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  • il y a 9 mois

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00:00Bonjour, bienvenue sur SRTV. On va investir dans la Deep Tech aujourd'hui et pour cela,
00:17nous allons rejoindre en visio Arnaud Delatour, le président d'Ello Tomorrow. Arnaud, bonjour.
00:22Bonjour, enchanté. Alors, peut-on commencer par définir ce qu'est la Deep Tech ?
00:28Oui, alors la Deep Tech, c'est toutes les innovations dont la proposition de valeur et l'élément
00:35différenciant est basée sur une technologie de rupture qui nécessite de la R&D pour arriver sur
00:41le marché. On a de plus en plus utilisé ce terme ces dernières années par opposition à la Tech qui
00:47maintenant est devenu souvent synonyme de n'importe quelle application web qui peut être développée
00:53facilement, qui va plus, du coup, être une innovation de business model que de technologie.
00:59D'accord. Alors, vous avez rédigé donc récemment un rapport qui s'appelle Deep Tech décoder. Donc,
01:08quel est le contenu et l'objectif de ce rapport ? Oui, bon, en fait, ce rapport, c'est issu d'une analyse
01:16qu'on a faite il y a un an où on s'est posé la question de la performance d'un fonds qui aurait
01:24investi dans toutes les startups Deep Tech sélectionnées par Hello Tomorrow. Donc, c'est
01:28la Hello Tomorrow Challenge, la plus grande compétition de startup avec à peu près 5000 dossiers évolués par an.
01:33Et donc, on s'est rendu compte que ça aurait eu une bonne performance. Et puis après, on s'est dit,
01:41bon, comment affiner nos stratégies d'investissement ? Et donc là, on a modélisé, en fait, différentes
01:45portefeuilles d'investissement en fonction de la maturité des startups, de l'industrie, de la
01:49technologie, du type de produit, de business model, de la géographie. Et donc, on a obtenu énormément
01:55d'informations sur, finalement, qu'est-ce qui est le drive, enfin, la force sous-jacente
02:03du retour sur mes investissements dans la Deep Tech. Et on a décidé de publier ces résultats
02:08sous forme de rapport pour aider tous les investisseurs, soit qui connaissent la Deep Tech
02:12ou qui veulent rentrer dans cette classe d'actifs. D'accord. Alors, vous avez commenté dans un instant
02:17quelques points intéressants de ce rapport. Auparavant, peut-être une présentation rapide
02:21et l'automoraux. Et puis, les deux événements phares que vous organisez annuellement, que
02:25sont le Global Summit et le Global Challenge.
02:29Oui, donc, ce Global Challenge, c'est une compétition, encore une fois, où on a 150 experts
02:36qui vont évaluer à l'an de 5 000 startups. On invite les 700-800 meilleurs et puis les
02:41alumnis à participer à nos événements, dont le Global Summit. Il y a aussi d'autres événements
02:46pour connecter les startups et les investisseurs et les industriels. Donc, tout l'écosystème
02:51Deep Tech. Donc, ça, c'est la moitié de l'activité de Hello Tomorrow. On a une autre moitié
02:56qui est l'activité de service, de conseil au gouvernement, au grand groupe, aux investisseurs
03:01pour les aider sur leur stratégie Deep Tech et pour lancer des nouveaux produits. Et
03:06on a, l'année dernière, du coup, créé ce fonds d'investissement basé sur les conclusions
03:10de notre analyse où, du coup, on investit dans les meilleures startups identifiées par
03:14Hello Tomorrow et où on les aide grâce à ce réseau et cette plateforme.
03:17D'accord. Alors, dans ce rapport, vous indiquez que les startups Deep Tech que vous avez définies
03:24précédemment affichent un TRI moyen de 23,7% qui est supérieur au benchmark des VCs sur
03:325 ans, donc aux États-Unis qui est de 17,1% et hors États-Unis de 15,2%. Comment vous expliquez une telle surperformance ?
03:41Déjà, il faut savoir que c'est une performance, on va dire, théorique sur le papier parce que
03:48c'est sur la période assez récente et donc c'est basé sur la valorisation à laquelle on serait rentré,
03:56la valorisation actuelle et la dilution entre temps. Toutes les exits n'ont pas encore eu lieu.
04:01Comment on explique la surperformance ? Pour moi, il y a trois raisons. La première étant qu'il y a des...
04:09En fait, c'est un marché qui a une forte traction sur le marché de la Deep Tech où on parle de transition énergétique,
04:15de défense, de souveraineté nationale, de santé. Donc, des enjeux de long terme très forts qui sont du coup des gros marchés
04:24où la technologie classique, plutôt digitale, ne va pas pouvoir faire grand chose parce que pour produire de l'électricité,
04:30à un moment, il faut être dans le monde physique. Et donc, c'est là où la Deep Tech peut apporter des grosses solutions.
04:35Et donc, ça, c'est plutôt le côté market pool. Et après, il y a aussi une autre chose qui explique
04:41que c'est en train vraiment d'exposer maintenant, c'est le fait que, assez récemment, il y a beaucoup de technologies
04:47qui sont devenues très matures et donc peu chères. Et donc, l'efficacité capitalistique de la Deep Tech
04:53c'est énormément amélioré. Un exemple, il y a 20 ans, il fallait 100 millions de dollars pour séquencer un génome humain,
05:01alors qu'aujourd'hui, c'est possible pour 100 dollars. Donc, aujourd'hui, c'est-à-dire que des start-up très, très jeunes,
05:08avec un million d'euros, elles peuvent faire un premier prototype, convaincre des investisseurs.
05:13Et donc, le modèle start-up VC fonctionne là où, auparavant, c'était une entreprise capitalistique
05:21qui faisait que que des grands groupes pouvaient se lancer. Et la troisième raison aussi, qui explique, de mon point de vue,
05:28que la Deep Tech performe bien, c'est que c'est encore un secteur, une classe d'actifs qui est assez peu concurrentielle,
05:37puisqu'il faut quand même une bonne expertise technique, scientifique, pour comprendre le potentiel des projets,
05:43et un bon réseau aussi, pour ensuite aider les start-up. Et donc, il y a beaucoup de investisseurs un peu généralistes
05:50qui sont encore un peu frileux pour y aller. Et donc, ça évite des valorisations extravagantes, comme on a pu voir dans la crypto,
06:00le WAP3, des choses comme ça, où finalement, tout le monde peut y aller. Et dès qu'il y a un petit peu d'effet de mode, il y a des valorisations qui exposent.
06:07D'accord. Alors, j'ai vu aussi que vous dites que les start-up avec un long délai de mise sur le marché génèrent souvent plus de valeur
06:16que celles qui sont commercialisées plus rapidement. Là aussi, on pourrait penser que c'est le contraire.
06:22Ils ont besoin de plus de fonds avant d'être rentables.
06:26Oui, ça, c'est sûr que c'est quelque chose qui est assez contre-intuitif.
06:31Après deux décennies où le venture s'est concentré sur du digital,
06:36où encore une fois, on ne finançait pas un risque technologique, qu'un risque marché.
06:40Et donc, comment on augmente la valorisation d'un projet, d'une start-up ?
06:46C'est en augmentant les revenus récurrents, puisque ça veut dire que le risque marché est de plus en plus réduit.
06:52Et dans la Digitech, en fait, c'est l'inverse. Ce n'est pas que c'est plus risqué, c'est que c'est un profil de risque opposé.
06:58C'est-à-dire que souvent, le marché, il est là. Si on produit l'électricité à bas coût, on va l'acheter, il n'y a pas de sujet.
07:06Par contre, il faut prouver que ça fonctionne en conditions réelles et à grande échelle.
07:11Donc, souvent, on a une start-up…
07:12D'accord, c'est un peu plus long à mettre au point l'innovation, etc.
07:15Mais quand elle est au point, tout de suite, on a accès au marché. On n'a pas à créer le marché, comme souvent, c'est le cas dans d'autres…
07:21Exactement. Donc, même en rentrant quatre ans avant que le produit arrive sur le marché,
07:26en fait, on crée énormément de valeur parce qu'on dérisque la technologie.
07:29Au début, ça marche dans le labo. Après, ça marche à petite échelle. Et après, ça marche à grande échelle industrielle.
07:35Et là, voilà, c'est le jackpot. Et donc, même si les revenus sont restés à zéro pendant quatre ans,
07:40on a énormément augmenté la valorisation de la société.
07:44D'accord. Alors, une autre idée reçue aussi que vous balayez, c'est…
07:48Alors, vous dites que le TRI, donc, pour le hardware, en moyenne, bien sûr, sur cinq ans, etc.
07:52Mais enfin, on va faire une moyenne. Alors, pour le hardware, il est de 27 % contre 13 % sur le software.
07:59Là aussi, en général, l'idée reçue, c'est plutôt l'inverse.
08:03Donc, là, c'était le TRI brut. Donc, on avait peut-être deux, trois points de pourcentage par rapport au chiffre du début.
08:11Mais, ouais, la condition reste effectivement la même.
08:14Et c'est vrai que c'est… après un peu… pareil, les deux décennies où l'histoire dominante, c'était
08:21« Software is eating the world » et le software, c'est scalable, c'est efficace en termes de coût, etc.
08:28C'est surprenant. Mais c'est vraiment les chiffres qui infirment, en fait, cette hypothèse un peu dominante
08:37qui est que c'est le software vraiment qui est le plus rentable dans le venture.
08:40Et donc, là, pareil, comment on peut expliquer ça ?
08:44Pour moi, c'est… il y a une partie qui est que peut-être que, aussi, dans le software, on a atteint quand même
08:51la plupart des gros marchés, là où il y a vraiment de la valeur à créer.
08:58On a peut-être aussi surestimé la partie facilité de passage à l'échelle, l'escalability,
09:05puisque maintenant, quand même, on se rend compte que pour acquérir des nouveaux utilisateurs,
09:10souvent, on dépense beaucoup d'argent et quelques fois même plus d'argent que, en fait,
09:14ce qu'ils vont nous apporter comme revenus. Donc, souvent, la croissance des startups dans le pur software
09:21se fait au détriment de la rentabilité, alors que le software… le hardware, pardon,
09:27va être plus difficile à copier. Souvent, il y a de la propriété intellectuelle qui est liée
09:33et, du coup, va être une barrière à l'entrée qui va permettre de plus facilement fixer des prix
09:37et, du coup, d'avoir un développement qui se fait de manière plus rentable,
09:42ce qui est un gros atout aussi en période où l'argent coûte un peu plus cher.
09:49Alors, dernier point que j'ai relevé dans le rapport, j'espère que je ne vais pas créer une fâcherie
09:52avec les incubateurs, les accélérateurs. Vous écrivez que les startups non accompagnées
09:58par incubateurs ou accélérateurs sont plus performants que ceux qui ne sont pas affiliés
10:02à ce genre de structure.
10:06Oui, c'est vrai que ce n'était pas le résultat le plus politiquement correct qu'on ait produit,
10:12mais il est là, c'est factuel.
10:17Il y a une interprétation qui va peut-être…
10:21c'est super sympa pour les incubateurs et les accélérateurs, c'est que souvent,
10:24les très bonnes startups, elles n'ont pas besoin de passer par ces structures
10:28parce qu'elles ont déjà le réseau, elles n'ont pas de problème pour lever,
10:31c'est du coup, pourquoi perdre du temps ?
10:35Et donc, il y a peut-être une sorte de biais négatif.
10:37Après, je vais quand même mettre un petit peu…
10:41j'ai un visard d'eau dans mon café, je ne sais plus quelle expression,
10:45mais il n'y a pas que ça. Je pense qu'il y a des très bons accélérateurs,
10:49qui sont adaptés aux startups Deep Tech, qui font un très bon travail et qui, du coup,
10:53ont des belles boîtes à la sortie.
10:55Mais il y a quand même aussi aujourd'hui beaucoup d'incubateurs, d'accélérateurs,
11:00qui vont apporter de la valeur aux startups en faisant une sorte de coaching ou de mentoring un peu général
11:06sur l'entrepreneuriat, sur des choses assez génériques.
11:12Or, dans la Deep Tech, il faut être beaucoup plus spécifique et sur une industrie,
11:20avoir des relations dans une industrie pour apporter de la valeur.
11:24Et donc, si on n'a pas l'expertise et le réseau industriel pertinent,
11:28en fait, on ne sert pas à grand-chose.
11:30Donc, je pense qu'il y a aussi le modèle d'accélérateur qui est un petit peu à revoir dans la Deep Tech.
11:34Bon, c'est bien. Vous êtes à la fois cash et diplomate ou jésuite, selon ses références.
11:39Quel conseil donneriez-vous à un investisseur traditionnel qui veut investir dans la Deep Tech
11:44et quels sont les pièges, les risques à éviter ?
11:49Alors, on n'en a pas encore parlé, mais les moments où c'est le mieux d'investir,
11:55c'est soit très tôt, soit un peu plus tard.
11:58C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens qui investissent en Seria
12:01parce que c'est des tickets quand même assez gros pour pouvoir déployer tranquillement pour un fonds.
12:09Ça commence à être un petit peu dérisqué, mais finalement, tout le monde investit ici.
12:11Donc, c'est assez concurrentiel et les valos sont assez importantes,
12:15alors qu'il y a encore beaucoup de risques.
12:17Alors que plus tard, ça marche à l'échelle industrielle, c'est sur le marché,
12:23qu'on finance plutôt de la croissance.
12:24On est quasiment dans une PME, il n'y a plus beaucoup de risques.
12:27Et donc là, ça marche assez bien.
12:30Et à l'inverse, très très tôt, on peut rentrer dans des boîtes avec des très forts potentiels
12:36et des valorisations qui sont très basses parce qu'il y a peu de monde qui va regarder vraiment en sortie de labo,
12:41au niveau précis de...
12:44Et puis le mieux, c'est peut-être de directement se renseigner et souscrire auprès de votre fonds Deep Bright Venture
12:53qui est adossé à Hello Tomorrow.
12:55Merci, Arnaud.
12:57Merci à tous de nous avoir suivis.
12:58Je vous donne rendez-vous très vite sur Investeur TV avec de nouvelles idées de placement.
13:04Merci à tous.
13:05Merci à tous.
13:06Merci à tous.
13:07Merci.
13:08Merci à tous.
13:09Merci à tous.
13:10Merci à tous.
13:11Merci à tous.
13:12Merci à tous.
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