00:00Jusqu'à 9h, ici matin.
00:02Allez, une belle journée, 8h moins le quart, Sébastien, c'est la semaine du diabète.
00:055 millions de Français concernés, beaucoup, beaucoup d'Alsaciens aussi, au moins 150 000,
00:10et ça risque pas d'aller en s'arrangeant.
00:11Vous faites-vous dépister, y êtes-vous allé faire ce dépistage, 0388 25 15 15 ?
00:17Bonjour docteur Michel Panger.
00:18Bonjour.
00:18Un professeur émérite de médecine, spécialiste du diabète à Strasbourg, le diabète, maladie du siècle ?
00:25Le diabète, pandémie du siècle, absolument.
00:27Il faut savoir que notre siècle voit complètement changer la pathologie, la santé,
00:35il y a des paradigmes tout à fait nouveaux qui apparaissent.
00:37On voit disparaître des maladies, qui sont des maladies d'avant 1950,
00:43les infections graves, la famine, la malnutrition,
00:46et on voit, au contraire, apparaître de nouvelles maladies,
00:49qui sont des maladies chroniques, contrairement aux autres qui étaient aigües.
00:52Et ces maladies chroniques, le diabète en est le modèle type,
00:56puisqu'on a une vraie épidémie.
00:59Dans le monde, on est passé de 100 millions en 2000 à 500 millions aujourd'hui.
01:05En France, de 1 million à 5 millions aujourd'hui.
01:07Et une pandémie, puisqu'il y en a partout dans le monde,
01:09les régions les plus touchées étant l'Asie du Sud-Est, l'Ouest Pacifique.
01:15Et on accompagne, mais on ne guérit pas complètement.
01:17Alors, on ne sait pas, on ne guérit pas complètement.
01:21Madie chronique veut dire long, traitement long.
01:23Ça peut être une maladie curable, mais traitement long,
01:26mais on ne guérit pas.
01:29Je vous propose d'accueillir Bortolo.
01:31Bortolo, il nous appelle de Fessenheim.
01:33Soyez le bienvenu.
01:33Bonjour Bortolo.
01:34Bonjour Bortolo.
01:35Oui, bonjour.
01:36Vous-même diabétique, c'est ça Bortolo ?
01:37Oui, diabétique type 2, que j'étais au départ.
01:42Je me suis fait opérer du pancréas, qui est rendu complètement.
01:46Donc maintenant, je suis type 1.
01:48C'est quoi votre quotidien à Bortolo ?
01:50C'est compliqué ?
01:51C'est, j'imagine, lourd ?
01:53Oui, c'est assez compliqué.
01:54Et bon, le problème, c'est avec la glycémie et tout ça.
01:58Ce vendredi, j'ai pris la glycémie, je pense, un peu trop tôt.
02:03Ça m'a fait chuter le taux.
02:05Et madame est rentrée et j'étais à moitié dans l'ivap.
02:09Merci Bortolo.
02:11Maladie très insidieuse.
02:14C'est un cas très particulier.
02:15C'est la forme la plus compliquée de diabète à traiter.
02:18Parce qu'en fait, Bortolo n'a plus de pancréas du tout.
02:22Or, dans le pancréas, il y a des systèmes qui font baisser la glycémie,
02:25mais d'autres qui la corrigent, qui la font remonter.
02:28Donc quand on n'a plus de pancréas du tout,
02:30ça devient extrêmement compliqué de gérer un diabète.
02:34Alors on a des méthodes aujourd'hui, les pompes à insuline, les capteurs de glucose,
02:38des choses qui permettent véritablement de reproduire un peu le pancréas artificiel.
02:43Oui, parce qu'on ne parle pas d'un diabète, mais des diabètes, il y a plein de sortes différentes,
02:49et plusieurs façons aussi de l'attaquer quelque part.
02:51Le diabète, c'est la règle des paix.
02:53Autre fois, c'était la prescription pour les maladies.
02:56Aujourd'hui, c'est la prévention, c'est la précocité du diagnostic,
03:00c'est la personnalisation du traitement,
03:02c'est la participation active du patient à sa prise en charge.
03:06Donc c'est une approche complètement différente de la santé,
03:11à laquelle malheureusement notre système de santé n'est pas adapté du tout,
03:15pas plus que notre formation universitaire.
03:16D'où votre pôle APSA, on va revenir là-dessus,
03:22sur cette façon de contourner un petit peu,
03:24ou de répondre en tout cas aux besoins que la médecine généraliste n'apporte pas.
03:28D'aider, d'accompagner, de directement apporter des solutions indispensables.
03:32Et on y vient dans un instant.
03:33D'abord l'Alsace, deuxième région de France,
03:35où la progression du diabète est la plus fulgurante.
03:37Comment ça s'explique, docteur ?
03:39Alors, ça peut s'expliquer par...
03:42Ah, il y a différents coups d'explication.
03:44Une première explication, c'est qu'on manque de soleil.
03:48Et que le soleil est un élément majeur de la santé,
03:50puisque le soleil conditionne le sommeil,
03:53via la sécrétion de mélatonine,
03:55et le sommeil conditionne la santé.
03:57Donc, avoir un bon sommeil...
03:59Un bon soleil, une journée comme aujourd'hui, on est rapide.
04:01Oui, cette semaine, et regarder ailleurs en France,
04:04c'est pas pareil.
04:05Donc c'est une première cause.
04:06La deuxième cause, c'est que, manifestement,
04:07comme partout dans le monde,
04:09quand on a eu des grandes souffrances,
04:10qui ont fait souffrir pendant les années des citoyens,
04:16on modifie ces jeunes pour survivre à ces facteurs de souffrance.
04:20Mais ces jeunes vont faire derrière ça apparaître des maladies,
04:24dont le diabète, mais dont l'obésité, dont l'hypertension, etc.
04:27Et c'est un mécanisme d'adaptation.
04:30Ce sont des phénomènes de survie
04:31qui, malheureusement, conduisent à une survie en mauvaise santé.
04:34Et ça, c'est...
04:35Concrètement, ça vient d'où ?
04:37Pardon ?
04:37Concrètement, ça vient d'où ?
04:38Alors, ça vient du fait que, probablement,
04:40quand un homme est mal nourri,
04:42son sperme n'est pas de bonne qualité,
04:44et les gènes que le sperme emmène chez la maman pour faire l'œuf
04:47sont des gènes porteurs de prédispositions à l'obésité,
04:52au diabète, à l'hypertension, etc.
04:54Maintenant, on le sait,
04:55on a un très bel exemple que nous avons étudié,
04:57qui est l'Observatoire du diabète au Cambodge,
04:59où on voit que 80% des Cambodgiens de 30 ans sont diabétiques aujourd'hui.
05:03C'est ceux qui ont survécu à Pol Pot, au Comer Rouge, etc.
05:06Notre gastronomie, quand même, actuelle,
05:08a forcément quelque chose à voir, non ?
05:10Il y a des phénomènes de survie.
05:12L'obésité, des phénomènes de survie dans l'histoire de l'humanité.
05:15Mais le bon vivre à l'Asacienne, docteur,
05:17on aime bien manger, on aime bien boire,
05:19c'est forcément pas bon pour le diabète.
05:21Oui, c'est pas bon.
05:21Ceci étant, encore une fois,
05:23le bien, le mal, la malbouffe, comme on dirait,
05:26ou la dysnutrition, comme disent les grands scientifiques,
05:29c'est pas par hasard.
05:31Or, c'est bien parce qu'on a connu des souffrances
05:34que la réaction immédiate d'une population
05:36qui a souffert pendant 4 ans, 5 ans,
05:38c'est de se suralimenter,
05:40c'est de suralimenter les enfants
05:41pour se protéger contre un nouvel épisode.
05:44Et donc, notre...
05:46Je ne veux pas qu'on culpabilise les Asaciens
05:48parce qu'ils bouffent mal.
05:49Ils ont adapté progressivement un mode alimentaire
05:52que d'autres pays ont adapté dans les mêmes constitutions,
05:55qui fait que...
05:57On bouge généreusement, nous.
05:58Oui, oui, bien sûr,
05:59parce qu'on a été éduqués,
06:02on a été éduqués dans ce sens-là.
06:03L'idée, justement,
06:04de ne pas culpabiliser les Alsaciens,
06:07c'est ce que vous portez à l'APSA,
06:09justement,
06:09le pôle accompagnement, prévention, santé Alsace.
06:13Il y a plusieurs pôles,
06:14à Strasbourg, à Colmar, notamment,
06:16où vous proposez des différents ateliers.
06:19Écoutez, Marc, rapidement,
06:20c'est l'une des personnes diabétiques
06:23suivies dans le Haut-Rhin.
06:25C'est bien de faire du sport tout seul,
06:26mais c'est plus marrant d'en faire
06:27avec des gens qui ont les mêmes problèmes que vous.
06:32Puis on peut discuter,
06:33on peut prendre les choses beaucoup plus à la légère.
06:35Puis c'est pas parce qu'on est diabétique
06:37qu'on va mourir du jour au lendemain.
06:38Des ateliers conseils diédétiques,
06:41accompagnement physique, moral, hypnose,
06:42groupe de parole,
06:43ça va mieux si on en parle tous ensemble ?
06:45On est tous dans le même bateau.
06:47Bien entendu.
06:47Il y a deux éléments importants dans le pôle APSA
06:49qui couvrent toute l'Alsace.
06:51Et là, l'Alsace est quand même très leader
06:53dans cette pratique.
06:55Il n'y a pratiquement qu'en Alsace
06:56qu'on a des structures comme ça
06:57qui sont financées, je tiens à le dire,
06:59par l'ARS et le régime local
07:00de l'assurance maladie.
07:01Donc c'est un acte véritablement spécifique.
07:05C'est de permettre à des gens
07:07d'avoir un accompagnement adapté,
07:11personnalisé,
07:12mais aussi de le faire dans un contexte
07:14de groupe
07:14qui permet effectivement de mieux vivre,
07:18de mieux s'accompagner.
07:18Comment est-ce qu'on les convainc de venir ?
07:20Et j'ai envie de dire surtout
07:21les plus jeunes peut-être,
07:23parce qu'on voit que les diabètes
07:24touchent une population
07:25de plus en plus jeune,
07:26année après année.
07:27Alors, les convaincre,
07:28c'est déjà informer les soignants.
07:30Donc les soignants,
07:31ce sont les médecins traitants,
07:33ce sont les infirmières,
07:34ce sont les podologues,
07:36ce sont les kinés,
07:37ce sont...
07:37Voilà, tout est une série de professions.
07:39Et une de nos missions,
07:41c'est des informés.
07:42Et ensuite,
07:42une fois qu'ils ont touché à la chose,
07:45ça se passe très bien.
07:47Le problème,
07:47c'est qu'on a droit
07:49qu'à un an de prise en charge
07:50remboursée par l'assurance maladie
07:51et qu'ils en voudraient trois.
07:53Voilà, donc ça passe plutôt bien
07:55une fois qu'ils ont connu la chose.
07:56Cette maladie qui peut s'attaquer
07:57au cœur, aux nerfs, aux artères,
07:59aux reins,
08:00même aux dents,
08:00ça s'attaque à tout.
08:01Une fois que ça se déclare,
08:02mieux vaut prendre tout ça avant
08:04et vous êtes là pour aider
08:05les diabétiques en Alsace.
08:07Merci à vous,
08:07docteur Michel Pingé.
08:09Vous êtes donc le président
08:10du pôle APSA
08:11dont on vient de parler.
08:12L'accompagnement,
08:13prévention, santé à Alsace
08:14et professeur émérite
08:16de médecine spécialiste
08:18du diabète à Strasbourg.
08:19Merci monsieur.
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