Après la victoire du PSG en Ligue des champions, des affrontements ont éclaté sur les Champs-Élysées et aux abords du Parc des Princes. Malgré une forte présence des forces de l'ordre, 563 personnes ont été interpellées et que 307 ont été placées en garde à vue.
00:00Avec nous Jean-Paul Nassimento, bonjour, vous êtes le secrétaire national CRS UNESA Police.
00:08Merci d'être là ce matin.
00:10Vincent Ventigham du service police-justice de BFM TV continue de nous accompagner.
00:14Et Laurent Nunes, le préfet de police de Paris, sera l'invité du face-à-face à 8h30 sur BFM et RMC
00:20alors que de nouveaux incidents ont émaillé les célébrations d'hier
00:23alors que les joueurs du PSG ont remonté les Champs-Elysées
00:27puis ont fait la fête au Parc des Princes pour présenter le trophée.
00:30Voilà, image ce matin de la porte de Saint-Cloud après ces célébrations.
00:3479 personnes interpellées sur la seule journée d'hier.
00:38Qui sont les casseurs ? Des barbares, dit le ministre de l'Intérieur. Écoutez-le.
00:43Oui, ce sont des barbares.
00:45La barbarie, vous voyez, c'est quand tout devient prétexte à la violence.
00:50La barbarie, c'est quand tout devient prétexte au plaisir, au désir désinhibé de la destruction et du pillage.
00:59Le ministre de l'Intérieur qui avait par ailleurs lancé un nouvel avertissement hier, d'ailleurs, dans le même discours.
01:03Ça n'a pas empêché ces nouveaux incidents.
01:06Combien d'arrestations ?
01:0879 au cours de la nuit.
01:09On a le profil d'ores et déjà ?
01:11Non, on ne sait pas encore. Il est beaucoup trop tôt pour le dire.
01:13Mais ce qu'on peut dire, c'est qu'en dépit des discours politiques qui ont été portés hier, en dépit des premières scènes qui ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche,
01:19il y a eu de nouveaux débordements hier soir avec des personnes qui ont voulu interrompre la circulation sur le périphérique,
01:25jeter des barrières, des vélos, incendier des véhicules, jeter des projectiles sur les forces de l'ordre, avec toujours cette volonté d'en découdre.
01:32Comment se fait-il que ces gens-là ne puissent pas être repérés, j'allais dire presque nassés, pour les empêcher d'agir ?
01:38Alors, il y a une solution. Il y a une solution qu'on a vue il n'y a pas très très longtemps.
01:41Vous vous souvenez des Jeux olympiques ? Ça s'est super bien passé lors des Jeux olympiques. Pourquoi ? Parce qu'on a gelé la capitale.
01:47Il y avait une bulle qui avait été mise sur toute cette parade, avec des contrôles bien en amont.
01:52Il fallait avoir un ticket, il fallait arriver quatre heures à l'avance.
01:55Là, ça n'a pas été fait parce qu'il faut voir aussi qu'est-ce qui est acceptable.
01:59Ça a eu un effet dissuasif pendant les Jeux olympiques.
02:02Ça a eu une sorte d'effet dissuasif. Il y avait la menace terroriste qui est toujours présente, mais qui était peut-être encore un peu plus palpable à cette époque-là.
02:07En gros, aujourd'hui, pour les autorités, la question qui se pose, c'est qu'est-ce qui est acceptable ?
02:12Quels débordements sont acceptables ?
02:14Soit on met quasiment un couvre-feu, on interdit aux gens de venir participer à la fête, de venir célébrer la victoire du Paris Saint-Germain samedi soir.
02:21Soit on autorise le public à venir en se disant qu'il y aura forcément un petit peu de débordements.
02:28Jean-Paul Nassim-Mento, c'est un peu comme les pompiers qui laissent la part du feu.
02:31Quand il y a un grand incendie, ils laissent une partie de la forêt brûler.
02:35C'est à ça que vous en êtes rendu aujourd'hui, à vous dire qu'il faut laisser le public arriver, quitte à ce qu'il y ait des débordements devenus inévitables ?
02:44Déjà, je tiens à saluer les forces de l'ordre qui ont été engagées samedi et hier également sur le dispositif.
02:54C'est un dispositif qui était quand même assez conséquent, puisqu'on parle de 5400 policiers et gendarmes.
03:01Alors le dispositif qui a été mis en place, je pense qu'il était quand même rationnel, il était bien proportionné.
03:09On a essayé de bunkeriser les Champs-Elysées pour qu'il y ait de moins en moins de casse.
03:13Mais après, quand on a un mouvement de foule qui est quand même assez exponentiel, c'est gérer cette foule-là.
03:21Alors on a bunkerisé les Champs-Elysées, comme je vous le disais, et on a essayé qu'il y ait de moins de casse possible.
03:28Après, dans les rues adjacentes, c'était un peu autre chose.
03:31Mais bon, énormément de moyens ont été utilisés, des lanceurs d'eau, il faut quand même le dire.
03:37Des lanceurs d'eau ont été utilisés, énormément de grenades.
03:40Et les collègues ont été, en fait, il faut quand même aussi différencier ceux qui viennent vraiment pour faire la fête.
03:47Et on avait vraiment énormément de casseurs qui étaient venus vraiment pour en découdre avec les forces de l'ordre et également faire des pierres.
03:56Est-ce qu'une fanzone aurait peut-être permis de limiter les risques, puisque dans une fanzone, on y entre après avoir été contrôlé.
04:04Et les incidents, ils sont en général moins nombreux.
04:07Oui, alors oui, dans une fanzone, on aurait pu contrôler toutes les personnes.
04:11Après, il y a eu quand même des contrôles en amont qui ont été faits.
04:15De toute façon, en plus, la police a quand même fait énormément de travail, puisque plus de 400 interpellations sur Paris.
04:22C'est quand même que, voilà, il y a eu quand même la force à rester à la loi.
04:27Mais est-ce qu'au fond, il n'aurait pas fallu fermer les Champs-Elysées, bloquer l'accès aux Champs-Elysées ?
04:32Quand on voit que samedi, vous utilisez les canons à eau avant même le début du match.
04:37Alors, est-ce qu'il aurait fallu fermer les Champs-Elysées ?
04:39Ça, il faudra peut-être le demander au préfet de police.
04:40C'est plus de son ressort, voilà.
04:42Nous, on a mis en place, en fait, la préfecture de police a mis en place un dispositif qui, elle, pensait que cela aurait été suffisant.
04:52Voilà.
04:52Mais moi, je pense que, voilà, après les ordres qui ont été donnés, voilà.
04:56En fait, le maintien de l'ordre, ce n'est pas une science exacte.
04:59Ça, il faut le savoir.
05:00Et c'est pour ça qu'on se remet toujours en cause.
05:04Mais le préfet de police dit que c'est toujours les mêmes.
05:06C'est toujours les mêmes.
05:06Et clairement pas des supporters.
05:08Si on sait qui ils sont, pourquoi on ne parvient pas à les repérer ?
05:13Alors, peut-être qu'il faudrait également faire comme on a fait il y a quelques années, c'est-à-dire d'interdiction.
05:18Les interdictions, c'est les gens qu'on interdit de match de football.
05:21Voilà, c'est peut-être faire...
05:23En l'occurrence, il n'y avait pas de match.
05:24Il n'y avait pas de match.
05:25Mais peut-être que les gens qui sont interdits de manifestation, c'est-à-dire qui les astreignent à un contrôle judiciaire, peut-être.
05:35Leur demander de pointer au commissariat au moment du match, par exemple.
05:37Peut-être, oui.
05:39C'est peut-être des choses qui pourront être faites à l'avenir.
05:43Est-ce que par rapport aux événements récents ou moins récents, Vincent, on était dans une situation de maintien de l'ordre qui était à la hauteur de l'événement ?
05:51Oui, parce que le dispositif policier était conséquent.
05:54Ça vient d'être rappelé, 5400 policiers et gendarmes.
05:56C'est un dispositif conséquent pour ce type d'événement.
05:59C'est quelque chose de classique.
06:01Et malheureusement, c'est vrai que ces débordements, on les déplore.
06:06On les déplore d'année en année.
06:07Mais ça n'a rien de surprenant, en fait.
06:09Et ça se passe de la même façon à l'étranger ?
06:12Alors, à l'étranger, il y a aussi des scènes, même si à Munich, samedi, il n'y a eu aucun débordement, par exemple.
06:17Parce qu'il y avait les supporters de Paris.
06:18Parce que l'Allemagne ne jouait pas.
06:19Peut-être parce que l'Allemagne ne jouait pas.
06:22Mais si on fait un petit comparatif, parce qu'on entend aussi cette musique politique de se dire
06:27« Ah, avant, il ne se passait pas ça ».
06:29Je vais juste faire référence, par exemple, à 2018, c'était il n'y a pas si longtemps que ça.
06:33Il y a eu deux morts lors de la soirée de la victoire de la France à la Coupe du monde de football.
06:38Une personne qui a eu un accident de la circulation, une personne qui est tombée dans un canal.
06:42Donc, on a aussi dû déplorer des morts accidentelles.
06:45On peut remonter même plus loin, Vincent, si on retrouve les images du 12 juillet 1998.
06:49Il y avait eu des incidents après la célébration sur les Champs-Elysées du titre de l'équipe.
06:53Oui, il y avait eu beaucoup d'incidents.
06:54On ne s'en souvient pas.
06:54Ça a été même un peu passé sous silence.
06:56Il y avait eu deux énormes accidents.
06:58D'abord, un avocat anglais qui avait renversé une dizaine de personnes à l'avenue Georges V.
07:02Et quelques heures plus tard, dans la nuit de la célébration,
07:04c'est une femme qui a renversé 147 personnes sur les Champs-Elysées.
07:09Il y a eu une personne qui est décédée et 146 blessés.
07:13Alors, qu'est-ce qui a changé depuis 1998 ?
07:15Pas grand-chose, si ce n'est qu'aujourd'hui.
07:16Tout ce qui se passe, c'est filmé et diffusé en direct sur les réseaux sociaux.
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