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  • il y a 8 mois

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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Voici trois ans que Warren a acheté la grande maison.
01:05Un manoir qui pourrait abriter trois familles sans la moindre promiscuité.
01:11Malgré leur bonne éducation, ses voisins ne peuvent s'empêcher de se demander pourquoi donc Warren Ulrich y vit seul.
01:19Leur curiosité est d'autant plus aiguisée que Warren ne reçoit jamais personne, n'organise aucune fête, aucune réunion.
01:29Ne serait-ce son visage avenant et sa parfaite courtoisie, Warren Ulrich aurait la réputation d'un sauvage, excentrique, d'un misanthrope ou pire encore,
01:39à les savoir avec les voisins, même les mieux éduqués.
01:43Or, la dernière chose que Warren souhaite est bien d'attirer l'attention.
01:51Exactement trois ans que Warren a acheté son manoir.
01:55Un après-midi de la Saint-Sylvestre, la veille du jour de l'an.
01:59Autant commencer en janvier une existence nouvelle, n'est-ce pas ?
02:03Approchant de l'allée cimentée, il enfonce un bouton sur le tableau de bord de sa Jaguar, actionnant l'entrée télécommandée du garage.
02:14Il se donne un coup de peigne, prend le champagne, le caviar, le foie gras et autres gâteries, puis sort de sa voiture.
02:22En sifflotant, il gravit quatre à quatre l'escalier dérobé qui conduit directement au deuxième étage de l'immeuble.
02:30En effet, Warren Ulrich n'utilise jamais le rez-de-chaussée ni le premier.
02:36En haut des marches, il allume les lumières de la galerie, dépasse deux chambres et un bureau,
02:41et s'arrête face à une fresque représentant un lac de montagne.
02:46Calant son sac de provision sous le bras, il tâtonne sous le boîtier de sa montre et, avec le doigté d'une longue habitude,
02:57presse un point mobile légèrement saillant.
03:01La fresque glisse vers le haut, dans un ronronnement huilé, découvrant un corridor étroit.
03:08Après s'être assuré que le corridor est vide, il franchit l'ouverture, tandis que la fresque reprend automatiquement sa position initiale.
03:21Une installation simple et pratique, conçue il y a quelques années dans un tout autre dessin.
03:26Naguère, en effet, elle protégeait des regards indiscrets un petit repère intime où l'élite venait jouer et perdre gros,
03:37sans parler de plaisir plus érotique, en des salons particuliers.
03:43L'élite s'était lassée de cet entre pourtant si pratique, toujours est-il que l'endroit a fermé discrètement et sans scandale.
03:51Pas assez discrètement, toutefois, pour ne pas venir aux oreilles de Warren Ulrich.
03:56C'était quelques mois après sa malheureuse et déverante liaison avec Clara Felton qu'il avait congédiée au bénéfice de Danny Widner.
04:08Warren Ulrich avait acheté ce manoir quelques jours avant que son ancienne fiancée ne convola en juste noce avec ce fichu Danny Widner.
04:19Oui, juste quelques jours avant.
04:22Quittant les trois corridors, Warren pénètre dans un confortable salon, meublé avec goût.
04:31Clara Felton, étendue sur un sofa, la tête posée sur un oreiller, regarde la télévision.
04:39Warren dépose le champagne et les douceurs sur une table basse près d'elle et lui embrasse le front.
04:44« Le nouvel an, baby, explique-t-il. Une petite fête. »
04:52« Je sais que c'est le nouvel an, dit-elle lourdement. »
04:56« Ça oui, je le sais. Et qu'est-ce qu'il y a à fêter ? »
05:00Avec un ossement d'épaule, Warren réduit le volume de la télé et se dirige vers le bas.
05:05« Ce préambule négatif ne servira qu'à te rendre malheureuse, Clara. Pourquoi ne pas t'adapter une fois pour toutes ? »
05:15Elle tâtonne le sol de ses pieds nus et se redresse.
05:18Tous ses gestes, tous ses mouvements sont languissants.
05:23Il s'en émane une intense immobilité, un calme étudié, un calme voulu.
05:30« Comment est-ce dehors ? »
05:35« Il neige, répond-il en revenant avec des verres. »
05:40« J'aimais la neige, mais il y a tellement longtemps que j'ai oublié. »
05:46« C'est blanc, n'est-ce pas ? »
05:48« Et ça descend un petit flocon mouillé et poudreux. »
05:52« Ah, Clara, pourquoi dire toutes ces choses qui te font mal ? »
05:56« Quand la neige sera assez épaisse, nous irons dehors et nous marcherons dedans, comme l'an passé, d'accord ? »
06:03« Une autre petite folie surveillée pendant dix minutes après minuit. »
06:08« C'est magnanime de ta part, Warren, chérie. »
06:12« Bien que tu ne l'admettras jamais devant moi, je me demande si parfois tu n'as pas des doutes, Warren. »
06:18« Je me demande s'il n'y a pas un moment où tu te sentes débordée par l'énormité de ton égoïsme. »
06:23« Tais-toi, Clara, dit-il doucement. »
06:28« Tu ne peux pas être tout à fait normal, Warren. »
06:31« Moi non plus, d'ailleurs, parce que j'en suis venu à partager ton lit après trois ans. »
06:35« Du moins, en surface, je suis devenu ta femme et non celle de ce pauvre Denis Wigner, ta seconde victime. »
06:42« Pauvre Denis, il ne saura jamais ce que je suis devenu. »
06:45« Clara, dit-il gentiment bien qu'il préférerait crier, ne nous sommes-nous pas mis d'accord sur le fait que de nouvelles disputes étaient vaines. »
06:56« Le sujet est clos, mon cœur, clos pour toujours. »
07:02« Vers en main, Clara se met à arpenter la pièce de long en large. »
07:07« Ainsi nous voici à l'orée d'une autre année. »
07:11« Trois cent soixante-cinq jours, tous aussi monotones et futiles les uns que les autres. »
07:18« Je vais te le demander une fois encore, la dernière. »
07:22« Warren, veux-tu me laisser partir ? »
07:27« Tu sais bien que non, mon cœur. »
07:30« Ce serait désastreux pour nous deux, » dit-il en souriant. »
07:39« Après dîner, il regarde l'avènement de la nouvelle année à la télévision. »
07:43« Toutes ces villes et tous ces gens heureux qui s'embrassent et se félicitent bruyamment. »
07:50Clara accepte le baiser de Warren avec un parfait simulacre d'affection,
07:56mais elle ne le suit pas quand il désire aller se coucher.
08:00À deux heures du matin, elle a fumé deux paquets de cigarettes en essayant de prendre une décision.
08:05La raison simple pour laquelle elle ne peut pas le tuer pendant qu'il dort l'emplit de rage.
08:12Elle ne connaît pas le moyen d'actionner le mécanisme de la porte.
08:17Bien sûr, à force de l'épier discrètement,
08:20elle a fini par se douter qu'il doit s'agir d'un mécanisme de commande à distance,
08:24du même principe que celui du téléviseur.
08:29Ce soir-là, elle est tellement en colère contre son geôlier
08:33qu'elle se perçoit qu'elle finira tôt ou tard par découvrir la clé des champs.
08:39Même si le prix à payer est de passer quelques jours en compagnie d'un cadavre dans une pièce sans fenêtre.
08:47Il est plus de quatre heures du matin quand elle se glisse dans la chambre,
08:51le long couteau fixé à sa cuisse à l'aide d'un cordon.
08:55Tandis qu'elle se déshabille dans le noir,
09:00Warren remue mais ne s'éveille pas.
09:05Elle se glisse silencieusement dans le lit,
09:09reste allongée une dizaine de minutes avant de saisir le couteau,
09:12puis de le tenir de telle façon qu'après avoir arraché les couvertures de la main gauche,
09:17elle puisse immédiatement de la main droite plonger la lame dans le cœur de Warren.
09:21Quand vous pensez aux précautions qu'a prises Warren Ulrich pour ce qu'est stricte Clara,
09:29ne serait-ce pas mésestimer son intelligence
09:32que de croire qu'il pourrait se laisser assassiner stupidement dans son sommeil ?
09:38Vous le saurez dans quelques instants.
09:39Clara Felton était fiancée à Warren Ulrich.
09:51Malheureusement pour tout le monde, elle l'a quittée pour Denis Widener.
09:57Warren l'a sequestré depuis trois ans dans une maison spécialement aménagée à cet effet.
10:02Un système électronique empêche absolument Clara de quitter sa cage dorée.
10:06Or, ce soir, Clara a décidé d'en finir avec Warren, coûte que coûte.
10:13Après s'être glissée dans le lit, un couteau à la main,
10:16il lui faut attendre dix minutes encore pour rassembler tout son courage.
10:22Ensuite, tout se passe exactement comme prévu, sauf...
10:27Sauf qu'à la dernière seconde, au moment de plonger la lame dans le cœur de Warren,
10:33une main arrête son poignet et le serre comme un étau.
10:38Ce satané, cet infect Warren faisait semblant de dormir.
10:44Il a tout prévu, Warren.
10:46Tout.
10:47Même le moment où elle voudrait le supprimer,
10:49après trois ans de patience,
10:51trois années d'attente qui s'effondrent dans la chambre obscure.
10:57Elle glisse la lame sous le matelas et fond en sanglots silencieux,
11:03en évitant de frôler ce corps tant détesté.
11:08Le matin suivant,
11:10après le départ de Warren,
11:12Clara range le couteau dans la cuisine,
11:14puis, pendant des heures,
11:16cherche le moyen de s'évader sans le tuer.
11:19Encore que, si quelqu'un ne mérite pas de vivre,
11:23c'est bien Warren Ulrich.
11:25Non seulement ce monstre la séquestre depuis trois ans,
11:28mais il est d'une vigilance de chaque instant.
11:32Elle a beau chercher et chercher encore,
11:35aucune solution n'apparaît.
11:38C'est d'autant plus désespérant qu'au-delà de ses murs sans fenêtre,
11:41la vie et le monde palpitent.
11:43Quand il rentre le soir, son éternel sourire aux lèvres,
11:49elle est dans un état d'effondrement moral.
11:53Au début, elle garde le silence car il lui est nerveusement impossible de parler.
11:58Quand, peu à peu, elle voit que cette prostration l'inquiète,
12:03l'espoir renaît sous forme d'une nouvelle stratégie.
12:06Cette indifférence silencieuse ne pourrait-elle finir par saper son éternelle patience,
12:13son indéfectible assurance ?
12:15Se pourrait-il qu'il la frappe, perdant tout contrôle,
12:19et qu'elle en profite pour lui planter le couteau dans le cœur,
12:22pour tenter n'importe quoi ?
12:27C'est sans compter avec la remarquable intelligence de Warren Ulrich,
12:31car il s'adapte, le bougre,
12:33et bientôt, il ne semble plus gêné du tout par ce pesant silence.
12:39Alors qu'elle est sur le point d'exploser,
12:42Warren se consacre à la lecture
12:44ou entame des parties d'échec avec un ordinateur.
12:49Le onzième jour, quand il part pour son bureau,
12:53après avoir osé lui tapoter la joue en silence,
12:57Clara Fenton explose.
12:59Tout ce qu'elle est parvenue à réprimer jusqu'à présent sort en une fois.
13:02Elle court en hurlant dans les pièces vides,
13:05renverse les lampes,
13:06arrache les tableaux et les déchire sur le coin des meubles,
13:09fracasse tous ces précieux et combien inutiles flacons de parfums,
13:13lacèrent les robes qu'il lui a offertes,
13:15et elle hurle, Clara,
13:17elle hurle !
13:18Dans un dernier sursaut, elle revient au salon,
13:23ramasse une des lourdes lampes jonchant le sol
13:25et réduit en miette le grand œil moqueur de la télévision en couleur.
13:31Ensuite, tremblant de rage et de désespoir,
13:34elle reste plantée au milieu du carnage.
13:36Elle pense vaguement y mettre le feu,
13:38mais son instinct de conservation l'en empêche in extremis.
13:41Et, tout naturellement,
13:46les larmes suivent.
13:50À peine calmée,
13:53il lui prend un de ses fréquents accès de claustrophobie
13:56quand ces circonstances,
13:58elle ne peut maîtriser.
13:59Complètement paniquée,
14:02elle s'empare de la lourde lampe dont elle s'est servie
14:03pour démolir le téléviseur
14:05et s'élance vers le corridor de sortie
14:06dans l'espoir absurde d'abattre l'inflexible barrière
14:09de trois années sans air,
14:11sans liberté,
14:12la porte télécommandée.
14:15À quelques mètres,
14:17elle s'arrête nette.
14:20La lampe lui glisse entre les doigts.
14:23Warren a tout prévu,
14:24tout,
14:25sauf une chose.
14:27Comme tous les appareils inventés par l'homme,
14:30cette porte dérobée n'est pas construite
14:32pour fonctionner éternellement
14:34sans réglage ni entretien.
14:37Ce matin,
14:38bien que la porte ait manifestement obéi au signal
14:41quand il s'est agi de monter,
14:43elle n'est pas redescendue au niveau du sol
14:45pour s'y verrouiller.
14:47Elle ne s'est pas entièrement fermée,
14:49laissant presque un pied de jeu.
14:52Et, par miracle,
14:54cet imbécile de Warren
14:55trop confiant,
14:58ne s'est pas retournée
14:59pour vérifier le bon fonctionnement
15:01du mécanisme.
15:03Le cœur battant la chamade,
15:05Clara file chercher un manteau,
15:06puis se couche à plat ventre
15:08près du bord de la porte.
15:11Elle s'aplatit,
15:12se raidit,
15:14vide sa poitrine
15:15et rampe,
15:16millimètre par millimètre,
15:20jusqu'à ce que le bord métallique
15:21la cale au milieu du dos.
15:24Le violent effort qu'elle fournit
15:26pour se dégager
15:27ne fait que la caler davantage,
15:29impossible d'avancer
15:31ni de reculer.
15:34La panique l'envahit à nouveau
15:35quand elle se demande
15:36ce qui arriverait
15:36si, un effort trop violent,
15:38libérait la porte,
15:39cette masse d'acier
15:41et l'écraserait
15:41comme un insecte.
15:44Trois ans de séquestration
15:46pour finir de la sorte
15:47à quelques centimètres
15:49de la liberté.
15:51À quelques centimètres !
15:53Oh non, non !
15:55Elle ordonne à ses muscles
15:57de se détendre.
15:59« Pense-toi,
16:00petite et mince ! »
16:02se dit-elle.
16:04« Pense-toi,
16:05ronde et glissante ! »
16:07« Pense-toi,
16:08libre ! »
16:10Et le miracle se produit.
16:15Molle et sans eau,
16:17flexible,
16:19elle est un fluide
16:20qui se répand
16:21sous une porte.
16:24En quelques secondes,
16:27elle est dehors.
16:32Dans la cabine téléphonique
16:34d'un drugstore,
16:35Clara Fenton se demande
16:36si elle doit d'abord
16:37appeler la police
16:38ou Denis Wittner.
16:40Trois ans et dix-sept jours
16:42plus tôt,
16:44elle était sur le point
16:45d'épouser Denis.
16:48Malheureusement,
16:48les événements
16:49avaient pris un cours
16:50machiavélique.
16:51Elle aurait dû refuser
16:52cette invitation à dîner
16:53que Warren lui avait faite,
16:54mais il semblait
16:56si détaché,
16:57si amical,
16:58pour tout dire,
16:59si fair-play.
17:00« Quittons-nous au moins
17:02sur une bonne impression, »
17:05avait-il dit au téléphone.
17:07Comment lui refuser cela ?
17:10L'ennui,
17:11c'est qu'il avait proposé
17:12ce dîner dans sa nouvelle maison
17:13et la légendaire curiosité féminine
17:17avait poussé Clara
17:19à accepter l'invitation.
17:21Elle quitte le drugstore
17:26sans téléphoner
17:27et elle un taxi.
17:29« Margaret Manufacturing, »
17:31dit-elle au chauffeur
17:32en indiquant le bureau
17:34de Denis Wittner.
17:36La jeune fille
17:37de la réception
17:38la considère
17:38d'un œil froid
17:39quand elle demande
17:40à parler à Denis Wittner.
17:41« Avez-vous un rendez-vous ? »
17:44« Non, mademoiselle.
17:46Détuis simplement
17:46que je suis Clara Fenton. »
17:51Quelques secondes plus tard,
17:53Denis se dresse
17:53sur le seuil de son bureau,
17:55l'œil exorbité,
17:57mais apparemment sûr de lui.
18:01Il considère Clara
18:02quelques instants en silence.
18:05« Entre ! »
18:07finit-il par dire
18:08en s'effaçant.
18:09Clara entre dans le bureau
18:13s'attendant à moitié
18:15à ce qu'il lui saute au cou
18:16une fois la porte fermée.
18:19Au lieu de cela,
18:21il s'assied avec une expression
18:22sombre et insondable.
18:26« Clara,
18:28Clara,
18:30où étais-tu ? »
18:32demande-t-il en scouant
18:33légèrement la tête
18:34en signe de condamnation.
18:37« Trois ans sans un signe,
18:39sans la moindre nouvelle.
18:41Où étais-tu, Clara ? »
18:46« As-tu attendu trois ans
18:46pour me faire des reproches,
18:48Denis ?
18:49Est-ce tout ce que tu éprouves ? »
18:52« Mais c'est toi
18:53qui m'as abandonné, Clara,
18:54non le contraire.
18:55J'ai été un vrai zombie
18:56pendant des mois et des mois.
18:58Mais les blessures
18:59se referment tôt ou tard,
19:01Clara. »
19:04« Où est-tu, Denis ? »
19:07« Je n'espérais pas
19:07une fanfare,
19:09seulement un peu
19:09de chaleur humaine. »
19:12« Il n'était jamais venu
19:13à l'idée
19:13que je pouvais être en danger ? »
19:16« Clara,
19:16j'ai engagé
19:17des détectives
19:18sans résultat.
19:19Tu ne pouvais pas
19:19demander de l'aide
19:20là où tu étais ? »
19:23« Non, Denis,
19:24je ne pouvais pas.
19:26Mais crois-moi,
19:28je ne t'ai pas abandonné,
19:29je te le jure. »
19:32« Bon, je te crois, »
19:35finit-il par dire.
19:36« Et je suis...
19:37je suis content
19:39que tu sois revenu. »
19:42Une échappatoire plate
19:43et sans émotion.
19:46La présence de Clara
19:47ravive-t-elle en lui
19:49trop de vieilles souffrances ?
19:53« Tu...
19:54tu es mariée, Denis ? »
19:57« Hein ? »
19:58« Pas vraiment, Clara,
20:00mais j'ai des projets. »
20:05Alors que les larmes
20:06se mettent à couler,
20:08Clara se lève
20:09et sort.
20:14Au poste de police,
20:16il y a du monde,
20:17beaucoup de monde.
20:19Le sergent de service
20:19lui indique un long couloir
20:21où attendre
20:22parmi une foule
20:23en désarroi.
20:25Clara Fenton
20:26s'assied sur un coin
20:27de banquette
20:27et l'esprit vide
20:29se met à attendre.
20:32De victime en victime,
20:34son tour vient.
20:35Mais alors que la personne
20:37à côté d'elle
20:38se lève,
20:39Clara se lève
20:40et sort du commissariat.
20:45Quand le taxi
20:46la dépose à la grille
20:47du manoir
20:47de Warren Ulrich,
20:48elle ordonne au chauffeur
20:49de l'attendre,
20:51il ne doit
20:51sous aucun prétexte
20:53partir sans elle,
20:54surtout s'il est intéressé
20:56par un bon pourboire.
21:00Elle sonne à la porte
21:01et Warren ouvre.
21:06« J'avais la conviction
21:07que tu ne te sauverais pas,
21:09lui dit-elle.
21:11Non.
21:13Quand j'ai vu
21:14que tu n'étais plus là,
21:14Clara,
21:15je me moquais pas mal
21:16de ce qui pouvait m'arriver.
21:17Et puis...
21:19et puis je me suis dit
21:20que tu ne préviendrais
21:21peut-être pas la police.
21:24Trois ans de vie commune
21:25peuvent créer
21:26certains liens
21:27et
21:28certaines habitudes.
21:32Entre, Clara.
21:33Non, Warren,
21:34je n'entre pas
21:34pour rien au monde.
21:36Tu devrais te rendre compte
21:37qu'il n'est pas question
21:39que je reste dans cette maison
21:40même une seconde.
21:44Il acquiesce
21:45d'un pauvre sourire.
21:46Allez,
21:50Warren Ulrich,
21:52va chercher
21:52ce dont tu as besoin
21:53dans l'immédiat
21:54et dépêche-toi.
21:55J'ai fait attendre
21:56un taxi
21:56pour qu'il nous ramène
21:57en ville.
21:59Tous les deux.
21:59Vous venez d'écouter
22:06Au cœur du crime,
22:08un podcast
22:09issu des archives
22:10d'Europe 1.
22:11Réalisation,
22:12Julien Tarot.
22:13Production,
22:14Romy Azoulay.
22:15Patrimoine sonore,
22:16Sylvaine Denis,
22:17Laetitia Casanova
22:19et Antoine Reclus.
22:20Promotion,
22:21Marie Corpet.
22:22Au cœur du crime
22:23est disponible
22:24sur le site
22:25et l'appli Europe 1.
22:26Écoutez aussi
22:28l'épisode suivant
22:28en vous abonnant
22:29gratuitement
22:30sur votre plateforme d'écoute.
22:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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