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  • il y a 9 mois

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00:00J'ai eu des grains vraiment d'ambiance de fin du monde, avec des couleurs gris foncés que j'avais jamais,
00:04vraiment des couleurs de fin des temps.
00:07Je m'appelle Fabrice Amédéo, j'ai 47 ans et je viens de participer à mon troisième Vendée Globe
00:11et de terminer mon deuxième Vendée Globe, parce que j'en ai abandonné un et j'en ai terminé deux.
00:16Et ce que j'observe entre mon premier Vendée Globe qui était il y a 8 ans et ce Vendée Globe là,
00:19qui a eu lieu cet hiver, c'est que je trouve que la nature est plus instable, plus imprévisible qu'avant.
00:24Les masses d'air sont plus instables, il y a beaucoup plus de grains.
00:26Je trouve que c'est plus difficile qu'avant de naviguer en solitaire.
00:28Alors certes, il y a aussi le poids des années, évidemment, mais il n'y a pas que ça.
00:31Je trouve que dans différents moments de la course, dans l'Atlantique Sud, dans le Pacifique Sud,
00:36et même aussi mon poteau noir, donc la zone de convergence entre les Alizés, l'hémisphère nord et l'hémisphère sud,
00:41j'ai eu des grains vraiment d'ambiance de fin du monde, avec des couleurs gris foncés que j'avais jamais,
00:46vraiment des couleurs de fin des temps.
00:48Avant, on avait des scénarii météo qui étaient quand même assez prévisibles.
00:53En général, quand on abordait un océan, dans le cadre du tour du monde, il y avait 3-4 scénarii possibles.
00:57Et puis en fonction, on savait à peu près à quoi allait ressembler notre parcours.
01:01Et là, en fait, ça ne ressemble plus du tout à ce qui était écrit dans les livres.
01:04C'est beaucoup plus instable.
01:05Et donc, je n'ai pas pu m'empêcher de me dire pendant ce tour du monde que j'étais un peu témoin du dérèglement climatique.
01:10Par exemple, dans le poteau noir, j'y suis resté coincé 3 jours avec des grains pas possibles,
01:16mais aussi des zones d'arrêt.
01:17Normalement, quand on s'arrête sous un nuage, on s'arrête une ou deux heures.
01:20Là, je suis resté quasiment 5, 6, 7 heures sous certains nuages.
01:23Donc, ça change.
01:25Et dans cette zone de convergence, en fait, le vent vient de l'Est, puisque ça vient de l'Afrique,
01:30et ça converge comme ça vers l'Arc-Antillais et le nord du Brésil.
01:34Et en fait, j'ai eu pendant une journée du vent d'Ouest.
01:37Et ça, d'ailleurs, je comptais demander à un grand météorologue comment il pouvait analyser ça,
01:41parce que je n'ai pas compris ce qui se passait avec du vent d'Ouest pendant une journée,
01:46alors que la météo était formelle, le vent venait de l'Est.
01:48Et puis, il n'y avait aucune raison météorologique que le vent vienne d'ailleurs que de l'Est.
01:51Donc, tout ça me fait dire que l'océan change et qu'il se passe quelque chose aussi,
01:55et que nous, autres marins, nous sommes témoins du dérèglement climatique.
01:58Faire le Vendée Globe, ça offre l'opportunité à la communauté scientifique d'avoir des données
02:03sur des routes sur lesquelles leurs bateaux ne vont pas.
02:05Et donc, mon bateau avait trois capteurs.
02:07Un capteur de CO2, salinité, température.
02:09Ces données qui aident les scientifiques à mieux comprendre les conséquences du réchauffement climatique sur l'océan.
02:13C'est un capteur de microplastique qui permet de mesurer les pollutions anthropiques,
02:17donc les pollutions humaines, avec un grand H.
02:19Et enfin, un capteur d'ADN environnemental,
02:22donc qui permet de mesurer la biodiversité tout au long de la route du Vendée Globe,
02:25des plus petites cellules, des plus petites bactéries,
02:28jusqu'aux plus grands cétacés qui peuplent les océans.
02:30Et en plus de ça, j'avais des bouées flottantes,
02:33conçues par la petite start-up brestoise Eudine.
02:36C'est des bouées qui mesurent les vagues et le courant.
02:38Elles permettent de mieux connaître, pour les scientifiques,
02:40la dynamique d'éparpillement des microplastiques aux latitudes australes,
02:44puisqu'en fait, les scientifiques subodores,
02:46qu'il y ait des phénomènes de gire, ce qu'on appelle le septième continent,
02:48donc en fait, avec les phénomènes de courant dans tous les océans,
02:51il y a des phénomènes de regroupement des microplastiques,
02:53mais il y a très peu de données.
02:54Et donc, ces balises permettent de mesurer ça.
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