00:00Nous sommes avec le rabbin de Rouen, Chmuel Loubecki, bonsoir, merci d'avoir accepté notre invitation,
00:06on vous a invité parce que votre synagogue a été incendié après un jet d'un cocktail Motov, c'était le 17 mai dernier,
00:12mais vous avez rencontré le rabbin d'Orléans, vous étiez à Orléans hier, comment va-t-il ?
00:18Alors on est venu avec une grande délégation de rabbins venir le soutenir, alors il était sous le choc,
00:24il était avec son fils, sous le choc, on voyait qu'il passait un moment difficile,
00:32il essaie de se montrer fier de son identité, de ce qu'il a passé, et surtout devant son fils,
00:41donner cet espoir que la justice va faire son travail, c'était un moment important pour lui de montrer à son fils qu'il y a eu un soutien,
00:50Son fils, comment va-t-il ?
00:51Son fils, alors, il a un aspect, on va dire, il était joyeux, il était content quand on est venu le voir,
00:58mais de ce que ses parents nous ont dit, c'est que c'est assez dur pour lui, c'est choquant de voir son père se faire frapper,
01:04il a eu peur, il a quand même dit quelque chose d'intéressant, il a dit maintenant je vais devenir le héros d'Orléans,
01:10mais je pense que les séquelles, ça va être bien plus tard, une fois qu'on va descendre sur terre, c'est là que ça va être plus dur.
01:16Il était sur l'antenne de BFM TV par téléphone avec Benjamin Duhamel et il a dit quelque chose qui m'a interpellé, il a dit je savais un jour que ça arriverait.
01:24Donc en fait, on vit aujourd'hui lorsqu'on est rabbin, lorsqu'on sort dans la rue, lorsqu'on est identifié comme Oulette avec un chapeau,
01:33on sait qu'on peut être une cible, qu'à tout moment on peut rencontrer quelqu'un qui pourrait vous agresser verbalement,
01:38voire physiquement comme ça s'est produit il y a samedi.
01:40Exactement, c'est ce qu'on lui a dit, tu nous as dit, tu as exprimé exactement ce qu'on ressent, c'est qu'on sait qu'un jour ou l'autre ça va être notre tour.
01:47Et vous-même vous le ressentez ?
01:48On le ressent tous, on ressent tous tous les rabbins.
01:49Vous vous promenez à Rouen dans la rue ?
01:51On marche dans la rue, des fois on a des regards, des gens qui sont à la limite de nous agresser verbalement, on le sent et on sait très bien qu'un jour ou l'autre...
01:59Vous n'avez pas de garde du corps ?
02:00Non, pas encore.
02:01Pardon, mais est-ce que vous vous y songez ?
02:03On ne sait pas comment la situation va évoluer, mais pour l'instant je ne pense pas à ça.
02:09Merci.
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