00:00La plainte n'a pas de sens.
00:02Evidemment, elle reçut de la confrontation.
00:04C'est vraiment une pute.
00:06Comme par hasard.
00:08Elle reçut de la confrontation.
00:10Comme par hasard.
00:12En fait, c'est juste pour lui taper les couilles.
00:14C'est sûr.
00:20Pour le dépôt de plainte,
00:22ça s'est correctement passé.
00:24En revanche, elle a reçu un message
00:26quelques heures plus tard.
00:28Le policier de nuit,
00:30de la brigade de nuit qui avait pris son audition,
00:32avait mal rédigé son procès-verbal.
00:34Et c'est la raison pour laquelle
00:36le policier qui a pris le relais
00:38l'appelle afin de la réauditionner.
00:40Ce policier
00:42a oublié de raccrocher le téléphone
00:44et il a continué à parler
00:46sur son répondeur.
00:48En fait, c'est juste pour lui taper les couilles.
00:50C'est sûr.
00:52C'est un salaud.
00:54Je ne sais pas.
00:56Je ne sais pas qu'il lui arrive un truc comme ça.
00:58Il va se demander à l'OMEC.
01:00Et après, il va vouloir un peu plus de confrontation.
01:02Il va se parler du côté de la guerre.
01:04Sur l'émission, quoi.
01:10Ce policier, il a sali
01:12non seulement toutes les femmes
01:14qui essayent de déposer plainte.
01:16Et je crois qu'on a tous
01:18intérêt à leur dire de venir
01:20dans les commissariats, dans les gendarmeries
01:22pour le faire. Mais il a sali,
01:24il a raccroché sur l'uniforme de la République
01:26de ses 250 000 autres collègues.
01:28Policiers et gendarmes qui, tous les jours,
01:30font un travail, je crois, formidable.
01:32Mais la réalité est apparue
01:34en écoutant le répondeur.
01:36C'est comme si le voile tombait.
01:38C'est comme si le rideau se levait.
01:40C'est, en fait,
01:42ce que la plupart des femmes
01:44savent
01:46sans vraiment pouvoir le prouver.
01:48C'est que, derrière les discours,
01:50la réalité du traitement judiciaire
01:52des plaintes est particulièrement violente.
01:54On pose des questions terribles
01:56comme est-ce que vous aviez une mini-jupe ce jour-là ?
01:58Est-ce que vous aviez une tenue
02:00aguichante ? Est-ce que
02:02vous avez fait
02:04désirer votre agresseur ?
02:06Il y a une forme de culpabilisation
02:08de la victime. Je pense
02:10que l'institution policière,
02:12l'institution judiciaire et notre société
02:14de manière générale, mais plus spécifiquement
02:16la police et la justice, sont les
02:18héritières d'une
02:20culture patriarcale,
02:22viriliste, sexiste, faite pour les hommes,
02:24par les hommes, et que, évidemment,
02:26on a hérité de tout ça
02:28et que c'est difficile aujourd'hui pour les femmes
02:30de faire entendre leur voix,
02:32notamment dans le cadre des violences sexuelles.
02:34Pendant très longtemps, on ne prenait même pas votre plainte.
02:36Pendant très longtemps,
02:38on vous faisait subir un deuxième
02:40affront lorsque vous alliez dans un
02:42commissariat ou devant un juge.
02:44Parce qu'on vous faisait comprendre que,
02:46finalement, vous alliez pourrir la vie de votre agresseur.
02:48Et que ce n'était pas cool. C'est un petit peu
02:50ce qu'on entend, d'ailleurs, dans cet enregistrement.
02:52Je pense qu'effectivement, il y a trois défaillances
02:54dans le fonctionnement de l'institution policière.
02:56Dans la sélection, parce qu'effectivement,
02:58on va trop vite
03:00et le niveau de recrutement
03:02est beaucoup trop faible. Ensuite, dans la formation,
03:04parce qu'on peut avoir
03:06certaines idées en rentrant dans la police.
03:08On peut avoir des idées racistes,
03:10on peut avoir des idées sexistes.
03:12Ça ne veut pas dire qu'on peut les exprimer.
03:14Encore faut-il être formé sur ces questions.
03:16Et enfin, dans les sanctions.
03:18Et là, je pense que c'est un problème fondamental.
03:20La préfecture de police,
03:22l'institution judiciaire,
03:24a tendance
03:26à protéger les fonctionnaires de police
03:28et à ne pas les sanctionner
03:30en cas de manquement.
03:32Et tant qu'il n'y aura pas de sanctions, bien évidemment,
03:34il y aura une impression d'impunité
03:36et un laxisme qui permet la réitération
03:38de ces manquements.
03:40Donc non, je ne pense que ce monsieur, si vous me devez mon avis,
03:42n'a plus sa place dans la police nationale.
03:44En tout cas, il y aura une inspection de l'IGPN
03:46qui va démontrer les choses, mais comme les choses sont
03:48assez concrètes et diffusées
03:50par vos confrères, il est normal
03:52de suspendre immédiatement.
03:54Et c'est ce qu'a fait le DGPN et le préfet de police,
03:56et je les en remercie.
03:58Maintenant, ma cliente a déposé plainte à l'IGPN,
04:00l'inspection générale de la police nationale.
04:02La policière qu'il a reçue a qualifié ça
04:04d'un jure public à caractère sexiste.
04:06Et on espère bien évidemment
04:08que le procureur de la République de Paris
04:10poursuive pour ces faits
04:12une sanction judiciaire et éventuellement
04:14une sanction administrative parce qu'aujourd'hui,
04:16ce policier n'est toujours pas sanctionné.
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