00:00Tout a commencé là-bas, dans la ville qu'on appelle Maison Alphor,
00:04quand je vois une Fatma, chelou, qui fait vibrer son corps.
00:07MC Solar, viens là que je te donne du réconfort.
00:10Merci, c'est très gentil, mais je ne mange pas d'or, elle m'a fait bouffe de larmes.
00:14Cet album, il a marqué quelque chose parce qu'il était multidirectionnel.
00:19Je trouve que tout est génial. Son flow, les instrucs, il y a quelque chose de parfait.
00:27Et ça reste quand même un des meilleurs moments de cette vie-là.
00:30On avait l'habitude de lancer des expressions qu'on devait balancer dans différents collèges,
00:40à Guillaume Budé, à Créteil, au lycée technique à Rago.
00:44Et puis quand on revenait, une semaine après, on voyait si ça avait pris.
00:48En fait, on faisait des flyers vocaux et voir si nos expressions pouvaient bouger.
00:53J'en ai fait un rap.
00:55On faisait les championnats du monde de DJ.
00:58Puis à un moment, je suis tombé sur son groupe, le 501 Possible,
01:03où il y avait Striker 10, Sony MC et lui, MC Solar.
01:07Et j'ai acheté un petit studio d'enregistrement et je l'ai invité chez ma mère dans la cave.
01:13C'était une toute petite maison parce qu'on avait toujours la tête baissée,
01:16tellement le toit était petit dans la cave.
01:19Et avec le matériel, on a enregistré nos trois premières chansons.
01:23C'était un mois de juillet, il travaillait au triage de Villeneuve-Saint-Georges à La Poste.
01:28Il triait le courrier.
01:30Et je lui ai proposé un mois de juillet de venir enregistrer des titres
01:35pour voir ce que ça allait donner.
01:39Et on a enregistré nos trois premiers titres,
01:42Bouge de là, Caroline et Cartier Nord.
01:44On a envoyé ça dans des enveloppes chez des gens, chez des labels.
01:48Ça s'appelait des labels.
01:50On a reçu des coups de téléphone en disant « passez ».
01:53Et le fait de passer, on s'est pris un peu au sérieux.
01:57On s'est dit « on va en faire d'autres ».
02:00Et ça a donné Bouge de là, puis Qui sème le vent récolte le tempo.
02:16C'était vraiment une bande de potes.
02:18On voit tous le rap, il était américain à la base.
02:20Et tout d'un coup, il y avait quelques mecs qui le balançaient en français.
02:23Et on était là « mais on comprend ce qu'il dit, c'est génial ».
02:25Et en plus, c'était bien ce qu'il disait, donc ça faisait beaucoup de choses.
02:33J'adore le texte de Caroline.
02:35Mon père est chanteur et il a repris la chanson Caroline.
02:38Et ce texte, je le trouve sublime.
02:43Je trouve que c'est une très belle façon de raconter une rupture,
02:47de parler de la jalousie d'un cœur brisé.
02:50Et c'est un de mes textes préférés.
02:52Caroline, c'est quelqu'un qui est dans ma classe.
02:55Au moment où j'écris, je pense à elle.
02:58Je pense à deux en même temps.
03:00Mais bon, je me dis « tiens, on peut peut-être faire un rap là-dessus ».
03:04Évidemment, elle ne s'appelle pas Caroline.
03:06Mais quand j'ai trouvé cette espèce de chose,
03:10les couleurs, les cartes, astreffe, pic, cœur,
03:13il fallait qu'elle s'appelle Caro.
03:15Et comme ça, la chose était faite.
03:23J'adore Victime de la mode aussi,
03:25qui est un autre de mes préférés,
03:27que je trouve tellement juste,
03:30et aujourd'hui encore tellement d'actualité.
03:33Et puis super cool que ce soit un homme qui aborde ce sujet.
03:37À Victime de la mode, heureusement qu'il y a Angèle
03:40qui l'a fait reconnaître à des gens qui ne la connaissaient pas.
03:43Parce que, ouais, un peu ce côté quand même.
03:46L'envie de faire un court-métrage, pas méchant,
03:49à l'époque des premiers mannequins, Inès de La Fressange et tout ça.
03:59À la fin de l'enregistrement, j'ai su que ce disque,
04:01enfin, on ne sait jamais, mais je me suis dit
04:03« là, on est en train de faire un truc qui ne ressemble absolument à rien ».
04:05J'ai écouté de la musique toute la journée,
04:07qui était censée sortir ou devenir.
04:09Là, je me suis dit « on a un truc ».
04:12Je pense même leur avoir dit « les mecs, on a un truc de fou ».
04:15D'ailleurs, j'ai donné ma démission le lendemain.
04:17Le rap était en train de monter de façon toute petite.
04:20Il y avait des groupes partout.
04:22Et puis, ouais, cet album, il a marqué quelque chose
04:26parce qu'il était multidirectionnel.
04:29Il y a tous les types de rap.
04:31Il y a des choses qui sont un peu hardcore.
04:33Il y a de la poésie pointilliste avec un morceau comme Caroline.
04:38Il y a le fun avec Bouge de là.
04:41Il y avait beaucoup de choses, comment on va dire ?
04:46Oui, beaucoup de choses qui étaient…
04:48Voilà, il y a toutes ces directions qui sont possibles à prendre
04:52pour faire du rap en 90.
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