ces billets ne valent plus rien aujourd'hui, alors qu'est-ce qu'on a gagné ?
17:21– Vous évoquiez à l'instant la question des distributeurs automatiques de billets,
17:25notamment en milieu rural.
17:28Là aussi, vous disiez, c'est un coût.
17:30C'est quoi ces 100 000, 150 000 euros ?
17:32– Ça dépend.
17:34Il y a un rapport entre le nombre d'opérations qui sont traitées et ce qu'on a.
17:39Mais le coût moyen de fonctionnement du guichet automatique de banque,
17:44du distributeur automatique du billet, n'est pas loin de 30 000 euros par an.
17:48Et en plus, vous avez d'autres charges,
17:49qui sont notamment les charges de réapprovisionnement avec les transporteurs de fonds.
17:53Bon, donc, pour ce qui nous concerne, on maintient un réseau extrêmement large.
17:58Nous avons passé le crédit mutuel, un accord avec BNP Paribas et Société Générale,
18:04pour mutualiser nos automates, pour qu'on n'ait plus, notamment en zone urbaine,
18:09deux automates à 50 mètres l'un de l'autre.
18:12Par contre, nous veillons, en zone rurale,
18:14et c'est en zone rurale que le crédit mutuel est particulièrement présent
18:17dans notre entente avec les deux autres banques,
18:19à maintenir notre réseau.
18:22Car, effectivement, l'accessibilité doit exister.
18:25– J'ai une question, moi.
18:27TV5, on est très présente en Afrique, par exemple,
18:30évidemment, dans beaucoup de zones du monde.
18:31Est-ce qu'il ne va pas y avoir aussi une très grande différence
18:33entre les pays comme le nôtre, l'Allemagne, etc.,
18:37qui vont moderniser leur système, etc.,
18:39et les pays plus en retard, évidemment, qui le sont,
18:42et qui vont avoir du mal à s'adapter à cette nouvelle donne bancaire mondiale ?
18:46Comment vous voyez les choses ?
18:48– Vous savez, même en Afrique, aujourd'hui,
18:51les paiements se font très largement en dehors de billets bancaires.
18:55– Vous ne voyez pas de distorsion de système ?
18:57– J'étais au mois d'avril en Asie du Sud-Est,
19:03je n'ai pas vu un billet de banque.
19:04Je n'ai pas vu un billet de banque.
19:05En prenant le métro à Singapour, j'ai payé avec ma carte.
19:09Je n'ai même pas pris de ticket de métro.
19:11– Fabrice, vous avez une dernière question ?
19:13– Oui, alors, pour en venir à la question de l'agriculture,
19:16qui est un sujet important sur nos zones,
19:19vous aviez avant-hier le ministre de l'Économie,
19:22parmi vous, au Conseil économique et social,
19:24vous avez beaucoup parlé d'agriculture,
19:25de votre volonté d'aider les agriculteurs en milieu rural,
19:29en milieu, enfin, en France, globalement, bien sûr.
19:32Il se pose quand même une question un peu schizophrénique actuellement.
19:35Entre la nécessité de changer de modèle,
19:38cette fameuse transition écologique,
19:40on a vu la semaine dernière que la polémique autour de la loi Duplomb
19:44était extrêmement vive.
19:46Comment, aujourd'hui, quel message passez-vous aux agriculteurs ?
19:50– Le message est simple.
19:51Nous ne sommes pas pour une écologie punitive,
19:53mais nous sommes pour une écologie de transformation
19:55et nous devons accompagner les agriculteurs dans ce domaine-là.
20:00Aujourd'hui, notre chargé de clientèle agricole
20:02est un conseiller à la fois sur les sujets financiers,
20:05mais de plus en plus est aujourd'hui capable d'aider l'agriculteur
20:10dans cette transformation.
20:12C'est vraiment la voie que nous voulons prendre.
20:14Effectivement, nous avions cette conférence du Dividende Sociétal
20:16en début de semaine.
20:17J'ai également eu l'occasion de rencontrer les responsables
20:20de la filière agricole du Crédit Mutuel lundi.
20:24Et les échanges qu'on a eus sont très riches
20:26et notre manière de faire est aujourd'hui très bien perçue
20:29dans le monde rural.
20:30– Ça n'est pas un peu la mutation impossible, là, aujourd'hui, pour les présidents ?
20:33– La mutation, je crois qu'aujourd'hui, le monde de l'agriculture l'a comprise.
20:37Et moi, je fais confiance aux agriculteurs.
20:39Je trouve qu'on fait trop de bashing anti-agri,
20:42alors que l'agriculture est aujourd'hui indispensable.
20:45Et la souveraineté alimentaire dépend également
20:48de la capacité de l'agriculture française à continuer à bien produire.
20:52– Merci Fabrice Vessard, renom-rédacteur en chef du bureau de Paris, du groupe Ebra.
20:56On voit la une des dernières nouvelles d'Alsace,
20:58qu'on appelle le DNA actuellement.
21:01Et vous voyez, c'est une une locale, bien sûr.
21:03Et la une du Dauphiné libère votre titre du groupe Ebra.
21:06Merci infiniment. Dans un instant, Tom Benoît,
21:08directeur de la rédaction de Géo, Stratégie Magazine, est sur ce plateau.
21:11– Tom Benoît, bonjour.
21:16– Bonjour.
21:16– On part sur l'euro numérique, justement.
21:18– Ah, l'euro numérique.
21:19– Et le cash, il n'en a plus besoin.
21:21Alors, l'euro numérique arrive, ça tombe bien.
21:23– Absolument. Et Daniel Ball, vous avez eu des propos assez virulents,
21:26si je puis dire, à l'endroit de l'euro numérique.
21:27– Je ne sais pas s'il arrive.
21:28Je sais que la BCE voudrait le faire arriver, mais je ne sais pas s'il arrive.
21:30– Il est annoncé, mais c'est tôt, d'abord d'un grand banquier français
21:33qui généralement entretiennent les banquiers français
21:36de grande proximité avec la Banque Centrale Européenne.
21:38Vous avez déclaré que l'euro numérique était un problème
21:40qui cherchait sa solution.
21:42Alors, ma question, elle est toute simple.
21:44Quelle est l'idée de la Banque Centrale Européenne ?
21:46Finalement, il y a deux suppositions.
21:47Contrôler les dépenses d'une partie des citoyens
21:49ou alors financer une partie de dépenses sociales
21:51à l'aide de l'euro numérique.
21:52Quel est l'intérêt de l'euro numérique ?
21:53– Non, je crois que ce n'est ni l'un ni l'autre.
21:55Et quand je dis que c'est une...
21:57– Il y a forcément un but.
21:58– Une solution qui cherche son problème,
22:00je reprends les propos d'un eurodéputé allemand,
22:04Marcus Ferber, avec qui j'ai récemment échangé
22:06au Parlement européen à Strasbourg,
22:07et qui aujourd'hui, effectivement, est complètement mobilisé
22:10dans le même sens que nous, mais que les banques françaises,
22:13pas que le Crédit Mutuel, parce que nous sommes bien d'accord
22:15qu'aujourd'hui, le projet...
22:16– Les banques français, vous sentez voler la vedette,
22:18en quelque sorte, et toutes les banques, finalement,
22:19parce que si les citoyens ont directement leur compte
22:21pour une partie, en tout cas, d'un volume,
22:23c'est ce que vous déclarez également dans cette récente interview,
22:26vous dites, il y a un risque pour les bilans bancaires.
22:29– Exactement. Alors ça, c'est tout à fait une réalité.
22:32C'est que si on crée un euro numérique,
22:34qui sera différent de l'euro, qui sera parité, heureusement...
22:38– C'est une autre structure monétaire.
22:39– Voilà, ce sera une monnaie numérique de banque centrale,
22:42alors que le reste de l'euro, c'est de la monnaie de banque commerciale.
22:46– Scrépital.
22:46– Aujourd'hui, l'essentiel des flux, enfin, les flux se font
22:49en monnaie de banque commerciale.
22:52Donc si vous créez une monnaie numérique de banque centrale,
22:54vous allez faire un transfert entre les monnaies commerciales,
22:57qui aujourd'hui servent au financement de l'économie.
23:00C'est l'épargne qui est déposée dans les banques
23:02qui permet de faire des crédits. Donc si vous réduisez ce volume d'épargne,
23:07vous allez réduire la capacité de financement.
23:09– Et en même temps, ce que dit la Banque centrale européenne,
23:12c'est que les comptes en euro numérique seraient plafonnés
23:14à 3 000, 4 000, 10 000, on ne sait pas vraiment.
23:16– On ne sait pas quoi, vraiment.
23:17– S'ils sont plafonnés en tout cas à moins de 20 000 euros,
23:19ce que j'ai envie de dire, c'est que ce ne sera pas une monnaie de business,
23:21l'euro numérique.
23:22– Oui, de toute manière.
23:24– Mais si déjà aujourd'hui, la Banque centrale européenne elle-même dit
23:27qu'il faut le plafonner, c'est qu'elle-même reconnaît qu'il y a un vrai danger
23:31sur la équipe, tout à fait cache.
23:33– Mais vous en parlez ? Ils consultent, vous êtes un grand banquier de la place.
23:37Vous leur dites tout ça, ils le comprennent.
23:38– Il y a des réunions régulières avec tant la Banque de France
23:41que la Banque centrale européenne sur le sujet.
23:45Nous le disons, j'ai le sentiment que nous ne sommes pas entendus.
23:49Aujourd'hui, la Banque centrale européenne, on voit bien toutes les déclarations
23:52qui sont faites actuellement, et dans…
23:54– Ça change beaucoup d'ailleurs, d'une période à une autre.
23:56– Oui, mais actuellement, c'est quand même le forcing,
23:58il faut obtenir une décision politique.
24:01Parce qu'aujourd'hui, la volonté de la Banque centrale européenne
24:04est de pouvoir obtenir une décision politique.
24:05– Mais très clairement, je vais être assez caché.
24:06– Des États d'une part, du Parlement européen de l'autre part.
24:09– Est-ce que l'idée de la Banque centrale européenne,
24:10en accord avec les États européens, n'est pas finalement de financer
24:13des dépenses publiques sans abîmer l'euro ?
24:16Et éviter de faire de l'assouplissement quantitatif,
24:18abîmer l'euro, on crée une autre structure monétaire,
24:20et on émet des chèques énergie avec l'euro numérique,
24:23on émet des chèques…
24:24– C'est même pas ce qu'on nous explique.
24:27C'est même pas ce que la Banque centrale européenne,
24:28aujourd'hui, nous explique.
24:29Aujourd'hui, elle nous explique qu'il y a un enjeu de souveraineté européenne,
24:33mais que je comprends parfaitement.
24:34– Pourquoi pas ?
24:36– Et auquel j'adhère, évidemment, à 100%.
24:38Mais pourquoi, pour répondre à cet enjeu de souveraineté numérique,
24:44faut-il confier aujourd'hui les clés du camion,
24:47exclusivement à la Banque centrale européenne,
24:49qui créerait sa propre infrastructure de paiement,
24:52avec tous les risques opérationnels que cela générerait ?
24:54– Ce qui n'est pas l'objet d'une Banque centrale au départ.
24:56– Ce qui ne me semble pas être l'objet.
24:57– Pour suivre sur une question de souveraineté numérique,
25:00un sujet très important également,
25:02les stable coins qui prennent une émergence phénoménale,
25:05c'est un pont finalement entre les crypto-monnaies,
25:08ce sont des crypto-actifs qui sont un pont entre la monnaie fiat
25:10et les crypto-actifs, donc la finance totalement décentralisée.
25:13Pour le moment, les stable coins sont américains,
25:16et seulement américains.
25:17Le volume, la capitalisation des stable coins américains,
25:20c'est centaines de milliards.
25:22Le stable coin français, par exemple, c'est 50 milliards,
25:25et ce sont vos confrères de la société générale.
25:27– Je n'ai pas de question s'il vous plaît.
25:28– Pourquoi l'Europe n'avance pas sur les stable coins
25:30et n'est-ce pas un danger en quelque sorte de se voiler la face,
25:34si je puis dire, il n'y a pas de business qui se fait en stable coins,
25:36alors que c'est le nouveau cash en réalité,
25:38et nous on n'a pas de stable coins en Europe, européen.
25:40– Si la réponse doit être de créer un euro numérique pour construire…
25:44– C'est un autre sujet encore là, en dehors de l'euro numérique,
25:47je parle de stable coins privés.
25:48– Après sur ce sujet-là, il va falloir très clairement aujourd'hui
25:52continuer déjà à faire de la pédagogie vis-à-vis des utilisateurs,
25:58et pour ce qui nous concerne, nous le faisons avec nos clients.
26:02– Mais les Américains l'ont tellement fait qu'ils ont pris le monopole finalement,
26:05ils ont fait plus que de la pédagogie.
26:06– Ils ont pris le monopole, mais aujourd'hui,
26:07l'économie française ne fonctionne pas avec ça, clairement.
26:11– Je crois qu'il y a beaucoup de Français entrepreneurs quand même
26:13qui, via des sociétés de gestion, réceptionnent des paiements
26:16pour des montants faramis de un stable coin.
26:18– Écoutez, ça reste, de mon point de vue, marginal,
26:21et nous devons rester extrêmement vigilants.
26:23Donc nous, pour l'instant, on est d'une manière générale
26:27très réservés sur ces sujets-là,
26:30parce qu'on pense à l'intérêt de nos clients,
26:33qu'on veut les protéger, mais sans doute qu'à un moment,
26:37il faudra qu'on évolue.
26:38– Vous ne ferez pas comme Société Générale, par exemple,
26:41l'idée de faire une finale, ce n'est pas l'idée ?
26:43– Aujourd'hui, on n'y est pas, je ne dis pas qu'on n'y sera jamais,
26:45mais peut-être lorsque la régulation sera plus forte,
26:48que la confiance pourra être plus forte, peut-être qu'on pourra avancer.
26:50– Une question, comment un grand banquier comme vous
26:52voit les problèmes aujourd'hui, il y en a encore eu un hier soir,
26:56entre le président des États-Unis et le patron de la…
27:00– Fédérale Réserve.
27:01– Fédérale Réserve américaine, avec un Donald Trump qui dit
27:05« faites-ci, faites-ça », alors qu'il n'a théoriquement pas ce pouvoir de le faire,
27:10et qui dit déjà « on le remplacera vite, il faut qu'il se dépêche ».
27:13Comment vous voyez ça ?
27:15– Non, mais c'est surnaturel, c'est juste surnaturel.
27:18Aujourd'hui, en Europe, situation que je connais mieux que les États-Unis,
27:23on a une banque centrale européenne, qui au moins est autonome,
27:26qui est responsable de la politique monétaire,
27:28et heureusement qu'il n'y a pas d'ordre direct qui vienne du pouvoir politique.
27:34– Finalement, la Fédérale Réserve reste autonome, puisqu'elle ne répond pas favorablement à Donald Trump.
27:38– Voilà.
27:38– Donc il n'y a pas de problème.
27:40– Il y a une de géostratégie dont vous vouliez parler.
27:43– Absolument, oui.
27:44Les propres firmes qui prennent beaucoup d'ampleur,
27:47des sociétés qui permettent de libérer du cash, de mettre à disposition du cash à des traders.
27:52Une société, on a réalisé donc une interview d'Objectif Trading,
27:56qui est une société qui se trouve à côté de Monaco, à Mougins,
27:59et qui forme des traders donc, et qui fait ressortir les meilleurs parmi la formation.
28:03– Ça m'intéresse, comment vous voyez ça, vous, ce genre d'initiative ?
28:07Vous, grand banquier de la place, avec un système bancaire classique,
28:11vous voyez des expériences émerger comme ça, dans les territoires ?
28:14– Non, mais des expériences, on en voit tous les jours.
28:15– Mais ça vous intéresse, vous le regardez, vous en tenez compte ?
28:18– Bien sûr qu'on les regarde.
28:19Parfois, on les regarde même de très près,
28:22qu'on s'intéresse aux personnes qui sont dans ces expériences,
28:26de telle sorte à renforcer les talents chez nous.
28:28– Et vous les recrutez ?
28:29– Bien sûr.
28:30– Bon, Benoît, vous avez toutes vos chances.
28:31Merci, vous êtes directeur de la rédaction de Géostratégie Magazine.
28:36Merci à vous, dans un instant, Denis Caro de Nice Matin est sur ce plateau.
28:40– Bonjour, Denis Caro, vous dirigez la rédaction de trois quotidiens régionaux importants,
28:47du Sud-Est, de la France, Nice Matin, Var Matin et Monaco Matin,
28:50où il se passe des choses d'ailleurs ce week-end,
28:52TV5MOND sera très présent en Nice et à Monaco,
28:56à cause de cette convention sur les océans.
28:58On va donc parler d'écologie avec vous.
29:00– On va parler d'écologie et d'environnement.
29:02Bonjour, Daniel Ball.
29:03Vous le racontez dans votre livre, il y a quelques années,
29:06le Crédit Mutuel a refusé de financer le projet d'un très gros client
29:11parce qu'il investissait dans les énergies fossiles.
29:15Qu'est-ce que ça dit de votre engagement pour la transition écologique ?
29:20– C'est même notre règle, aujourd'hui, toujours.
29:23Nous ne finançons pas d'investissements qui permettent d'augmenter des capacités de production d'énergie fossile.
29:28Nous avons, en 2020, c'était juste au début de la crise Covid,
29:33décidé de sortir complètement de tous les financements charbon.
29:37Et là, nous avons cédé toutes les positions que nous avions sur le sujet.
29:40Ça nous a coûté un peu d'argent.
29:42Mais c'était des choix très déterminés, très volontaires que nous faisons.
29:46Nous ne pouvons pas, d'un côté…
29:48– Ça s'appelle des choix éthiques, ça ?
29:49– Ça s'appelle des choix éthiques, des choix responsables et des choix d'avenir.
29:54Parce que nous sommes convaincus que prendre des positions telles que celles que nous prenons,
29:59dont nous parlons dans le livre écrit avec Nicolas Théry,
30:02telles que nous le faisons au quotidien dans notre plan stratégique,
30:06c'est de permettre à l'économie, à la vraie société,
30:11de se transformer sur le plan écologique et environnemental.
30:14Et ça, ça signifie que nous-mêmes prenions d'abord des décisions concernant nos propres portefeuilles.
30:20Nous avons pris des engagements dans le cadre du plan stratégique
30:22de réduire également notre impact indirect en matière de carbone.
30:29Donc ça veut dire quoi ?
30:30Ça ne veut pas dire arrêter de faire des affaires.
30:32Bien au contraire, on doit continuer à accompagner les entreprises,
30:35mais on doit les accompagner sur des projets qui sont vertueux.
30:39C'est comme ça qu'on arrivera à réduire notre empreinte carbone.
30:42Alors on voit que ces derniers jours, l'écologie est plutôt malmenée
30:46entre la suppression des zones à faible émission,
30:49les dérogations sur le zéro artificialisation net.
30:54Qu'est-ce que ça veut dire ?
30:54Ça veut dire que la France est en train de baisser les bras sur ces sujets
30:58ou qu'on a fait des mauvais choix avec une écologie trop punitive ?
31:02Elle ne doit pas être punitive.
31:03Je suis le premier à le dire.
31:05Au contraire, elle doit accompagner.
31:08Et nous signons ce matin avec une quarantaine de grands dirigeants d'entreprises françaises,
31:12d'une tribune dans les échos, où justement nous disons que les avances
31:17que l'Europe a prises aujourd'hui en matière de transformation écologique,
31:23on doit les maintenir et on doit persévérer dans ce sens-là.
31:26Je crois que le tissu des entreprises, et notamment des grandes entreprises,
31:29est complètement convaincu qu'il ne faut pas changer de stratégie,
31:33parce que c'est une stratégie d'avenir,
31:34parce que c'est une stratégie de performance pour l'avenir,
31:37de performance pour les entreprises notamment.
31:40Alors les grandes entreprises, les grands groupes sont plutôt engagés
31:43sur le chemin de la transition.
31:45C'est moins vrai pour un certain nombre de PME, encore moins vrai pour les TPE.
31:50Comment une banque comme la vôtre peut les aider, peut les accompagner sur ce chemin ?
31:54C'est justement ce que nous cherchons à faire aujourd'hui.
31:58Nous avons formé l'ensemble de nos charges de clientèle,
32:01on parlait tout à l'heure de l'agriculture, je peux dire la même chose,
32:04des professionnels et des entreprises, pour qu'ils soient aux côtés des entreprises.
32:09Nous proposons des solutions de financement adaptées,
32:13à des conditions meilleures, lorsque les projets aujourd'hui permettent
32:17une réduction de l'empreinte carbone.
32:18un dossier de crédit à une entreprise aujourd'hui est analysé chez nous évidemment
32:24sur les critères financiers habituels, mais également sur ces critères-là.
32:28– C'est le cas pour vos confrères ?
32:30– De plus en plus, je crois qu'aujourd'hui…
32:33– Par des autres banques ?
32:34– Oui, oui, les autres banques françaises sont également très engagées
32:37dans ce domaine-là.
32:39Et si jamais nous ne l'étions pas, nous aurions une pression,
32:42nous l'avons d'ailleurs, une pression extrêmement forte du superviseur
32:45de la Banque Centrale Européenne, qui est extrêmement vigilant là-dessus,
32:48et donc la Banque Centrale Européenne est également de ce point de vue
32:50un bras armé dans le domaine de la transformation environnementale.
32:54– Ce que dit Denis Caro est important, mais au fond,
32:57les Américains ont l'air d'aller dans le sens contraire.
32:59Vous avez vu l'administration américaine.
33:01On ne va pas se retrouver dans une position où ça va nous coûter très cher
33:04par rapport à des gens qui vont faire de grosses économies là-dessus,
33:07qui sont en même temps un pays énormément producteur d'énergie fossile.
33:11– Bien sûr, on ne doit pas se mettre en situation de ne plus être concurrentiel.
33:15Mais aujourd'hui…
33:16– Mais ça peut arriver vite, non ?
33:17– Non, je crois sincèrement, et c'est vraiment le sens de la tribune
33:21que nous avons signée ce matin, on peut continuer à être encore plus performant.
33:27À court terme, ce que vous dites est certainement juste,
33:30mais les entreprises, et notamment les grandes entreprises,
33:32doivent avoir cette capacité à prendre du recul et à s'inscrire dans la durée.
33:36En tout cas, au Crédit Mutuel, on s'est toujours inscrit dans la durée,
33:40et on ne va certainement pas faire l'inverse aujourd'hui.
33:42– Il y a un autre enjeu écologique majeur, c'est la rénovation des logements.
33:45Le Crédit Mutuel accompagne les particuliers.
33:49Dans le même temps, le gouvernement suspend le dispositif MaPrimeRénov'.
33:53– Il a dit qu'il allait le remettre en place après avoir suspendu.
33:55– Il a dit, mais il y aura la question du budget, donc ce n'est pas totalement gagné.
33:58C'est un aveu d'échecs, ça veut dire que l'État n'arrive pas à faire
34:01ce que les banques et ce que les entreprises font.
34:04– Quand j'ai appris cette décision hier, je me suis tout dit interrogé nos équipes
34:09en disant comment on fait, parce qu'actuellement nous avons un dispositif d'avance
34:12sur cette PrimeRénov', puisque la PrimeRénov' arrive généralement
34:16presque un an après, et nous l'anticipions aujourd'hui.
34:20– Elle était très populaire, il faut le dire aussi.
34:22Les gens s'en servaient beaucoup.
34:25– Et vraiment, nous faisons en plus des prêts complémentaires à 0%,
34:33pour justement encourager.
34:34Donc on va continuer.
34:35Alors on n'a pas encore décidé comment on fera du fait de l'absence de PrimeRénov'.
34:39Donc l'avance sur la PrimeRénov' elle devient caduque,
34:41mais il va falloir qu'on réfléchisse très vite.
34:43– Mais ça c'est des prêts très concrets.
34:43– Ah ben c'était très concret ce qu'on faisait.
34:45Un prêt 0% sur l'avance de la PrimeRénov'.
34:49C'était très incitatif pour nos clients.
34:51– Globalement, que ce soit au niveau des entreprises
34:54ou des particuliers, est-ce que les mentalités sont vraiment
34:57en train d'évoluer sur la question de l'environnement ?
34:59– J'ai aucun doute, j'ai aucun doute.
35:01– Du fait des jeunes, surtout beaucoup.
35:02– Sur les grandes entreprises, il n'y a pas de doute.
35:05Sur les particuliers, vous savez, on recrute énormément dans notre groupe.
35:12On continue à être des recruteurs importants.
35:15Et on voit l'intérêt qu'ont les jeunes pour tous ces sujets environnementaux et sociétaux.
35:21Et souvent, lorsqu'ils ont plusieurs propositions, ils viennent chez nous parce qu'ils connaissent
35:26nos engagements et que ce ne sont pas seulement des engagements,
35:28c'est qu'on les met en pratique et qu'on le démontre.
35:30– Denis Carreau, directeur des rédactions du groupe Nice Matin-Varmatin-Monaco-Matin,
35:35a l'honneur ce week-end, puisque à Nice a lieu la grande convention pour les océans.
35:41– Un enjeu énorme, le troisième sommet des Nations Unies pour l'océan.
35:46– L'UNOC.
35:47– Des dizaines de chefs d'État à partir de ce week-end, Emmanuel Macron évidemment.
35:52Et puis un enjeu considérable, la préservation des océans avec, on l'espère,
36:00des résultats à l'issue de ce sommet qui se terminera le 13 juin.
36:04– Voilà, et puis moi je dois dire également que les équipes de TV5MONDE
36:07seront présentes là-bas, en direct bien sûr, autour de Philippe-Antoine,
36:11le directeur de l'information.
36:13Nous nous délocalisons dans le sud-est pour ce sommet qui s'appelle l'UNOC.
36:18Dans un instant, on va partir à Lille avec notre invité Daniel Ball,
36:22président du Crédit Mutuel.
36:24Question du rédacteur en chef info de OEO TV, c'est la chaîne TNT de La Voix du Nord,
36:29Guillaume Desplanques.
36:30– Bonjour, comme vous le savez, le Crédit Mutuel soutient de nombreux
36:34grands prix cyclistes dans les Hauts-de-France.
36:36D'ailleurs, notre région accueille le départ du Tour de France,
36:38ce sera à Lille le 5 juillet prochain.
36:41Tiens, quel regard portez-vous sur le cyclisme en particulier et le sport en général ?
36:46– Alors, il faut rappeler que vous avez eu des fonctions éminentes
36:49à la tête du cyclisme français, que vous êtes vous-même un ancien champion,
36:52vous pratiquez toujours le week-end ?
36:55– Oui, bien sûr, et je me déplace à Paris principalement à vélo
36:58parce que c'est la manière dont on se déplace mieux.
37:01Le cyclisme reste pour moi une passion,
37:04et je me réjouis effectivement que dans le nord de la France,
37:10le Crédit Mutuel, le Crédit Mutuel Europe particulièrement,
37:12soit partenaire d'un certain nombre d'épreuves,
37:14avec notre filiale, le CIC.
37:17Nous étions un des partenaires majeurs des championnats du monde
37:19de cyclocross à Liévin au début du mois de janvier dernier.
37:24Le cyclisme est un sport populaire,
37:26c'est un sport dans lequel on touche bien le public,
37:30et c'est toujours très intéressant d'accompagner cette démarche.
37:33Nous avons une autre filiale qui est très impliquée dans le cyclisme,
37:37c'est notre filiale, Cofidis,
37:38qui acquiert une grande part de sa notoriété grâce à l'équipe cycliste,
37:45qui est également basée dans le nord, puisque nous sommes à Villeneuve-d'Ascq.
37:48Est-ce que d'être sportif dans l'âme, ça sert ?
37:51Oui, énormément.
37:52Ça sert énormément en tant que dirigeant,
37:55ça sert énormément en tant que chef d'entreprise,
37:57et on me dit que j'utilise souvent des métaphores sportives
38:00lorsque je m'adresse à nos équipes,
38:02mais je crois que vraiment les valeurs du sport et de l'entreprise
38:04ont des liens très étoiles,
38:05ce sont des valeurs d'excellence, des valeurs d'investissement,
38:08des valeurs de travail,
38:10et je me sens très bien dans ce sens.
38:13La une de la Voix du Nord et du Courrier Picard,
38:15nos deux partenaires d'en face au territoire que vous voyez,
38:18à l'antenne actuellement.
38:20Merci Denis Caro.
38:22Et donc bon week-end chargé à Nice.
38:24Dans un instant, Floréal Hernández,
38:26le rédacteur en chef de 20 minutes, est sur ce plateau.
38:28Bonjour, Floréal Hernández,
38:34rédacteur en chef de 20 minutes,
38:35le Crédit Mutuel est aussi à l'origine
38:37de choses dont on n'imaginait pas qu'il le soit.
38:40Non, le Crédit Mutuel partenaire dans le sport,
38:43mais aussi partenaire de la musique.
38:44On le sait, vous avez un slogan,
38:46le Crédit Mutuel donne le la.
38:48Est-ce que c'est un moyen de mailler le territoire,
38:51comme le sport, mais aussi de toucher
38:52un public plus jeune, de futurs clients ?
38:55Oui.
38:55Est-ce que vous chantez aussi ?
38:57Non, là je chante très mal.
38:59Mais ça fait plus de 20 ans
39:01que le Crédit Mutuel donne le la.
39:03Pourquoi avons-nous fait ce choix ?
39:04Parce que la musique, c'est intergénérationnel.
39:06Et puis on est d'abord la banque de la famille.
39:08Donc en étant intergénérationnel,
39:11on s'adresse à tout le monde.
39:13Être partenaire de la musique,
39:14ça nous amène à accompagner certains artistes.
39:17Mais le principal investissement que nous avons,
39:20c'est celui des festivals
39:21qui sont répartis sur le territoire.
39:23Parce que ces festivals font vraiment partie
39:25de l'animation des territoires.
39:27C'est un moment de joie,
39:29un moment de fête pour les Français.
39:33Et donc ça nous semble être un bon moyen
39:35de soutenir ce genre d'activité.
39:37Et je voudrais juste par rapport à ça rappeler
39:39un point qui a encore renforcé notre crédibilité
39:43dans le monde de la musique.
39:45C'était en 2020, l'année du Covid.
39:47Lorsqu'énormément de festivals ont été annulés,
39:50nous n'avons pas retiré nos financements,
39:54notamment parce qu'un festival a des charges
39:56tout au long de l'année.
39:57Et ça a augmenté encore notre audience
40:01dans le monde de la musique.
40:02Est-ce que dans le monde de la musique,
40:04il y a un grand concours qui s'appelle l'Eurovision ?
40:06Est-ce qu'on peut imaginer le Crédit Mutuel
40:08aller au sponsoring de l'Eurovision ?
40:10Non, parce que le Crédit Mutuel est une marque nationale
40:14et que l'Eurovision est européenne.
40:18Donc non, le Crédit Mutuel n'a pas vocation
40:22à être partenaire des missions de ce genre.
40:25Par contre, nous sommes évidemment partenaires
40:28des Victoires de la musique,
40:30qui correspond bien à notre cible.
40:32Lorsqu'on communique, il faut également...
40:33Mais si vous rachetez une banque en Allemagne,
40:36il y a peut-être une vocation aussi à l'Europe.
40:39Mais on ne travaille pas sous la marque Crédit Mutuel en Allemagne.
40:42Notre filiale actuelle s'appelle Targobank.
40:43On vient de racheter au LB,
40:45on verra comment on fait lorsqu'on fusionnera les deux banques
40:48en termes de marques.
40:49Non, vraiment, le Crédit Mutuel est une banque française,
40:53banque mutualiste, banque coopérative des territoires français.
40:57Nous réalisons aujourd'hui 80% de notre activité en France.
41:01Donc c'est vraiment sur ces territoires-là
41:03que nous voulons le plus cibler notre action.
41:04Est-ce que ces opérations, Daniel Ball,
41:06de promotion, de sponsoring, de soutien,
41:08elles ne visent pas non plus à améliorer un peu
41:10l'image des banques et des banquiers ?
41:13Où en est-on de l'image des banquiers ?
41:15Je pense que l'image des banquiers,
41:17quand vous prenez le client et ce qu'il pense de son banquier,
41:21on voit bien que toutes les études montrent une vraie qualité
41:26et une belle appréciation.
41:28Le Crédit Mutuel en tant que tel est généralement la banque
41:33qui a la meilleure image, notamment par cette dimension coopérative
41:37que nous avons.
41:39Maintenant, quand vous parlez de partenariat,
41:41nous sommes, pour ce qui nous concerne,
41:43particulièrement engagés dans le soutien au monde associatif.
41:47Surtout dans cette période actuelle où, de manière contrainte,
41:53les pouvoirs publics sont obligés de réduire les financements
41:55au monde associatif.
41:57Et lorsqu'on sait tout ce que le monde associatif apporte
41:59à la cohésion, au développement, à l'inclusion,
42:03nous avons fait le choix de renforcer encore,
42:06sur Crédit Mutuel Alliance fédérale,
42:08on a cette année un budget de 106 millions d'euros
42:11d'accompagnement de la vie associative et de mescélins.
42:14– Florel Arnodez, une dernière question ?
42:17– Juste pour revenir sur le cyclisme,
42:19vous avez cité Cofidis comme équipe,
42:22mais il y a Arkea, qui est une filiale aussi du Crédit Mutuel,
42:26un peu particulière.
42:27– Oui.
42:28– Et pourquoi le Crédit Mutuel ne se lance pas sous son nom,
42:31Crédit Mutuel, aussi, dans le cyclisme ?
42:32– Pour les mêmes raisons, c'est qu'aujourd'hui,
42:35la marque Crédit Mutuel en tant que telle est une marque de proximité.
42:39– Mais vous faites le choix de la voile, avec un bateau, un classe 40.
42:42– Avec un classe 40.
42:43qu'on utilise beaucoup plus en communication interne
42:46qu'en communication externe,
42:48parce que c'est un élément fédérateur pour nos salariés
42:50et pour nos élus mutualistes.
42:52– Merci Florel Arnodez, rédacteur en chef de 20 minutes,
42:55partenaire de cette émission, c'est Daniel Ball,
42:57le président du Crédit Mutuel, qui est notre invité en direct
42:59ce matin dans Face au Territoire.
43:01On part pour les Antilles, pour la Martinique, pour Fort de France,
43:05où Cyril Boutier, qui est le directeur éditorial de France Antille
43:07et de France Guyane.
43:08Ce sont nos partenaires à une question à vous poser, on l'écoute.
43:10– Bonjour Daniel Ball, les acteurs économiques ultramarins,
43:15souvent des très petites entreprises,
43:17se plaignent de difficultés d'accès au crédit.
43:20Comment, selon vous, les banques peuvent davantage les aider,
43:23les accompagner ?
43:24Quelles sont les mesures que le Crédit Mutuel, par exemple,
43:26bien implanté dans nos territoires,
43:29met en place pour les accompagner ?
43:31– Oui, nous sommes particulièrement bien implantés,
43:34notamment en Martinique.
43:36Et d'ailleurs, à l'origine, en Martinique,
43:39et notamment à Fort de France,
43:41on a vraiment des caisses de crédit mutuel
43:44qui accompagnaient uniquement des professionnels.
43:46Aujourd'hui, elles sont multimarchés.
43:49Parce que je sais de notre activité,
43:52ça fait un an que je n'ai pas été à Fort de France,
43:54mais j'ai vu la forte implication des caisses de crédit mutuel
43:59sur le tissu, en tout cas, des professionnels.
44:01Sur les entreprises, nous avons une autre structure dans le groupe
44:04qui s'appelle la Banque européenne du crédit mutuel,
44:06qui intervient également.
44:07Alors on s'est implanté avec cette banque-là
44:09il y a trois ans seulement en Antiguiane,
44:13mais nous sommes vraiment très déterminés à accompagner.
44:15Nous voyons aujourd'hui un dynamisme de l'économie,
44:20en dépit de toutes les difficultés qu'on connaît
44:23et que vous connaissez encore mieux
44:24quand vous êtes à Fort de France.
44:27Nous avons fait le choix de continuer à être aux côtés des entreprises.
44:31Et je pense qu'on peut difficilement faire plus.
44:35La place des Outre-mer,
44:39la pensée d'un grand banquier comme vous
44:41sur ce qu'elles devront être dans le futur.
44:43On connaît, on voit les problèmes qu'il y a en Nouvelle-Calédonie,
44:46on voit ces problèmes de revendications multiples,
44:49souvent d'ailleurs très légitimes sur le pouvoir d'achat à la vie chère.
44:53Comment vous les voyez ?
44:54Vous les voyez comme un formidable atout ?
44:56Ou vous les voyez comme quelque chose qu'il faudra soutenir
44:58et qui financièrement va coûter cher longtemps ?
45:00Ça m'intéresse d'avoir votre regard là-dessus, vous,
45:03de banquier et de banquier de là-bas, j'allais dire,
45:05qui êtes sur place ?
45:06Absolument. Nous, en tant que banquier,
45:09et vous l'y fort justement de la base,
45:10nous sommes présents sur la Martinique, la Guadeloupe,
45:13Saint-Martin et la Guyane.
45:14C'est les seuls territoires sur lesquels nous sommes présents.
45:16Mais sur ces territoires-là, on a eu une implantation très profonde
45:20et on n'a pas le sentiment de ne pas être efficace.
45:26Au contraire, on est pleinement impliqué dans la vie locale.
45:30Mais c'est notre culture.
45:31– Mais quand vous voyez par exemple que les régimes de bananes
45:33coûtent plus cher en Martinique qu'en métropole,
45:35alors qu'elles sont produites là-bas,
45:36comment concrètement vous pouvez arriver à aider les gens ?
45:41Parce qu'au fond, c'est ça, c'est ce qu'on attend un peu,
45:43sans doute, d'un banquier.
45:45C'est qu'ils l'aident dans la vie quotidienne des gens.
45:47– Mais le retour qu'on a de nos clients,
45:49c'est qu'on les accompagne bien.
45:51Aujourd'hui, on a une très belle image
45:52dans les territoires que je viens de citer
45:54et sur lesquels nous sommes implantés.
45:55– Est-ce que c'est important pour vous
45:57d'avoir, j'allais dire, une conquête à l'international,
46:00de ne pas rester dans un marché,
46:02j'allais dire, strictement français,
46:04vous disiez 80% de vos activités,
46:05en tout cas pour le crédit mutuel, est en France.
46:07Vous avez quand même, je crois,
46:08une frontière avec de multiples pays européens,
46:11l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, l'Italie.
46:14Comment vous regardez le développement international
46:16qui coûte cher, mais qui en même temps est essentiel ?
46:19– L'Europe est pour nous un territoire de développement.
46:21On est dans 9 pays européens avec Cofidis.
46:23On est très présent en Belgique avec Biobank.
46:27L'Allemagne est notre deuxième marché.
46:29Nous réalisons 10% de nos revenus actuellement en Allemagne
46:31et vous l'avez dit, nous venons de racheter une autre banque.
46:33Mais au-delà, nous avons décidé assez récemment
46:36de mettre davantage l'accent sur notre présence aux États-Unis
46:41et sur la zone Asie-Pacifique.
46:44– Malgré ce qui se passe aux États-Unis aujourd'hui,
46:46malgré ce protectionnisme en marche.
46:48– Mais encore plus aujourd'hui, pour faire quoi ?
46:51Pour accompagner nos gros clients au CIC,
46:54parce que ce n'est pas dans le cas de crédit mutuel que ça se passe,
46:56mais au CIC, nous avons aujourd'hui des grandes entreprises dans nos clients
47:00et ces entreprises, nous voulons encore mieux les accompagner
47:06lorsqu'elles vont aux États-Unis ou dans la zone.
47:08– Elles ne sont pas inquiètes aujourd'hui, vous les sentez ?
47:09– Elles ne sont pas inquiètes, mais on sent qu'il y a de la demande.
47:12Et on voit également ce qui se passe en Asie-Pacifique.
47:1460% de la croissance mondiale se fait aujourd'hui dans cette zone.
47:17Donc on doit être aux côtés de ces entreprises.
47:20Donc on va renforcer.
47:20– TV5 Monde diffuse en Asie-Pacifique.
47:22– Oui, oui, quand j'étais à Singapour, je regardais TV5 Monde, effectivement.
47:26– Est-ce que vous trouvez les politiques à la hauteur dans cette affaire ?
47:30Vous qui les voyez, vous avez passé du temps avec le Premier ministre,
47:33vous êtes évidemment l'interlocuteur de bon nombre de ministres de l'économie,
47:36il y en a eu beaucoup ces derniers mois en France.
47:38Est-ce que vous les trouvez, au fond, conscients des problèmes,
47:42n'ayant pas réglé trop de problèmes à l'intérieur
47:44pour ne pas envisager ce qui devrait être fait à l'extérieur ?
47:48Comment vous voyez ça, vous ?
47:49– Bon, je crois que les responsables politiques, en tout cas les ministres
47:54avec lesquels on peut échanger, sont bien conscients.
47:58Et sont conscients d'une chose très forte, c'est que l'entreprise, aujourd'hui,
48:03est vraiment la solution pour continuer à aller de l'avant.
48:08En tant que chef d'entreprise, je le dis aussi…
48:09– Elle est solide, l'entreprise, en France ?
48:11– Les entreprises sont solides.
48:12Alors évidemment, on a davantage de défaillances aujourd'hui
48:15qu'on en a eues ces derniers temps, parce que le contexte économique n'est pas brillant.
48:19Mais sur le fond, on a des entreprises françaises extrêmement résilientes.
48:23On a des entreprises françaises innovantes.
48:25Et notre rôle en tant que banquier est justement d'accompagner cette innovation,
48:30voire de la susciter.
48:31Donc cette force des entreprises, n'oublions jamais aussi autre chose,
48:34c'est qu'une entreprise, c'est une communauté.
48:37Et cette communauté-là, c'est une richesse en termes de cohésion,
48:41en termes de développement, en termes d'inclusion.
48:42– Vous êtes des capteurs formidables, les banquiers, surtout banques des territoires,
48:46vous avez accès évidemment à la quotidienneté des gens.
48:49Est-ce que l'image justement des entrepreneurs, des entreprises, a changé en France ?
48:55Vous savez, on a longtemps dit que les entreprises étaient mal perçues,
48:58les chefs d'entreprise mal perçus.
49:00Je parle par les Français, je ne parle pas des politiques là maintenant,
49:02je suis passé de l'autre côté, de l'autre côté proximité.
49:05– Je crois que le chef d'entreprise aujourd'hui, de manière générale, a une bonne image.
49:08Et heureusement qu'il l'a.
49:09Parce que c'est le chef d'entreprise, il y va, il s'investit,
49:14et c'est lui qui est créateur de richesse.
49:17Enfin c'est l'entreprise qui est créatrice de richesse.
49:19L'entreprise crée de la richesse, elle le crée avec les salariés.
49:22Nous, notre ambition est de continuer tant en interne que lorsqu'on accompagne,
49:30de permettre de créer toujours plus de valeur et de partager cette valeur.
49:34Et je pense que beaucoup de chefs d'entreprise sont aujourd'hui complètement dans cette logique.
49:38– Daniel Ball, on va regarder les unes de France-Antilles et de France-Guyane.
49:41On a au fond avec la Guyane un pied sur le continent américain.
49:46C'est le pays le plus puissant du monde, la plus grande économie du monde.
49:48Elle ne vous fait pas peur, cette direction que prend les États-Unis aujourd'hui ?
49:53– Oui, bien sûr.
49:54– Vous ne pensez pas que tous les efforts dont vous avez parlé,
49:55que vous avez essayé de faire, au fond, ils vont être altérés par cette administration américaine aujourd'hui ?
49:59– La peur est toujours mauvaise conseillère.
50:01Donc je crois qu'il faut être très vigilant par rapport à ce qui se passe.
50:04On sait très bien qu'il y aura des incidences et on l'a déjà vu.
50:10Mais est-ce que la réponse, ce n'est pas à nous de la porter ?
50:13On a en face de nous un président américain qui part dans tous les sens.
50:17Que l'Europe soit plus forte, que l'Europe pense à ses sujets de souveraineté,
50:20que l'Europe encourage la compétitivité et cela nous permettra de résister.
50:24Et bon, après, le président Trump, il est au pouvoir pour 4 ans, je crois.
50:30Le restera-t-il, j'en sais rien.
50:31Mais sur le fond, et c'est aussi un sujet où j'ai eu l'occasion d'échanger récemment
50:37avec des responsables politiques, je crois qu'il ne faut quand même pas considérer
50:40que les États-Unis aujourd'hui sont des ennemis ou des adversaires.
50:43Ça restera sur le long terme, j'en suis convaincu, plutôt des partenaires.
50:47Vous avez eu le temps d'écrire des livres en plus de tout ça ?
50:49On a pris un peu le temps à la fin de l'été, entre Noël et Nouvel An, avec Nicolas,
50:55pour écrire, effectivement.
50:57On avait envie de raconter ce qu'on a vécu ensemble,
51:00parce qu'on a eu la chance, j'ai eu le bonheur extraordinaire de travailler
51:03avec un président extraordinaire pendant 7 ans.
51:05J'étais son directeur général.
51:07On a voulu vraiment mener une transformation complète de l'entreprise,
51:13donner au mutualisme un mutualisme moderne, et comme on le dit souvent,
51:16un mutualisme de la preuve, c'est-à-dire ne pas juste être dans les valeurs.
51:19Les valeurs sont importantes, on y est attaché, les valeurs de liberté,
51:22de responsabilité, de solidarité, mais montrer que l'entreprise,
51:26et notamment une entreprise coopérative et mutualiste,
51:28peut contribuer à transformer le monde, à construire un monde plus juste et plus durable.
51:33Donc ça, c'est le témoignage qu'on donne, mais en même temps,
51:34on ouvre la porte à « continuons ».
51:37Alors, quand on dit « continuons », on le dit également en interne,
51:39et en tant que président, aujourd'hui, je veille à ce qu'avec l'ensemble des équipes,
51:43avec la direction générale, on continue à aller dans ce sens,
51:46et puis on dit également aux autres entreprises,
51:48on est prêt à être à vos côtés pour aller dans cette voie.
51:51Pour une société plus mutuelle, avec Nicolas Théry, donc, aux éditions de l'Aube.
51:54Merci Daniel Baal, président du Crédit Mutuel, d'avoir été notre invité d'en face au territoire.
51:57On se retrouve évidemment jeudi prochain, même heure, même adresse.
52:00Au revoir à tous, bonne journée.
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