00:00Alors qu'elle se présente, ce lundi, dans la salle d'audience pour son jugement,
00:04escortée par son avocat...
00:06Bonjour, madame Le Pen.
00:08Vous êtes dans quel état d'esprit avant ce délibéré ?
00:11Vous êtes inquiète, madame Le Pen ?
00:13Elle semble confiante,
00:15consciente que la sanction risque d'être lourde,
00:18mais à mille lieues d'imaginer
00:20que sa peine pourrait entacher ses ambitions politiques.
00:23Elle arrive d'un pote décidé, elle n'esquive pas les caméras.
00:27Elle rentre dans la salle d'audience, elle sourit,
00:30elle va dire cette phrase à un des avocats,
00:32« Ravie de vous revoir »,
00:34comme si c'était une étape normale dans ce parcours.
00:37Elle va s'asseoir là où elle s'est assise
00:39pendant les audiences.
00:41Et puis vient le moment
00:42où la présidente du tribunal parle d'inéligibilité,
00:45et là, au premier rang, Marine Le Pen se décompose.
00:49À ce moment-là, Marine Le Pen comprend
00:51qu'elle va être condamnée à cette peine d'inéligibilité
00:54avec exécution provisoire.
00:56Elle souffle. Elle ne parle pas, elle souffle.
00:58Incroyable. Incroyable, comme ça.
01:00Il faut bien comprendre que dans le prétoire, il n'y a pas un bruit.
01:04Puis elle se tourne vers son avocat, échange avec lui.
01:07De ce que l'on comprend, elle lui demande si elle peut quitter la salle.
01:10Et effectivement, à ce moment-là, elle se lève,
01:13elle quitte la salle...
01:19Sans un mot.
01:20Et avant même l'énoncer du jugement,
01:22Marine Le Pen s'engouffre dans sa voiture
01:26direction le siège du Rassemblement national.
01:33Vous êtes gentil, vous vous tenez correctement.
01:35Vous me laissez passer, merci.
01:37En urgence, la chef de file des députés RN
01:41organise autour d'elle une réunion de crise.
01:44Et c'est derrière ces fenêtres qu'elle prend connaissance de sa sanction.
01:48Reconnue coupable de détournement de fonds publics,
01:51elle écope de quatre ans de prison,
01:53dont deux ans fermes aménagées sous bracelet,
01:55assortie d'une peine de cinq ans d'inéligibilité
01:59avec effet immédiat.
02:00C'est la déflagration entre ceux qui nous disent
02:04tomber de leur chaise,
02:05un certain nombre de nos sources qu'on essaie de contacter,
02:09dont l'un député qui m'écrit
02:11« je ne peux pas vous prendre au téléphone, j'ai les larmes au bord des yeux ».
02:15Personne ne voulait y croire, personne.
02:17Au RN, on s'était convaincus
02:19que les juges n'oseraient pas aller jusque-là.
02:23En quelques secondes, c'est l'œuvre de sa vie qui s'écroule.
02:26Elle voit lui échapper son rêve,
02:28la possibilité de se présenter une nouvelle fois
02:31à l'élection présidentielle en 2027.
02:34Mais reste un espoir minime.
02:36Il faut que la Cour d'appel audience son procès
02:39dans les 18 mois ou les deux ans.
02:40Il faut ensuite que la Cour d'appel rende sa décision
02:43avant le premier tour de l'élection présidentielle.
02:46Et puis surtout, et c'est sans doute l'embûche la plus importante
02:49sur cette route pour Marine Le Pen,
02:50c'est que la Cour d'appel rende une décision
02:53qui lui soit plus favorable que celle qui a été rendue hier.
02:55Mais ça, c'est vraiment pas acquis.
02:57En faisant appel, la candidate choisit d'emprunter ce chemin étroit.
03:02Pas question pour elle de faire une croix sur son avenir politique.
03:06Je pense qu'elle n'abandonnera pas.
03:08Si elle doit arrêter la politique,
03:10elle l'arrêtera quand elle le décide,
03:13pas sur une décision de justice.
03:14Elle n'est pas du tout dans l'état d'esprit de lâcher prise.
03:18Elle est plutôt, oui, dans l'idée,
03:20si je dois périr, vous périrez tous, si j'ose dire.
03:24Donc je pense qu'elle ira jusqu'au bout
03:25et pour obtenir au plus vite un procès en appel
03:29et pour mouiller, si j'ose dire,
03:31impliquer le reste de la classe politique en y ayant attention.
03:33Je ne me laisserai pas couler sans frais et sans conséquences
03:36pour l'ensemble de la classe politique.
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