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  • il y a 8 mois
Météo, héritage ADN et gastronomie généreuse... Le Dr. Michel Pinget explique, en cette semaine du diabète, pourquoi l'Alsace est l'une des régions françaises où la maladie est le plus confortablement installée.

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Transcription
00:00Jusqu'à 9h, ici matin.
00:02Allez, une belle journée, 8h moins le quart, Sébastien, c'est la semaine du diabète.
00:055 millions de Français concernés, beaucoup, beaucoup d'Alsaciens aussi, au moins 150 000,
00:10et ça risque pas d'aller en s'arrangeant.
00:11Vous faites-vous dépister, y êtes-vous allé faire ce dépistage, 0388 25 15 15 ?
00:17Bonjour docteur Michel Panger.
00:18Bonjour.
00:18Un professeur émérite de médecine, spécialiste du diabète à Strasbourg, le diabète, maladie du siècle ?
00:25Le diabète, pandémie du siècle, absolument.
00:27Il faut savoir que notre siècle voit complètement changer la pathologie, la santé,
00:35il y a des paradigmes tout à fait nouveaux qui apparaissent.
00:37On voit disparaître des maladies, qui sont des maladies d'avant 1950,
00:43les infections graves, la famine, la malnutrition,
00:46et on voit, au contraire, apparaître de nouvelles maladies,
00:49qui sont des maladies chroniques, contrairement aux autres qui étaient aigües.
00:52Et ces maladies chroniques, le diabète en est le modèle type,
00:56puisqu'on a une vraie épidémie.
00:59Dans le monde, on est passé de 100 millions en 2000 à 500 millions aujourd'hui.
01:05En France, de 1 million à 5 millions aujourd'hui.
01:07Et une pandémie, puisqu'il y en a partout dans le monde,
01:09les régions les plus touchées étant l'Asie du Sud-Est, l'Ouest Pacifique.
01:15Et on accompagne, mais on ne guérit pas complètement.
01:17Alors, on ne sait pas, on ne guérit pas complètement.
01:21Madie chronique veut dire long, traitement long.
01:23Ça peut être une maladie curable, mais traitement long,
01:26mais on ne guérit pas.
01:29Je vous propose d'accueillir Bortolo.
01:31Bortolo, il nous appelle de Fessenheim.
01:33Soyez le bienvenu.
01:33Bonjour Bortolo.
01:34Bonjour Bortolo.
01:35Oui, bonjour.
01:36Vous-même diabétique, c'est ça Bortolo ?
01:37Oui, diabétique type 2, que j'étais au départ.
01:42Je me suis fait opérer du pancréas, qui est rendu complètement.
01:46Donc maintenant, je suis type 1.
01:48C'est quoi votre quotidien à Bortolo ?
01:50C'est compliqué ?
01:51C'est, j'imagine, lourd ?
01:53Oui, c'est assez compliqué.
01:54Et bon, le problème, c'est avec la glycémie et tout ça.
01:58Ce vendredi, j'ai pris la glycémie, je pense, un peu trop tôt.
02:03Ça m'a fait chuter le taux.
02:05Et madame est rentrée et j'étais à moitié dans l'ivap.
02:09Merci Bortolo.
02:11Maladie très insidieuse.
02:14C'est un cas très particulier.
02:15C'est la forme la plus compliquée de diabète à traiter.
02:18Parce qu'en fait, Bortolo n'a plus de pancréas du tout.
02:22Or, dans le pancréas, il y a des systèmes qui font baisser la glycémie,
02:25mais d'autres qui la corrigent, qui la font remonter.
02:28Donc quand on n'a plus de pancréas du tout,
02:30ça devient extrêmement compliqué de gérer un diabète.
02:34Alors on a des méthodes aujourd'hui, les pompes à insuline, les capteurs de glucose,
02:38des choses qui permettent véritablement de reproduire un peu le pancréas artificiel.
02:43Oui, parce qu'on ne parle pas d'un diabète, mais des diabètes, il y a plein de sortes différentes,
02:49et plusieurs façons aussi de l'attaquer quelque part.
02:51Le diabète, c'est la règle des paix.
02:53Autre fois, c'était la prescription pour les maladies.
02:56Aujourd'hui, c'est la prévention, c'est la précocité du diagnostic,
03:00c'est la personnalisation du traitement,
03:02c'est la participation active du patient à sa prise en charge.
03:06Donc c'est une approche complètement différente de la santé,
03:11à laquelle malheureusement notre système de santé n'est pas adapté du tout,
03:15pas plus que notre formation universitaire.
03:16D'où votre pôle APSA, on va revenir là-dessus,
03:22sur cette façon de contourner un petit peu,
03:24ou de répondre en tout cas aux besoins que la médecine généraliste n'apporte pas.
03:28D'aider, d'accompagner, de directement apporter des solutions indispensables.
03:32Et on y vient dans un instant.
03:33D'abord l'Alsace, deuxième région de France,
03:35où la progression du diabète est la plus fulgurante.
03:37Comment ça s'explique, docteur ?
03:39Alors, ça peut s'expliquer par...
03:42Ah, il y a différents coups d'explication.
03:44Une première explication, c'est qu'on manque de soleil.
03:48Et que le soleil est un élément majeur de la santé,
03:50puisque le soleil conditionne le sommeil,
03:53via la sécrétion de mélatonine,
03:55et le sommeil conditionne la santé.
03:57Donc, avoir un bon sommeil...
03:59Un bon soleil, une journée comme aujourd'hui, on est rapide.
04:01Oui, cette semaine, et regarder ailleurs en France,
04:04c'est pas pareil.
04:05Donc c'est une première cause.
04:06La deuxième cause, c'est que, manifestement,
04:07comme partout dans le monde,
04:09quand on a eu des grandes souffrances,
04:10qui ont fait souffrir pendant les années des citoyens,
04:16on modifie ces jeunes pour survivre à ces facteurs de souffrance.
04:20Mais ces jeunes vont faire derrière ça apparaître des maladies,
04:24dont le diabète, mais dont l'obésité, dont l'hypertension, etc.
04:27Et c'est un mécanisme d'adaptation.
04:30Ce sont des phénomènes de survie
04:31qui, malheureusement, conduisent à une survie en mauvaise santé.
04:34Et ça, c'est...
04:35Concrètement, ça vient d'où ?
04:37Pardon ?
04:37Concrètement, ça vient d'où ?
04:38Alors, ça vient du fait que, probablement,
04:40quand un homme est mal nourri,
04:42son sperme n'est pas de bonne qualité,
04:44et les gènes que le sperme emmène chez la maman pour faire l'œuf
04:47sont des gènes porteurs de prédispositions à l'obésité,
04:52au diabète, à l'hypertension, etc.
04:54Maintenant, on le sait,
04:55on a un très bel exemple que nous avons étudié,
04:57qui est l'Observatoire du diabète au Cambodge,
04:59où on voit que 80% des Cambodgiens de 30 ans sont diabétiques aujourd'hui.
05:03C'est ceux qui ont survécu à Pol Pot, au Comer Rouge, etc.
05:06Notre gastronomie, quand même, actuelle,
05:08a forcément quelque chose à voir, non ?
05:10Il y a des phénomènes de survie.
05:12L'obésité, des phénomènes de survie dans l'histoire de l'humanité.
05:15Mais le bon vivre à l'Asacienne, docteur,
05:17on aime bien manger, on aime bien boire,
05:19c'est forcément pas bon pour le diabète.
05:21Oui, c'est pas bon.
05:21Ceci étant, encore une fois,
05:23le bien, le mal, la malbouffe, comme on dirait,
05:26ou la dysnutrition, comme disent les grands scientifiques,
05:29c'est pas par hasard.
05:31Or, c'est bien parce qu'on a connu des souffrances
05:34que la réaction immédiate d'une population
05:36qui a souffert pendant 4 ans, 5 ans,
05:38c'est de se suralimenter,
05:40c'est de suralimenter les enfants
05:41pour se protéger contre un nouvel épisode.
05:44Et donc, notre...
05:46Je ne veux pas qu'on culpabilise les Asaciens
05:48parce qu'ils bouffent mal.
05:49Ils ont adapté progressivement un mode alimentaire
05:52que d'autres pays ont adapté dans les mêmes constitutions,
05:55qui fait que...
05:57On bouge généreusement, nous.
05:58Oui, oui, bien sûr,
05:59parce qu'on a été éduqués,
06:02on a été éduqués dans ce sens-là.
06:03L'idée, justement,
06:04de ne pas culpabiliser les Alsaciens,
06:07c'est ce que vous portez à l'APSA,
06:09justement,
06:09le pôle accompagnement, prévention, santé Alsace.
06:13Il y a plusieurs pôles,
06:14à Strasbourg, à Colmar, notamment,
06:16où vous proposez des différents ateliers.
06:19Écoutez, Marc, rapidement,
06:20c'est l'une des personnes diabétiques
06:23suivies dans le Haut-Rhin.
06:25C'est bien de faire du sport tout seul,
06:26mais c'est plus marrant d'en faire
06:27avec des gens qui ont les mêmes problèmes que vous.
06:32Puis on peut discuter,
06:33on peut prendre les choses beaucoup plus à la légère.
06:35Puis c'est pas parce qu'on est diabétique
06:37qu'on va mourir du jour au lendemain.
06:38Des ateliers conseils diédétiques,
06:41accompagnement physique, moral, hypnose,
06:42groupe de parole,
06:43ça va mieux si on en parle tous ensemble ?
06:45On est tous dans le même bateau.
06:47Bien entendu.
06:47Il y a deux éléments importants dans le pôle APSA
06:49qui couvrent toute l'Alsace.
06:51Et là, l'Alsace est quand même très leader
06:53dans cette pratique.
06:55Il n'y a pratiquement qu'en Alsace
06:56qu'on a des structures comme ça
06:57qui sont financées, je tiens à le dire,
06:59par l'ARS et le régime local
07:00de l'assurance maladie.
07:01Donc c'est un acte véritablement spécifique.
07:05C'est de permettre à des gens
07:07d'avoir un accompagnement adapté,
07:11personnalisé,
07:12mais aussi de le faire dans un contexte
07:14de groupe
07:14qui permet effectivement de mieux vivre,
07:18de mieux s'accompagner.
07:18Comment est-ce qu'on les convainc de venir ?
07:20Et j'ai envie de dire surtout
07:21les plus jeunes peut-être,
07:23parce qu'on voit que les diabètes
07:24touchent une population
07:25de plus en plus jeune,
07:26année après année.
07:27Alors, les convaincre,
07:28c'est déjà informer les soignants.
07:30Donc les soignants,
07:31ce sont les médecins traitants,
07:33ce sont les infirmières,
07:34ce sont les podologues,
07:36ce sont les kinés,
07:37ce sont...
07:37Voilà, tout est une série de professions.
07:39Et une de nos missions,
07:41c'est des informés.
07:42Et ensuite,
07:42une fois qu'ils ont touché à la chose,
07:45ça se passe très bien.
07:47Le problème,
07:47c'est qu'on a droit
07:49qu'à un an de prise en charge
07:50remboursée par l'assurance maladie
07:51et qu'ils en voudraient trois.
07:53Voilà, donc ça passe plutôt bien
07:55une fois qu'ils ont connu la chose.
07:56Cette maladie qui peut s'attaquer
07:57au cœur, aux nerfs, aux artères,
07:59aux reins,
08:00même aux dents,
08:00ça s'attaque à tout.
08:01Une fois que ça se déclare,
08:02mieux vaut prendre tout ça avant
08:04et vous êtes là pour aider
08:05les diabétiques en Alsace.
08:07Merci à vous,
08:07docteur Michel Pingé.
08:09Vous êtes donc le président
08:10du pôle APSA
08:11dont on vient de parler.
08:12L'accompagnement,
08:13prévention, santé à Alsace
08:14et professeur émérite
08:16de médecine spécialiste
08:18du diabète à Strasbourg.
08:19Merci monsieur.
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