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  • il y a 10 mois
REPLAY - Déconfinement, chloroquine, Didier Raoult, nécessité de porter un masque ou non... Le ministre de la Santé Olivier Véran répond à Brut et à vos questions.

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Transcription
00:00On va regarder ce truc-là.
00:04Je vais vous encadrer.
00:06On est en direct.
00:08Eh bien, bonjour à toutes et bonjour à tous.
00:10On est en direct sur Brut avec Olivier Véran,
00:12ministre de la Santé et des Solidarités.
00:14Bonjour à vous.
00:15Bonjour.
00:16Cette première question que beaucoup se posent,
00:18on sait que le confinement est jusque maintenant,
00:20jusqu'au 15 avril.
00:22Est-ce qu'il sera prolongé ?
00:24Je ne peux pas vous dire s'il sera prolongé.
00:26Si on avait été capable de le dire,
00:28je l'aurais annoncé directement aux Français.
00:30Maintenant, ce n'est pas le moment de relâcher les efforts.
00:33Le virus, il ne part pas en week-end.
00:35Le virus, il ne part pas en vacances.
00:37Le confinement, il est indispensable.
00:39On a le sentiment qu'il commence à porter ses premiers résultats.
00:42Il y a un frémissement.
00:44On le constate en France.
00:45On le constate chez un certain nombre de pays voisins,
00:47notamment l'Italie,
00:49qui a été soumise à rude épreuve bien avant nous
00:51et qui a mis en place un confinement un peu avant.
00:54Et donc, on suit ça avec beaucoup d'attention.
00:56Moi, je comprends.
00:57Je vais filer la métaphore du vélo.
00:59Quand on est en train de gravir un col,
01:01on a envie de penser à la descente,
01:03quand on est vraiment dans l'effort
01:04et qu'on sent que l'effort est intense.
01:05C'est bien de penser à la descente et au relâchement,
01:07mais ça ne doit pas nous faire relâcher l'effort.
01:09Et surtout, là, on ne sait pas encore
01:11si c'est un col de deuxième, première ou hors catégorie.
01:14Donc, il faut vraiment se concentrer aujourd'hui
01:16sur le confinement, sur le rester chez vous.
01:18C'est ce qui permet de sauver des vies.
01:20Si vous posez la question à des médecins réanimateurs,
01:22des urgentistes ou à des infirmiers à l'hôpital
01:25qui sont en train de vraiment lutter sur le terrain
01:27pour sauver un maximum de vies,
01:29ils vous diront que la question qui se pose,
01:30ce n'est pas quand est-ce qu'on lève le confinement.
01:32La question qui se pose, c'est comment est-ce qu'on fait
01:34pour que le confinement soit le plus respecté par tous
01:36de manière à limiter l'afflux massif de malades
01:38et leur permettre de travailler dans des conditions
01:40qui soient des conditions acceptables
01:42et qui permettent surtout de sauver encore une fois
01:44un maximum de patients.
01:45Je crois que c'est vraiment ça l'enjeu,
01:46même si je comprends parfaitement les questions
01:48sur l'après et sur combien de temps ça va durer.
01:50Le confinement, il durera aussi longtemps
01:52qu'il doit durer, c'est-à-dire aussi longtemps
01:54qu'il y aura une surcharge des réas.
01:56Le nombre de patients en réanimation,
01:58il continue d'augmenter, il augmente un peu moins vite,
02:00mais il continue d'augmenter,
02:02et donc on n'est pas encore au bout de l'effort collectif.
02:04Mais concrètement, ça va durer au-delà du 15 avril ?
02:07Je ne peux pas vous le dire si ça va durer au-delà du 15 avril.
02:10Si on se rend compte que dans les jours qui viennent,
02:12on a des résultats, que le nombre de patients
02:14dans les réanimations diminue,
02:16que le nombre d'hospitalisations diminue,
02:18si on se rend compte qu'on est allé suffisamment loin
02:20dans le confinement pour freiner la diffusion du virus,
02:23alors on se reposera la question, vous savez,
02:25les données, je les ai au jour le jour.
02:27On les diffuse tous les jours,
02:29à 19h lors de la conférence de presse,
02:32mais les données scientifiques aussi,
02:34elles nous reviennent au quotidien.
02:36On a des analyses qui sont faites en population,
02:38quelle est la proportion de Français
02:40qui sont déjà immunisés contre le virus
02:42dans le grand test où le virus circule activement
02:44depuis plusieurs semaines.
02:46En fait, à partir de ces informations qui nous reviennent,
02:48on est capable de faire ce qu'on appelle de la modélisation
02:50avec des mathématiciens, des physiciens,
02:52des médecins, des épidémiologistes.
02:54Et ces modélisations, pour l'instant,
02:55elles sont beaucoup trop incertaines
02:57pour nous permettre de déterminer,
02:58avec un minimum de précision,
03:00jusqu'à quand le confinement doit durer.
03:02Donc on a donné un ordre d'idée avec ce 15 avril,
03:04mais peut-être qu'il devra aller plus loin que ça.
03:06Probablement, parce qu'on parle notamment
03:08du Conseil scientifique,
03:10qui a évoqué l'idée que ce soit 6 semaines au moins.
03:12On voit qu'aujourd'hui, les courbes épidémiques
03:14sont quand même encore assez hautes.
03:16Il y a beaucoup d'admissions en cas de réanimation aujourd'hui.
03:18On est à 10 jours de la fin supposée de ce confinement.
03:21Honnêtement, entre nous, ça paraît assez probable
03:23que ce soit prolongé.
03:25Il faut aussi préparer peut-être les consciences de ce côté-là.
03:27Parce que beaucoup de personnes, c'est vrai,
03:28quand on entend les communications gouvernementales,
03:30vont dire que c'est le 15 avril,
03:31et ils voient ça comme le bout du tunnel,
03:33alors qu'en réalité, ça ne semble pas vraiment être le cas.
03:35En fait, la question, c'est...
03:37On n'a jamais dit que ce serait le 15 avril.
03:39On a dit qu'on poursuivait l'effort collectif
03:41qu'est le confinement.
03:42Au moins, j'ai qu'au 15 avril.
03:44Je vais vous dire un truc.
03:45Moi, si j'étais en mesure, il y a 2 semaines
03:47ou il y a 4 semaines,
03:48de dire aux Français avec un minimum de certitude
03:50que le confinement, il durera jusqu'à telle date
03:52et qu'après, on arrête,
03:53on le dirait.
03:54Ça n'a aucun intérêt.
03:55On n'arrache pas un sparadrap petit à petit
03:58en se disant que ça fera moins mal.
03:59C'est plutôt l'inverse.
04:00Donc, s'il y a une nouvelle à apporter aux Français,
04:02il faut qu'elle soit suffisamment fiable,
04:04suffisamment certaine,
04:05parce qu'elle est très engageante dans leur quotidien.
04:07Vous voyez, Jean-Michel Blanquer a expliqué
04:10que le baccalauréat,
04:11il ne pourrait pas se conduire dans des conditions normales.
04:13On a déjà annoncé que les écoles,
04:15elles ne rouvriraient pas
04:16avant un certain nombre de semaines.
04:18Donc, on sait qu'on sera amené, de toute façon,
04:20à ne pas retrouver un fonctionnement normal
04:22de vie collective
04:23avant un certain nombre de semaines.
04:25Maintenant, est-ce que le confinement,
04:26est-ce que le rester chez vous
04:27sur tout le territoire national,
04:29il s'impose au-delà du 15 avril ?
04:31On peut avoir des indices
04:32qui laissent à penser
04:33que ça devra probablement durer.
04:36Mais je n'en ai pas la certitude.
04:38Et si dans 2 jours,
04:39si dans 3 jours,
04:40si dans 5 jours,
04:41les scientifiques nous apportent des éléments
04:43qui nous permettent de dire que,
04:44finalement, ça a payé
04:46et qu'on est capable
04:47de commencer à changer la donne
04:48et de commencer à changer
04:49la trajectoire de confinement,
04:51moi, je préfère ne pas avoir dit aux Français
04:53qu'il fallait qu'ils s'attendent
04:54à ce que ça dure des semaines et des semaines
04:56pour revenir en arrière.
04:57Donc, on donne en transparence les choses.
04:58Moi, j'ai toujours dit,
04:59de toute façon, c'est ma ligne de conduite,
05:01je ne dis pas que je sais tout,
05:02mais tout ce que je sais, je le dis.
05:04Et donc, l'incertitude,
05:05c'est compliqué en politique
05:06et c'est finalement assez rare
05:08d'avoir un décideur public
05:09qui vous dit
05:10que je ne peux pas vous apporter une réponse
05:11parce que je l'ignore.
05:12Mais il faut être humble,
05:13l'humilité face à un virus,
05:14ce n'est pas un signe de faiblesse,
05:16c'est au contraire un signe d'ouverture
05:18et qui permet de se dire
05:19qu'on est capable de changer de pied,
05:21de changer les pratiques,
05:22de changer les directions,
05:24de changer les décisions
05:25en fonction des informations
05:26qui nous reviennent.
05:27C'est un risque inconnu,
05:28c'est un risque nouveau,
05:29c'est un virus qui émerge.
05:30Et donc, là, ça marche l'incertitude.
05:32À quel échange, justement,
05:33on va pouvoir déterminer
05:34une prolongation ou non ?
05:35Est-ce que vous pouvez aujourd'hui
05:36tenir une date de dire
05:37dans les prochains jours
05:38à quel moment on peut dire
05:39une prolongation ?
05:40Ce n'est pas à moi de décider
05:42à quel moment est-ce qu'on doit annoncer
05:44si le confinement dure plus longtemps ou non.
05:46Ce sera au Premier ministre
05:47ou au Président de la République
05:48de le faire.
05:49On est là dans du régalier,
05:50dans de l'interministériel.
05:51Moi, j'apporte des informations,
05:54j'apporte un certain nombre de réflexions.
05:57Nous travaillons tous ensemble
05:59avec les scientifiques
06:00dans une union nationale
06:01pour pouvoir déterminer
06:02quelles sont les bonnes mesures à prendre
06:04et en fonction des décisions
06:06que nous prenons,
06:07nous les annonçons à chaque fois
06:08juste après les avoir prises.
06:09En fait, il n'y a pas un temps de latence
06:11où on se dit
06:12« Tiens, dans quatre jours,
06:13on expliquera aux Français que… »
06:14C'est-à-dire qu'on décide
06:15en Conseil de défense,
06:16en Conseil des ministres,
06:18on acte quelque chose
06:19sur la base des informations
06:20dont nous disposons
06:21et tout de suite,
06:22on donne cette information aux Français.
06:23Donc, en fait,
06:24chacun a le même niveau
06:25d'informations que moi.
06:26Parfois, j'ai des gens
06:27que je connais, des médecins
06:28qui, en offre au téléphone,
06:29me disent
06:30« Mais alors,
06:31qu'est-ce que tu peux me dire de plus
06:32que ce que tu dis aux Français ? »
06:33Ma réponse, elle est toujours la même,
06:34en fait.
06:36Tout ce que je sais,
06:37je le dis.
06:38Et ça, c'est vraiment important
06:39parce qu'à la fois,
06:40il y a un côté,
06:41encore une fois,
06:42assez étonnant,
06:43inhabituel
06:44de communiquer
06:45sur le fait
06:46qu'on ne sait pas tout
06:47en politique.
06:48Mais encore une fois,
06:49l'humilité,
06:50ce n'est pas un signe
06:51de faiblesse
06:52quand on fait face
06:53à une épidémie
06:54d'un risque nouveau
06:55et jamais atteint en France
06:56comme dans le reste du monde.
06:57Quelle piste, justement,
06:58pour sortir de ce confinement ?
06:59Parce qu'au-delà
07:00des courbes épidémiques,
07:01il y a aussi l'idée
07:02d'être prêt par certaines solutions.
07:03Est-ce qu'on peut peut-être évoquer
07:04les pistes qui sont
07:05actuellement à l'étude ?
07:06Toutes les pistes
07:07sont à l'étude.
07:08Est-ce que quand on lèvera
07:09le confinement,
07:10encore une fois,
07:11ce n'est pas tout de suite.
07:12Moi, je suis obligé
07:13à la fois de travailler
07:14en temps réel
07:15avec la situation
07:16telle qu'elle est,
07:17des réas saturées,
07:18des urgences saturées,
07:19des gens qui sont malades,
07:20des personnes
07:21qui sont confinées
07:22et tout ce que ça entraîne
07:23dans la société
07:24et pour la vie sociale
07:25des Français
07:26et en même temps,
07:27être capable,
07:28évidemment,
07:29de nous projeter
07:30dans l'avenir
07:31pour pouvoir déterminer
07:32par avance
07:33comment on peut
07:34pouvoir évoluer
07:35et pour pouvoir
07:36pouvoir se rendre compte
07:37que ce n'est pas tout de suite.
07:38C'est un petit peu
07:39ce que j'ai pensé
07:40quand j'ai fait
07:41la première partie de la crise.
07:42Et c'est un petit peu
07:43ce que j'ai pensé
07:44quand j'ai fait
07:45la première partie de la crise.
07:46Il y a plein de scénarios
07:47qui sont sur la table.
07:48D'ailleurs,
07:49le Premier ministre
07:50l'a dit dans son intervention
07:51à la télé
07:52il y a deux jours.
07:53On peut peut-être avoir
07:54un déconfinement
07:55par territoire.
07:56Peut-être que ce sera
07:57au contraire
07:58un déconfinement
07:59sur toute la France.
08:00Peut-être qu'il y a
08:01une partie de la population
08:02qui sera reproductible.
08:03En France,
08:04est-ce qu'il faut
08:05qu'on puisse enlever
08:06le confinement ?
08:07Quels sont les moyens
08:08dont nous devrons disposer
08:09pour être encore meilleurs
08:10dans le suivi des patients ?
08:11Ce qui fait que
08:12si quelqu'un est malade
08:13une fois qu'on a levé
08:14le confinement,
08:15on puisse immédiatement
08:16l'identifier,
08:17immédiatement repérer
08:18toutes les personnes de contact.
08:19Un peu ce qu'on a fait
08:20dans le stade 1,
08:21vous savez,
08:22avec des études,
08:23des enquêtes qui étaient faites
08:24sur le territoire
08:25à chaque fois qu'il y avait
08:26quelqu'un qui déclarait la maladie.
08:27Est-ce qu'on peut se doter
08:28en déconfinement
08:29de nouveaux outils
08:30pour être capable
08:31d'être encore plus précis,
08:32plus exhaustif,
08:33plus réactif ?
08:34On discute de ça.
08:35On en discute avec
08:36nos voisins allemands,
08:37on en discute avec les coréens,
08:38on regarde tout ce que
08:39les pays étrangers
08:40sont en train de mettre en place
08:42et on met aussi en place
08:43un certain nombre de réflexions.
08:44Mais réfléchir à quelque chose,
08:45ça ne veut pas dire
08:46qu'on va le mettre en place
08:47et que ce sera indispensable.
08:48Dans ces réflexions,
08:49est-ce qu'il y a notamment
08:50l'idée de tester
08:51l'ensemble de la population ?
08:52Il y a plusieurs types de tests.
08:54Ce qui est important,
08:55c'est qu'au moment
08:56du déconfinement,
08:57j'espère,
08:58encore une fois,
08:59je dis j'espère
09:00parce que je n'en ai pas
09:01la certitude,
09:02mais j'ai quand même
09:03quelques raisons d'espérer
09:04assez solides,
09:05que nous disposerons
09:06de ce qu'on appelle
09:07une sérologie.
09:08La sérologie,
09:09c'est à partir
09:10d'une goutte de sang
09:11ou d'une prise de sang
09:12d'être capable
09:13de dépister
09:14si quelqu'un a des anticorps
09:15contre le virus.
09:16Et si quelqu'un
09:17a des anticorps
09:18contre le virus,
09:19ça veut dire qu'il a été
09:20exposé au virus
09:21et que son système immunitaire,
09:23maintenant,
09:24a gardé en mémoire
09:25la trace de ce virus
09:26et qu'il est prêt à réagir
09:27et à combattre le virus,
09:28ce qui veut dire
09:29qu'il ne peut plus être infecté.
09:30C'est ça une sérologie.
09:31C'est les anticorps
09:32qu'on va chercher.
09:33Ça, c'est en recherche
09:34et innovation
09:35dans le monde entier,
09:36en France comme à l'étranger.
09:38Ça, ça va nous permettre,
09:39quand ça arrivera,
09:40de pouvoir répondre
09:41aux Français
09:42qui se posent la question
09:43de savoir s'ils ont été
09:44contaminés,
09:45s'ils sont immunisés ou pas.
09:46Donc on le fera,
09:47on pourra le mettre en place.
09:48Ce sera un élément
09:49de réponse extrêmement fort.
09:50Et à côté de ça,
09:51dans l'attente,
09:52il y a ce qu'on appelle
09:53les tests.
09:54Il y a les tests par PCR.
09:55Ce sont les tests,
09:56pour certains d'entre vous
09:57qui l'ont peut-être eu,
09:58c'est un test
09:59où on fait un prélèvement
10:00rhinopharyngé
10:01avec une espèce
10:02de gros coton-tige.
10:03Et au bout de quelques heures,
10:04on est capable de vous dire
10:05si vous êtes porteur du virus
10:06au moment où on vous teste.
10:07Au moment où on vous teste.
10:08Et puis,
10:09on est en train aussi
10:10d'acheter massivement
10:11des tests
10:12qui sont en cours de production.
10:13Aucun pays au monde
10:14n'en est vraiment doté
10:15à ce stade.
10:16Mais on les achète
10:17parce qu'ils sont
10:18en cours de production.
10:19Des tests rapides
10:20qui permettent en quelques minutes
10:21de vous répondre.
10:22La question,
10:23c'est justement
10:24des chiffres de 500 000 par semaine.
10:26Ça reste que si on teste
10:27l'ensemble de la population,
10:28ça fera un décompte
10:29à plusieurs mois,
10:30même plusieurs années.
10:31Si on doit tester
10:3266, 67 millions de Français.
10:34En fait, il faut comprendre que
10:35rechercher si quelqu'un
10:37est porteur du virus
10:38à un instant T,
10:39ça n'a de sens
10:40que si la personne
10:41est malade,
10:42donc suspecte d'être malade
10:43à l'instant où vous la testez.
10:45Ou si la personne a été
10:46un cas contact rapproché
10:47il y a quelques jours
10:48et qu'elle est peut-être
10:49asymptomatique
10:50mais porteuse du virus.
10:51Si moi,
10:52qui n'ai aucun symptôme,
10:53qui n'ai pas été contact rapproché,
10:54on me teste aujourd'hui
10:55pour rechercher le virus,
10:57on va voir que vraisemblablement
10:59je n'ai pas le virus,
11:00mais ça ne veut pas dire
11:01que demain je ne serai pas
11:02porteur du virus
11:03parce que j'aurais été
11:04en contact avec quelqu'un.
11:05Donc à moins de tester
11:06tout le monde en permanence,
11:07ça ne fait pas sens.
11:08C'est pour ça que la politique
11:09des tests,
11:10elle vise les soignants,
11:11notamment en EHPAD,
11:12à l'hôpital,
11:13en médecine de ville.
11:14Elle vise les personnes fragiles
11:15parce que s'il y a
11:16le moindre doute,
11:17il faut pouvoir les surveiller
11:18comme le lait sur le feu.
11:19Les personnes qui sont hospitalisées,
11:20les personnes qui sont hospitalisées,
11:21les formes graves,
11:22les personnes qui sont
11:23porteuses de fragilité,
11:24on les teste systématiquement
11:25dès qu'on a le moindre doute.
11:26Mais tester quelqu'un
11:27qui n'a pas de symptômes,
11:28qui n'a pas été
11:29cas contact rapproché,
11:30ça va juste lui dire
11:31aujourd'hui,
11:32vous n'êtes pas porteur du virus.
11:33Ça ne lui dit rien
11:34du fait qu'il a pu
11:35l'avoir il y a deux semaines,
11:36mais il n'a plus de virus
11:37au moment où on le teste
11:38et ça ne dit pas
11:39qu'il n'aura pas
11:40peut-être le virus demain.
11:41La sérologie,
11:42c'est tout le contraire.
11:43Tester tout le monde,
11:44c'est utile ou pas ?
11:46C'est pas utile,
11:47même si on avait
11:4860 millions de tests,
11:49parce que ça ne dit rien
11:50de la capacité
11:51de tomber malade demain
11:52ou d'avoir été malade
11:53il y a deux semaines.
11:54Ce qui sera vraiment intéressant
11:55et fondamental
11:56pour le déconfinement,
11:57c'est qu'on puisse disposer
11:58de la sérologie
11:59qui, elle,
12:00permet d'avoir
12:01un historique
12:02du passage du virus
12:03sur les semaines
12:04et les mois
12:05écoulés auparavant.
12:06Ce qui nous permet de savoir,
12:07ce qui permettra à quelqu'un
12:08de savoir
12:09s'il a considéré
12:10qu'il a été malade,
12:11qu'on lui a dit
12:12à un moment donné
12:13qu'il a été malade
12:14et qu'il a été testé,
12:15la sérologie,
12:16ça peut lui confirmer
12:17qu'il a été malade
12:18ou au contraire lui dire
12:19que ce n'était pas ça
12:20et en fait,
12:21vous êtes encore à risque
12:22de présenter la maladie.
12:23Après, il faut savoir
12:24que comme pour les masques,
12:25comme pour les médicaments,
12:27sur les tests,
12:28il y a une compétition mondiale
12:30acharnée,
12:31c'est-à-dire que tout le monde
12:32recherche la même chose
12:33au même moment.
12:34Il y a plus d'un humain
12:35sur deux
12:36qui est aujourd'hui confiné.
12:37Les capacités de production
12:39dans le monde entier,
12:40elles tournent 24 heures sur 24,
12:42mais elles sont saturées
12:43de commandes.
12:44La France fait partie
12:45des pays qui a commandé
12:47le plus tôt
12:48un certain nombre de matériels.
12:49Les masques par exemple,
12:50la France a passé
12:51les commandes bien avant,
12:52mais vraiment bien avant,
12:54la plupart des pays
12:55dans le monde,
12:56dans les usines chinoises.
12:57Ce qui fait qu'on a
12:58des avions qui arrivent
12:59avec des millions de masques.
13:00Pas assez,
13:01clairement pas assez,
13:02on en manque
13:03et on voudrait en avoir
13:04beaucoup plus
13:05et les commandes
13:06que nous avons passées
13:07de masques
13:08sont bien plus importantes
13:09que ce qui nous est
13:10actuellement livré,
13:11même si on a des livraisons.
13:12J'étais au G7 Santé
13:13par visioconférence hier,
13:14il n'y a pas un seul pays
13:16qui fait face
13:17à ces besoins
13:18parce que tout le monde
13:19recherche la même chose
13:20au même moment.
13:21Donc ce qu'il faut,
13:22c'est être toujours réactif,
13:23être capable de passer
13:24des commandes très réactives.
13:26Vous savez,
13:27on a autorisé
13:28des collectivités territoriales,
13:29des régions, des communes,
13:30on a autorisé des entreprises
13:31aussi à faire
13:32leurs propres commandes
13:33parce qu'on s'est dit
13:34qu'il faut multiplier
13:35les chances de pouvoir
13:36obtenir du matériel
13:37de protection.
13:38Mais force est de constater
13:39qu'à date,
13:40il n'y a pas
13:41un grand succès,
13:42hélas,
13:43parce que le marché
13:44est extrêmement tendu
13:45à l'international
13:46et finalement,
13:47les commandes qui nous arrivent,
13:48ce sont aujourd'hui
13:49les donations de groupes
13:50qui avaient à l'étranger
13:51des socs de masques
13:52et les commandes de masques
13:53que nous avons achetées en Chine
13:54qui arrivent par paquet
13:55de millions
13:56toutes les semaines
13:57à travers un pont aérien
13:58permanent que nous avons installé
13:59entre la France et la Chine.
14:00C'est la même chose
14:01pour les tests.
14:02On a acheté les tests,
14:03par exemple,
14:04les tests Abbott aux Etats-Unis,
14:05on les a achetés tout de suite.
14:06Dès qu'on a su
14:07que les tests existaient,
14:08on a passé des commandes,
14:10fabriqués
14:11avant de pouvoir être livrés.
14:12C'est-à-dire que
14:13dès que la recherche
14:14et l'innovation
14:15permettent d'aboutir
14:16sur un matériel innovant,
14:17que ce soit dans le domaine
14:18du test ou de la protection,
14:19on l'achète
14:20en grande quantité
14:21et ensuite,
14:22on attend que ce matériel
14:23nous soit livré.
14:24On n'est pas du tout en retard
14:25par rapport à aucun pays
14:26autour de nous.
14:27Il faut vraiment comprendre ça.
14:28Ça ne veut pas dire
14:29que c'est suffisant.
14:30Ça ne veut pas dire
14:31qu'on fait face à nos besoins
14:32mais ça explique vraiment
14:33un contexte extrêmement tendu,
14:34inédit dans le monde entier
14:35auquel nous faisons face.
14:36Est-ce que la gestion
14:37de cette crise,
14:38justement,
14:39n'est pas basée
14:40sur des pénuries
14:41au lieu d'être basée
14:42sur des faits scientifiques ?
14:43On voit que tous les jours,
14:44c'est l'idée de la question
14:45des masques.
14:46Dans les hôpitaux,
14:47il y a eu de nombreuses
14:48difficultés au début.
14:49Aujourd'hui,
14:50ça se reporte
14:51sur d'autres professions médicales
14:52qui n'ont pas encore
14:53le matériel suffisant.
14:54On parle des blouses,
14:55des surblouses,
14:56du gel hydroalcoolique.
14:57Finalement,
14:58depuis le début,
14:59on se rend compte
15:00que cette gestion
15:01est plus basée
15:02sur comment on fait
15:03face aux pénuries
15:04que de se dire
15:05que des faits scientifiques
15:06sont prêts en compte.
15:07Mais cette pénurie,
15:08c'est quand même,
15:09on va dire,
15:10l'angle n°1,
15:11au final, non ?
15:12Ce n'est pas l'angle n°1,
15:13mais aucun pays au monde
15:14ne fait face
15:15à ses besoins
15:16face à une épidémie
15:17d'une ampleur inédite.
15:18Ça n'est jamais arrivé
15:19dans l'histoire de l'humanité
15:20qu'il y ait un humain
15:21sur deux
15:22qui soit confiné
15:23chez lui
15:24dans le pays
15:25dans lequel il habite.
15:26Ça n'est jamais arrivé.
15:27Nous n'avons jamais
15:28été confrontés
15:29à une épidémie
15:30dans les temps modernes.
15:31Nous n'avons jamais été
15:32confrontés
15:33à une telle épidémie.
15:34Aucun pays au monde
15:35n'est capable
15:36de disposer
15:37de tout ce dont
15:38il souhaiterait disposer
15:39pour faire face.
15:40La priorité,
15:41c'est de protéger
15:42les soignants.
15:43La priorité,
15:44c'est de protéger
15:45les publics fragiles.
15:46Dans les EHPAD,
15:47à l'hôpital,
15:48dans les centres
15:49médico-sociaux
15:50pour les personnes handicapées.
15:51La priorité,
15:52c'est de distribuer
15:53le matériel de protection
15:54dans les zones
15:55où le virus circule
15:56le plus activement.
15:57Vous parlez des blues
15:58et des sur-blues.
15:59Ça aussi,
16:00c'est quelque chose
16:01qu'on a anticipé.
16:02Nous avons passé
16:03des commandes
16:04auprès des industriels français.
16:05Mais pour l'instant,
16:06pourquoi ils ne sont pas là ?
16:07Il y a de l'industrie textile
16:08qui est en train
16:09de tresser,
16:10de tisser
16:11des blues,
16:12des sur-blues supplémentaires
16:13pour que les choses arrivent.
16:14On a revu
16:15complètement les normes.
16:16Vous n'imaginez pas,
16:17la France est un pays
16:18très normé
16:19avec beaucoup de critères,
16:20etc.
16:21Vous n'imaginez pas
16:22le niveau de stress
16:23qu'on fait porter
16:24sur l'ensemble
16:25des agents,
16:26du ministre,
16:27jusque dans les territoires
16:28pour accélérer
16:29tout ce qui peut l'être
16:30en permanence.
16:31Pour passer les commandes,
16:32pour passer la production
16:33dans toutes les entreprises
16:34qui sont mobilisées,
16:35tout le monde intervient
16:36à tout niveau.
16:37L'effort national
16:38pour être capable de réagir,
16:39il est incroyable.
16:40Peut-être que les Français
16:41ne le voient pas.
16:42Évidemment,
16:43les Français considèrent
16:44que les choses
16:45ne vont pas assez vite.
16:46Ça ne veut pas dire
16:47que ça n'a pas été anticipé.
16:48Ça veut dire que
16:49pour faire face
16:50à une demande
16:51que nous n'avons jamais...
16:52Imaginez que sur certains médicaments,
16:53on est au niveau mondial
16:54à 2000%,
16:552000%
16:56de la consommation
16:57habituelle.
16:58Imaginez que pour
16:59la consommation de masques,
17:00dans certains institutions
17:01et dans certains services
17:02hospitaliers,
17:03on a même pu aller
17:04jusqu'à 70 fois
17:05la consommation courante
17:06de masques de protection.
17:07Parce qu'il y a des malades.
17:08Parce que les malades
17:09sont nombreux
17:10et parce qu'il faut protéger
17:11les soignants.
17:12Vous dites gérer,
17:13on n'est pas centré
17:14sur la pénurie,
17:15on est centré sur les besoins.
17:16Et quand on fait face
17:17à des tensions
17:18pour répondre
17:19à tous les besoins,
17:20on est centré
17:21sur les besoins
17:22prioritaires
17:23et on élargit.
17:24On est en train
17:25de fabriquer massivement
17:26des masques textiles
17:27destinés
17:28à d'autres catégories
17:29que les soignants.
17:30Est-ce qu'on n'a pas été
17:31dans la réaction
17:32plutôt que dans l'action ?
17:33On sait que ce virus
17:34était déjà quand même
17:35présent en Chine
17:36au mois de janvier.
17:37Il est arrivé en Europe
17:38fin février.
17:39Finalement,
17:40qu'est-ce qui s'est passé
17:41pendant ce temps-là ?
17:42Les gens se disent
17:43est-ce qu'on a attendu ?
17:44C'est un peu une réaction
17:45que beaucoup peuvent avoir
17:46et notamment aussi
17:47dans les hôpitaux
17:48de se dire
17:49ce matériel-là,
17:50on ne l'a pas vu arriver.
17:51On nous a parlé de commande
17:52mais un peu tard
17:53en plein milieu
17:54de la courbe épidémique
17:55qui est très avancée
17:56aujourd'hui.
17:57Non.
17:58En fait non.
17:59C'est que les commandes de masques,
18:00elles ont été faites.
18:01Vous savez,
18:02j'ai été l'un des premiers
18:03en Europe à parler
18:04du coronavirus
18:05comme d'une menace.
18:06Le premier dimanche
18:07après que je sois nommé ministre,
18:08je faisais la couverture
18:09d'un grand quotidien français
18:11en disant que le coronavirus
18:13arrivait et que c'était
18:14une vraie menace.
18:15Donc dire qu'on a attendu
18:16que les choses arrivent,
18:17ce n'est pas faux.
18:18C'est pas vrai, pardon.
18:19C'est faux.
18:20C'est-à-dire que
18:21c'est exactement l'inverse.
18:22On a été dans l'anticipation
18:23en permanence.
18:24Je veux dire,
18:25il y a un mois d'écart
18:26entre le moment
18:27où vous arrivez au port,
18:28au poste,
18:29et le moment où le coronavirus
18:30est déjà en train de se...
18:31Non.
18:32Quand j'annonce qu'on a commandé
18:33déjà 250 millions de masques
18:34en Chine,
18:35je n'annonce pas
18:36que j'ai signé ce matin
18:37un bon de commande
18:38pour 250 millions de masques.
18:39J'annonce qu'il y a
18:40250 millions de masques
18:41qui ont été commandés en Chine,
18:42que les commandes sont parties.
18:43Ça veut dire qu'il a fallu
18:44prendre contact
18:45avec toutes les industries,
18:46toutes les entreprises
18:47qui étaient fermées.
18:48Les entreprises
18:49qui étaient fermées.
18:50En janvier,
18:51les entreprises chinoises
18:52qui fabriquent des masques
18:53de protection étaient fermées.
18:55Et c'est le centre mondial
18:56de production des masques,
18:57c'est là-bas
18:58que sont produits les masques
18:59pour la quasi-totalité
19:00des pays du monde.
19:01Ces usines étaient fermées.
19:02Quand on a entendu parler
19:04d'une épidémie
19:05d'un nouveau virus émergeant
19:06en Chine,
19:07les usines de fabrication
19:08étaient fermées.
19:09Ça pose la question...
19:10Et avant même que des usines
19:11aient rouvert leurs portes,
19:12avant même que les chaînes
19:13de production aient repris,
19:14nous étions déjà en lien
19:15avec ces usines
19:16pour leur dire
19:17que nous voulions immédiatement
19:18commander du matériel
19:19dès lors que les usines
19:20seraient capables d'en produire.
19:21Ça pose quand même la question
19:22de se dire que les usines
19:26est dépendante d'autres pays
19:27pour avoir des masques.
19:28Oui.
19:29Toutes les puissances mondiales,
19:30en fait.
19:31C'est-à-dire que les Etats-Unis
19:32sont dépendants,
19:33l'Allemagne est dépendante,
19:34le Japon est dépendant,
19:35l'Angleterre est dépendante.
19:36Toutes les puissances mondiales
19:37sont dépendantes
19:38d'un certain nombre de pays
19:39pour la production tantôt de masques,
19:40tantôt de médicaments.
19:41C'est un vrai problème.
19:42Si vous me posez la question
19:43de savoir si la désindustrialisation
19:46des sociétés européennes,
19:48américaines,
19:49au profit d'États asiatiques,
19:50chinois, Inde, etc.,
19:52si vous me posez la question
19:53de savoir si c'est sain
19:54de ne plus avoir
19:55de capacité d'autonomie
19:56dans la production
19:57et dans les stocks
19:58et qu'on est forcément dépendant
19:59de pays qui sont très loin de nous
20:01pour des matières
20:02qui sont pourtant indispensables,
20:03c'est un problème.
20:04C'est un problème ancien,
20:05c'est un problème réel,
20:07c'est un problème auquel
20:08nous faisons face,
20:09pas nous.
20:10Quand je dis nous,
20:11c'est le monde entier fait face
20:12et c'est un problème
20:13qui nous oblige
20:14à revoir à l'avenir
20:15totalement, totalement
20:16notre façon
20:17de nous préparer
20:18à faire face
20:19à des risques
20:20qui soient sanitaires, économiques
20:21ou autres d'ailleurs.
20:22Et là, concrètement,
20:23le président de la République
20:24a annoncé cette semaine
20:25que les productions de masques
20:26en France...
20:27Je parle surtout
20:28sur les commandes
20:29venant de l'étranger.
20:30Mais sur les productions
20:31déjà de masques en France,
20:32il a annoncé qu'on montait
20:33à 10 millions déjà
20:34de production hebdomadaire,
20:35que ça augmente,
20:36que ça augmente vite
20:37en termes de production
20:38et il a annoncé
20:39que la France
20:40serait autonome
20:41dans ses capacités
20:42à produire les masques
20:43dont elle a besoin
20:44d'ici à la fin de l'année.
20:45C'est-à-dire que
20:46toutes les chaînes de production,
20:47toutes les chaînes de montage,
20:48il y a une réorientation
20:49des entreprises
20:50et des industries.
20:51Mais il y a un besoin
20:52d'urgence.
20:53Bien sûr.
20:54L'urgence n'est pas
20:55en fin d'année,
20:56elle est maintenant.
20:57Demandez à une entreprise
20:58qui fabriquait,
20:59je ne sais pas,
21:00des t-shirts
21:01ou une entreprise
21:02qui fabriquait
21:03des moteurs de voitures
21:04d'être capable de changer
21:05du jour au lendemain
21:06toutes ces chaînes de production,
21:07d'apporter tout le savoir-faire
21:08aux salariés,
21:09que je remercie
21:10pour leur mobilisation,
21:11on en a vraiment besoin
21:12et merci à eux
21:13de bosser et de nous permettre
21:14d'avoir ce matériel.
21:15Demandez à toutes ces entreprises
21:16de changer du jour au lendemain
21:17tous leurs process,
21:18tous leurs mécanismes
21:19de fabrication
21:20pour aller fabriquer
21:21ce matériel.
21:22C'est déjà un exploit industriel
21:23sans nom
21:24et c'est ce qui est fait
21:25aujourd'hui,
21:26chaque jour,
21:27dans l'ensemble des régions
21:28de notre territoire.
21:29On est où au niveau des commandes
21:30venant de pays étrangers ?
21:31Les commandes venant
21:32sur les masques
21:33que nous avons commandés
21:34en Chine,
21:35on doit être pas loin
21:36des 2 milliards de masques
21:37et on continue
21:38de passer des commandes.
21:39Vous en avez reçu combien ?
21:40A chaque fois,
21:41là, cette semaine,
21:42on a reçu
21:438 millions de masques
21:44et ensuite 13 millions
21:45de masques
21:46qui sont arrivés par avion,
21:47par le pont aérien.
21:48Demandez au pays voisin
21:49combien de masques
21:50sont arrivés de Chine.
21:51Vous verrez que
21:52si on n'avait pas été en avance
21:53par rapport aux autres pays
21:54pour les commandes de masques
21:55et c'est un travail diplomatique
21:56aussi qui est énorme
21:57parce que la Chine
21:58fait face aussi
21:59à un risque de réémergence
22:00du virus
22:01sur son propre territoire.
22:02Elle doit se préparer
22:03à faire face
22:04à une recrudescence
22:05de l'épidémie
22:06sur son propre territoire
22:07et donc c'est pas
22:08parce qu'on achète
22:09et qu'on commande des masques
22:10qu'ils vont forcément
22:11se retrouver livrés
22:12dans l'avion
22:13et ensuite
22:14ils vont atterrir en France.
22:15Donc c'est un enjeu
22:16du quotidien
22:17que d'être capable
22:18de faire en sorte
22:19que les masques
22:20que nous avons commandés
22:21soient bien produits
22:22et qu'ils nous arrivent en France.
22:23Est-ce que vous confirmez
22:24notamment le fait
22:25que lors de commandes de masques
22:26on peut avoir la surenchère
22:27d'autres pays ?
22:28Je vous dis
22:29qu'il y a une compétition mondiale
22:30jamais vue
22:31absolue
22:32qui se livre à tout niveau
22:33et qui fait que
22:34je l'ai d'ailleurs annoncé
22:35le jour où j'ai annoncé
22:36en conférence de presse
22:37que j'avais commandé
22:38à l'époque
22:39250 millions de masques
22:40c'est une commande
22:41qui datait
22:42de plusieurs semaines
22:43mais j'ai annoncé
22:44ces 250 millions de masques
22:45parce que j'avais la certitude
22:46que ces masques
22:47nous seraient livrés
22:48et ce sont d'ailleurs
22:49ces masques
22:50qui sont livrés
22:51désormais plusieurs fois
22:52par semaine en France
22:53et par ailleurs
22:54j'avais dit que nous avons
22:55passé des commandes
22:56beaucoup plus larges
22:57pour beaucoup plus de masques
22:58mais que je ne serais sûr
22:59que nous en disposerions
23:00que lorsque ces masques
23:01arriveraient sur le sol français
23:02parce que justement
23:03il y a de la compétition
23:04qui se livre à tout niveau.
23:05Sur les tarmac
23:06même aussi directement
23:07ça arrive.
23:08Les autres pays ont déjà
23:09Je veux dire
23:10tous les pays
23:11sont en train de chercher
23:12à protéger
23:13leur propre population.
23:14Donc vous avez certains pays
23:15qui ont des masques
23:16qui étaient réservés à la France
23:17pour protéger.
23:18Les règles du commerce
23:19international
23:20sont effectivement chamboulées
23:21la diplomatie
23:22est fondamentale dans la période.
23:23Je rappelle que la France
23:24a su aider la Chine
23:25et on nous l'a reproché
23:26si vous vous souvenez
23:27on nous l'a reproché.
23:28Quand la Chine
23:29faisait face à une épidémie
23:30à laquelle nous faisons face
23:31aujourd'hui
23:32et qu'elle a été
23:33en grande difficulté
23:34la France a su
23:35répondre présent
23:36pour aider ses amis chinois
23:37à un moment
23:38où elle en avait besoin.
23:39Je peux vous dire
23:40qu'aujourd'hui
23:41ça fait partie
23:42des choses qui comptent.
23:43Donc quand j'entendais
23:44la solidarité
23:45vers l'étranger
23:46la solidarité vers l'étranger, pourquoi aider d'autres ?
23:49Un, la solidarité c'est l'humanisme et c'est toujours important
23:52parce que moi je suis très heureux aujourd'hui de pouvoir compter sur le soutien de l'Allemagne
23:55qui nous prend des malades dans ces hôpitaux, dans ces réanimations.
23:58Je suis très heureux de pouvoir aussi aider un certain nombre de pays
24:01d'avoir des coopérations comme avec l'Espagne
24:04où nous avons un hôpital en commun du côté de la Catalogne.
24:07Je suis très heureux de pouvoir compter sur la solidarité de mes collègues
24:10Ministres de la Santé avec qui nous échangeons, nous partageons toutes les données scientifiques,
24:13toutes les données sanitaires. Cette coopération internationale est indispensable.
24:16Mais à côté de cette solidarité, il y a quand même cette compétition aussi d'un autre côté.
24:19C'est-à-dire que chaque pays peut faire preuve d'individualisme
24:22notamment sur des questions de fournitures sanitaires.
24:25Chaque pays fait ce qu'il pense être juste de faire pour pouvoir protéger sa population.
24:30Moi je vous dis juste que la France fait le maximum pour protéger sa propre population.
24:34Ce qui n'empêche pas la France de faire preuve de solidarité
24:37à l'égard d'autres pays qui sont en grande détresse, en grande difficulté
24:41et en retour de bénéficier de cette solidarité précieuse qui permet de sauver des vies.
24:45Donc on est la France, on n'est pas un état de cow-boy.
24:48On protège notre population, on met le maximum depuis des semaines et des semaines vraiment
24:54même si les résultats ne semblent pas satisfaisants.
24:57Ce que je comprends bien parce que quand vous avez des soignants qui effectivement vont à la pharmacie
25:00et n'y trouvent pas de masque, vous n'allez pas imaginer que je ne partage pas la détresse,
25:04le désarroi, l'impatience, parfois la colère de personnes qui aspirent légitimement
25:09à pouvoir être protégés et armés pour faire face au virus.
25:12Et c'est pour ça que nous expliquons en transparence les difficultés auxquelles nous faisons face
25:16et se font jour désormais depuis quelques jours le fait qu'en réalité
25:20ce qui était parfois présenté comme un problème franco-français est un problème mondial
25:25et que la France est très loin d'être le pays le moins préparé face à ces difficultés.
25:31Et en même temps, chaque semaine, chaque jour, on se rend compte que le virus
25:36et que cette épidémie et les données qui nous reviennent nous permettent d'affiner nos connaissances
25:40sur le virus, sur ses dangers, sur la force de l'épidémie.
25:43Et ces données ne correspondent pas forcément aux données dont les états mondiaux
25:48pouvaient disposer au mois de janvier. Et ça aussi, c'est un fait.
25:51Est-ce que c'est justement le fait qu'on n'aurait pas eu toutes les données venant de la Chine
25:55sur la contagiosité, sur la dangerosité du virus ?
25:58C'est un virus nouveau qui n'existait pas avant le mois de janvier, décembre, janvier.
26:03Je pose vraiment cette question directement. Est-ce qu'on a eu des données qui viennent de Chine
26:07qui sont finalement erronées, qui nous ont donné une interprétation mauvaise des choses ?
26:11C'est l'avenir qui nous le dira.
26:13C'est l'avenir qui nous le dira. Est-ce que les données ont évolué ?
26:17Est-ce que les données étaient partielles ?
26:19Toujours est-il qu'on se rend bien compte, avec la puissance de l'épidémie aujourd'hui,
26:24en Europe et aux Etats-Unis. Il y a eu près de 1500 morts sur 24 heures aux Etats-Unis
26:28alors que l'épidémie a démarré là-bas bien après la France.
26:32On se rend bien compte que ce virus-là a des caractéristiques qui ne sont pas très clairement
26:39les caractéristiques du virus telles que le monde entier pensait qu'elles étaient au mois de janvier.
26:45Une question qui revient beaucoup dans les commentaires, notamment sur le port du masque.
26:48On a entendu beaucoup de choses très contradictoires en disant que ce n'est pas utile,
26:52que ça peut être dangereux d'en porter un si on ne sait pas le mettre.
26:55Hier, on a Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, qui dit
26:59à porter des masques en tissu. Trois semaines plus tôt, c'était ne porter pas de masque inutilement.
27:05Là, aujourd'hui, qu'est-ce qu'il faut faire ? Parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes
27:08qui sont un peu perdues. Est-ce qu'il faut en porter un ? Est-ce qu'il ne faut pas en porter un ?
27:11Moi, ce que j'ai toujours dit dans les conférences de presse et mes interventions depuis le premier jour,
27:16j'ai toujours dit une caractéristique, une statistique qui nous émane de l'Organisation mondiale de la santé,
27:21je crois, je ne voudrais pas dire de bêtises, mais qui est qu'il faudrait qu'au moins 60% de la population
27:28porte un masque de la bonne manière et tout le temps pour qu'il y ait un impact sur une épidémie.
27:3360% de la population. Alors, il y a des pays dans lesquels il est sinon traditionnel, habituel,
27:40de porter un masque lorsqu'ils font face à une menace virale ou bactérienne, comme la Corée, par exemple,
27:46parce que ce sont des pays qui ont affronté des épidémies très, très lourdes de ce qu'on appelait d'autres types de virus,
27:52comme le coronavirus, les années précédentes, et qui ont acquis un savoir-faire et pour lesquels, dans ces pays-là,
27:58porter un masque est un signe de respect vers l'autre et qui n'entraîne pas la défiance de la population, bien au contraire.
28:04Lorsque la population française n'est pas confinée, nous sommes au mois de février, nous sommes au début du mois de mars,
28:10lorsque l'épidémie ne circule pas encore de façon libre sur le territoire national,
28:15allez dire à la France, la population française, qu'il faudrait qu'au moins 60% des gens en permanence portent un masque de la bonne manière,
28:21portent un masque de la bonne manière. Ça ne veut pas dire qu'on n'est pas capable de l'apprendre. Personne ne dit ça.
28:25Ça veut dire que si vous portez un masque, il ne faut pas le toucher pendant toutes les heures où vous le portez.
28:29Si vous touchez une fois votre masque, votre masque, il va s'imprégner. Si vous êtes exposé, si vous êtes face à quelqu'un qui vous parle dessus
28:35ou qui tousse, votre masque va être imprégné de virus. Il ne va pas traverser le masque, mais il est posé dessus et il reste vivant.
28:40Si vous touchez votre masque, on en voit tous dans les rues des gens qui portent un masque et qui vont le mettre sur le menton pour vous parler
28:45ou qui vont parfois l'enlever et le remettre, voire le remettre le lendemain. Dans ce cas-là, vous vous croyez protégé et en fait vous ne l'êtes pas.
28:51C'est-à-dire que vous allez avoir du virus sur les mains, vous allez vous toucher le visage et vous allez vous contaminer.
28:55Par contre, ce que dit par exemple l'Académie de médecine, ce que semble dire désormais l'Organisation mondiale de la santé,
29:01c'est qu'on apprend énormément de cette épidémie et être capable d'avoir d'autres moyens de protection de la population lorsqu'on aura levé le confinement
29:12avec une sensibilisation complète de la population, ça fait sens. Moi, je l'entends comme cela.
29:17Et donc, on doit être capable de produire des masques pour des personnes qui ne sont pas des personnes soignantes,
29:23qui sont des personnes qui sont ce qu'on appelle les deuxièmes lignes, des gens qui vont être en contact avec du public,
29:28voire demain, pour proposer à tout le monde de porter une protection. On est en train de discuter de cela avec le Conseil scientifique,
29:34avec les experts de virologie, avec les agences sanitaires. On est en train de leur demander de réévaluer la doctrine,
29:41à savoir est-ce que c'est bien ou pas bien de le faire ? Est-ce qu'on est capable et dans quelles conditions de le proposer aux Français ?
29:49Et à partir de quand est-ce que cela est nécessaire ? A nouveau, on n'attend pas d'avoir les réponses pour produire des masques.
29:55On en produit. Et s'ils doivent servir, tant mieux. Nous les aurons produits pour cela. Et c'est en constante évolution.
30:02Mais je crois vous dire que de la même manière que je parlais tout à l'heure de la mondialisation, de la désindustrialisation,
30:08de la perte d'autonomie des États dans la capacité à produire des matières essentielles pour la santé et la sécurité de leurs concitoyens,
30:15je crois que désormais, après l'épidémie du coronavirus, les mentalités, les mœurs vont énormément changer dans tous les États du monde
30:23et que nous serons amenés à avoir des conduites sanitaires bien différentes de celles que nous avons connues jusqu'à présent
30:28et qui seront bien plus proches de celles qu'on a pu constater chez certains pays asiatiques.
30:32Il y a beaucoup de questions dans les commentaires et dans celles préalables qu'on a pu recevoir sur le sujet de la chloroquine.
30:38Il y a notamment aussi cet appel de l'ancien ministre de la Santé, M. Douste-Blazy, pour résumer, qui en gros demande si on peut pouvoir l'utiliser
30:47dans toute situation, c'est-à-dire même au début des symptômes. Est-ce que c'est quelque chose qui est possible aujourd'hui ?
30:54Est-ce qu'il y a une évolution qui est possible, notamment sur l'utilisation de la chloroquine ?
30:58Deux éléments de réponse. D'abord, la France est un des pays au monde qui a le plus de protocoles de recherche clinique sur l'hydroxychloroquine,
31:05mais aussi sur d'autres médicaments prometteurs comme certains antibiotiques, qu'on appelle l'azithromycine, et sur d'autres molécules antivirales.
31:12J'ai moi-même, comme ministre, appelé des équipes médicales dans certains CHU français, des équipes indépendantes, de l'équipe du professeur Raoult,
31:20c'est normal, c'est comme cela que la recherche fonctionne, pour leur demander de monter des protocoles très opérationnels permettant de déterminer
31:27si ces médicaments sont efficaces quand ils sont pris dès le début de la maladie. Et donc il y a, à l'heure à laquelle je vous parle,
31:33plusieurs études cliniques, il y en a une à Montpellier, il y en a une à Angers. Celle de Montpellier, je l'ai même inspirée très directement
31:39en appelant les équipes, en leur demandant est-ce que vous seriez d'accord pour le faire. Et donc il y a des patients qui sont en début de maladie virale,
31:45qui se voient prescrire ce médicament ou un autre, et on va pouvoir regarder, et on est en train de regarder, si ce médicament est efficace en début de la maladie.
31:53J'entends évidemment les remarques qui sont faites sur l'espoir qu'on pourrait avoir que la chloroquine soit efficace en début de maladie et pas dans les formographes.
32:01Mais sans attendre les résultats de ces protocoles cliniques, j'ai demandé à toutes les sociétés savantes de se réunir et de me donner un cadre
32:09autorisant une prescription compassionnelle de la chloroquine ou d'autres médicaments prometteurs. Il y a d'autres médicaments prometteurs dont on ne parle pas en France.
32:17Et dont on parle beaucoup à l'étranger. Des molécules antivirales, le remdesivir et d'autres médicaments qui sont en cours d'étude, en cours d'examen.
32:24Et certains pays sont beaucoup plus attachés à d'autres molécules que nous. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas mettre le paquet pour regarder si oui ou non l'hydroxychloroquine,
32:32si l'azithromycine ou si les deux médicaments combinés permettent d'apporter une efficacité. Et donc j'ai, sur la base des recommandations des sociétés savantes,
32:40autorisé la prescription compassionnelle hospitalière de ce médicament ou d'autres types de médicaments.
32:48A titre exception. Ça fait bientôt deux semaines.
32:51Est-ce que c'est dès le début qu'on peut l'utiliser ?
32:53C'est proposé les sociétés savantes. Ce n'est pas le ministre. Ce n'est pas M. Douste-Blazy qui était ministre de la Santé.
33:00Ce n'est pas M. Douste-Blazy qui était ministre de la Santé et qui sait très bien comment les choses fonctionnent.
33:04Qui sait très bien comment les choses fonctionnent. Qui va décider tout seul, contre les sociétés savantes, contre des centaines d'experts de toutes les disciplines,
33:11des experts indépendants. Non, tous les experts vous disent qu'aujourd'hui ce n'est pas mûr pour pouvoir le prescrire plus tôt dans des conditions très larges.
33:19Ce n'est pas le ministre de la Santé. Si je le faisais, je ferais un pari sur la santé des Français.
33:23Donc je suis allé aussi loin que je pouvais à ce stade pour autoriser la prescription de ce médicament dans un cadre hospitalier sécurisé.
33:31Et je suis allé aussi loin que ce que je pouvais en mouillant ma propre chemise pour permettre de regarder si, oui ou non,
33:39le traitement est prometteur dans les phases précoces de maladie. On aura les réponses dans quelques jours. Je me tiens au courant au jour le jour.
33:44Il y a au moins 3 ou 4 études cliniques d'ampleur qui sont en cours. Et je suis en lien étroit avec le professeur Raoult avec qui on discute,
33:51avec qui on échange et qui comprend à la fois les contraintes qui sont les miennes comme ministre.
33:57Et je comprends aussi l'envie et l'allant qu'il met comme chercheur et comme médecin au service de ses patients pour pouvoir promouvoir le plus possible un médicament.
34:06Il faut pas perdre de temps. Personne ne veut perdre de temps. On a, vous savez, habituellement. Et ça, vous posez la question à des chercheurs.
34:13Quand vous voulez faire un protocole clinique sur un médicament, il faut entre 4 et 6 mois pour qu'une autorisation soit donnée. Là, on est en moins de 24 heures.
34:21C'est-à-dire que si une équipe appelle le ministère et dit Moi, j'ai envie de monter une étude clinique. J'ai envie de tester un médicament sur des malades.
34:28Au moins de 24 heures, on lui répond. Pareil, d'ailleurs, pour l'extrait de sang de verre marin. C'était une entreprise bretonne.
34:34Dans les prochains jours, on a la réponse. Dans les prochains jours, on a une première réponse sur ce qu'on appelle des réponses intermédiaires.
34:41Le protocole qui est monté à Montpellier, c'est on regarde la charge virale d'un patient à J1, à J plus 5, à J plus 10.
34:48On regarde si ce médicament ou un autre permet de réduire la charge virale chez les malades. C'est le cas. C'est prometteur. Pardon ? C'est prometteur.
34:55Je n'ai pas encore les premiers résultats intermédiaires. Croyez-moi, quand je les aurai, je les regarderai.
35:01En définitive, ce qu'il faut comprendre, c'est que je vous parle comme ministre de la Santé et des Solidarités, que je vous parle comme médecin,
35:08que je vous parle comme citoyen français. J'ai très envie que ça fonctionne. J'ai très envie d'y croire. J'ai très envie d'y croire.
35:16Mais la question, on n'est pas dans la croyance dans la médecine. On est dans la science. Et la science, elle repose sur des faits.
35:22Elle repose sur des équipes qui sont capables de démontrer si des premières études qui ont été réalisées sont justes ou pas justes,
35:28si elles sont suffisantes pour apporter les garanties. Et à partir du moment où toutes les sociétés savantes me disent « Monsieur le ministre,
35:34si vous allez plus loin que ça, vous prenez un risque », je ne prendrai pas ce risque. Mais on me dit aussi si on ne va pas plus vite sur la recherche,
35:45on fait prendre un risque. Je l'ai entendu. Et on va le plus vite possible. Je vous dis, cherchez un ministre qui a lui-même déclenché un protocole d'études cliniques.
35:51Je ne suis pas sûr que vous en trouviez beaucoup.
35:52– Mais concrètement, communication courante semaine prochaine ?
35:54– J'espère.
35:55– C'est noté. Pas mal de questions qui sont venues, notamment parce que c'est vrai qu'on l'a vu dans les commentaires,
36:01certains qui parlent de la crainte d'un relâchement. Alors c'est vrai que nous, en tant que journaliste, on est souvent reportage sur le terrain
36:07et on voit qu'il y a un peu plus de monde dans les rues. Il y a la crainte qu'en ce week-end de Pâques, le premier week-end des vacances,
36:13qui étaient censées être des vacances scolaires à la base, il y ait des départs. Il y a des témoignages qui remontent un peu ça aussi.
36:19Quel message vous voulez aussi adresser peut-être à ceux qui pourraient peut-être penser à se relâcher ?
36:24Est-ce qu'on peut peut-être aussi penser à un renforcement du confinement ? On l'a vu par exemple en Italie, en Espagne,
36:29où il y a eu des mesures de renforcement du confinement au moment où les courbes venaient encore à monter, comme c'est le cas en France.
36:37On a atteint hier le chiffre de 588 décès en 24 ans au milieu hospitalier.
36:41– Moi, je n'ai pas envie de pointer du doigt tel ou tel. Il y a des cadres dérogatoires au confinement.
36:48Par exemple, les personnes qui doivent aller travailler, les personnes qui doivent aller faire des courses alimentaires,
36:53les personnes qui ont des problèmes de santé qui justifient qu'elles puissent se déplacer,
36:56les personnes qui ont besoin de s'aérer un peu avec leurs enfants. Tout ça est parfaitement protocolisé.
37:01Il y a aussi des familles qui sont en garde en résidence alternée, qui doivent pouvoir récupérer leurs enfants pour la période de temps qui était...
37:10Donc il y a des cadres qui permettent aux gens de sortir.
37:12Donc ce n'est pas parce que je vois quelqu'un dans la rue que je me dis que cette personne-là prend un risque ou en fait prendre.
37:17En revanche, le cadre de confinement général, c'est un cadre qui est strict,
37:21qui donne lieu à des contrôles nombreux par les forces de police.
37:24Et ce cadre-là, il est compris par les Français.
37:26Il ne faut surtout pas que les gens se disent, je relâche, ça fait deux semaines, c'est bon.
37:30Non, non, non, non, ce n'est pas bon. Ce n'est pas bon du tout.
37:32Ce n'est pas le moment de se relâcher. C'est le moment de rester chez soi.
37:35C'est le moment de sauver des vies.
37:37C'est le moment de comprendre ce que nous disent les médecins, les infirmiers, les aides-soignants, les ambulanciers, les pompiers,
37:42tous ceux qui sont actifs sur le terrain nuit et jour et qui nous disent,
37:47on verra si le confinement commence à porter ses fruits.
37:49Mais ce n'est pas parce qu'il commence à porter ses fruits qu'on arrête et qu'on relâche.
37:52Au contraire, il y a une étude anglaise, dont j'ai parlé cette semaine,
37:55qui montrait qu'au bout de 10 jours de confinement, on avait déjà sauvé 2500 vies.
37:59C'est-à-dire que toutes les 8 minutes où on reste confiné, on sauve une vie.
38:02Donc encore une fois, il y a des cadres dérogatoires bien précis qui permettent aux gens de sortir.
38:08Je ne culpabiliserai pas les gens qui tombent malades.
38:10Je ne culpabiliserai pas les gens qui sortent dans un cadre dérogatoire inscrit de confinement.
38:18Par contre, toutes les autres personnes, toutes les personnes qui sont amenées à rester chez elles,
38:22doivent comprendre qu'il faut rester chez elles.
38:24C'est long. C'est long pour tout le monde.
38:26Ce sont des sacrifices terribles.
38:28C'est une réorganisation totale de sa vie.
38:30Au quotidien, c'est un effort considérable.
38:32Mais encore une fois, il n'y a pas d'autre solution.
38:34Quand vous en avez marre, dites-vous qu'autour de vous, vous avez un humain, plus d'un humain sur deux,
38:39qui est confiné chez lui, quel que soit l'endroit du monde où il se trouve.
38:42Une question qui revient dans les commentaires. On va conclure ce live.
38:44On a encore quelques petites questions qui sont venues dans le direct.
38:47Cette question, notamment par rapport aux plans pour l'hôpital.
38:49On s'était présenté dans la République à parler d'un plan massif.
38:51Auparavant, il y avait pourtant deux plans qui avaient déjà été annoncés avant cette crise,
38:55qui étaient annoncés comme étant suffisants.
38:57C'était la réponse qui avait été donnée au collectif à l'époque.
38:59Pourquoi finalement un plan massif, alors qu'on leur disait il y a quelques mois
39:02que c'était bon, que ce qui était proposé était suffisant ?
39:05Il y a eu une réévaluation depuis ? C'est la crise qui a changé les choses ?
39:08Moi, qui suis médecin hospitalier et ministre des Solidarités et de la Santé,
39:12j'ai énormément apprécié le discours du président de la République,
39:15qui a parlé de réinvestissement majeur dans le soin,
39:19qui a parlé de revalorisation globale des carrières.
39:22Ce sont des sujets dont nous n'avons pas attendu l'épidémie pour en parler,
39:26même avant que l'épidémie commence.
39:28Les premiers jours où je suis arrivé comme ministre, j'avais consulté les syndicats,
39:31j'avais annoncé une grande enquête nationale.
39:33Tout cela, évidemment, a été percuté par l'épidémie.
39:36Il n'est pas le lieu de prendre du temps aux soignants pour leur demander
39:38de répondre à des enquêtes alors qu'ils sont en train de sauver des vies en réanimation.
39:42Néanmoins, cela nous promet d'avoir des discussions extrêmement constructives
39:46et enrichissantes pour porter des politiques en faveur de l'hôpital,
39:51mais aussi en faveur de la médecine de ville.
39:53Moi, il y a un sujet aussi, vous savez, c'est un sujet qui m'anime
39:55depuis des années et des années, c'est la place de ce qu'on appelle
39:58les irremplaçables, ces métiers du soin, du prendre-soin,
40:00ce qu'on appelle le care en anglo-saxon.
40:02C'est les métiers du soin, les infirmières, les aides-soignants,
40:05mais c'est aussi les auxiliaires de vie scolaire,
40:07ce sont aussi les éducateurs spécialisés.
40:09Tous ces métiers dans lesquels on ne pourrait pas fonctionner en société
40:12et dont la place sociale, la valorisation dans la société n'est pas suffisante,
40:17historiquement, et si on remonte un peu, c'est aussi parce que c'était des métiers
40:20quasiment exclusivement féminins, il y a 40-50 ans, c'était très cynique,
40:24mais c'était comme ça.
40:25Et donc, on a énormément de retard sur tout cela.
40:27Nous avons des chantiers phénoménaux qu'il nous faut engager.
40:29Et moi, j'ai envie d'engager avec les citoyens, avec ceux qui, aujourd'hui,
40:34nous montrent le meilleur de ce que la France est capable de faire.
40:37Je suis un peu de la même génération que vous,
40:39et de la génération qui regarde brute,
40:41et cette génération qui a connu la détresse climatique,
40:45qui a connu les attentats, qui a connu le chômage de masse,
40:47la crise économique, qui connaît l'épidémie.
40:49Cette génération, elle aspire à complètement autre chose
40:52que ce qui lui a été proposé depuis qu'elle est arrivée sur Terre.
40:55Et cette génération, elle a des choses à nous dire.
40:57Et cette génération, elle a des choses à porter.
40:59On l'a vu dans les manifs pour le climat, on l'a vu dans la mobilisation.
41:02Cette jeunesse qui est extrêmement active sur les territoires aujourd'hui
41:05et qui respecte le confinement et qui vient en aide aux personnes les plus fragiles.
41:08Moi, je vois ça comme un signe d'espoir énorme.
41:11Je n'en ai jamais douté.
41:12Et moi, c'est cette page, c'est cette page de l'histoire
41:14qu'il va nous falloir tourner ensemble, qu'on est aussi en train de préparer
41:17à travers les discours très forts du président de la République
41:20sur l'avenir sera différent pour la santé,
41:22le réinvestissement sera majeur, etc.
41:24A suivre, donc.
41:25Merci beaucoup, Olivier Véran, ministre de la Santé et des Solidarités,
41:28pour cette interview.
41:29Je le rappelle pour ceux qui nous regardent, vous pourrez la voir en replay
41:32pour ceux qui sont arrivés en cours de live.
41:33On a essayé de prendre un maximum de questions.
41:35Alors, vous vous l'imaginez, monsieur le ministre,
41:36on aurait pu faire des heures de live.
41:38Mais on a essayé de prendre en tout cas les tendances
41:40qui sont venues le plus dans les commentaires
41:42sur notamment le confinement, la fin de celui-ci,
41:45ou encore sur la situation des masques également
41:48et l'utilisation que les gens peuvent en faire au quotidien.
41:51On espère en tout cas avoir répondu au maximum de questions possibles
41:54et puis, pourquoi pas, au courant de cette crise,
41:56refaire un nouveau point de situation pour un prochain direct sur Brut.
41:59Très bonne journée à vous, monsieur Véran,
42:01et très bonne journée à tous ceux qui nous ont suivis.
42:03Et on se retrouve très, très vite sur Brut
42:04pour de nouvelles images en direct.
42:05Très bonne journée à vous.
42:06Très sympa.
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