00:00« You are Africa, you are Africa. »
00:05Je dis aux gens qui ne connaissent pas la musique africaine,
00:08pour comprendre et apprécier mieux les musiques que vous aimez,
00:11écoutez de la musique africaine d'abord.
00:12« Abadabadayé, abadabadayé. Eh waouh, eh waouh, eh waouh, eh waouh. »
00:21Quelles que soient les musiques qu'on écoute aujourd'hui,
00:24l'Afrique est toujours au centre de ça.
00:25Tout simplement, le blues, ça vient d'où ?
00:27Le blues, c'est un chant des esclaves.
00:29Dans les chants de coton, c'est-à-dire que c'est les esclaves,
00:32c'est une façon de se parler de chant de coton en chant de coton
00:36et de parler de leur quotidien.
00:37Du blues est arrivé, on a eu du blues, on a eu le rock'n'roll,
00:41on a eu le R'n'B, la country-music a été impactée aussi par le blues.
00:46Le jazz n'existerait pas s'il n'y avait pas le blues au départ.
00:50Donc, aujourd'hui, ceux qui sont des fans de rock'n'roll,
00:53c'est du blues qu'ils écoutent.
00:55Et toutes les musiques comme ça, à travers l'histoire de l'humanité
00:58qui a bougé d'un endroit à un autre,
01:00l'Afrique est toujours au centre de cette musique-là.
01:02Même si on n'écoute pas de la musique africaine, on la vit,
01:06on la consomme au quotidien.
01:08Moi, mon continent, ça me met en joie.
01:22Souvent, quand on pense à la musique,
01:24aux musiques africaines, on pense souvent aux danses.
01:26Donc, ça ne peut pas être sérieux.
01:29Les Africains, c'est de grands enfants.
01:31Il y a tous les clichés racistes qui sont aussi sur la musique africaine.
01:36J'ai décidé de m'habiller comme ça parce que j'avais envie.
01:38Je me suis acheté mon truc et hop, j'ai dit l'africaine moderne.
01:43Et ça, cette pochette a influencé énormément de jeunes artistes femmes en Afrique.
01:47Pendant des années, les gens ont coupé leurs cheveux comme ça.
01:50Ils sont habillés comme moi parce que je cassais les côtes.
01:54Cet album, c'était la modernité africaine dans laquelle j'ai grandi.
02:07Cette nouvelle génération d'artistes qui viennent d'un peu partout
02:10et qui ont décidé d'être leur propre patron, leurs propres entrepreneurs,
02:16de faire leur musique du début jusqu'à la fin et font des vidéos absolument fantastiques.
02:20C'est justement ce dédain qu'il y a eu à un moment donné pour cette musique
02:23qui fait qu'ils ont décidé d'être les maîtres de leur musique, en fait.
02:28Ça, ça a été tourné au Benin par un jeune béninois avec Salif,
02:37moi et Mister Eazy.
02:39C'est la transmission 3 Générations.
02:48Par exemple, la chanson de Bornaboy, Do Yourself, ce qu'est-ce que ça veut dire ?
02:52Ceux qui veulent que l'Afrique ne réussisse jamais,
02:55ils n'y arriveront pas si nous-mêmes nous nous mettons à travailler
02:57pour changer nos pays, nos mentalités
03:00et qu'on construise nos pays de façon différente.
03:22En Afrique, la musique au départ, ce n'est pas de l'entertainment.
03:25La musique au départ, c'est de raconter l'histoire de nos ancêtres,
03:28de raconter notre quotidien.
03:29Et c'est ça que les jeunes ont compris aussi en se disant
03:32« Nous aussi, on a quelque chose à apporter.
03:34On vit dans un monde qui est change, mais ce monde qui change,
03:37comment est-ce que ça peut impacter notre futur, notre pays ?
03:40Est-ce qu'on a envie de dire à nos dirigeants,
03:42est-ce qu'on a envie de dire aux citoyens de nos pays et de ce continent
03:45comment on peut arriver à s'en sortir pour être un pays,
03:48comment on peut arriver à s'en sortir pour être un continent
03:52dans lequel on a envie de vivre, mais pas de partir ailleurs ? »
04:05Ils ne sont pas prêts à accepter le statu quo, ça c'est clair.
04:09Ça, c'est de plus en plus clair et partout où je vais en Afrique, je le ressens.
04:14Parce qu'ils savent que leur continent le plus riche sur cette planète,
04:18ils ont envie de construire leur propre pays, leur propre continent.
04:22On a envie d'être libre, de faire ce qu'on a envie de faire
04:25sans passer forcément par l'Occident.
04:27L'Occident, on ne le mettra pas de côté.
04:29L'Amérique, on ne la mettra pas de côté.
04:31Mais on n'a pas envie que toutes les décisions soient prises en dehors de là où on vit.
04:35Je lui ai dit « Écoute, la seule façon de répondre à cette violence,
04:50c'est de faire de la musique et de parler de ce sujet. »
04:52Si on en arrive à avoir ce conflit avec des forces de l'ordre
04:59qui sont censées nous protéger et pour lesquelles nous avons du respect,
05:04mais si il n'y a plus de dignité dans ce respect, on a un problème.
05:07Et ça va dans les deux sens.
05:09C'est comme ça qu'on a écrit la chanson en disant « Respect is reciprocal. »
05:13Le respect doit être réciproque.
05:28C'est nous-mêmes qui racontons nos histoires par la musique
05:30et disons aux autres « Voilà ce qui se passe chez moi. »
05:33« Et voilà nous, comment on vit ça. »
05:35« Et comment vous vivez-vous si ça existe chez vous ? »
05:38Et c'est toujours par la musique que moi, j'ai fait passer beaucoup de messages.
05:43Et c'est ça pour moi, la musique nous permet de raconter cette histoire
05:47de ce que nous avons en commun plutôt que de ce qui nous divise.
05:50Au jour d'aujourd'hui où on parle, il y a une méconnaissance de toute cette créativité.
05:56Ce n'est pas seulement la musique.
05:57Dans l'écriture, dans le cinéma, dans les bandes dessinées,
06:02dans les dessins animés.
06:03Mais il y a des choses démentes qui se passent en Afrique.
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