00:00Toute personne qui se met à vous parler du patrimoine culturel d'Ogon sans vous parler des masques,
00:05la personne serait passée à côté.
00:08On ne peut même pas parler du patrimoine culturel d'Ogon sans parler des masques.
00:11Impossible.
00:12C'est le symbole de l'unité, de la cohésion, de la paix.
00:17C'est le ciment même de la tradition en pays d'Ogon.
00:22Hello Brits, je vous présente M. Moussa Saï, le chef du village de Tereli.
00:28Également responsable des masques de Tereli, moi-même, je suis Souleymane Issakou Lebali, son interprète.
00:35Les Dogons sont une ethnie selon la tradition.
00:38Les Dogons ont d'abord cohabité avec les Malenkes au Mandé.
00:43Ils auraient quitté le Mandé pour aller, en tout cas,
00:49fonder leur propre village dans la falaise, le plateau et même la plaine.
00:56Parce que le pays Dogon est composé de trois zones géographiques.
00:59Il y a le plateau, la falaise et la plaine.
01:02La région qui l'occupe a fini par prendre le nom du pays Dogon.
01:06Ils sont venus aussi avec une partie d'un héritage.
01:10Ce n'est pas que les masques, mais ce sont les masques qui occupent le débat aujourd'hui.
01:15Les masques canadiens, si vous avez fait attention tout de suite aux masques qui passaient,
01:19vous avez vu certains masques dont les bras étaient orientés vers le ciel
01:24et des bras aussi vers la terre.
01:28Donc, quand vous prenez ces masques spécifiquement,
01:31c'est le masque qui symbolise le lien entre le ciel et la terre.
01:37Ça veut dire que dans la vie courante, c'est un masque aussi qui fait le lien
01:41entre deux personnes ou deux parties opposées en conflit, si je peux m'exprimer ainsi.
01:47Donc, ça symbolise l'unité, l'union, la paix et la cohésion sociale de vivre ensemble.
01:52Avant que vous ne sortiez tout à l'heure,
01:54moi, on m'a carrément dit que les femmes ne doivent pas rester là. Pourquoi ?
01:58Quand les masques sont sortis, on a demandé aux femmes de s'écarter,
02:02de retrouver le chemin aux masques.
02:05Paradoxalement ou contrairement, on voit les masques passer et par derrière, on voit une femme.
02:09Cela s'explique par le fait qu'on a d'abord parlé de l'importance des masques,
02:15surtout par rapport aux levées de deuil qu'on appelle chez les Dogons les damas.
02:20Ces jours-là, si une fille naissait,
02:23cette fille-là automatiquement devient une initiée de la société des masques.
02:29Au même titre que les hommes qui portent les masques,
02:32cette fille-là, on peut le dire, devient même la propriété des masques.
02:36C'est elle qui s'occupe des petits travaux ou bien des travaux d'entretien des masques,
02:42le balayage, le nettoyage, tout.
02:44Et s'il faut forcément que cette femme, elle fasse partie de la famille, c'est ça ?
02:48Pas question de famille.
02:49Pourvu qu'elle soit seulement du village.
02:51Et l'initiation commence depuis quand ?
02:53À partir de 15 ans, 18 ans, les sages récupèrent la fille.
02:56Ils vont l'amener hors du village, dans la bouche, loin du regard humain.
03:03On va chercher maintenant à lui expliquer les critères, les conditions d'adhésion aux masques.
03:10Ce que les masques n'aiment pas, ce que les masques aiment.
03:14On va lui faire apprendre tout.
03:16C'est pourquoi je dis que c'est tout un processus.
03:18Si sa compréhension est facile, rapide, l'initiation ne dépasse pas six mois.
03:24Au contraire, si la compréhension est un peu difficile, l'initiation peut s'étendre au-delà de six mois.
03:32Et est-ce qu'il peut arriver qu'une femme qui ne naisse pas ce jour de Dama puisse être initiée ?
03:38Impossible.
03:41Impossible ?
03:42Impossible !
03:43Faut forcément...
03:43Ça n'est même pas à discuter.
03:45Cha-cha-cha-cha-cha-cha.
03:46C'est un don.
03:47Aïe.
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