00:00Nous avons aussi besoin d'oiseaux pour le même équilibre dans notre écosystème.
00:04Si vous n'aviez pas d'oiseaux, si vous n'aviez pas d'ornettes, si vous n'aviez pas d'espèces,
00:08la vie serait beaucoup plus compliquée pour nous tous.
00:10Je pense que le film a participé à me redonner une certaine espoir
00:14parce que ça m'a montré qu'il y avait des solutions concrètes
00:17qui étaient déjà mises en place et qu'il suffisait de mettre en place ces solutions
00:21et d'avoir cette nouvelle relation vivant humain et non humain
00:26pour changer notre manière d'habiter ce monde
00:28et finalement d'avoir un monde qui peut être vivable et durable.
00:33Il suffit de le faire et puis c'est bon.
00:35Pour l'instant, il y a encore de la vie, il y a encore suffisamment de vivants
00:38pour qu'on puisse stopper cette extinction de masse.
00:41Il y a encore suffisamment de population dans chaque espèce.
00:44Donc c'est maintenant.
00:46Et moi, j'ai l'espoir que mes petits-enfants
00:50continueront à connaître tout un tas d'espèces qu'on connaît aujourd'hui,
00:53que ce soit les rhinocéros, que ce soit les guépards
00:57ou un certain nombre de petits rongeurs qui sont en train de disparaître même ici en Alsace.
01:16On a été voir Philippe Descolal qui est un anthropologue,
01:18peut-être un des anthropologues les plus éminents en vie aujourd'hui.
01:24Et Vipoulen lui posait cette question-là.
01:25Il lui disait comment on fait pour renouer la relation entre nous et le vivant.
01:30Et Philippe leur a répondu d'abord en commençant par le fréquenter.
01:34Parce qu'il leur parlait d'une étude qui avait été conduite dans les banlieues des grandes villes américaines
01:40qui avait montré que la plupart des enfants qui habitaient là
01:44connaissaient un seul mot pour les arbres, donc arbre,
01:48et un seul mot pour les oiseaux.
01:49Et qu'à contrario, ils connaissaient sans doute des centaines de marques,
01:52des centaines de modèles de paires de basket, de logos.
01:58Et que ce n'était pas quelque chose qui était forcément à juger,
02:00mais que c'était simplement le résultat de ce qu'ils fréquentaient.
02:03Renouer en fait ce rapport physique aux choses, aux vivants,
02:08c'est fondamental et c'est ça qui va être un élément clé finalement pour régler ce problème-là.
02:16On a coutume de dire qu'on protège ce qu'on aime et qu'on aime ce qu'on connaît.
02:20Donc la première étape, c'est déjà de connaître comment c'est à aller dans la nature,
02:25ça pourrait vous passionner autant de découvrir qui sont les oiseaux,
02:31quels sont leurs chants, d'essayer de comprendre quel est le langage qu'ils ont les uns avec les autres.
02:35Et qu'il faudrait que ce soit aussi palpitant qu'une série sur Netflix.
02:40On n'est pas encore totalement...
02:46En militant contre la destruction, en ré-ensauvageant
02:50et en cohabitant, les humains peuvent être une figure du vivant qui se défend lui-même.
02:55Au Békeloin en Normandie,
02:57moi la permaculture c'était quelque chose que je ne connaissais pas forcément.
03:00Et voir toutes les dynamiques du vivant qu'il pouvait y avoir,
03:04la complexité finalement des écosystèmes,
03:06c'est quelque chose que je trouve extrêmement fascinant
03:09et ça tue aussi tous les clichés classiques de
03:13on ne peut pas nourrir les humains en préservant le vivant
03:18et en même temps en luttant contre le changement climatique,
03:20des politiques de ré-ensauvagement comme ce qui a pu être fait au Costa Rica d'une certaine manière,
03:25en collaborant avec les populations autochtones qui vivaient sur les territoires,
03:29donc encore une fois en prenant en compte à la fois les humains et les non-humains.
03:32Je pense qu'après tout, maintenant, j'ai l'impression que
03:35le principal message c'est surtout qu'il faut adopter toute une autre posture vis-à-vis du vivant.
03:39On ne le fera, par exemple de ré-ensauvager, par exemple d'arrêter d'artificialiser,
03:43que si on accepte qu'on doit partager cette planète avec les autres espèces vivantes.
03:47Que les animaux ont le droit d'être là comme nous,
03:50que c'est des habitants de plein droit de cette planète.
03:52Dans une société, on pense toujours en termes d'intérêts particuliers,
03:56que ce soit à l'échelle de l'espèce humaine,
03:58en termes de classe, de genre ou d'espèce de manière plus large.
04:05Et aujourd'hui, le défi, c'est de penser plus large,
04:09de penser en prenant en compte les intérêts de tout le monde.
04:12C'est des trucs comme ça que je ne me disais pas du tout quand j'avais 17 ans.
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