00:00Euh...
00:02Qu'est-ce qu'on peut dire de tes questions ?
00:03J'aime bien.
00:03J'ai pas de méthode vraiment que je plaque au film.
00:07Je m'adapte.
00:08C'est Bruce Lee, il dit
00:09Be water, my friend.
00:10Vincent Cassel m'a dit d'ailleurs sur ce film
00:12qu'il fallait accepter que ce soit facile, ce métier.
00:15Je me suis dit bah tiens, j'ai pas fini le chemin quoi.
00:16J'ai encore beaucoup à apprendre.
00:19Je suis Charles d'Artagnan.
00:24Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours rêvé d'être mon secrétaire.
00:26En 2023, un film de KPDP, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:29Pour être tout à fait honnête, j'étais à un moment de ma carrière
00:31où je voulais aller plutôt vers des films plus indépendants, plus petits.
00:34Et donc c'était assez à l'opposé de ce qu'on me proposait.
00:37Mais force est de constater que la proposition était tellement forte
00:41et c'est tellement rare ce genre de projet dans le cinéma français
00:44que j'étais très heureux d'y participer.
00:46A quel moment tu deviens d'Artagnan ?
00:47Au moment de lire le scénario ?
00:49Pendant la préparation ?
00:50Au moment d'enfiler le costume pour la première fois ?
00:52Sur le premier jour de tournage ?
00:55Hum...
00:57C'est difficile.
00:58En tout cas, c'est sûr que c'est un ensemble de petits moments.
01:03C'est assez nébuleux la préparation.
01:05Je ne sais jamais vraiment ce qu'il se passe.
01:07Tout à coup, on lit le scénario plusieurs fois.
01:09On se projette, on imagine, on s'inspire, on relit l'œuvre.
01:13Donc il y a plein de petits éléments,
01:15et parfois certains qui ne transparaissent pas du tout.
01:17Mais il y a des choses qui nous échappent aussi.
01:19En fait, le personnage est iconique, mais à postériori.
01:21On s'en rend compte maintenant qu'il est iconique.
01:23Moi, mon approche, il faut que je sois au présent
01:25et que je me dise, en fait, un jeune homme au 17ème,
01:28plein d'ambition, plein d'idéaux, qui monte à Paris.
01:30C'est quoi ? C'est qui ? Qu'est-ce qui le motive ?
01:32Comme j'étais novice complètement dans l'art de l'épée et du cheval,
01:36oui, ça m'a demandé pas mal de préparation.
01:39Parce que le dispositif de mise en scène de Martin
01:43et sa volonté artistique de toujours suivre les mousquetaires au plus près,
01:47de créer une expérience immersive, en fait, pour le spectateur.
01:50Donc, ça veut dire mettre sa caméra vraiment au centre de l'action
01:54quand il y a des scènes d'action.
01:55Et de faire aussi des plans-séquences qui donnent une sensation de temps réel.
01:59En fait, ça veut dire qu'entre coupé et action,
02:02il se passe genre trois minutes où tout ça, il faut la prendre par cœur.
02:05Donc, c'est des chorégraphies hyper précises
02:07parce que c'est des pics en fer de 1m50 qu'on se jette au visage.
02:11On théorise beaucoup avant et le moment où on enfile le costume,
02:14il se passe quand même un peu quelque chose.
02:16Donc, ce n'est pas un mythe.
02:17Il y a une vraie importance sur ce genre de rôle
02:19du costume.
02:20On est quelqu'un d'autre quand on le porte.
02:22Oui, en fait, là, le choix des matières, le choix des silhouettes,
02:26le choix du poids du vêtement, ça change ta manière de marcher,
02:30ça change ton attitude.
02:31Donc, en fait, tu te sens mousquetaire.
02:33Tu es obligé de te tenir un peu plus droit.
02:34Je me souviens, là, il a fait rentrer du cuir
02:36qui est complètement anachronique avec l'époque,
02:38mais on avait envie de donner un look un peu plus mercenaire,
02:41un peu plus western aussi à nos mousquetaires.
02:43Donc, quand tu l'enfiles, en fait, les odeurs, le bruit du cuir,
02:48la façon de se mouvoir, ça change tout.
02:50Et lui, il est tellement fort qu'il a fait aussi des costumes
02:53qui sont à l'épreuve de tout ce qu'il fallait qu'on fasse physiquement.
02:55Donc, à la fin, c'était mon même costume
02:57qui était la veille dans la boue, sous la pluie, à cheval,
03:01tu vois, en plein milieu des combats et de l'action.
03:04Donc, oui, j'ai eu un vrai truc de proximité, en fait,
03:09avec mes costumes tout du long.
03:11J'étais content d'attacher moi-même les sangles.
03:13Enfin, tu vois, il y a un rapport très personnel, en fait.
03:15Et après, évidemment, le personnage de D'Artagnan,
03:18tu vois, j'ai 33 ans, là, aujourd'hui,
03:20c'est peut-être la dernière fois qu'on peut me proposer
03:22ce genre de jeune héros, quoi.
03:25C'est vrai que Frodon, on va toquer à sa porte et on lui dit
03:27tu vas avoir une destinée incroyable.
03:29Harry Potter, pareil, on va lui dire tu vas être un sorciste
03:31et le genre sur qui ça tombe.
03:33Et D'Artagnan, c'est pas pareil.
03:34D'Artagnan, c'est le moteur de son propre destin
03:36et c'est lui qui va au choc des mousquetaires
03:39et qui a un moteur en lui, un feu qui est intéressant à travailler.
03:43On joindrait les cadets et un jour, peut-être,
03:45on serait mousquetaires.
03:50Excusez-moi !
03:51Est-ce que toi, personnellement, tu t'es retrouvé dans ce rôle ?
03:54Honnêtement, sous pas mal d'aspects, oui.
03:59Et je trouve que d'ailleurs, c'est une force
04:01de comment ils ont fait le casting, c'est que
04:03je pense que Pio a des traits communs à Portos,
04:07Vincent à Hecatos.
04:10Je dirais que c'est Milady, en fait.
04:12Eva est tellement différente dans la vie
04:13que ce qu'elle fait en Milady,
04:14que sa composition m'a vachement impressionné.
04:16Mais après tous, on a des traits semblables,
04:21sans doute, moi, une forme de naïveté peut-être,
04:24d'instinct, d'impulsivité peut-être,
04:28que je partage avec D'Artagnan.
04:31Qui est cet enfant ?
04:32D'Artagnan, Votre Majesté.
04:35Trois duels en trois heures avec trois mousquetaires.
04:37Monsieur Atos a le droit de me tuer en premier.
04:38Monsieur Portos en second.
04:39Et Aramis en dernier.
04:41Je vous prie de m'excuser par avance
04:42si je ne peux contenter tout le monde.
04:45Je le trouve bien arrogant, ce jeune homme.
04:47C'est ma seule richesse.
04:48Et je la mets toute entière au service de Sa Majesté.
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