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  • il y a 8 mois
Pour encourager la location à l'année, l’île d’Oléron propose désormais jusqu’à 10 000 € de prime. Le but : empêcher les propriétaires d'utiliser Airbnb pour leur location et donc éviter la pénurie de logements. L'île n'est pas la seule en France à lutter contre ces locations de courtes durées.  

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Transcription
00:00Avec nous Marina Ferrari, bonjour. Vous êtes députée du Mouvement Démocrate en Savoie, ancienne ministre déléguée à l'économie du tourisme.
00:11Merci d'être là face à Jacques Baudrier, l'adjoint au maire de Paris en charge du logement et de la transition écologique du bâti.
00:16Et nous sommes également au Sable d'Olonne ce matin avec M. le maire des Sables, Yannick Moreau,
00:21alors que les villes multiplient les initiatives pour lutter contre les logements meublés touristiques qui évincent du marché l'immobilier des biens,
00:30qui empêchent les locaux de se loger. On l'a vu ce matin sur l'île d'Oléron, les locaux sont obligés d'aller dans des caravanes, dans des mobilhomes au camping.
00:40Hier soir, l'île d'Oléron a voté l'octroi d'une prime de 10 000 euros pour les propriétaires qui acceptent de louer à l'année leur logement.
00:46Alors l'île d'Oléron, c'est quand même en France un record, 62% de résidences secondaires sur l'île d'Oléron.
00:53Et au Sable d'Olonne, vous avez le même problème, Yannick Moreau.
00:56Vous aussi, vous vous êtes servi de cette boîte à outils pour lutter contre les locations touristiques saisonnières ?
01:03Oui, je vous le confirme. D'abord, la loi a évolué et nous a donné plus d'outils pour pouvoir rétablir l'équilibre entre la vie touristique qui est inhérente à une station baldaire.
01:13On a besoin de tourisme, on a besoin de locations touristiques, y compris d'ailleurs de courte durée.
01:18Mais simplement, on a besoin d'équilibre pour que ceux qui vivent au Sable d'Olonne, qui travaillent au Sable d'Olonne, qui travaillent dans les stations baldaire,
01:25puissent aussi se loger et donc que le marché de la location à l'année ne soit pas asphyxié.
01:30Et donc oui, on a utilisé les boîtes à outils et les évolutions législatives récentes qui sont positives.
01:35Et puis on a innové, on a aussi créé nos propres dispositifs pour essayer d'atteindre cet équilibre entre la vie à l'année et la vie touristique.
01:42– En faisant quoi ?
01:44– Alors, en faisant quoi ?
01:49– Compensation financière, c'est ça ?
01:50– Alors en fait, on a fait deux choses.
01:55On a à la fois donné des mesures coercitives pour diminuer l'hyper-rentabilité des locations touristiques de courte durée.
02:03Et donc c'est les taxes sur les logements vacants, c'est la taxe majorée sur les résidences secondaires, la taxe d'habitation majorée.
02:09Mais on a aussi donné des aides favorables en aidant les propriétaires.
02:13Effectivement, on a été les premiers à le faire il y a trois ans en donnant une prime qui va entre 5 et 10 000 euros
02:19pour les propriétaires qui acceptent que leur location touristique devienne des locations à l'année.
02:24Et finalement, en trois ans, ce sont 461 familles qui ont pu se loger, 461 logements,
02:31qui ont basculé de la location touristique de courte durée à la location à l'année.
02:35Et donc 461 familles qui peuvent vivre dans le centre-ville des Sables-de-Lonne
02:39sans qu'on ait eu besoin de construire 460 logements supplémentaires.
02:42Donc c'est une bonne chose pour nous.
02:44Le nombre de résidences secondaires avec les côtes…
02:47– Le vrai sujet pour vous, ce n'est pas seulement Airbnb, ce sont les résidences secondaires évidemment.
02:52– En fait, c'est un ensemble parce que souvent les résidences secondaires
02:56sont des locations touristiques de temps en temps dans l'année.
03:00Mais évidemment, une station balnéaire comme les Sables-de-Lonne
03:02a besoin de résidences secondaires et de locations touristiques.
03:04La question c'est que nous, on était par exemple la huitième ville de France
03:07qui avait le plus de résidences secondaires.
03:10On était, il y a trois ans, on avait 16 000 résidences secondaires.
03:15Trois ans après les dispositifs qu'on a mis en place,
03:18y compris d'ailleurs avec des quotas de location touristique par quartier,
03:21on est passé de 16 000 à 14 000 résidences secondaires.
03:24Ça veut dire qu'il y a 2 000 résidences secondaires en moins
03:27et donc 2 000 résidences principales en plus.
03:29et donc on est dans une dynamique positive de rééquilibrage
03:33entre la vie touristique et la vie à l'année.
03:35– Jacques Boudrier, on a l'impression que le combat contre Airbnb et ses excès est gagné,
03:39mais pas forcément contre les résidences secondaires.
03:42– Tout à fait, grâce à l'Assemblée nationale.
03:44Moi j'ai été auditionné sur le projet de loi qui a été le témoin de novembre.
03:48Il nous donne les armes, donc on va gagner la bataille.
03:50On a 25 000 meublés touristiques illégaux.
03:53On a les armes maintenant pour gagner des procès, pour les remettre.
03:56On va gagner.
03:57Mais le sujet, l'éléphant dans la pièce, c'est les résidences secondaires.
04:00On a 300 000 logements vacants en résidence secondaire à Paris.
04:0328 % du parc privé, ça augmente de 1 % par an.
04:06Cette année, ça va augmenter de 15 000.
04:09Nous, les moyens des collectivités, c'est notre budget pour créer du logement social,
04:14du logement intermédiaire.
04:15Mais avec les 600 millions d'euros, le budget de la ville de Paris
04:18pour créer du logement social, c'est plus que le budget de l'État
04:20pour toute la France, pour le logement social.
04:22Donc on a augmenté nos moyens.
04:24Mais ça nous permet de créer 4 000 logements par an.
04:26Mais si on perd 15 000 résidences secondaires par an,
04:29c'est catastrophique et c'est 150 000 à l'échelle du pays.
04:32Donc ce qu'on demande au gouvernement, aux députés, aux sénateurs,
04:36c'est de nous permettre d'augmenter la fiscalité sur les résidences secondaires.
04:40Au Canada, en Belgique, en Suisse, c'est ce qu'ils ont fait.
04:43La fiscalité à Vancouver, c'est 10 fois la fiscalité de Paris.
04:46Et c'est comme ça qu'on pourra remettre, à l'échelle de Paris, 100 000 logements.
04:51On a une mesure qui coûte 0 euro, qui rapporte de l'argent au budget de l'État.
04:54Ça rapporte très bien.
04:55Encore une taxe.
04:56En tout cas, c'est la seule façon.
04:57C'est une taxe.
04:58Le but n'est pas de la toucher.
04:59Le but, c'est qu'on ait des résidences principales.
05:01Et à Paris, si on n'a pas cette évolution de la fiscalité,
05:05que le Sénat avait votée, d'ailleurs sur nos propositions,
05:07mais le gouvernement l'a fait enlever du toit de la CMP,
05:10nous, on va avoir une situation catastrophique.
05:12Je crois qu'il y a 200 000 personnes de plus qui vont se retrouver sans domicile cette année en France à cause de ça.
05:17Marina Ferrari, il faut aller jusque là.
05:19Alors moi, j'ai toujours été un peu sceptique sur la notion d'augmentation de fiscalité pour réguler.
05:24Bon, force est de constater que quand même, aujourd'hui,
05:26en tout cas, la majoration de la taxe d'habitation sur la résidence secondaire
05:30nous permet quand même de donner des moyens aux collectivités
05:34pour mener une politique de remise sur le marché.
05:36C'est ce qu'a expliqué Yannick Moreau, notamment au Sable d'Olonne.
05:40On voit bien que finalement, ça a alimenté un fonds qui lui permet d'aider aussi les propriétaires.
05:45Après, dans de telles proportions, je ne sais pas, on en discutait avant de rentrer sur le plateau,
05:49il faut aussi faire attention au zonage.
05:52Ce qui est vrai à Paris n'est pas forcément vrai dans une station de ski
05:54ou dans une ville qui peut être en secteur tendu.
05:58Il faut avoir des outils, je pense, qui soient adaptés aux réalités territoriales.
06:02C'est pour ça qu'il y a des zonages fiscaux qui existent aujourd'hui.
06:04Et c'est peut-être des choses sur lesquelles il faudra qu'on travaille le moment venu.
06:07Je ne suis pas en train de vous attaquer à un droit fondamental
06:10qui est celui des propriétaires de pouvoir disposer de leurs biens et d'en faire ce qu'ils veulent.
06:13Alors, on a eu ce débat également quand on a voté la proposition de loi Echanise Lemaire.
06:17C'était atteinte aux droits de propriété, etc.
06:19Mais en fait, quand vous regardez dans l'évolution du droit français,
06:22on ne cesse de réglementer les choses aujourd'hui.
06:25À un moment, quand on ne peut plus loger nos concitoyens dans des zones très tendues,
06:29il faut aussi qu'on réponde aux besoins de nos populations.
06:31Je crois que c'est, en tout cas, une de nos raisons de devoir s'engager.
06:35Mais en vous écoutant tous les deux, je suis en train de me demander
06:37si vous n'êtes pas en train de vous tromper de cible.
06:39J'ai bien compris sur les locations de courte durée.
06:41J'ai bien entendu résidence secondaire, mais ce n'est pas le problème, la résidence secondaire.
06:44Le vrai problème, c'est ceux qui n'ont pas une résidence secondaire,
06:49mais deux, trois, quatre, cinq, six, pour des raisons d'investissement.
06:52La résidence secondaire, c'est un rêve pour des tas de familles,
06:58mais le problème, c'est ceux qui en ont cinq, six, huit, pour des raisons financières.
07:02Mais à Paris, ce n'est pas pour des raisons financières,
07:04c'est juste qu'à Paris, on a 81% des logements qui appartiennent à des multipropriétaires.
07:08Les résidences secondaires à Paris, elles appartiennent massivement
07:11à des gens qui vous aident au moins cinq biens immobiliers.
07:13Donc c'est ça la cible.
07:16À Paris, à Nice, sur la Côte d'Azur, sur la Côte Basque, à Annecy par exemple,
07:20ou peut-être au Sable de l'Aune, en tout cas, nous, on a besoin d'outils fiscaux.
07:25On va perdre à Paris 40 000 habitants.
07:27Il n'y a jamais autant de gens qui ont voulu habiter à Paris.
07:29Nos demandeurs de l'augment sociaux, le nombre de demandes explose.
07:33Le nombre de particuliers à particuliers, ils ont 2000 contacts par annonce mis en ligne sur leur site.
07:40La demande explose.
07:41Plein de gens veulent habiter à Paris, mais comme on a un océan de résidences secondaires,
07:46les gens ne peuvent plus habiter à Paris, ce qui est dramatique.
07:48Donc on a vraiment besoin, et c'est une urgence,
07:50on va mettre des dizaines de milliers de personnes à la rue de ce fait.
07:54Monsieur Demand, vous avez absolument raison.
07:56D'ailleurs, à l'époque, quand on a élaboré cette loi,
07:58on avait pensé à cette notion de combien d'unités sommes-nous propriétaires,
08:02parce qu'on voit bien qu'on n'est pas dans la même logique.
08:03On est dans une logique d'investissement, de rentabilité.
08:06Ce n'est plus du tout la même logique, c'est du professionnel.
08:07En fait, on se dit les choses.
08:08Pour autant, aujourd'hui, on voit que, en tout cas,
08:12dans les territoires que je connais bien, qui sont les Alpes,
08:14on a besoin aujourd'hui de ce parc de résidences secondaires,
08:17parce que la facilité d'utilisation des plateformes,
08:19parce qu'on a beaucoup tapé sur ces plateformes,
08:21mais en même temps, elles ont eu, sur certains territoires du bon,
08:24nous ont permis de casser ce phénomène dit de lit froid,
08:26qu'on connaît depuis 25 ans dans les Alpes,
08:28pour remettre du logement à la location touristique.
08:31Et on en a besoin, c'est ce qui a été rappelé par Yannick Moreau,
08:33sur des territoires touristiques.
08:34Ça rapporte de l'argent.
08:35Ça rapporte de l'argent au territoire,
08:36et ça permet aussi à nos habitants de vivre sur le territoire.
08:39Donc voilà, il faut trouver le bon équilibre.
08:41Le chemin de traite est un peu difficile,
08:42mais il y a des situations qu'on ne peut pas nier sur le territoire,
08:44comme Paris, par exemple,
08:45qui sont des situations extrêmement critiques.
08:47Merci beaucoup, merci à tous les trois d'être venus ce matin
08:50sur le plateau de première édition.
08:51On remercie évidemment Yannick Moreau,
08:52qui était dans le duplex des Sables d'Olonne.
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