00:00J'ai le pâté qui a touché la boîte, dit Sébastien Chabal.
00:03Olivier Capelle, comment vous avez réagi en entendant ce témoignage ?
00:09Tout d'abord j'ai réagi en me disant, Sébastien qu'on connaît puisqu'il a joué ici à Lyon au loup rugby,
00:14tu dois consulter, il faut faire le point de ce que tu dis, c'est-à-dire évaluer les troubles de la mémoire que tu as,
00:20savoir s'ils sont anciens, s'ils sont évolutifs, savoir aussi quelle en est la cause.
00:26Donc ma première des remarques c'était de dire, il faut l'évaluer.
00:29On peut dire qu'on a des troubles de la mémoire mais c'est tellement important que je pense qu'il faut consulter un médecin
00:34et je l'invite à le faire, ça c'est une évidence.
00:37Vous l'avez appelé pour lui dire ?
00:41Alors on en a parlé entre médecins du loup rugby puisqu'on était trois
00:45et il y en a un des trois qui était le plus proche de lui puisqu'il a joué avec lui avant d'être médecin.
00:51Je crois qu'il allait le faire, si ça n'a pas été fait, ça va être fait puisque l'information vient d'hier.
00:55Est-ce que Sébastien Chabal a tous les symptômes d'une maladie dégénérative ?
01:02Quand il l'exprime comme ça, oui. Après je me suis penché un petit peu sur le reportage
01:07et Sébastien évoque aussi des souvenirs d'enfance avec ses grands-parents à la ferme
01:11donc il n'a pas non plus un trou dans la raquette qui est complètement du début à la fin de sa vie.
01:19C'est pour ça qu'il a besoin d'être évalué.
01:20Donc il reste à savoir d'où viennent ces troubles de la mémoire.
01:23S'agissant de son enfance, il explique qu'il n'a pas de souvenirs
01:26et que ses souvenirs lui reviennent quand il regarde des photographies.
01:30Donc il a une amnésie qui remonte à bien avant le début de sa carrière de rugbyman.
01:34Il a une amnésie. Mais bien sûr, Sébastien a une amnésie, il l'a décrit très bien.
01:39Donc il faut l'évaluer, savoir si elle est sévère, savoir si elle est évolutive,
01:43savoir quelle en est la cause. Ça c'est très important, je suis d'accord avec vous.
01:46Est-ce que ces symptômes recouvrent peut-être d'autres symptômes ou d'autres cas
01:51dans le monde du rugby qui traduiraient les conséquences des chocs
01:57subis par les joueurs de rugby pendant leur carrière ?
01:59Est-ce qu'il y a d'autres témoignages du même type ?
02:02Oui, il y a d'autres témoignages du même type.
02:05Il y a des joueurs étrangers, des joueurs français qui souffrent de ces symptômes.
02:09Reste à savoir si on les attribue au rugby.
02:11Dans une majorité des cas, oui, puisque ça correspond à une époque
02:15où les chocs étaient assez importants et où surtout la commotion
02:18n'était pas tellement considérée, pas diagnostiquée comme elle l'est aujourd'hui.
02:22Donc oui, bien sûr. Et on cherche maintenant à mettre en place toute une filière.
02:26C'est un projet de la Fédération, une filière qui permettrait de justement suivre,
02:30pour diagnostiquer ce qu'on appelle ces encéphalopathies chroniques post-traumatiques.
02:35Mais en tout cas, ça veut dire, vous avez l'air de découvrir les problèmes de santé de Sébastien Chabal aujourd'hui.
02:40Ça veut dire qu'au sein de la FFR, il n'y a aucun suivi concernant les anciens internationaux ?
02:44Ils peuvent tout à fait consulter.
02:50On peut imaginer qu'ils se plaignent de manière effectivement locale dans leur région après leur carrière.
02:58Aujourd'hui, ce que je vous disais, c'est qu'on va essayer de mettre en place un process, une filière,
03:02avec des bilans sanguins, des IRM au vert à tous ces joueurs internationaux
03:06qui, aujourd'hui, décrivent des symptômes, que ce soit des joueurs encore en activité
03:10ou des joueurs qui sont sortis de l'activité professionnelle.
03:14On pense aux parents dont les enfants font du rugby aujourd'hui.
03:18Certains appellent à limiter les contacts à l'école de rugby, voire à interdire les plaquages avant un certain âge.
03:23Est-ce que c'est une piste que vous soutenez en tant que médecin ?
03:27Ah oui, il y a des travaux très importants.
03:29Il faut bien différencier le rugby professionnel et le rugby amateur.
03:32Ce sont 300 000 licenciés avec des règles différentes.
03:36Il faut savoir que dans les divisions amateurs, le plaquage, par exemple, se fait au niveau des hanches
03:40et pas au niveau des épaules.
03:43Il faut savoir qu'il y a des catégories où les mêlées ne sont pas poussées.
03:45Et on vient de comparer des résultats issus de notre assureur sur les dernières années.
03:51Dans les divisions où le plaquage est plus bas au niveau des hanches,
03:55comparé aux divisions où le plaquage se fait au niveau des épaules,
03:57on a plus de 50% de diminution des lésions de tête et cou.
04:00Donc probablement aussi indéniablement de lésions de type commotion.
04:03Donc il faut faire valoir ce règlement beaucoup plus adapté vers un sport moins traumatogène.
04:09Et c'est la politique de la fédération auprès de Wall Rugby.
04:12Et d'ailleurs d'autres pays ont suivi la modification des règles
04:16et aussi imposé cette modification de la hauteur de plaquage dans leur division amateur.
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