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  • il y a 1 an
Le maire de Béziers Robert Ménard était l'invité de France Inter, au lendemain de l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1.

Retrouvez « L'invité de 7h50 » de Sonia Devillers sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50

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Transcription
00:00Vous recevez ce matin le maire d'Hiverdroite de Béziers qui a interpellé le président de la République sur TF1 hier soir sur la sécurité et l'immigration.
00:08Bonjour Robert Ménard.
00:10Bonjour.
00:10On va parler ensemble, police municipale et OQTF, ça vous tient à cœur.
00:15On parlera aussi de la droite et de l'extrême droite puisque vous avez toujours été un électron libre, notamment vis-à-vis du Rassemblement National.
00:21Mais d'abord, juste après votre passage sur TF1, je ne sais pas si vous les avez entendus,
00:27les mots de ce grand journaliste sportif atteint de la maladie de Charcot, Charles Bietry.
00:32De sa voix électronique, parce qu'il ne peut plus articuler, il demande au chef de l'État de légiférer sur l'aide à mourir,
00:39de ne pas laisser sa femme et ses enfants des semaines durant aux côtés d'un corps inerte.
00:46Votre propre frère est mort de la maladie de Charcot.
00:50Est-ce que vous pensez, comme Emmanuel Macron, qu'il faut soumettre cette question au référendum ?
00:57Écoutez, moi j'ai aidé mon frère à mourir.
01:03Je ne croyais jamais arriver là.
01:06Je l'ai fait parce que c'était une abomination.
01:10Pour lui.
01:12Je suis allé chercher un de mes copains médecins, vous savez, qui avait été à la fac avec moi,
01:15moi je faisais autre chose, et qui a accepté à le faire.
01:18Il était en pleurs, le médecin, c'est la première fois qu'il le sait.
01:22Est-ce qu'il faut légiférer ? Je ne sais pas.
01:24Je ne sais pas, parce que c'est compliqué, parce qu'en même temps, je me dis,
01:31je ne voudrais pas que demain, des gens se disent,
01:34« Oh, ce vieux, il y en a marre à la maison, s'il n'était plus là, ce serait plus simple. »
01:38Et vous savez, l'égoïsme, la méchanceté, ça existe.
01:42Oui, mais Robert Ménard, ce serait le choix du malade, pas le choix des familles.
01:46Vous savez, oui, vous avez raison, mais en même temps, quand je vois ce qui se passe en Belgique,
01:52par exemple, tous les garde-fous qu'on met, moi je vous ai compris, j'ai une position compliquée là-dessus,
01:57tous les garde-fous, ils ont sauté petit à petit.
02:00Si ce qui est promis, c'est-à-dire que ce sera une décision collective,
02:05il ne suffira pas de l'avoir demandé avant, il faudra laisser un délai, tout ça,
02:09pourquoi pas ? On pourrait en discuter, mais ce que j'ai peur, vous avez compris, c'est juste ça.
02:13C'est que petit à petit, sous la pression des uns et des autres, on en doublie ça.
02:18Et il ne faut pas, et puis, en un mot, moi ce que je pense, c'est qu'il faudrait juste des soins palliatifs,
02:24des soins palliatifs, partout, et après on en parle dans deux ans.
02:27Et après on en parle dans deux ans.
02:29Alors quel est votre sentiment ce matin, Robert Ménard, après cette longue soirée passée aux côtés du président de la République ?
02:35Vous l'avez trouvé comment, Emmanuel Macron ?
02:39Moi je ne suis pas un anti-macroniste viscéral.
02:43Ça veut dire que je lui trouve des qualités, par exemple, je ne sais pas ce que je peux vous prendre.
02:48Aujourd'hui, sa politique sur l'Ukraine, je trouve que c'est bien, j'applaudis les deux mains.
02:53Sur le reste, il est bon que dans les généralités.
02:57C'est-à-dire, vous avez vu, avec des graphiques et tout, il est excellent.
03:00Les graphiques, ce n'est pas des généralités.
03:02Pour le coup, c'est des données, c'est des statistiques, c'est des chiffres.
03:04Non, non, ce n'est pas les généralités.
03:06C'est sur la...
03:08Non, oui, sur la théorie, il est très bon.
03:11Sur la pratique, derrière les graphiques, pardon, derrière les trucs, il y a des gens, il y a des problèmes.
03:16Et là, malheureusement, il ne sait pas trop de quoi il parle.
03:19Moi, j'ai essayé de ne pas parler...
03:20Je ne suis ni un spécialiste de l'immigration, ni un spécialiste des questions de la sécurité.
03:24Vous avez essayé d'être dans le concret.
03:25Moi, j'essaie de lui parler de choses que je rencontre moins comme maire.
03:29Et là, honnête...
03:29Je peux dire un mot de votre façon de faire à vous ?
03:32Parce que ça m'a beaucoup surprise et je pense que je ne suis pas la seule.
03:36C'est-à-dire que vous, vous l'alertez illico presto sur les incivilités,
03:40le ras-le-bol de vos administrés, les petits saligots à qui on a envie de mettre deux gifles.
03:44Et vous utilisez un vocabulaire face au président de la République.
03:48Vous parlez de cons, de connards, qu'ils aillent se faire foutre.
03:52Alors, ça c'est vos mots.
03:54Les gens, ils parlent comment ? Comment vous dites ?
03:56De salopards.
03:57Quand vous êtes à la bagnole et qu'un mec vous fait une tête à queue,
04:00vous dites, ah, il ne devrait pas se comporter comme ça.
04:02Vous dites, quel connard !
04:03En fait, je parle comme tout le monde, madame.
04:05Alors, évidemment...
04:06Et quand on est face au président de la République, on parle comme ça ?
04:09Je ne crois pas avoir été irrespectueux du président de la République.
04:12Je pense juste de lui dire, voilà comment les choses se passent,
04:17comment les gens, ils vivent ça.
04:19Venez avec moi.
04:19Vous savez ce que j'avais envie de lui dire ?
04:21Par rapport à...
04:22Vous venez à Béziers, on va dans un quartier,
04:24vous allez expliquer à un certain nombre de gens
04:26ce que vous dites sur l'immigration, sur l'insécurité.
04:29Essayez, venez avec moi.
04:30Vous, vous verrez.
04:31Enfin, vous le savez, c'est votre boulot ici.
04:33Allez voir comment les gens y réagissent.
04:35Non, je ne crois pas que je sois irrespectueux par rapport au chef de l'État.
04:38Alors, la police municipale, il a été dans votre sens.
04:41Vous réclamez plus de pouvoir pour la police municipale.
04:44Vous avez armé la police municipale à Béziers.
04:46C'est votre choix, c'est votre prérogative.
04:48Mais vous réclamez des contrôles d'identité qu'ils puissent,
04:51les policiers municipaux, opérer des contrôles d'identité.
04:54Fouiller des voitures, mettre des amendes aux consommateurs de drogue,
04:56consulter des fichiers nationaux, utiliser des drones de surveillance.
04:59Emmanuel Macron va dans votre sens.
05:02Alors, j'allais dire, putain, donc je ne vais pas le dire devant vous.
05:06Ça va m'éviter.
05:07Il était temps.
05:08Nom de Dieu, ça fait huit ans que je suis maire.
05:10Huit ans que je demande ça avec un certain nombre de maire.
05:12Vous vous rendez compte quand même ?
05:14Sur les drones, ce que j'ai expliqué hier, je pense que les gens ne le savent pas.
05:17Aujourd'hui, la police municipale ne peut pas utiliser les drones.
05:20La police nationale peut les utiliser.
05:22Mais il y a une condition qui est quand même surréaliste.
05:24C'est qu'il y a un document administratif qui est consultable par vous, madame, par moi, par n'importe qui,
05:30pour dire où, 24 heures ou 48 heures avant, on va utiliser les drones.
05:35C'est-à-dire que le type qui fait du trafic dans un quartier,
05:39il peut savoir avant que les drones vont être là.
05:41Mais enfin, attendez, à part d'être, je ne sais pas où, oui, de vivre ailleurs que dans la vie réelle,
05:45vous vous dites que ce n'est pas possible.
05:48Oui, mais tous ces pouvoirs que vous voulez conférer à la police municipale.
05:50On est bien d'accord, Robert Ménard, que jusqu'à présent, c'est les prérogatives de la police nationale.
05:55Est-ce qu'il ne vous semble pas de la mission première de l'État en France ?
06:00D'assurer la sécurité de tous les citoyens de tous les territoires ?
06:03Bien sûr, mais ils le font, madame. Ils le font.
06:04Moi, je vais répondre à mes concitoyens.
06:07Ah, mais écoutez, l'État ne le fait pas, donc je ne le fais pas.
06:09Vous croyez que moi, je suis passé de 30 policiers municipaux à 130.
06:15De 30 caméras à plus de 500.
06:17Vous savez ce que ça nous coûte, comme dirait M. Macron ?
06:20Une blinde.
06:21Et je le fais parce que faute de voir des policiers dans la rue, faute de voir des caméras,
06:27faute de voir ce que vous avez raison, ce qui relève de l'État, je le fais à sa...
06:31Mais attendez, madame, mais moi, je ne rêve que d'une chose, qu'il le fasse.
06:34Il le fait, l'État.
06:36Chez moi, pas plus qu'ailleurs, je vous le dis.
06:38Ce boulot, il est fait ? Non.
06:40Alors oui, les maires comme moi, on le fait parce qu'en même temps, les gens qui viennent me voir,
06:44madame, qu'est-ce qu'ils me disent ? Vous croyez qu'ils me parlent de, je ne sais pas quoi,
06:48de l'Union Européenne ? Non, ils ne m'en parlent pas.
06:50Je prends ça à dessein avec M. Macron.
06:52Ils me parlent de ces questions-là.
06:54Et moi, je ne peux pas leur dire, écoutez, je ne peux rien y faire.
06:56Autre question, avec laquelle vous avez beaucoup, beaucoup secoué dans le landerneau.
07:02Vous avez refusé de marier, il y a deux ans, un homme qui était sous OQTF,
07:06obligation de quitter le territoire français.
07:08Suite à cet épisode, l'homme a été interpellé, placé en centre de rétention, expulsé en Algérie.
07:12Vous n'aviez pas le droit d'agir ainsi.
07:16Le mariage est considéré comme un droit fondamental.
07:18Vous risquez l'inégibilité et une lourde amende.
07:21Eh bien, vous en avez parlé hier soir au président de la République.
07:25Il est pour que la loi change.
07:26Là aussi, il vous donne raison.
07:28Il est pour que la loi change.
07:30Il y a un début de loi voté au Sénat.
07:32Il faudrait accélérer pour que ça aille à l'Assemblée nationale.
07:34Et il a dit oui.
07:34Et il a dit oui.
07:35C'est formidable.
07:36Oui, enfin, le problème, c'est que ça reste quand même profondément anticonstitutionnel.
07:40C'est quand même un problème pour vous et pour lui.
07:42Peut-être que la Constitution, madame, ça se change.
07:45Enfin, attendez.
07:46Sinon, si c'est chaque fois la réponse, c'est la Constitution.
07:50Écoutez, on n'a qu'à élire le président du Conseil constitutionnel, chef de l'État.
07:54Ça nous évitera bien des débats et de la perte de temps.
07:57S'il y a de la politique, si moi je fais de la politique après avoir été longtemps journaliste,
08:02c'est parce que je veux changer un certain nombre de choses.
08:04Si chaque fois on me répond ça, il ne me l'a pas répondu.
08:07Vous avez compris.
08:07Il n'a pas parlé du Conseil constitutionnel.
08:10Bien sûr qu'il faut changer ça.
08:10Il vous a simplement dit, ce n'est pas moi qui fais les lois.
08:13Oui, mais enfin, attendez, il y a une loi, il n'a qu'à...
08:16Enfin, attendez, ça c'est une putain de lâcheté, il ne faut pas déconner.
08:18Tu ne fais pas les lois.
08:19Non, mais je lui ai dit hier, je lui ai dit, il est le chef de l'État qui a sûrement le plus de pouvoir
08:26dans tous les pays, en gros, démocratiques européens, qu'il l'utilise pour ça.
08:31Je suis content qu'il arrête...
08:32Enfin, la liberté du mariage, le droit fondamental à se marier, à fonder une famille, c'est la constitution.
08:38Attendez, c'est une plaisanterie de vote pas, parce que les gens, ils ne pensent pas comme ça, madame.
08:41Alors, moi, ce n'est pas une plaisanterie de ma part.
08:43Parler de la constitution et de la convention européenne des droits d'homme, ce n'est pas une plaisanterie.
08:47Et par ailleurs, la gauche, qui siège à l'Assemblée nationale, qui siège à l'Assemblée nationale...
08:51Elle dirait... 90% des gens que je rencontre ne comprennent pas, madame, ne comprennent pas une seconde
08:57qu'un maire soit obligé de marier quelqu'un, parce que vous n'avez pas précisé, en situation illégale,
09:03qui avait été condamné pour juste violence en réunion, vol avec violence en réunion...
09:08Oui, mais ça, ça n'avait rien à voir.
09:09Comment ça n'a rien à voir ? Il est délinquant, il est délinquant, il est en situation illégale,
09:13et c'est moi qu'on vient emmerder, parce que je refuse de le marier.
09:16Mais c'est le contraire du bon sens. C'est ce que j'ai essayé de dire.
09:20Et c'est ce qu'il vous a répondu. C'est que c'était le contraire du bon sens.
09:23Gérald Darmanin et Bruno Retailleau vont dans votre sens également.
09:26Donc on est tous d'accord. Peut-être que ça va se faire.
09:28Vous vous représentez à Béziers ?
09:29Bien sûr.
09:30Vous ?
09:30Oui, moi.
09:31Parce qu'il avait été question que vous placiez votre épouse...
09:33Mais vous avez perdu le fil à un certain nombre de mois.
09:35Oui, oui, non, mais c'est vous qui vous plaisez.
09:37Et vous allez vous présenter seul, ou comment vous allez vous situer par rapport au Rassemblement national ?
09:42Ah, là je ne suis pas sûr que le Rassemblement national me soutienne beaucoup. On verra.
09:46Non.
09:46On verra.
09:46C'est-à-dire qu'ils avaient placé aux législatives un candidat contre votre épouse,
09:50qui a été sèchement battu.
09:54Voilà.
09:54Donc vous risquez d'avoir un...
09:57Mais oui, mais écoutez, moi j'ai toujours été comme ça.
09:59Moi j'ai appelé à voter pour Marine Le Pen, parce qu'il y avait deux questions.
10:03C'est drôle dont j'ai parlé hier.
10:04La sécurité et l'immigration.
10:05Et l'immigration, parce que là-dessus, c'est le trou noir de M. Macron.
10:09Mais je n'ai jamais caché mes divergences sur le terrain économique, sur la politique internationale,
10:13jamais avec le Rassemblement national.
10:16Ce qui fait que de temps en temps, ça va plus tôt, et de temps en temps, ça va plus mal.
10:20Là, on est dans une ère glaciaire.
10:22On verra bien ce qu'il en sera.
10:24Merci Robert Ménard.
10:24J'ai des convictions, je le défends, et je ne suis pas dans un parti pas plus à droite qu'à gauche.
10:29Merci Robert Ménard.
10:30Et merci Sonia De Villers.
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