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  • il y a 10 mois
Nouvelle fusillade à Rennes, dans le quartier de Villejean, deux semaines après un autre épisode de tirs. Samedi 3 mai, vers 19h30, un groupe d'hommes armés d'au moins une arme automatique. Deux personnes ont été blessées aux jambes, un troisième individu a été frappé par le groupe d'assaillants, qui a finalement pris la fuite à bord d'un véhicule avant d'être pris en chasse par la police. Trois personnes ont été interpellées.

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Transcription
00:00Avec nous le préfet de la région Bretagne, également préfet d'Ille-et-Villéenne, Amaury de Saint-Quentin.
00:04Bonjour et merci d'être avec nous ce matin face à Mélanie Bertrand du service police-justice de BFMTV.
00:10Bonjour Mélanie. Deux hommes ont donc été blessés à larmes lourdes samedi en fin de journée à Rennes, dans le quartier de Villejean,
00:19quasiment au même endroit qu'une précédente fusillade qui avait eu lieu le 17 avril et toujours sur fond de trafic de drogue.
00:25En fait, c'est la sixième fusillade quartier Villejean depuis l'automne dernier.
00:30Avant de vous entendre, M. le préfet, écoutez d'abord le témoignage d'un habitant de ce quartier Villejean,
00:37épuisé en fait par ces fusillades et cette tension à répétition inhabitante.
00:42Depuis l'année dernière, on passe à un autre cap, c'est-à-dire que c'est les armes lourdes.
00:47Donc on passe en état de guerre, comme disent certains.
00:50Pour nous, ça fait vraiment peur parce que c'est là où les familles vivent, c'est cheuseux en fait.
00:54– Un témoignage d'une conseillère départementale qui évoque donc le recours, M. le préfet, à l'arme lourde.
01:00Il y a deux notions en fait qui nous choquent dans cette énième fusillade.
01:03C'est effectivement l'arme lourde, l'arme de guerre, calibre 5,56 et le fait que ce soit des mineurs qui soient touchés.
01:11Une nouvelle fois.
01:12– Oui, alors effectivement, je suis comme ce témoignage vous l'indiquez, choqué de cet épisode de violence.
01:24Un nouvel épisode de violence après celui que nous avons connu donc sur le même quartier le 17 avril dernier.
01:32Mais si je suis profondément choqué, je suis également profondément déterminé, particulièrement déterminé.
01:38Donc dans la lutte que nous engageons, que nous menons depuis plusieurs mois contre les acteurs du narcotrafic,
01:44je n'ai pas la vision pessimiste que vous exprimez il y a quelques instants.
01:49Nous avons effectivement connu plusieurs tirs d'armes à feu depuis le 1er janvier 2024 sur la métropole de Rennes.
02:00Mais force est de constater qu'un travail très important est réalisé maintenant depuis plusieurs mois,
02:06à la fois d'occupation du terrain, de démantèlement des réseaux et de prévention de la consommation,
02:13avec de très très nombreuses interpellations qui ont été réalisées.
02:17J'en veux pour preuve, lundi dernier, il y a une semaine, 18 interpellations, ne serait-ce que sur le quartier de Mont-Repas.
02:25L'un des quartiers donc difficiles en termes d'implantation du narcotrafic.
02:30Et sur le seul mois de mars, nous avons interpellé 312 personnes liées au narcotrafic ici à Rennes,
02:39dont 84 ont été mises en garde à vue et auront des comptes donc à rendre à la justice.
02:45Il y a un énorme travail qui est fait sur le terrain et je voudrais profiter de votre antenne pour adresser un triple message.
02:53D'abord à la personne que nous venons d'entendre, dire à l'ensemble des habitants des quartiers,
02:59et en particulier à celui de Villejean, l'État et les forces de sécurité sont à vos côtés pour assurer la sécurité de votre quartier au quotidien,
03:09la sécurité de celles et ceux qui y vivent, de celles et ceux qui y travaillent, et je pense bien sûr en particulier aux commerçants et aux services publics.
03:17Mais aussi un message de fermeté.
03:19Fermeté, cette violence aveugle est inacceptable, intolérable, et c'est bien sûr la partie émergée du narcotrafic,
03:32et dans le combat que nous avons engagé, que la République a engagé contre les acteurs du narcotrafic,
03:39nous allons bien sûr l'emporter, la République va l'emporter, et elle y mettra les moyens nécessaires.
03:45Et puis adresser mes remerciements également aux acteurs de forces de sécurité.
03:50C'est que l'effet se déroule dans une zone déjà théâtre, évidemment d'une fusillade, trois blessés le 17 avril,
03:57et la population a le sentiment que la réponse de l'État se résume au déploiement de la CRS 82, et que ça ne suffit pas.
04:07Non, la réponse de l'État ne se limite pas au déploiement de la CRS 82.
04:13La CRS 82 est une unité qui intervient ponctuellement, renfort des services locaux.
04:19Les services locaux sont très investis.
04:22Nous avons une BST, une brigade de surveillance du territoire, avec 14 fonctionnaires qui est sur place de 10h à 21h tous les jours,
04:307 jours par semaine, dans le quartier de Villejean, en su donc de toutes les équipes, de la BAC et des brigades sénophiles,
04:37qui travaillent la nuit sur ce même quartier.
04:40Donc il y a une présence effective, réelle, affirmée des forces de sécurité dans ce quartier,
04:46comme dans les autres quartiers de Rennes.
04:49Et j'en veux pour preuve que si nous avons réussi à interpeller aussi rapidement les auteurs de ces faits,
04:56tant ceux de samedi soir que ceux du 17 avril dernier,
05:00c'est parce qu'il y avait sur place un nombre conséquent d'acteurs de la sécurité publique
05:06qui ont pu rapidement identifier les auteurs, les pister,
05:10et les retrouver dans une commune extérieure à la ville de Rennes.
05:13– Mélanie Bertrand, il n'empêche, rien ne paraît décourager les auteurs des règlements de compte.
05:20– Parce que ce quartier, il apparaît comme un point stratégique dans la lutte, effectivement,
05:24entre les narcotrafiquants.
05:26Vous le disiez, il y a deux semaines, le 17 avril, dans ce même quartier Villejean,
05:29dans une sandwicherie, tout près de là où ça s'est déroulé samedi,
05:32là, à nouveau, un épisode de tir violent, trois blessés par balle,
05:37des effectifs qui sont déployés, mais ça recommence.
05:39On est vraiment sur un point stratégique de la lutte pour les points de deal,
05:44et ce sont, visiblement, c'est un point de deal qui a été visé ce week-end avec ces tirs.
05:49Ils sont quand même, ils arrivent à bord d'un véhicule, ils sortent, ils tirent à dix reprises.
05:53Le procureur de Rennes disait que dans leur fuite,
05:56ils ont laissé une Kalachnikov que les enquêteurs ont retrouvée,
05:59ils ont retrouvé des douilles, il y a des voitures qui ont été touchées,
06:01il y aurait pu y avoir aussi des victimes collatérales.
06:04On a ces deux jeunes hommes de 16-17 ans qui sont blessés par balle aux jambes,
06:08qui sont emmenés à l'hôpital.
06:09Aujourd'hui, leurs jours ne sont plus en danger, ils ont été opérés,
06:11mais les enquêteurs ont pris en chasse les auteurs des coups de feu,
06:15et ce sont des jeunes hommes entre 19 et 21 ans.
06:18Donc on sent qu'on est vraiment sur une guerre de territoire
06:20qui va être difficile de canaliser.
06:22Guillaume Daréasquet, une forme, je ne sais pas, d'impuissance publique
06:25lorsqu'on écoute ou lorsqu'on lit les déclarations de Gérald Darmanin,
06:29ministre de la Justice, déclaration au podcast,
06:31Il dit « La France est de plus en plus violent, ça touche plus partout, tout le temps,
06:38il n'y a en fait plus de lieu safe », dit Gérald Darmanin.
06:41Le risque, c'est qu'effectivement, on se retourne sur ce qu'il a fait,
06:45et avant le ministère de la Justice, ça ne vous a pas échappé
06:47que pendant quatre ans, il était ministre de l'Intérieur.
06:50Et donc ce constat, qui peut sembler un constat d'impuissance,
06:52c'est sûr que ça ne va pas donner aux citoyens français
06:54le sentiment que l'action politique peut changer les choses.
06:57C'est peut-être aussi, on parlait tout à l'heure de la présidence des Républicains,
07:01il n'est pas un Républicain, mais il y a une concurrence politique aussi,
07:03disons, dans l'univers du centre et de la droite.
07:06Un petit acle à celui qui est son successeur au ministère de l'Intérieur,
07:09Bruno Retailleau.
07:10Mais c'est vrai, quand on écoute en plus ce podcast,
07:14la question lui est posée de quelles sont les réponses qui peuvent être apportées.
07:18Est-ce que vous êtes optimiste ?
07:19Voilà, il répond oui grâce à la technologie.
07:22C'est quand même un peu limité comme réponse, effectivement.
07:26Merci beaucoup, merci M. le Préfet d'avoir été en direct avec nous ce matin.
07:29Merci à Yves Yaron, à Mélanie Bertrand et à Guillaume Daré du service politique de BFM TV.
07:34Merci à Yaron.
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