00:00Aujourd'hui Pauline, ces pouvoirs des policiers municipaux, ils sont assez limités et encadrés, on est d'accord ?
00:04Oui, alors les policiers municipaux, d'abord on parle de 28 000 agences sur 4 600 communes
00:09et ils rendent compte des crimes et des délits, ils peuvent interpeller mais ils ne peuvent pas par exemple effectuer de contrôle d'identité.
00:14C'est la police nationale qui le peut.
00:16Ils assurent la sécurité des biens et des personnes mais avec un pouvoir extrêmement limité.
00:20Par exemple, ils ne peuvent pas dresser de PV, ils ne peuvent pas faire de fouilles de personnes,
00:23ils ne peuvent pas contrôler les véhicules, ils ne peuvent pas contrôler les bagages,
00:26pas de saisie de drogue, pas d'amende forfaitaire délictuelle sur les délits mineurs
00:30alors que ce sont les premiers sur place, ce sont souvent des primo-intervenants
00:34qui ont une très bonne connaissance du terrain et qui sont un peu moins valorisés que les policiers.
00:38Autrement dit, il ne faut pas que ça empiète trop sur le travail des gendarmes et des policiers, on est d'accord ?
00:41Il peut y avoir des points de friction et effectivement ça peut être compliqué
00:44parce que les policiers municipaux, ils sont sous l'autorité du maire
00:47et la police nationale, elle est sous l'autorité de l'autorité judiciaire, du procureur.
00:51Donc ça peut créer quelques tensions.
00:53Alors justement, Armel Chaban, vous êtes maire de Bousonville,
00:58vous expérimentez vous la mutualisation de la police municipale.
01:01D'abord, est-ce que vos policiers municipaux vous font part d'une forme d'impuissance
01:06du fait d'avoir des pouvoirs restreints ?
01:10Écoutez, bonjour à tous.
01:11Moi déjà, ce que je voudrais dire en préambule, c'est que je trouve dommage qu'il faille
01:14trois heures de bavardage sur une antenne nationale
01:18pour effectivement parler d'un sujet sur lequel les maires ont saisi depuis au moins
01:25plus d'une dizaine d'années les gouvernements successifs qui finalement n'ont pas donné
01:31de réponse extrêmement pragmatique à cette problématique que nous vivons tous,
01:35que nous soyons dans un milieu rural, comme c'est le cas ici chez moi,
01:38ou dans un milieu beaucoup plus métropolitain, si je puis dire.
01:42Moi, j'ai une police municipale qui est composée aujourd'hui de trois agents.
01:46Quand j'entends dire qu'il faut mieux coordonner les forces de gendarmerie
01:50et de police nationale avec les forces de police municipale,
01:53finalement, c'est ce qui se passe dans le quotidien.
01:55Nous le faisons dans une coordination qui est pragmatique,
01:59qui est celle de l'action dans la proximité.
02:02Donc c'est déjà le cas.
02:03Néanmoins, effectivement, pour répondre précisément à votre question,
02:05« Oui, mes policiers municipaux me font part, effectivement,
02:09sur certains cas qui ont par ailleurs été mentionnés sur le plateau,
02:13je ne dirais pas d'une forme d'impuissance, mais d'un manque d'outils. »
02:16Très clairement, aujourd'hui, mes forces de police municipale
02:19sont celles qui sont sur le terrain tous les jours, toutes les heures,
02:23le week-end, le soir, parfois la nuit, bien entendu.
02:26– Mais quand vous parlez d'outils, vous faites allusion à quoi ?
02:29– Mais c'est ce qui vient d'être dit.
02:31Aujourd'hui, ma police municipale, bien qu'elle soit la première force
02:35à intervenir sur le terrain, bien qu'elle soit aujourd'hui celle finalement
02:38qui régit la sécurité du quotidien en proximité avec les habitants,
02:42eh bien n'a pas les moyens d'agir, elle n'a pas les moyens de fouiller.
02:46Je vous prends un exemple.
02:47Quand il faut faire un contrôle routier, que je demande,
02:50sur des axes extrêmement passants,
02:52où on sait que l'insécurité routière est largement visible,
02:56eh bien dès qu'il faut interpeller un conducteur qui serait en flagrance de délit,
03:04eh bien directement, il faut faire appel à un OPJ, donc à la gendarmerie.
03:07Et si celle-ci, malheureusement, n'est pas disponible…
03:10– C'est ça qu'il faut expliquer de manière très précise.
03:12Vous ne pouvez pas consulter les fiches de police sur les objets,
03:15par exemple les véhicules, les personnes assurées ou les fichiers d'assurance.
03:18C'est ça ce qui vous manque comme outil concrètement ?
03:21– Bien entendu. Il manque à la fois des outils,
03:24et si je puis dire, puisque c'est des remontées qui me sont faites aussi
03:27par les agents de ma police municipale, il manque aussi un véritable statut.
03:30C'est-à-dire que souvent, les agents de police municipale
03:33se sentent aussi dévalorisés, à la fois dans leur statut,
03:37à la fois dans la progression de leur carrière, de leur retraite, etc.
03:42Donc il y a un vrai sujet.
03:44Et en même temps, quand j'entends le président de la République,
03:47moi ce que je ne veux pas, c'est que nous puissions aller
03:50contre la libre administration des collectivités territoriales.
03:53Ça n'est pas quelque chose de négatif
03:56si les policiers municipaux sont sur l'autorité du maire.
03:59On est là dans le pragmatisme de nos fonctions,
04:01on ne fait pas de politique avec la police municipale.
04:04– À élargir donc les pouvoirs des policiers municipaux,
04:06mais qu'en disent les policiers nationaux ?
04:09La question a été posée ce matin.
04:11– À chacun son métier, il y a des formations, des spécialisations,
04:15c'est ça qu'il y a avec le temps, avec une expérience.
04:18Et le narcotrafic, c'est-à-dire le haut du spectre et le moyen du spectre,
04:21c'est des gros services d'investigation,
04:23c'est la police judiciaire qui a guéri à ce type d'intervention et de procédure.
04:28Maintenant, sur, entre guillemets, tout est relatif,
04:31sur du petit judiciaire de tous les jours, pourquoi pas ?
04:36– Pauline, élargir effectivement les pouvoirs des policiers municipaux,
04:38c'est une chose, mais il faudrait peut-être aussi densifier leur formation.
04:41Aujourd'hui, on peut devenir policier municipal comment ?
04:44– Il y a deux possibilités, il y a soit le concours interne,
04:46vous êtes gendarme, vous êtes policier national,
04:48vous avez envie de devenir policier municipal, c'est possible, c'est la passerelle.
04:51Sinon, il faut passer le concours du brigadier-chef,
04:53ils font un diplôme niveau 3 BEP ou CAP,
04:55il y a 2500 policiers qui sont formés chaque année
04:57dans le centre de fonction publique territoriale.
05:00Sachez qu'un brigadier-chef, après 20 ans de service,
05:03en net, il gagne entre 1800 et 2500 euros par mois.
05:06Il prend des risques, et au regard des risques pris
05:08et des nouvelles prérogatives qui sont demandées par le président de la République,
05:11il est évident qu'ils vont demander des revalorisations salariales,
05:13des meilleures retraites, bon bref, ce n'est pas encore fait.
05:15Certains parlent de posture politique pour avoir s'il y a vraiment des…
05:18– Politiquement, c'est quand même assez symbolique
05:19de l'émission d'Emmanuel Macron hier,
05:20parce qu'en fait, il la présente comme une annonce,
05:23c'est un vieux serpent de mer depuis plusieurs semaines, plusieurs mois.
05:25– C'est exactement ce que nous disait Armé Chabal.
05:26– Nicolas D'Aragon, qui était le ministre éphémère
05:28chargé de la sécurité du quotidien dans le gouvernement de Michel Barnier,
05:32au mois d'octobre, avait dit
05:33« Je vais faire un grand plan pour la police municipale,
05:35on va pouvoir fouiller les coffres,
05:37on va pouvoir faire de nouvelles missions ».
05:39Très concrètement, il y a des beaux veaux,
05:41comme on dit de la police municipale, qui devaient se poursuivre.
05:43Tout ça a été gelé, si j'ose dire,
05:45par les instabilités politiques et gouvernementales,
05:48donc ce n'est pas une annonce nouvelle.
05:51– Il y a aussi des problèmes au Conseil constitutionnel,
05:53il faut que ça passe, et ça, il y aura des obstacles.
05:54– Sous-titrage Société Radio-Canada
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