00:00Et à 7h20 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko place à l'édito-écho.
00:04Bonjour Olivier Babaud.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Alors Olivier, j'ai trouvé votre nom ce week-end dans une tribune collective
00:10signée par une dizaine d'économistes et d'entrepreneurs.
00:13Un appel à rendre le travail enfin rémunérateur en France
00:17parce qu'évidemment ce n'est pas le cas.
00:18Oui Dimitri, cette tribune dresse un constat
00:20que de plus en plus de Français ressentent dans leur vie quotidienne.
00:23En France, le travail ne paye pas.
00:24Non pas parce que les employeurs seraient radins,
00:26mais parce que le système lui-même est devenu un piège.
00:29On peut parler d'une sorte de double peine pour les salariés.
00:32Des salaires nets amputés par les charges
00:34et des prix à la consommation tirés vers le haut
00:36pour payer ces mêmes charges.
00:38Et c'est l'un, à mon avis, des points essentiels
00:40qui fait de notre société une société bloquée.
00:42Alors dites-nous en plus Olivier sur cette double peine.
00:44La France est championne mondiale dans une catégorie peu enviable,
00:47celle du coût du travail.
00:48On paye cher, très cher, pour chaque euro versé à un salarié.
00:51En retour, ce salarié reçoit un montant net
00:53qui donne l'impression d'avoir travaillé pour les autres.
00:55Un chiffre emblématique pour qu'un salarié
00:57touche 1000 euros nets après impôt.
00:59Une entreprise française doit en débourser 1650.
01:01En Allemagne, c'est 1470.
01:03Aux Pays-Bas, 1430.
01:05Je ne parle même pas des salaires à 5000 euros nets après impôt.
01:07Alors là, l'écart devient délirant.
01:09L'entreprise devrait verser près de 11 000 euros.
01:11Ah oui, effectivement.
01:12D'où ce sentiment d'injustice évoqué dans cette tribune.
01:15Exactement.
01:16Plus de 17% des Français sont coincés au SMIC.
01:18Chaque tentative d'augmentation est punie fiscalement.
01:21Les exonérations de charges sur les bas salaires
01:23rendent chaque hausse de rémunération hors de prix pour l'employeur.
01:26Augmenter un salarié de 100 euros peut coûter jusqu'à 600 euros à l'employeur.
01:30Résultat, on n'augmente pas l'ascenseur social et bloqueur de chaussée.
01:34La solution que vous proposez, c'est un nouveau contrat social.
01:37Il y a quoi dans ce contrat ?
01:38Il faut rendre 100 milliards d'euros, pas moins, aux actifs en 5 ans,
01:41en baissant massivement le coût du travail.
01:43Comment on fait concrètement ?
01:44On supprime les charges non-contributives.
01:46Les charges non-contributives, c'est celles qui ne relèvent pas d'une assurance,
01:49mais de la redistribution.
01:50Famille, logement, pauvreté.
01:52Ce n'est pas une coupe dans la protection sociale,
01:53mais c'est un changement d'assiette.
01:55Plutôt que de tout faire peser sur le travail,
01:57on propose de financer cela pour moitié par une hausse ciblée de la TVA,
02:00en particulier en sélectionnant mieux les produits bénéficiant du taux réduit.
02:04Moins de charges sur les fiches de paye, un peu plus à la caisse,
02:06mais le travailleur s'y retrouve.
02:08Cela fera une moitié, mais où est-ce qu'on va trouver les 50 milliards restants ?
02:12Comme d'habitude, c'est la baisse des dépenses publiques au sens large
02:15qu'il faut actionner tous les leviers.
02:16Réforme des retraites, réduction de l'immigration,
02:18suppression d'un niveau de collectivité,
02:20fin des subventions inefficaces, chasse à la fraude sociale,
02:23rationalisation des agences de l'Etat, tout doit y passer.
02:25Alors ce projet, on imagine qu'il a des adversaires, des détracteurs ?
02:28Évidemment, toute réforme de la dépense publique touche des intérêts établis,
02:31et puis la hausse de la TVA, c'est politiquement explosif, on s'en souvient.
02:35Mais nous pensons que c'est une vraie solution.
02:37Depuis des années, on empile les rustines, mais il faut changer le pneu.
02:40Le travail doit redevenir une voie d'élévation sociale.
02:43Le moment est venu de récompenser l'effort au lieu de le punir.
02:45Signature en Europe 1, Olivier Babaud.
02:47Et cette tribune donc à retrouver, elle est en accès libre sur le site du Figaro, sur lefigaro.fr.
02:51Merci Olivier Babaud.
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