00:00Et je voudrais aussi y revenir, deux secondes, puisque c'est l'actualité entre guillemets brûlante, sur cette motion de rejet, c'est un peu complexe, motion de rejet pour accélérer l'examen de l'agricole qui a été adopté.
00:12Est-ce que les débats se sont bien tenus, c'est une question piège, à l'Assemblée ?
00:17Non, d'abord les débats se sont tenus au sens où on a tout fait.
00:22Mme la ministre Annie Gennevard en tête et le rapporteur Julien Dive pour essayer de faire en sorte qu'on puisse débattre intelligemment.
00:30Et d'ailleurs, il le disait encore tout à l'heure, on a pris des amendements qui venaient de la gauche, qui venaient d'ailleurs.
00:35Jusque là, on avait l'espoir de pouvoir débattre et faire en sorte que le Parlement étudie cette loi.
00:39Le problème, c'est que nos camarades de la LFI ont bien compris qu'ils allaient perdre et que le texte passerait.
00:48Et donc, ne pouvant le gagner par les votes, ils se sont dit on va empêcher le vote.
00:52Et donc, ils se sont lancés dans un exercice de créativité et de littérature absolument incroyable, puisqu'ils ont déposé 3500 amendements.
01:02Et c'est plus que pour les retraites ?
01:03Il faut imaginer que...
01:05Sur 4500 environ.
01:06En nombre de mots, c'est plus qu'à la recherche du temps perdu, pour vous donner un ordre d'idée.
01:11Et imaginez que là-dessus, on a le droit de sous-amender encore en séance.
01:15Bref, ça aurait pris des mois et des mois.
01:17Or, il y a 18 mois de ça, quand en janvier-février de l'année dernière, les agriculteurs ont manifesté,
01:24on l'a bien vu, le pays s'est soulevé en disant que ce n'est pas possible que ceux qui nous nourrissent soient en train de mourir de faim,
01:29que ceux qui nous nourrissent se suicident tant leurs conditions de travail sont difficiles.
01:32Donc, il y a une urgence absolue, une urgence qui est renforcée par le fait que normalement, le gouvernement Barnier devait faire passer ce texte.
01:39Le Rassemblement National et la LFI, à l'époque, ont censuré.
01:43Et donc, nous voilà en retard par rapport aux attentes des agriculteurs.
01:45Donc, il fallait que ça passe.
01:47Et on en arrive à ce concept, j'avoue, pour nos auditeurs, un peu absurde.
01:51Belle tactique.
01:51Où on a tous voté pour rejeter le texte de l'Assemblée Nationale.
01:56Qui est votre texte.
01:56Qui est notre texte, bien sûr.
01:58Qui est le texte de la ministre, Annie Gennevard.
01:59Qui est le texte du rapporteur Julien Dive.
02:01Et l'idée, c'est comme ça, il est renvoyé au Sénat.
02:04Et du Sénat, il va rentrer dans ce qu'on appelle une commission mixte paritaire.
02:07En gros, il y a un petit nombre de sénateurs, un petit groupe de députés.
02:10Qui vont pouvoir terminer ce texte.
02:12En reprenant les bonnes idées qui ont eu lieu du débat de l'Assemblée Nationale.
02:16Et en reprenant, évidemment, le texte du Sénat.
02:19C'est important parce que, vraiment, juste, je veux le dire.
02:21J'ai une énorme pensée pour nos agriculteurs.
02:23On a une profession qui est absolument essentielle.
02:26Qu'y a-t-il de plus essentiel que de nous nourrir ?
02:28Et ils sont en train de crever de faim.
02:30C'est eux qui nous nourrissent.
02:31Donc, il fallait que l'Assemblée Nationale soit à la hauteur des enjeux.
02:34La LFI ne le pouvant pas.
02:36C'est important.
02:36Et juste, peut-être, d'un dernier mot.
02:38Quand je disais qu'ils ont fait un effort de créativité, la LFI,
02:41ils ont été dans une telle indécence que, dans les amendements qu'ils posaient,
02:48ils renvoyaient le texte à 90 ans.
02:52Puis, deuxième amendement, à 98 ans.
02:54Puis, amendement de repli, 97 ans, etc.
02:57Ce n'est pas un bâillon théodique.
02:58Qu'est-ce qui se passe ?
02:58Que des folies comme ça.
03:01Ils ont changé les titres.
03:03Quand, dans un texte, il y avait marqué, pour un mois, ils faisaient un amendement pour dire, non, c'est pour 30 jours.
03:07Enfin, que se moquer du monde, pour ne pas dire autre chose.
03:11Donc, imaginez la rage des agriculteurs quand ils voient ça.
03:13Alors, je comprends parfaitement que l'obstruction faite par la gauche, notamment la France Insoumise,
03:18empêche au bon déroulement du débat à l'Assemblée Nationale.
03:21Il faut aussi préciser que, quand vous l'envoyez en commission mixte paritaire,
03:24volontairement, c'est parce que la commission mixte paritaire est favorable à la droite et au centre.
03:27Donc, globalement, ça permettrait de faire passer le texte, il faut aussi le dire pour nos auditeurs.
03:31La question que je vais vous poser, c'est que ce soit via des tactiques, celles que vous avez employées là,
03:36ou via la tactique de l'obstruction, qui est celle de la LFI aujourd'hui,
03:39est-ce qu'il est aujourd'hui impossible de débattre d'un texte à l'Assemblée Nationale ?
03:42Par des voies normales, je veux dire, de discuter et de voter ?
03:46Non, parce qu'on l'a vu sur la fin de vie, il y avait des positions extrêmement tranchées.
03:51Extrêmement tranchées, mais pour autant, il y a eu un débat qui était serein.
03:55Le débat était serein.
03:56Maintenant, la question, c'est de dégager des majorités.
03:59Et surtout, être capable de dégager des majorités pour être efficace et rapide.
04:03Et c'est ça, le vrai défi aujourd'hui.
04:06Il y a des postures politiciennes qui ont émergé, caricaturant totalement le débat.
04:10Parce que, j'en parlais avec des habitants de ma circonscription ce matin,
04:13qui disaient, mais c'est vrai qu'on va tuer toutes les abeilles, etc.
04:16Enfin, si on dézoome un petit peu, c'est pas du tout le sujet.
04:20Or, le débat était tellement caricaturé que c'est devenu épidermique et hystérique.
04:25Et je pense qu'effectivement, c'est devenu très compliqué.
04:27Moi, je dois vous le dire, on en parlait tout à l'heure en rantaine,
04:29je levais les yeux tout à l'heure vers le public,
04:32au balcon qui nous regardait à l'Assemblée Nationale,
04:34et ça me serre le ventre.
04:36Il y a une forme de honte, on se dit, c'est pas possible.
04:38On voit leur regard, ils nous regardent avec une espèce de...
04:41Je sais pas si c'est de la pitié, de la condescendance, de la sidération.
04:43Les gens se disent, mais c'est pas possible que ce soit ça, la représentation nationale.
04:47Les LFI ont fait encore un esclandre, ils ont sorti des pancartes.
04:49Qu'est-ce que ça va être pour votre proposition de loi ?
04:51Écoutez, on va voir.
04:53Mais effectivement, on voit que ces gens-là sont absolument irresponsables
04:56et dégradent la vie politique de notre pays, dégradent la démocratie.
04:59C'est une évidence.
05:00Question de Joseph Massescaron.
05:02Mais qu'est-ce qu'ils cherchent exactement ?
05:04C'est-à-dire que...
05:04Alors d'abord, sur l'agriculture, qu'est-ce qu'ils cherchent ?
05:07C'est-à-dire qu'ils veulent qu'il n'y ait plus d'agriculteurs en France ?
05:09C'est ça ce qu'ils veulent, ou à votre avis ?
05:11Bon, écoutez, je vais pas les défendre,
05:14mais ce qui est sûr, c'est que la LFI a un logiciel extrêmement clair,
05:17celui de la conflictualisation de tout.
05:19D'ailleurs, M. Mélenchon l'avait théorisé.
05:23On a dans mon département du Val-de-Marne,
05:25Louis Boyard, qui avait essayé de se présenter à la mairie de Villeneuve,
05:28qui faisait des vidéos sur TikTok pour expliquer aux étudiants
05:32comment il fallait tout conflictualiser tout le temps.
05:34Et donc, c'est ça le sujet.
05:35En fait, dans deux ans, il n'aurait pu faire l'inverse.
05:38LFI, c'est l'insurrection permanente.
05:39C'est Jean-Luc Mélenchon qui a appris,
05:42comme des masterclass à ceux qui aujourd'hui sont les représentants de LFI,
05:46que tout doit être insurrectionnel.
05:48Sinon, ça n'existe pas.
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