00:00Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté en Écosse, à Glasgow.
00:04Mais 16 heures plus tard, l'ADN est formel.
00:07L'homme arrêté n'était pas Xavier Dupont de Ligonnès, on vient de l'apprendre.
00:12Retour sur un emballement policier, médiatique.
00:16Les coulisses d'une fausse piste.
00:19Il est 20h42 hier soir.
00:21Le journal Le Parisien affirme le premier que Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté à l'aéroport de Glasgow.
00:26La police pense avoir mis la main sur celui qui est recherché depuis plus de 8 ans, suspecté d'avoir tué sa femme et ses enfants à Nantes.
00:35Quelques heures plus tôt, la police judiciaire a reçu une information venue d'Outre-Manche.
00:41Le suspect s'apprêterait à rejoindre l'Écosse vendredi après-midi.
00:44Mais les policiers français arrivent trop tard à Roissy.
00:47L'homme est donc interpellé à sa descente d'avion à Glasgow.
00:51Il ne ressemble pas à Xavier Dupont de Ligonnès, mais ses empreintes digitales correspondraient à celles du fugitif, indiquent plusieurs sources policières.
01:00L'information est confirmée par l'agence France Presse en début de soirée, vérifiée et relayée par l'ensemble des médias.
01:08Parallèlement, à 1000 km de Glasgow, une perquisition est menée au domicile de l'homme arrêté, à Limay, dans les Yvelines.
01:16C'est cette adresse qui figure sur son passeport.
01:20Il est 22h35, la police scientifique relève les empreintes dans son garage et dans sa maison.
01:27Mais à minuit 26, premier doute.
01:31Le procureur de Nantes explique à l'AFP que les enquêteurs vont faire des vérifications en Écosse auprès de la personne qui a été arrêtée à l'aéroport
01:38pour s'assurer que c'est bien M. Dupont de Ligonnès.
01:41Donc il convient en l'attente de ces vérifications d'être prudent.
01:458h ce matin, pour les voisins et amis de l'homme arrêté, aucun doute, il y a erreur.
01:50C'est pas possible, c'est pas possible.
01:51C'est fait longtemps que j'habite là, donc moi je suis presque certaine que c'est pas lui.
01:56En plus, ils lui ressemblent pas.
01:58Et je suis déjà rentrée chez lui, donc je vois physiquement comment il est.
02:01Donc voilà, je sais pas, moi j'ai plus l'impression qu'ils ont arrêté mon voisin.
02:05C'est un ami depuis plus de 45 ans. Je connaissais sa mère. On travaillait tous les deux chez Renaud à Flins.
02:12C'est un homme sans histoire. Il s'est marié avec une Écossaise. Il faisait beaucoup de voyages quand il a pris sa retraite.
02:17Dans les heures qui suivent, on apprend que les empreintes de l'homme arrêté ne correspondent pas.
02:23Incompréhension aussi pour l'avocat de la mère et de la sœur de Xavier Dupont-de-Ligonnès.
02:30Cet emballement démarre par le fait que la police ferait mieux de rester discrète tout de même,
02:34parce qu'elle a donné cette information immédiatement à un service de presse qui forcément l'a diffusé
02:39et ça a été repris par tout le monde alors qu'on ne sait rien.
02:43A midi 45, l'ADN disculpe formellement le retraité des Yvelines. Il ne s'agissait pas de Xavier Dupont-de-Ligonnès.
02:50– Retour en direct donc sur le plateau de cette émission spéciale de Crimes et Faits Divers.
02:55Avec nous, Anne-Sophie Martin, bonjour.
02:58– Bonjour.
02:58– Merci d'être en direct avec nous. Vous êtes journaliste et vous avez écrit Le Disparu
03:01qui est paru aux éditions Ring sur cette affaire, justement.
03:04Xavier Dupont-de-Pécart, bonjour.
03:05– Bonjour.
03:05– Merci d'être avec nous. Vous êtes secrétaire nationale indépendant des Personnelles Administratives Techniques
03:10et scientifique de la police nationale, c'est très long.
03:12En tout cas, voilà, vous connaissez parfaitement la police scientifique et vous y travaillez.
03:16Je voudrais commencer avec vous quand même.
03:17Est-ce que c'est un fiasco de la police scientifique ?
03:21– Alors, ce n'est pas un fiasco de la police scientifique.
03:24Ce qui est clair, c'est que c'est une affaire qui s'est emballée médiatiquement
03:28parce que c'est une affaire bouleversante, ça a bouleversé les Français.
03:32Donc, il y a une pression.
03:33Et ce qui s'est passé, voilà, il y a eu un problème de communication
03:36entre la police écossaise et la police française.
03:40Au départ, on nous a dit, voilà, avec certitude, c'était des certitudes,
03:44sauf que très vite, on a dit que c'était un rapprochement.
03:49Donc, il y a effectivement eu...
03:52– Mais d'abord, on nous explique que les empreintes correspondent parfaitement
03:54et puis après, on nous a expliqué, ah oui, mais alors, il n'y a que 5 points,
03:58normalement, il en faut 12.
03:59On est devenus tous des grands pros des empreintes depuis ce week-end.
04:03Et qu'en fait, 5 points, ça ne veut rien dire du tout.
04:05– Exactement. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en France,
04:08le standard numérique, c'est 12 points caractéristiques.
04:11Grosso modo, quand vous regardez sur l'extrémité de votre doigt,
04:14vous avez des motifs.
04:16Vous avez, voilà, les trois familles, c'est la boucle, l'essentiel des gens,
04:21la tente et le tourbillon, sachant que la tente, c'est ce qui est plus rare.
04:24Et quand vous regardez en profondeur, il faut prendre une loupe,
04:26vous regardez les lignes et vous avez, sur les lignes, des crochets,
04:31des points d'arrêt, des lacs, ça, c'est des points caractéristiques.
04:37Encore une fois, il faut regarder une loupe.
04:38Et si vous arrivez à trouver 12 points caractéristiques
04:43sur l'empreinte et sur la trace, bingo, vous avez votre hauteur.
04:48– Donc, vous nous dites 12 points, mais là, il y en avait 5.
04:51Donc, pourquoi on nous dit que c'est le bon et que les empreintes correspondent ?
04:54Le vendredi, on l'a entendu tous sur tous les médias,
04:56on nous a dit, c'est lui, ça correspond.
04:57– Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a des méthodes différentes
05:00entre la France et l'Écosse.
05:03– Mais ça veut dire qu'en Écosse, ils se contentent de 5 points ?
05:04– Alors, l'Écosse, jusqu'avant 2007, c'était 16 points.
05:0916 points caractéristiques.
05:10Ils ont abandonné ça et ce qu'on appelle, il y a une méthode holistique.
05:14Et c'est basé plus sur la qualité, c'est-à-dire sur la rareté.
05:18Par exemple, un lac, un lac, un lac, donc si vous voulez, c'est sur une ligne,
05:24c'est un ovale, c'est beaucoup plus rare et donc ça donne plus de poids.
05:27– Je vais vous poser la question autrement de façon très claire.
05:29– Oui, oui.
05:29– Ils ont foiré ou pas ?
05:31– Alors, c'est un labo privé.
05:33Alors, il faut savoir qu'avant, les labos étaient étatisés.
05:37On est passé à des laboratoires privés.
05:40Moi, mes collègues en France, c'est des laboratoires d'État
05:43et il y a de la moralité derrière.
05:45– D'accord. Est-ce qu'à Glasgow, ils ont foiré ?
05:47– Je ne pense pas qu'ils aient foiré.
05:50Par contre, ce qui a foiré, si je me permets de reprendre votre expression,
05:55je pense que c'est un problème de communication.
05:56– On va y revenir dans un instant.
05:58Anne-Sophie Martin, je vous voyais réagir
06:00pendant que Xavier de Péquer nous expliquait cette histoire.
06:04Vous, vous avez le sens…
06:05Je pense que c'est une question.
06:05J'espère que ça.
06:06Je vous passe donc.
06:06Je pense que c'est une question.
Commentaires