- il y a 11 mois
Mardi 18 février 2025, SMART BOURSE reçoit Elina Berrebi (Associée Fondatrice, Revaia) , François Chaulet (Président, Montségur Finance) , Gérald Grant (Associé et Directeur Délégué en charge de l’allocation d’actifs et de la sélection de fonds, Fundesys) et Matthieu Barriere (Responsable de l'allocation d'actifs, ODDO BHF AM)
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00:00Bonjour, bienvenue à tous, on est ravis de vous retrouver pour cette nouvelle édition
00:12de Smartbourses.
00:13Comme d'habitude, tous les soirs, on fait le point sur ce qui se passe sur la planète
00:18finance.
00:19On décrypte avec vous les infos du jour et on se rejette, on essaie de savoir qu'est-ce
00:22qu'il faut faire pour votre allocation d'actifs pour vos portefeuilles.
00:25Dans un instant, les infos du jour, ce sera avec Pauline Grattel, Tendance Mon Ami.
00:29Sur la planète marché, on va essayer de comprendre ce qui va se passer, notamment
00:34en Allemagne, question allemande, un tournant pour l'Europe.
00:37On verra effectivement aussi comment se prépare la défense européenne face à cette alliance
00:45un peu contre-nature entre Washington et Moscou.
00:49On regardera également du côté des actions chinoises où on observe un retour en grâce
00:53et même le retour de Jack Ma, et oui, tout un symbole.
00:55Et puis, on s'intéressera bien sûr à ce qui se passe aux Etats-Unis.
00:58Les Etats-Unis qui font un cavalier seul, que ce soit sur la guerre commerciale comme
01:02sur la politique.
01:03On s'intéressera également au marché, rebond des actions européennes, jusqu'à quand,
01:07encore du potentiel.
01:08US de solide publication, on observera ça ensemble.
01:12Et puis, CAC pratiquement au plus haut, alors stop ou encore.
01:16Et puis, on ne résiste pas à la métaphore du ski actif risqué, est-ce que c'est tout
01:21chousse en ce moment ? On verra ça dans un instant avec nos experts.
01:24Et puis, on terminera bien sûr par la planète marché, où on verra quelles sont les tendances
01:29de l'investissement dans l'intelligence artificielle.
01:31Smart Bourse, c'est parti !
01:44Et on démarre comme d'habitude cette émission avec Pauline Grattel.
01:46Bonsoir Pauline.
01:47Bonsoir.
01:48Quelles sont les infos du jour sur les marchés ?
01:50Alors, les investisseurs ont les yeux rivés sur les discussions engagées aujourd'hui
01:54en Arabie Saoudite entre Washington et Moscou.
01:56Selon Moscou, cette rencontre est avant tout destinée à rétablir les relations entre
02:01la Russie et les Etats-Unis, mais elle est également consacrée à la préparation d'éventuelles
02:06négociations sur le règlement du conflit en Ukraine, un conflit qui dure depuis maintenant
02:10trois ans.
02:11Hier, les responsables américains ont laissé sous-entendre que l'Europe ne jouerait aucun
02:15rôle dans ces négociations.
02:16Eh oui, on verra.
02:17En tout cas, dans le contexte, les valeurs de la défense sont au plus haut.
02:20Oui, elle l'était déjà depuis hier et la tendance se poursuit, comme vous l'avez
02:23dit, aujourd'hui.
02:24Thalès gagne encore 3%, Safran et Dassault Aviation poursuivent leur hausse et tous
02:29les trois inscrivent de nouveaux records, plus largement en Europe, des valeurs comme
02:32Rain Metal, qui était en forte haussière, consolide aujourd'hui.
02:36D'ailleurs, en Europe, les indices évoluent quasiment tous à la hausse tirée justement
02:40par ces valeurs de la défense.
02:41Oui, et justement, le Stoxx 600 et l'Eurostoxx 50 ont inscrit de nouveaux records aujourd'hui.
02:46A noter d'ailleurs un autre record absolu, c'est celui du MSCI World.
02:50Côté français, le CAC 40 avance timidement aujourd'hui, toujours très proche néanmoins
02:54d'atteindre son pic historique à plus de 8250 points inscrits le 10 mai dernier.
02:59L'indice parisien évolue aujourd'hui au-delà de 8200 points.
03:02Alors, on est tout prêt.
03:03Donc, le CAC 40, ça va bien pour les valeurs de la défense, mais attention à quelques
03:07gades quand même aujourd'hui.
03:09Oui, aujourd'hui, on commence avec Capgemini, dont la publication a déçu les investisseurs.
03:13Le titre évolue en repli de 8%.
03:15Lanterne rouge du CAC, le groupe fait état d'une publication globalement conforme aux
03:19attentes avec un repli de l'ordre de 2% de son chiffre d'affaires pour l'année à 22 milliards d'euros.
03:25Dans un contexte économique moins favorable que prévu pour la fin d'année, les perspectives
03:29de 2025 sont jugées trop prudentes avec une marge opérationnelle sous les attentes des analystes.
03:35Et Dénred également qui figure parmi les plus fortes baisses du CAC 40 après sa publication.
03:39Oui, l'entreprise publie des résultats conformes aux attentes en 2024 grâce à la bonne tenue
03:44du marché du travail en Europe.
03:46Le chiffre d'affaires ressort à 3 milliards d'euros, en hausse de 12,4% à taux de change constant.
03:51Le bénéfice net s'établit à 500 millions d'euros, mais la croissance déçoit les investisseurs.
03:56Le titre chute de plus de 5%.
03:58Or, un disfait, on s'intéresse aux biotech avec Valneva qui gagne 5%.
04:02Oui, la biotech fait état d'une hausse de 10% de son chiffre d'affaires annuel et se
04:06dit optimiste pour l'année 2025 et prévoit un chiffre d'affaires compris entre 180
04:11et 190 millions d'euros ainsi qu'une croissance de ses ventes.
04:15On part du côté des Etats-Unis avec Intel qui est actuellement dans tous les esprits.
04:19Oui, d'après le Wall Street Journal, TSMC et Broadcom envisageraient tous les deux
04:22des opérations qui pourraient aboutir à une scission d'Intel.
04:25Broadcom examinerait les activités de conception et commercialisation de puces et TSMC aurait
04:30regardé les usines de fabrication des semi-conducteurs.
04:33Intel ouvrant hausse de 8%.
04:35Et enfin, du côté de la Chine, je le disais, le président chinois qui s'engage à soutenir
04:39le secteur privé.
04:40Oui, et dans le secteur tech, il a fait comprendre aux grands patrons qu'il aurait besoin d'eux
04:44afin d'assurer la croissance économique de la Chine.
04:47Dans ce contexte, l'indice Ang Seng Tech clôture en hausse de 2,5% au sommet depuis
04:51trois ans et par exemple depuis l'arrivée de DeepSeek, une valeur comme Alibaba rebondit
04:56de 50% en même pas un mois.
04:58Et oui, demain, on s'intéressera à quoi Pauline ?
05:00Les investisseurs prendront connaissance de l'inflation britannique du mois de janvier
05:04attendue en hausse de 2,8% sur un an.
05:06Les minutes de la Fed seront publiées aux Etats-Unis.
05:09Enfin, côté micro, la séance sera portée conso avec les publications de Carrefour et
05:13Walmart.
05:14Dans le secteur de la distribution, ce n'est pas tout à fait le même profil ni la même
05:17vitesse en bourse non plus.
05:18Merci Pauline pour ces infos sur les marchés.
05:21Tout de suite, on rejoint nos experts.
05:23Et comme tous les soirs, trois experts sont avec nous en plateau pour décrypter ce qui
05:38se passe sur les marchés.
05:39On est ravi d'accueillir Mathieu Barrière.
05:41Bonsoir Mathieu.
05:43Mathieu, vous êtes responsable de l'allocation d'actifs chez Odo-BHF Asset Management.
05:48Merci de nous rejoindre en dernière minute.
05:50A vos côtés, on est ravi d'accueillir François Chollet.
05:53Bonsoir François.
05:54Bonsoir Fabrice.
05:55Le président de Montségur Finance.
05:56Tout va bien chez Montségur ?
05:58Très bien, on fait une très belle année et pourvu que ça dure.
06:00C'est bon début d'année alors.
06:03On vient de refaire l'année 2024 en un mois et demi donc effectivement.
06:07On s'arrête là, tout simplement.
06:10Pourquoi pas ?
06:11On s'en contente, on est à 12% sur le CAC, c'est déjà pas mal.
06:14Et enfin, on accueille Gérald Grand.
06:17Bonsoir Gérald.
06:18Bonsoir Fabrice.
06:19Vous êtes directeur associé chez Fondezis.
06:21Que fait Fondezis ?
06:22Fondezis, c'est une plateforme informationnelle qui accompagne des cabinets de gestion de
06:27patrimoine et des sociétés de gestion dans la sélection de fonds et y compris dans
06:31l'allocation d'actifs.
06:32Vous vous imaginez plutôt sur les cabinets des sociétés de gestion ayant des gens brillants
06:37comme ici Grégoire qui n'ont pas besoin de nous.
06:40D'accord, mais attendez, on en a quand même besoin puisque vous sculptez tous les fonds,
06:43ils sont nombreux sur la place pour sélectionner les meilleurs.
06:46C'est vrai qu'on n'a pas présenté, est-ce qu'on présente encore Odo BHF, Asset Management,
06:51sociétés de gestion à la fois en France, en Allemagne, une belle société dans le top européen.
06:57Qui gère maintenant la gestion d'actifs un peu plus de 60 milliards d'euros et un
07:04groupe qui continue de se développer avec les deux principales jambes, France et Allemagne
07:09et puis de la croissance un peu partout en Europe.
07:11Alors ça tombe bien Mathieu Goussoyeur, France et Allemagne, ça fait une parfaite transition
07:15pour effectivement l'actualité politique, ce sont ces élections en Allemande, est-ce
07:19que c'est un tournant pour l'Europe ?
07:21Alors évidemment on a cette grande coalition un peu traditionnelle qu'on connaissait,
07:26CDU, CSU, mais on a surtout l'inquiétude de l'AFD, ce parti d'extrême droite,
07:34c'est vrai qu'il pourrait être le trublion, je pense que vous en discutez avec vos collègues
07:40allemands, qu'est-ce qu'ils en disent justement ?
07:42Alors le scénario principal ça reste celui d'un report de la coalition existante, CDU,
07:48CSU, les Verts et les Socialistes, un peu plus marginalisés qui perdent le pouvoir au
07:52sein de la coalition.
07:53Effectivement il y a une très forte poussée de l'AFD qui des fois au niveau local tend
07:59la main, pour l'instant avec peu de succès, mais parfois quelques succès à la CDU, CSU,
08:06d'autres incertitudes dans l'élection, notamment le système électoral allemand qui a un seuil
08:12de 5% pour être présenté au Bundestag, avec des partis à gauche mais aussi au centre,
08:19le FDP, les libéraux, qui sont vraiment à la limite de seuil, donc une vraie question,
08:23les libéraux peuvent-ils survivre au Bundestag ? Et à ce moment-là il peut y avoir des
08:28jeux d'alliances qui sont un peu plus compliqués entre les trois principaux partis dans la
08:32répartition des postes et qui pourraient repousser la formation et la mise en œuvre
08:37de réformes dont l'Allemagne aurait besoin, notamment en termes de relance publique.
08:42Oui, de relance budgétaire, c'est ce qu'on attend un petit peu, qu'on desserre peut-être
08:46ces cordons de la bourse pour qu'on mette un peu plus d'argent dans l'économie, c'est
08:49ce qu'il manquerait, c'est ce qu'on attend ?
08:50C'est ce que les marchés attendent, on a déjà évoqué la bonne performance du CAC
08:57depuis le début de l'année, c'est aussi le cas du DAX, après une année qui elle
09:00n'avait pas été très difficile, l'année précédente.
09:03C'est vrai que l'économie allemande souffre, mais le DAX a affiché une très bonne performance
09:09l'an dernier, on était à 20%, tiré là aussi par deux magnifiques, Siemens et SAP,
09:15mais est-ce que ça se poursuit pour cette année ?
09:16Pour l'instant sur SAP ça continue, Siemens on a eu un peu plus de flottement, mais c'est
09:25vrai qu'il y a eu un assez fort changement de la cote allemande, on continue de voir
09:31le secteur automobile qui au mieux est stable quand il ne souffre pas, mais son poids est
09:37maintenant drastiquement réduit au sein du DAX.
09:40Par contre en termes de bassins d'emploi, notamment pour les bastions électoraux, CEDU
09:46ou CSU, c'est évidemment une problématique assez majeure, et tout ça dans un contexte
09:52où on a Ursula von der Leyen qui, à la tête de la Commission européenne, doit aussi
09:59traiter la réception du rapport Draghi, qui pousse pour plus de dérégulation, pas mal
10:05de discours pour un peu moins réprimer le secteur automobile dans son ensemble, bref
10:10des jeux de pouvoir et de négociations qui interagissent les uns avec les autres, donc
10:16une issue simple des élections allemandes et des décisions rapides seraient bienvenues.
10:21On attend ça avec impatience, c'est vrai qu'il y a ce flottement qu'on avait connu
10:23aussi en France l'an dernier, c'est un facteur d'incertitude pour les marchés, on n'aime
10:27pas ça, un modèle économique allemand qui a longtemps été tributaire du gaz russe,
10:31ça s'est effondré, gaz russe bon marché, et puis les exportations vers la Chine, c'était
10:35les deux moteurs un petit peu en panne, là c'est vrai que François Chollet, on a cet
10:39espoir de cesser le feu de paix pour l'instant dans le conflit russo-ukrainien, et puis la
10:44Chine qui commence peut-être à se réveiller, quelle est votre vision justement sur ces
10:48prochaines élections, est-ce que ça pourrait faire bouger les lignes ?
10:50Alors c'est vrai que si on regarde le marché aujourd'hui, on est revenu sur des niveaux
10:54où on a déjà intégré une bonne partie des bonnes nouvelles.
10:56On a intégré le fait que les tarifs appliqués à l'Europe seraient un peu moins élevés
11:04que ce que l'on pourrait craindre, on a intégré le fait qu'il y avait une possibilité de
11:07cesser le feu avec une probabilité d'une échéance proche qui avait été promise
11:12par le président élu Trump au terme de deux mois, on n'est pas loin, et dans le sentiment
11:18que le marché a un peu joué à un certain nombre de ces éléments, les élections allemandes
11:22sont aussi un élément déterminant, même si je partage l'avis, ce n'est pas discriminant
11:27sur la capacité de changer de pied sur une politique économique qui a jusque-là été
11:33un peu en attente de décisions politiques qui ne sont pas arrivées, je crois que c'est
11:40difficile quand on est l'Allemagne d'exister bien avec un Yen à un niveau aussi dévalué,
11:46je crois que c'est difficile d'exister avec une Chine aussi compétitive sur ces métiers-clés,
11:51donc c'est vrai que c'est une difficulté, pourtant le marché le considère comme plutôt
11:57derrière nous en privilégiant effectivement des secteurs et des dossiers qui eux s'en
12:01sortent très bien, on parle de l'industrie énergétique, on parle effectivement de
12:06l'SAP qui fera partie des géants de la tech européenne assurément.
12:10C'est un des géants européens ? C'est le géant européen de la tech, on n'a
12:15pas d'autres à part Dassault Systèmes peut-être en France mais qui est encore
12:18dans un cran en dessous, donc voilà on a des marchés qui vont très vite à intégrer
12:24les bonnes nouvelles et qui regardent je dirais les mauvaises avec un peu de dédain, est-ce
12:30qu'on n'est pas en zone de surachat c'est un peu la question, alors je plaisantais
12:33un peu en disant qu'on avait fait l'année mais c'est pas loin d'être vrai.
12:37On a l'impression qu'on a fait le plan, on a parlé sur ce plateau de réalignement
12:40des planètes ou de recrutement européen, j'ai l'impression qu'on a eu presque toutes
12:45les bonnes nouvelles finalement.
12:47On pose en eux les questions, est-ce qu'il reste un peu d'énergie pour continuer, je
12:52pense effectivement qu'on pourrait aller en tout cas dans le cadre d'un cessez-le-feu
12:55en Ukraine franchir des sommets et les battre, ça me paraît assez probable.
13:01On a des segments qui sont enfin repartis je dirais, je pense notamment aux small et
13:08mid-cap européennes, alors on a fait une année dernière qui était plutôt intéressante
13:12parce que c'était une des premières années où il n'y avait pas une réelle sous-performance
13:15de cette classe d'actifs, on démarre très bien l'année, ça ça peut se poursuivre
13:19parce que la sous-performance était tellement criante que je crois qu'il y a encore du
13:23potentiel et puis dans les paris que j'avais énoncé sur ce plateau qui étaient nos
13:29petites jokers d'allocations, on avait mis la Chine, c'était un peu courageux, depuis
13:35on a fait 40% de hausse donc ça devient moins, maintenant c'est peut-être un moment un peu
13:41crucial de savoir si on peut poursuivre comme ça, c'est 12 mille milliards la tech chinoise
13:48aujourd'hui, ça veut dire que c'est existant par rapport aux géants américains, on n'est
13:54pas si loin que ça et c'est un rattrapage qui a été fulgurant donc ça c'est quelque
13:58chose qu'on peut noter, est-ce qu'il est terminé je ne pense pas, on a des signaux
14:02géopolitiques très encourageants, en tout cas on a fait un très très beau parcours.
14:06Finalement on a l'impression qu'on a les canards boiteux d'hier, vous l'avez cité,
14:10small et mid cap, la Chine, l'Europe qui était vraiment dans les profondeurs.
14:14J'en ai trouvé un dernier que j'avais mis en fin d'année un peu à l'honneur, c'est
14:21tout ce qui est foncières cotées européennes.
14:23C'est vrai, beau parcours aussi, 20 à 30% d'augmentation.
14:26Oui enfin on est loin du compte, on a encore des décotes autour de 30% sur la valeur du
14:30patrimoine et on a eu des publications qui étaient plutôt rassurantes, que ce soit
14:34des foncières commerciales, un certain nombre de foncières de bureaux aussi, on a eu Gécina
14:38qui a fait une jolie publication rassurante, simplement pour dire que cette décote elle
14:42existait parce qu'on avait des craintes sur la solvabilité puis sur la valeur du patrimoine
14:46et qu'on a plutôt en fin d'année des messages rassurants sur ce patrimoine donc on a le
14:50sentiment qu'on pourrait avoir une réduction de ces décotes aussi.
14:53Donc voilà les trois petits tilts que j'avais donnés en fin d'année et qui commencent
14:58pour certains.
14:59J'aimerais voir vos prévisions pour la suite dans quelques instants, je voulais entendre
15:01également Gérald Grand de la Fondezis, vous qui regardez ce qui se passe effectivement
15:05sur l'ensemble des marchés à travers les fonds, on a le sentiment aussi qu'on a un
15:09retour des flux très net en Europe depuis ce début d'année Gérald.
15:13Oui clairement il y a un retour des flux, ça permet d'alimenter un momentum qui est
15:16très favorable à l'Europe depuis le début de l'année et ça avait déjà commencé
15:20d'ailleurs un peu en décembre, je ne vais pas rajouter à ce qu'a dit Matthieu sur
15:22l'Allemagne parce que ça a déjà été bien évoqué, peut-être un point quand même
15:26sur l'Allemagne, c'est qu'on a quand même une économie qui reste malgré tout très
15:31cyclique, on a parlé de l'automobile, l'industrie évidemment, la chimie et tout ça.
15:35Dans un contexte où l'économie européenne quand même est à la peine par rapport à
15:40d'autres économies dans le monde et notamment par rapport aux Etats-Unis, on peut se poser
15:46la question effectivement, est-ce que le DAX n'a déjà pas joué un petit peu ces élections
15:49qui, ça a été important de le répéter tout à l'heure par Matthieu, qu'il faut
15:53que ce soit assez rapide au niveau de la mise en place de la coalition, il ne faut
15:56pas que ça soit quelque chose qui traîne un peu trop en longueur parce qu'on pourrait
15:59être un peu remis en question sur est-ce que ça va être vraiment quelque chose de
16:03très positif.
16:04Ce qu'il faut dire aussi c'est que si les marchés ont remonté autant, c'est parce
16:08que de nombreux intervenants depuis des mois disent, ah oui mais l'Europe ce n'est pas
16:12cher.
16:13Alors moi, ça fait 25-26 ans que je fais ce métier, j'ai entendu des tas de trucs
16:17qui n'étaient pas chers, ce n'est pas pour autant que ça remonte.
16:19Mais là il y a des éléments qui arrivent, le momentum mais aussi le fait que ça s'essouffle
16:23peut-être un peu sur l'envie d'aller acheter des Etats-Unis dont l'indice en tant que
16:26tel paraît cher, même si on ne va pas disserter, on l'a déjà fait par le passé sur ce plateau,
16:30des différenciations sectorielles, des quelques Mac 7, Batman, peu importe comment on les
16:35appelle.
16:36Mais il faut savoir qu'aujourd'hui il y a effectivement l'effet élection qui est rentré,
16:40il y a cet effet valorisation où on se dit il y a peut-être des choses à faire sur
16:43certaines belles valeurs qui ont été un peu massacrées à un moment ou en tout cas
16:47qui n'ont pas progressé.
16:48Et le troisième élément, ça a été aussi un peu évoqué, c'est la diminution de la
16:51prime de risque géopolitique et politique tout court, politique parce que même si ce
16:56n'est pas royal en ce moment en France, il y a un poil plus de stabilité, en tout cas
17:00il n'y a pas une motion de censure qui est votée toutes les trois semaines depuis le
17:04nouveau gouvernement Bayrou, est-ce que ça va tenir ? On verra, mais en tout cas déjà
17:07ça se stabilise un tout petit peu, ce qui ne résout pas tous les problèmes.
17:10Et puis sur la géopolitique, effectivement, ce que vous avez évoqué sur le conflit russo-ukrainien,
17:15clairement ça peut détendre la prime de risque géopolitique qui pèse sur l'Europe,
17:20même si, pour être clair aujourd'hui, si je peux me permettre, l'Europe est un peu
17:25le sous-traitant des Etats-Unis dans cette paix qui est en train d'être négociée
17:29entre Russes et Américains.
17:31Mais alors justement, est-ce que ce n'est pas en train de changer ? On voit que le monde
17:34est en train de s'organiser un petit peu sans nous, nous sommes sur le sud de l'Ukraine,
17:38ce n'est pas la première fois, mais là on parle peut-être d'un sursaut, notamment sur
17:41la défense, en tout cas on voit que les budgets vont être peut-être augmentés, notamment
17:48peut-être en Allemagne également.
17:49Quel est votre vision ? Est-ce qu'on a une carte à jouer, une carte européenne ? Est-ce
17:52que les Européens, on sait que souvent en temps de crise, ont la tendance quand même
17:54à réagir, on l'a vu avec le Covid, donc est-ce que là aussi on peut créer une véritable
17:59Europe de la défense ?
18:01Alors les possibilités scientifiques, justement là, la question, ce sont aussi les possibilités
18:09budgétaires.
18:10C'est d'ailleurs assez intéressant de voir la réaction des marchés, ces derniers jours
18:16on a vraiment des mouvements assez similaires, ou plutôt complètement opposés, entre l'évolution
18:22du prix, la surperformance des valeurs de la défense, et puis, pour rentrer un peu dans
18:26la technicité, la pente des taux allemands, et tout ça, on revient sur cette notion de
18:33rapport Draghi.
18:34La pente des taux allemands, expliquez-nous.
18:36C'est-à-dire que finalement on avait des taux allemands de très long terme qui sont
18:42à des rendements assez peu élevés, parce que l'Allemagne émettait peu, et puis on
18:46peut avoir des marchés où on pense que les anticipations sont rationnelles, que les
18:49taux d'intérêt longs dépendent des anticipations des taux d'intérêt au cours du long terme,
18:53en pratique ça reste un marché avec de l'offre, de la demande pour du papier.
18:57Et le fait de se dire qu'on aura peut-être de la relance militaire en Europe, ça passerait
19:02par, c'est conditionné par une relance budgétaire et plus d'émissions de dette en Allemagne,
19:09et une des manières d'investir un peu technique cette hypothèse de la relance européenne,
19:15c'est de ne pas trop s'exposer au segment le plus long du côté obligataire.
19:20D'accord, très bien.
19:21Et les effets à long terme, c'est quoi ? Ça pourrait monter justement les primes ?
19:24Ça peut faire un regonflement des primes de terme, plus de papier que d'acheteurs
19:32naturels de papier sur le segment long obligataire, et à contrario, par contre, faire aussi souffrir
19:39quelques valeurs, parce qu'on a évoqué la charté des actions européennes, en relatif
19:44aux actions américaines, notamment en termes de primes de risque, il y a plein de métriques
19:48qui disent qu'elles sont peu chères, ça a déjà été évoqué, ce n'est pas parce
19:51que c'est peu cher que ça remonte immédiatement, néanmoins une remontée forte des taux d'intérêt
19:56longs, ça peut peser sur d'autres compartiments de la cote, l'immobilier a bien fonctionné
20:00notamment en bureau, notamment en France, c'est moins le cas depuis le début de l'année,
20:05par exemple sur les foncières allemandes locatives, ça peut peser aussi sur d'autres secteurs.
20:09Est-ce qu'on pourrait imaginer un grand emprunt pour la défense, comme on l'avait fait par
20:13exemple pour le Covid, on a mis quelques centaines de milliards tous ensemble, une solution ?
20:17Oui, est-ce que ce sera dans les temps, je ne sais pas, se pose cette question aussi
20:22du timing, parce qu'on a beau emprunter, créer des capacités de défense, ça ne se fait
20:26pas du jour au lendemain, on a vu M. Breton qui a été chargé de cette mission pendant
20:32quelques années raconter à quel point ils avaient réussi à consolider cette industrie
20:37de la défense européenne, bon, effectivement on produit 2 millions d'obus chaque année,
20:43est-ce que c'est suffisant, c'est en tout cas un rattrapage, on existe un peu, mais
20:49est-ce que ça suffit, je ne suis pas certain, et est-ce qu'à court terme on aura le temps
20:53avant une trêve de consolider cette défense, ça me paraît être un sujet un peu hasardeux,
20:58les Etats-Unis sont bien partis pour nous couper l'arbre sous le pied ?
21:00Oui, et ils poussent déjà leur pion sans nous.
21:04Clairement, je pense que ce qu'on a vu ces derniers jours, c'est vraiment un putsch
21:09en quelque sorte des Etats-Unis sur la façon dont l'Europe doit organiser sa défense,
21:15en la poussant à dépenser plus, et ce n'est pas nouveau, ça fait un moment que Donald
21:20Trump réclame, avant qu'il soit même de nouveau réélu, que l'Europe dépense plus
21:24avec ses fameux 5% de budget, je pense que là on est en train d'y aller tout droit
21:30et on n'aura pas le choix, sauf à se dire qu'on veut peut-être quitter l'OTAN, ce
21:34qui ne me semble pas être une option pour le moment pour les Européens, à noter d'ailleurs
21:38qu'hier la réunion à l'Elysée, il n'y avait pas tous les représentants européens
21:41qui étaient présents, pour la parenthèse, donc l'ordre de la défense, moi il me semble
21:46encore bien loin malgré tout, malheureusement.
21:49Hypothétique des droits de la défense, Mathieu Baraire, vous vouliez ajouter quelque chose ?
21:53Alors justement, c'est intéressant parce qu'on voit vraiment cette équipe Trump au four au moulin,
21:59il est vraiment sur tous les fronts, on l'a vu sur la guerre commerciale, sur la guerre économique,
22:03mais aussi sur la guerre réelle on va dire, on a cette droite douane aussi, cette épée
22:08de Damoclès toujours, alors il va dégainer, il a brandi son grand livre avec tous les
22:12drap-dran réciproques désormais, là justement, on disait pour l'instant, on ne sait pas trop
22:18sur quel pied on danse, on voit que c'est un art de la négociation toujours, c'est
22:22une arme aussi qui brandit, là aussi on est dans une confrontation toujours avec Donald Trump.
22:26Mathieu Baraire ?
22:27Oui, avec des propos forts, mais en restant dans le flou, on parle de droits de douane
22:32réciproques avec récemment des positions de l'administration Trump qui expliquent
22:36que l'ATVA c'est une taxation, donc que les droits de douane européens sont déjà
22:42extrêmement élevés, effectivement si Trump dégainait et faisait mettre en application
22:46les droits de douane réciproques à hauteur de l'ATVA qui est levée en Europe en considérant
22:50que la taxe sur les ventes aux Etats-Unis n'est pas un tarif, là ce serait quelque
22:55chose d'extrêmement récessif, ça reste une administration qui défend des intérêts
23:01économiques et il y a beaucoup de postures, tout ça, ça crée de la volatilité, les
23:07peurs d'un jour à l'autre passent d'un secteur à un autre, ça pourrait aussi affecter
23:11des secteurs de l'économie qui ne sont pas des secteurs boursiers, toute l'économie
23:15n'est pas cotée, mais en tout cas ça pousse pour une forte diversification au travers
23:19des secteurs de nos portefeuilles.
23:21D'accord, donc l'idée c'est vraiment de bien répartir le risque, François Chollet,
23:25comment on fait par rapport au trubillon qui d'un tweet, c'est vrai, peut faire vaciller
23:29des pans entiers de l'économie, enfin en tout cas boursièrement on voit que ça…
23:32On a vécu avec ça il y a quelques années déjà, à l'époque ça se passait sur Twitter,
23:36maintenant ça s'est un peu décalé mais on a de toute façon sur Twitter des choses
23:39intéressantes à dire de la part de son président.
23:43Non, ce qu'on peut dire c'est qu'on s'y est habitué, nous on a comme tous les
23:48gérants mis en œuvre des plans d'investissement sectoriels très diversifiés, on est très
23:55vigilant là-dessus, le risque idiosyncratique est un risque que l'on fuit systématiquement
24:00et auquel on fait très attention, donc je pense que c'est la première des clés, ensuite
24:06effectivement on a des secteurs qui sont plus ou moins sensibles, le marché a fait
24:11le tri, d'ailleurs pour revenir sur les objectifs qu'on peut se donner sur le marché,
24:15ce qui est intéressant de voir c'est qu'on a eu de grands mouvements à l'intérieur
24:18de ce marché, sur des grandes capitalisations qui auraient dû ou qui auraient pu à d'autres
24:22époques mettre par terre la tendance et le momentum des marchés, ça n'a pas été
24:26le cas, on a vu aux Etats-Unis des Apple par exemple perdre 20% sans que ça remette
24:32en question la santé de l'indice large ou des Nvidia perdre 25-30% ou des Tesla
24:39reperdre comme récemment un tiers de leur valeur sans que ça vienne remettre en considération
24:44la tendance de fond de l'indice et en Europe c'est la même chose, si on prend ASML,
24:48si on prend Novo Nordisk dans les gros poids des grandes valeurs européennes ou même
24:53les VMH qui en faisaient partie et qui a eu un parcours boursier très heurté, on s'aperçoit
24:59qu'on a eu un marché qui s'est auto-assaini sans changer de tendance, ce qui est plutôt
25:03rassurant pour la suite des événements, en tout cas on a ces purges régulières qui
25:09se font et qui sont plutôt rassurantes.
25:10C'est vrai que ce n'est pas un krach sur les indices, c'est un krach on a l'impression
25:13parfois valeur par valeur.
25:15Oui mais vu la taille de ces méga valeurs, on pourrait craindre que ça affecte totalement
25:19l'indice et la vérité c'est qu'on a plutôt le sentiment, et c'est peut-être
25:23lié à des flux, c'est peut-être lié à une gestion plus indicielle, qu'il y a
25:27un soutien malgré tout de ces rotations-là qui sont pourtant très puissantes.
25:30Oui c'est vrai que la profondeur de marché comme disent les anglo-saxons est depuis
25:36quelques semaines beaucoup plus large, pour ne pas réutiliser le même mot, et ça aide
25:41effectivement à se dire que l'on peut aujourd'hui construire des allocations qui ne sont pas
25:45uniquement driveées par encore une fois les MAC7 ou par la tech, la tech est évidemment
25:50un secteur qui est prépondérant aujourd'hui et qui est probablement indispensable dans
25:55un portefeuille quel qu'il soit quand il y a des actions, mais il n'y a pas que la
25:59tech, il y a plein d'autres secteurs ou d'autres styles de gestion que la croissance
26:04tech qui peuvent participer au rallye, et c'est rassurant en fait, ce qui ne veut pas
26:08dire qu'il n'y aura pas effectivement de la volatilité des moments de respiration
26:12de marché où on peut perdre 5, peut-être 10%, ça sera peut-être l'occasion de revenir
26:16d'ailleurs, mais clairement il y a aujourd'hui, on le disait tout à l'heure, avec une performance
26:22de quasiment 10, 11, voire 13, 14 sur le DAX déjà, peut-être depuis le début de l'année,
26:28quand on regarde ce que l'on attend sur la croissance des bénéfices en Europe, ça
26:32y est c'est fait, donc là en fait on est plutôt dans un rattrapage de valorisation
26:36que de l'appréciation liée à ce que l'on attend sur la croissance des bénéfices des
26:41sociétés.
26:42Justement par rapport à ces actions européennes, si on regarde du côté des marchés maintenant,
26:46on a l'impression qu'on a fait le plein, en tout cas des bonnes nouvelles, rebond de
26:49l'action européenne, qu'on est justement à quelques encamures du record sur le CAC40,
26:54est-ce qu'il y a encore du potentiel ? Qu'est-ce qu'on analyse ? Est-ce qu'on commence à
26:58se dire bon, effectivement on pourrait arrêter l'année là, je pense que les clients seraient
27:01très satisfaits, 12 à 14% c'est plutôt pas mal.
27:04Sauf si ça continue.
27:05C'est vrai.
27:06Mais bon, on ne vous en voudra pas en général.
27:08On pourrait être tenté de dire l'année est terminée ou est-ce qu'on…
27:11Alors on l'a déjà évoqué avant, il y avait le facteur valorisation qui était très puissant
27:15pour l'Europe, mais d'un point de vue momentum, flux, attractivité, les voyants
27:21n'étaient pas ouverts pour l'Europe.
27:22Vraiment la situation s'est inversée avec ces 2-3 derniers mois.
27:25Le facteur de valorisation, sur le long terme par rapport au rendement obligataire, on reste
27:30sur des taux de rendement intrinsèques des actions qui demeurent attractifs, mais un
27:35peu moins comparables.
27:36Par contre, effectivement il y a un flux qui se met en œuvre, les gérants internationaux
27:42étaient énormément sous-pondérés sur l'Europe.
27:44Pourquoi s'embêter avec l'Europe qui pèsait environ juste 10% de la capitalisation
27:50boursière mondiale ? Quand vous êtes un gérant américain, pourquoi vous vous embêtez
27:53à investir en l'Europe ? Déjà pour nous en tant qu'Européens, c'est des fois
27:56un peu compliqué de comprendre ce qui s'y passe, alors vu de l'extérieur, c'est
27:59dur.
28:00Et une petite sous-pondération peut-être de 2% dans les portefeuilles mondiaux sur
28:03une zone qui fait 10%, ça fait 20% de stocks à racheter.
28:06Ça tire énormément, ça tire énormément la cote et c'est ce qu'on voit depuis le
28:10début de l'année.
28:11Assez souvent, traditionnellement, économiquement, quand une devise s'apprécie, ça fait un
28:16peu sous-performer les actions locales, parce que quand on rapatrie les bénéfices étrangers,
28:20c'est plus faible.
28:21Là, on s'aperçoit qu'on a beaucoup de journées, on a à la fois l'euro-stock
28:24qui surperforme et l'euro qui monte, ça c'est la trace la plus patente de flux massifs
28:30internationaux qui reviennent dans la zone et principalement sur les grosses capilles
28:33de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
28:35Des flux où on joue finalement les grosses boîtes pour l'instant, ou à travers des
28:39ETF, effectivement, on achète l'Europe en bloc.
28:41Oui, les ETF ont été les grands gagnants de 2024.
28:44On a une décollecte, sur la partie actions en tout cas, des fonds de gestion active.
28:49A peu près 60 milliards, c'était les chiffres à mi-novembre, je crois, ou fin novembre.
28:54En face de ça, on avait 250 milliards de collecte sur les ETF actions Europe.
28:58Donc, vraiment, il y a un gagnant et on a des courbes qui vont se croiser.
29:01Cette fois-ci, c'est certain, la gestion passive va prendre la majorité du marché
29:06action européen.
29:08Ce n'est pas tout à fait le cas sur la partie obligataire.
29:10On a de la gestion active qui, encore, tient le pavé et collecte.
29:13C'est parce que, peut-être, le marché est un peu plus fragmenté et il y a plus d'attractivité
29:18dans la création d'alpha des gérants ou dans l'appréciation qu'ils peuvent avoir
29:22de la sélection des signatures.
29:25Mais, pour le coup, en tout cas pour nous qui sommes à la fois des gérants actions,
29:29puisqu'on a des fonds de gestion actions, et puis des gérants d'allocations, avec des
29:33fonds d'allocations, on peut dire que ce n'est pas nous qui tirons la couverture
29:38de la collecte aujourd'hui, c'est vraiment la partie ETF qui est privilégiée.
29:45Et ce qui est assez surprenant, en fait, on fait de nous des efforts chaque année de
29:50baisser nos marges.
29:51Donc, ce qui est plutôt rassurant, c'est de voir que le total expense ratio d'un investissement
29:55en ETF est en train de monter par ailleurs.
29:57Donc, on se dit qu'en moyenne, les courbes, là aussi, vont se recroiser.
30:00C'est-à-dire les ETF vont voir plus cher et la gestion active moins chère ?
30:02C'est déjà un peu le cas.
30:04On a aussi les ETF actifs qui sont un petit peu…
30:06Par exemple, ils sont en train de récupérer la marge là-dessus, et puis vous avez souvent
30:10ce que les gens oublient.
30:11Je ne suis pas là pour faire une diatribe anti-ETF, parce que ce n'est pas du tout
30:13le cas, on les utilise et on est très heureux de les utiliser, mais parfois, on oublie
30:17que l'ETF, lorsqu'on le négocie, on l'achète sur un marché sur lequel il y a une fourchette
30:21de cotation qui, parfois, représente, entre l'offre et l'achat, quasiment une année
30:25de frais de gestion pour cet ETF.
30:27Et puis, quand vous l'achetez sur un marché, vous avez un règlement livraison, vous avez
30:30des frais d'exécution, vous avez de l'impôt qui vient s'appliquer dessus, vous avez
30:33toute cette chaîne de traitement informatique que représente l'opération boursière,
30:38et on l'oublie souvent, alors qu'acheter un OPCVM, par exemple, peut coûter quelques
30:42euros ou même parfois zéro, suivant votre banque.
30:46Donc, ce que je veux dire, c'est que le coût total dans la gestion, et quand on parle
30:51de value for money pour les clients, c'est-à-dire à quel point un fonds de fonds, par exemple,
30:55peut être impacté par les coûts directs et indirects, parfois, on trouve aujourd'hui
30:59des fonds de gestion active qui nous reviennent moins chers que des ETF équivalents.
31:02Et là, on parlait, par exemple, de la partie obligataire, sur la partie AID, par exemple,
31:05vous avez des très bons fonds de gestion active qui sont aujourd'hui tarifés pour
31:08des institutions au même prix qu'un ETF, avec la qualité d'une gestion derrière.
31:12C'est intéressant, parce qu'on a ce vieux débat gestion active, gestion passive, on
31:16a souvent, on sait que c'est difficile de battre le marché, donc de battre son indice,
31:21et certains disent, on ne le voit pas, parce que pour l'instant, le marché monte.
31:24On pourrait préciser ce propos, Fabrice, il est difficile de battre un marché très
31:28haussier quand on est dans la gestion active.
31:30Dans les marchés baissistes, c'est là que, généralement, la gestion active fait mieux.
31:33Alors, justement, on ne nous souhaite pas, sur ce plateau, une grosse baisse pour voir
31:37si les ETF vont mieux performer ou moins bien performer que les gestions actives, mais c'est
31:41vrai qu'on pourrait avoir cette revanche du géant actif qui, à un moment, de par
31:44cette allocation, ne va pas mécaniquement être entraînée, peut-être, par des grosses
31:48valeurs qui pourraient décaler.
31:49Oui, enfin, il y a des raisons très techniques à cela, qui ne sont pas simplement liées
31:52aux frais.
31:53Souvent, la gestion active a un coussin de liquidité dans les portefeuilles, tout simplement
31:57pour faire face à des souscriptions d'achat régulière.
31:59On n'est pas investi à 100%.
32:00Et donc, ils ne sont pas tout à fait investis à 100%.
32:01Et donc, mécaniquement, quand on est un marché très violemment haussier, on peut avoir
32:05un petit lag, un petit décalage, tout simplement lié au fait qu'avec 5% de liquidité, quand
32:09vous prenez 10%, vous avez un 0,5% de sous-performance qui s'affiche et qui est un peu difficile
32:14à rattraper par l'allocation.
32:16Donc, mécaniquement, on a ces effets-là dans un sens, mais aussi, à l'inverse, dans
32:20un marché plus baissier, la gestion active va pouvoir être un peu moins concentrée
32:24que la gestion ETF.
32:26N'oubliez pas que, par exemple, le CAC 40, à une époque, avait un VAMH qui était sur
32:30des poids qu'aucun gérant actif ne pouvait mettre en portefeuille.
32:34On parlait de la Chine tout à l'heure.
32:36Moi, l'ETF que j'ai sur la Chine dans mes portefeuilles, 33% de l'ETF, c'est deux valeurs,
32:42Alibaba et Tencent.
32:43D'ailleurs, c'est pour ça que je l'ai acheté.
32:45Mais c'est simplement pour dire que dans un marché de rattrapage, c'est extrêmement
32:48performant.
32:49Lorsque vous avez un marché qui a trouvé un prix à peu près d'équilibre, avoir une
32:53gestion un peu plus diversifiée que l'ETF, ça peut porter du sens.
32:56Gérald, grand commentaire sur ce match, gestion active, gestion passive.
33:00Pour moi, il n'y a pas de match.
33:02D'ailleurs, ça a été dit effectivement par François.
33:04Pour moi, ce sont deux types de gestion qui sont complémentaires et qui doivent correspondre
33:09à des clients, parfois les mêmes, parfois très différents.
33:11Et vous recommandez les deux ?
33:12Oui, bien sûr.
33:13On recommande les deux selon les moments de marché, comme on aime à le dire, selon
33:17aussi les catégories.
33:19C'est évident que sur le high yield, c'est plus compliqué d'acheter un ETF parce qu'acheter
33:23un indice qui va pondérer a priori les boîtes qui le sont le plus endettées parce que du
33:27coup, les plus représentées dans l'indice, ça fait moins de sens.
33:30Tout comme acheter des ETF de petite et moyenne capitalisation, ce n'est quand même pas non
33:35plus très pratique parce que la liquidité, parce que ceci, parce que cela.
33:38Donc, il y a des segments de marché où ça ne sert à rien et pas toujours dans le même
33:43sens.
33:44Par exemple, l'Inde qui a été un peu la hype 2023-2024, l'Inde, c'était plus sympa
33:49de faire des gestions actives qui ont des biaises mid où ça a super bien marché que
33:54faire des gros ETF qui sont très large cap et qui ont sous-performé.
33:57Donc, en fait, pour moi, il n'y a pas d'opposition, il y a des choix à faire par moment et c'est
34:01comme ça qu'on le voit et qu'on le conseille à nos clients.
34:04Par contre, j'aimerais bien y rebondir sur un point sur les résultats Rostock 50 et
34:09Euro et de le décaler sur les États-Unis parce que probablement, on va parler des
34:13résultats aux États-Unis qui continuent de sortir et plutôt pas mal.
34:16Il y a un point qui est très intéressant dans les publications de résultats aux États-Unis.
34:20Donc, on est là sur des rythmes de quasiment 17% d'un trimestre à l'autre, ce qui est
34:24un record depuis, je crois, 2021 où on était à 31% sortie de Covid, donc effet de base
34:29et autres.
34:30Donc, ce qui va nous mettre sur l'année à autour de 10% et on attend 13% je crois
34:34sur 2025.
34:35Mais ce qui est très intéressant, c'est que sur ce quatrième trimestre où on a vu
34:39le dollar contre un panier de devises larges, le fameux DXY Index, on a vu le dollar s'apprécier
34:44de l'ordre de 8%.
34:45Dans le même temps, on a eu, quand on regarde dans les sociétés du S&P 500 qui ont publié,
34:51toutes celles qui ont des résultats à plus de 50% en dehors des États-Unis ont vu leurs
34:57résultats progresser de 20%, alors que celles qui ont moins de 50% ont vu leurs résultats
35:01progresser de l'ordre, si je ne dis pas de bêtises, de 14%.
35:05Donc en fait, ce sont celles qui, a priori, devaient être impactées négativement par
35:09la hausse du dollar qui au quatrième trimestre, comparé au quatrième trimestre 2023, sont
35:15le mieux sorti.
35:16Et ça, ça interpelle.
35:17Alors, ce n'est pas ce qui est prévu pour le moment sur Q1'25 et Q2'25.
35:21Là, ça s'inverse un tout petit peu, c'est plus favorable, mais c'est étonnant déjà
35:25et ça interpelle.
35:26Oui, tout à fait.
35:27Bien sûr, je profite de votre venue, messieurs, pour vous poser la traditionnelle question
35:31puisqu'on est, je vous le disais, à quelques encablures du record.
35:34Pour ceux qui nous regardent ce soir, qui se demandent qu'est-ce qu'on fait maintenant,
35:37est-ce qu'on continue actifs risqués toussus ? Mathieu Barrière, qu'est-ce que vous en
35:41pensez ? Quelle est votre allocation en ce moment ?
35:44Actifs risqués toussus raisonnables, on reste dans les actifs risqués.
35:50Piste rouge, piste noire ?
35:51Voilà.
35:52Rouge, rouge qui tangente le noir.
35:54Non, on reste surpondérés en actifs risqués.
35:57Ensuite, on l'a évoqué, la performance des marchés mondiaux est extrêmement disparate
36:03depuis le début de l'année.
36:04Typiquement, on conserve un biais sur les actions chinoises.
36:07Au sein des actions chinoises, il y a deux histoires actuellement.
36:11On a évoqué Alibaba à 1,50%.
36:14C'est impressionnant, sachant qu'Alibaba est toujours en baisse de 60% depuis les plus
36:19hauts.
36:20Il peut y avoir encore de la place vers le haut, comme il y a encore le double quasiment
36:25pour attraper les points hauts de 21%.
36:27Sur quelle société ?
36:28Le Hang Seng Tech, la tech chinoise.
36:31Exactement, le Hang Seng qui fonctionne bien depuis le début de l'année.
36:34Les entreprises basées à Hong Kong, les entreprises chinoises listées à Hong Kong, c'est plus
36:3816, plus 17% depuis le début de l'année, dans le même temps.
36:40Il y a eu un coup de fouet depuis DeepSeek, il y avait un moment DeepSeek ?
36:44Oui, et je pense qu'il y a aussi une histoire de flux, parce que sur la bourse de Shanghai,
36:50juste de l'autre côté, quelques dizaines de kilomètres, on est à environ 0% au début
36:54de l'année.
36:55C'est un marché qui était plus cher, donc il y a eu une espèce d'achat précipité
37:01de values chinoises, technologiques, de croissance à prix pas trop cher et facilement accessible.
37:07Hong Kong en premier, qui en plus est dans plus d'indices dans les histoires institutionnelles,
37:13et il était temps justement de commencer à réduire un peu cette partie hongkongaise
37:17pour revenir sur les valeurs de croissance séculaire chinoise plutôt listées à l'intérieur
37:22de la Chine.
37:23Donc la Chine ?
37:25Ça c'est un basculement au sein de la Chine, mais typiquement je pense qu'il ne faut pas
37:29donner trop d'importance sur ces mouvements de tout début d'année, on a quand même
37:32souvent des inversions très fortes de tendance, qui sont plutôt l'occasion de reprendre
37:37un peu le positionnement qu'on pouvait avoir antérieurement.
37:40Typiquement au sein des émergents, on voit aussi quelles sont les devises, on parle
37:44peu des devises, mais dans les grands performeurs, on a eu le One Coréen, qui avait énormément
37:48souffert à cause des troubles politiques, et le Real également.
37:53Donc finalement il y a un côté retour à la moyenne très fort en début d'année,
37:56il a été bien joué, il faut peut-être diminuer.
37:57Je précise, je parlais plus par rapport à ces devises, on va dire un peu exotiques,
38:01mais que vous suivez admirablement chez Odo BHF.
38:03Pour ceux qui regardent le marché de France, qu'ils se demandent sur quoi je peux investir,
38:07c'est quoi ? C'est Europe, Etats-Unis, Chine, on en remet, on repondait un petit peu ?
38:12Sur l'Europe, on diminue un tout petit peu la surpondération qu'on avait dans nos portefeuilles,
38:18c'est vrai qu'on rentre dans une période de troubles, on a évoqué le fait qu'on
38:21pouvait avoir des replis de marché, 5%, 10%, il faudra les mettre à profit.
38:27Et sur les US, on reste investi ? Sur les US, on reste investi, avec toujours
38:33un positionnement un peu plus vers les mid-cap et moins concentré.
38:41Là, on ne revient pas tout de suite sur, on va dire, la pure valeur de la bulalie,
38:47et on conserve notre positionnement un peu software versus semi.
38:51Très bien. François Chollet, alors vous qui nous aviez annoncé tout ce qu'il fallait
38:54faire à la fin. Dites-nous pour les prochains mois.
38:57Je vais être honnête, je pensais qu'on aurait un rallye de fin d'année, objectivement on
38:59l'a eu plutôt en janvier qu'en fin d'année, et c'est vrai qu'on avait des positions
39:03qui étaient plutôt marquées. Il ne fallait pas se désespérer et tout jeter
39:05par-dessus le bord fin décembre. Oui, on a eu une séance qui était un peu
39:10une petite séance de capitulation, je me souviens d'un vendredi à moins 70 ou moins 50 en séance
39:15et qui était un peu inquiétante, notamment pour l'indice K40, dont très sincèrement
39:19on a beaucoup de réussite dans nos gestions. Est-ce qu'on continue ce que vous nous avez
39:24dit ? Small limit cap ? Alors small limit je pense que c'est vraiment
39:27là pour le coup qu'il se passe quelque chose, tout simplement parce qu'on retrouve des
39:33carnets d'ordre équilibrés, on retrouve de l'intérêt et de l'attractivité, on
39:37retrouve des opérations financières, enfin on a un peu un terreau favorable et ça faisait
39:43longtemps qu'on ne l'avait pas vu, et le fait qu'il n'y ait pas de sous-performance
39:46déjà et qu'il n'y ait plus de flux sortant de cette classe d'actifs suffit déjà à
39:50rééquilibrer ce marché. Alors quand je dis cela, il faut faire attention parce que
39:55les mids n'ont pas non plus totalement démérité depuis quelques années, c'est vraiment
40:00quand on est en dessous du milliard de capi qu'on a ce sujet de totale sous-valorisation
40:06qui est encore valide au moment où je vous parle. C'est pas très simple à adresser
40:10ce marché tout simplement parce que malgré les grandes banques européennes qui couvrent
40:14bien la recherche des small mids, je dois dire qu'on a de moins en moins d'analyses
40:18financières donc c'est souvent des process courantes qui nous permettent d'aller sélectionner
40:23les titres. Nous on a un fonds qui fait cela et c'est un fonds qui est très actif, qui
40:29tourne beaucoup, qui est sur 120 valeurs donc il y a très peu de risques sur une valeur
40:34et c'est très difficile à faire. Je pense qu'on a un avenir là-dedans par exemple
40:39par rapport aux ETF mais c'est vrai que c'est une catégorie qui est de plus en plus difficile
40:44à manier. Autant on a beaucoup de facilité à traiter les large caps, autant même dans
40:48la négociation les small mids c'est un vrai savoir-faire.
40:51Donc small mids c'est noté. L'Europe toujours ?
40:52L'Europe, moi je commence à penser un peu neutre oui, pour l'instant c'est un tout petit
40:57mouvement, on a juste remis des portefeuilles, on a encaissé une partie des gains et c'est
41:01très raisonnable tout simplement parce qu'on a des ratios prudentiels à respecter pour
41:06les clients et les mandats mais c'est encore très léger, on est encore full investi notamment
41:11sur les PEA par exemple dans notre gestion mais c'est vrai que c'est quelque chose qu'on
41:15regarde avec un peu de discernement et on commence à faire entrer des choses un peu
41:19diversifiantes ou essayer de trouver le moyen d'aller sur des choses un peu moins volatiles.
41:24Alors on a des thématiques dividendes qui marchent aussi assez bien, donc on a un petit
41:27rattrapage des thématiques value depuis le début de l'année par rapport à la croissance
41:32mais je crois que c'est fondé, les valeurs de qualité et de croissance au bilan solide
41:37capable de distribuer des dividendes en croissance régulière sont plutôt de nature à être
41:42assurantes dans ces marchés.
41:43Gérald Grant, même question, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on a fait pour
41:46les meilleurs fonds ? Alors c'est pas évident de vous en être là, vous n'avez pas égratigné
41:49les émergences ?
41:50Forcément non mais plutôt que de répéter des choses sur l'Europe ou les Etats-Unis
41:53je vais peut-être parler un petit peu de quelque chose que l'on aime bien, ce sont
41:57dans les émergences, ce que l'on appelle nous les émergents de niche, alors on n'est
42:00pas les seuls probablement à les appeler comme ça mais effectivement on avait plutôt
42:04assez bien vu, alors l'Inde n'est pas de niche mais on avait assez bien vu la bascule
42:08Chine-Inde, on a également décidé de conseiller à nos clients de commencer à diminuer l'Inde
42:15dès le mois de septembre et on est quasiment sortis en début d'année pour insister plus
42:21sur ces fameux émergents de niche et dans ces émergents de niche on pense notamment
42:25aux marchés frontières alors qu'ils ont des biais, bien sûr il peut y avoir du biais
42:29Moyen-Orient, il peut y avoir des biais aussi un peu bancaires, enfin il y a quelques biais
42:33mais ce qui est intéressant c'est qu'il n'y a pas forcément, les valorisations sont
42:37toujours intéressantes mais il y a de la croissance et ce n'est pas forcément uniquement
42:40drivé par les grands flux de bascule que l'on peut voir Inde versus Chine même si
42:45on n'a pas totalement répondu tout à l'heure à votre question sur la Chine même si on
42:48en a parlé par la suite, la Chine il y a des choses intéressantes à faire mais effectivement
42:52de façon peut-être, il faut bien être sélectif.
42:55Tiens petite parenthèse, on a beaucoup parlé du Japon en début d'année, puisqu'il y
42:59a eu un fameux mi-août à peu près, il y a eu une petite déflagration, ça a peut-être
43:03froidi un peu les ardeurs, qu'est-ce qu'on fait sur le Japon ?
43:05Ce qu'on aime bien dans le Japon, même si le début d'année n'est pas flatteur pour
43:09le Japon, mais ce que nous aimons bien sur le Japon c'est que c'est un des rares marchés
43:13développés qui est finalement assez décorrélé des deux grands autres que sont Etats-Unis
43:16et Europe, c'est-à-dire que souvent ils se complètent dans leur mouvement et c'est
43:20quand même assez rare donc c'est vrai que Etats-Unis et Europe ça marche plus ou moins
43:24dans le même sens avec un bêta en général plus fort pour l'Europe à la baisse et pour
43:30les Etats-Unis à la hausse malheureusement, sauf en ce début d'année, mais sur le Japon
43:34ce que l'on aime bien c'est cela, alors mise à part les problématiques de devise
43:37parce que parfois on nous dit « ah ouais mais ce qu'on gagne sur le marché on perd
43:41sur la devise », il y a aussi des moments où ça va dans le bon sens des deux côtés
43:44donc on aime bien en avoir un petit peu.
43:46Très bien, voilà ce qu'on pouvait dire sur ces marchés, merci pour vos lumières
43:50messieurs.
43:51Merci, je rappelle que vous êtes responsable de l'allocation active chez Odo BHF AM,
43:55on va avoir un oeil sur ces élections le week-end prochain.
43:59Merci à Gérald Grant de Fandesis, directeur associé et enfin merci à François Chollet
44:04le président de Montségur Finance.
44:06Dans un instant on continue sur Marché Athème, on va s'intéresser aux grandes tendances
44:11de l'investissement sur l'intelligence artificielle, à tout de suite.
44:21Et dans Marché Athème, on s'intéresse au sujet du moment, c'est l'intelligence
44:28artificielle, difficile évidemment de passer à côté, on a des révélations tous les
44:31jours sur ce nouveau monde, que ce soit DeepSeek, le Trubillon chinois, Mistral avec le chat
44:37ou encore d'autres.
44:38Pour en parler, on va discuter justement de ces investissements technologiques avec
44:42une spécialiste, c'est Elina Berrewi.
44:44Bonjour Elina.
44:45Bonjour Fabrice.
44:46Vous êtes associée et fondatrice chez Revaya, un fonds de growth tech européen.
44:50Un petit mot justement de présentation sur Revaya.
44:53Oui, donc Revaya, on est une société d'investissement spécialiste notamment dans l'univers du
44:57logiciel et notre métier c'est d'accompagner des entreprises partout en Europe et les emmener
45:02à une taille mondiale.
45:03On fait ça depuis Paris, Londres et Berlin.
45:06D'accord.
45:07Vous étiez au Grand Palais il y a quelques jours ?
45:08Absolument.
45:09Très bien.
45:10Et vous avez sorti The French AI Report 2024, une analyse approfondie des tendances d'investissement
45:16et des défis technologiques liés à l'IA.
45:18Vous avez fait ça avec le fonds Early Stage Galleon et Chausson Partners.
45:22Il nous apprend plein de choses ce rapport, on va le détailler ensemble.
45:26Tout d'abord, la volatilité des marchés tech, c'est vrai qu'on voit ces valorisations.
45:32On a eu encore un exemple il y a quelques semaines avec une annonce, l'IA chinoise qui
45:36arrive et 1 000 milliards de capitalisations qui sont parties en fumée.
45:40Tout le monde s'est un peu inquiété.
45:41On est revenu un peu à la normale depuis.
45:43Mais c'est vrai qu'on entend un peu tout et n'importe quoi sur ces valorisations des
45:47entreprises IA aujourd'hui.
45:48Est-ce qu'on peut faire un point ensemble ?
45:49Alors si on zoome sur l'écosystème des startups européennes, nous on a plutôt observé
45:54que dans le domaine de l'IA, les valorisations se tenaient plutôt bien.
45:57Il y a même plutôt une inflation des valorisations et c'est lié au fait que ces sociétés
46:03développent des solutions qui en fait sont adoptées assez vite par les clients puisqu'elles
46:07démontrent un potentiel de gain de productivité ou de l'automatisation.
46:11Et donc on a plutôt vu des valorisations en augmentation, des montants levés qui sont
46:16entre 1,5 et 4 fois plus élevés que pour des sociétés de logiciels traditionnels.
46:21Et par ailleurs, ce domaine de l'IA capture aujourd'hui 20% des financements de la tech
46:28en Europe.
46:29Et c'est un chiffre qui est en croissance.
46:31Entre 1,5 et 4 fois des valorisations qu'on peut avoir sur les logiciels dits traditionnels.
46:36J'ai l'impression Emilia qu'on est un peu revenu peut-être à la tech des années 2000.
46:41Il fallait mettre point com et votre valorisation a explosé.
46:43Est-ce qu'on n'est pas dans cet effet à l'eau sur l'IA en ce moment ?
46:46On peut se poser la question.
46:47Ensuite, charge aux investisseurs de distinguer le bon grain de l'ivraie.
46:52Mais il est vrai qu'on a observé que du côté des clients, donc des entreprises elles-mêmes,
46:56il y avait une adoption, en tout cas une propension en ce moment à tester beaucoup de solutions.
47:01Donc ça montre des chiffres d'affaires assez croissants dans les sociétés, les startups
47:06de l'IA.
47:07Néanmoins, il faut être vigilant et s'assurer qu'en effet les entreprises gardent ces solutions
47:13au long cours.
47:14Et là, on est encore un petit peu tôt dans le marché, donc on ne sait pas si on va perdre
47:16des clients parce qu'ils se rendent compte qu'il y a une meilleure solution qui vient
47:20d'être lancée.
47:21Bien sûr.
47:22Une meilleure, moins chère.
47:23Une meilleure, voilà.
47:24C'est vrai que ça peut rebattre l'écart.
47:25En tout cas, c'est vrai qu'on est toujours étonnés, voire effarés des levées de fonds.
47:28Je ne parle même pas aux Etats-Unis où on est vraiment sur des dizaines, voire des
47:30centaines de milliards d'investissements.
47:32En France ou en tout cas en Europe, qu'est-ce qu'on voit ? Justement 2024, ça a déjà
47:37été une année clé où il y a eu beaucoup d'investissements.
47:38Oui, on se défend bien en Europe.
47:40On a eu un certain nombre de levées un peu phares, comme Mistral en France avec plus
47:44de 600 millions d'euros sur les modèles de fondation.
47:48Dans l'univers de la conduite autonome, on a eu Wave avec quasiment un milliard d'euros
47:52de levées, ou bien dans la défense avec Helsing, 450 millions d'euros.
47:56Ce qui est intéressant de constater, c'est que c'est simplement la face émergée de
48:00l'iceberg puisque 70% du financement a lieu dans les premiers tours de table.
48:05Cela démontre qu'on a encore un potentiel de faire croître les financements Growth
48:11et quand les sociétés passent à l'échelle.
48:13Très bien.
48:14Justement, quand on se compare, c'est vrai qu'on a l'impression qu'on est un peu des
48:17nains au niveau de la techno.
48:19Pourtant, vous nous dites, et c'est rassurant, qu'on a une vraie carte à jouer en Europe.
48:23Absolument.
48:24Si on regarde sur les cinq dernières années, les principaux hubs technologiques de l'IA
48:29en Europe, que sont le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, ont investi de façon continue
48:36dans l'IA et de façon croissante.
48:38La France, c'est 22% des investissements en IA, donc derrière le Royaume-Uni mais devant
48:44l'Allemagne.
48:45L'un des défis qu'on a à relever, c'est le financement au stade croissance Scale-up
48:51où encore 50% des levées de fonds sont faites par des fonds internationaux, dont des fonds
48:55américains.
48:56Oui.
48:57Il faut bien noter que l'Europe prend en main son destin puisqu'il y a une initiative
49:01qui s'appelle les champions européens de l'IA, qui a mobilisé 150 milliards d'investissements
49:07privés dans l'IA et 50 milliards de financements publics annoncés par la Commission européenne.
49:12Donc on prend en main notre destin.
49:14Est-ce que c'est suffisant ? Quand on voit les échelles, est-ce que par exemple des
49:18groupes comme Meta, Google, Amazon, Microsoft sont en train de mettre l'impression qu'ils
49:22les mettent tout seuls avec leur trésorerie ? Est-ce que c'est suffisant pour l'Europe ?
49:28C'est une bonne question.
49:29Je pense que là, vous touchez du doigt le sujet de l'investissement des corporates et
49:34en effet, l'émergence d'un écosystème puissant, résilient en Europe sur l'IA ne doit pas
49:41reposer que sur les investisseurs de type fonds, mais également sur les entreprises
49:45elles-mêmes.
49:46Et donc ce travail de transformation, c'est en fait à chaque entreprise qui en a les
49:50moyens et notamment les grandes entreprises qui ont de la trésorerie, de prendre la mesure
49:55de cette vague technologique et de saisir un peu, évidemment, de l'opportunité.
50:01Alors Elina, si vous le voulez, on va rentrer un petit peu dans le concret avec justement
50:05qu'est-ce qu'on fait spécifiquement avec l'intelligence artificielle ? Quels sont
50:09justement les segments les plus dynamiques en ce moment ?
50:11Oui.
50:12Alors pour essayer de simplifier, nous on a classé trois grandes catégories de start-up
50:16dans l'IA.
50:17D'une part, les applications horizontales, donc là c'est des solutions génériques
50:20qu'on fait de l'automatisation ou de la gestion de données par exemple pour toutes
50:24les industries, toutes les entreprises.
50:26Deuxième catégorie, les applications verticales, où là on s'adresse spécifiquement à un
50:31domaine, la santé, le juridique ou autre.
50:33Troisième typologie d'investissement, l'infrastructure IA, donc là c'est les modèles de fondation,
50:40les plateformes cloud.
50:41Dans notre rapport, on a choisi de zoomer un petit peu sur certaines thématiques qui
50:45nous semblaient porteuses.
50:46L'univers de la santé par exemple, en France, on compte d'ores et déjà une soixantaine
50:50de start-up qui sont dédiées à l'innovation en santé.
50:54Et celles-ci ont levé plus de 150 millions d'euros de capitaux en 2024, donc c'est le
50:59début de cet écosystème-là.
51:01Donc on file en première levée.
51:02En amorçage ou c'est rien.
51:03Et deuxième catégorie, l'univers du climat, où là aussi on a compté une soixantaine
51:08de sociétés en France et un secteur qui est encore à développer.
51:12On s'intéresse également au rôle des investisseurs américains et européens qui financent justement
51:18aujourd'hui, vous avez parlé peut-être des américains qui viennent en deuxième rideau
51:22on va dire avec les poches un peu plus profondes.
51:23Oui.
51:24Donc là, la chaîne de valeur, c'est très simplement sur les premiers tours de table
51:29principalement des fonds européens, sur les tours de table qu'on appelle late stage ou
51:33tours de croissance avec des fonds américains, principalement en tout cas à hauteur de 50%
51:38des montants levés.
51:39Et ensuite troisième catégorie qui est assez importante et qu'on évoquait un peu avant
51:42qui sont les corporate et les institutions publiques qui représentent 16% des financements
51:47à partir des tours de série B, donc qui sont ces tours qui commencent à être plus
51:49substantiels.
51:50Et là, il faut distinguer le rôle de certains corporate qui, outre le financement, donnent
51:55accès à leur infrastructure, à leurs données, on peut citer le groupe Orange par exemple,
52:00pour contribuer à cet écosystème.
52:02C'est important justement d'ouvrir, pourquoi ? Parce qu'ils ont un grand nombre de data
52:05peut-être pour entraîner des modèles ?
52:06Absolument.
52:07En fait, on se rend compte que dans cette course à l'IA, il y a une vraie valeur à la donnée.
52:13Donc les acteurs type grand groupe, mais aussi type solution de software historique qui capturent
52:19de la donnée, en fait, ont un avantage concurrentiel parce que la donnée est chez eux.
52:23Et ensuite, il y a une partie de l'industrie qui croit qu'il va y avoir une commoditisation
52:28des modèles ou en tout cas un nombre limité de grands modèles qui vont être accessibles
52:32à toutes les entreprises et finalement, la grande valeur est dans la donnée.
52:38On a souvent cette question, est-ce que c'est réservé aux grands groupes ? Vous avez cité
52:42Orange ou à ceux qui ont justement la donnée, sachant que la donnée, il faut aussi qu'elle
52:45soit bien organisée au sein de l'entreprise.
52:47Ça, c'est aussi une des clés.
52:49Ça crée quantité d'opportunités pour les sociétés technologiques et pour les start-up
52:56justement d'aller travailler main dans la main avec leurs clients pour traiter la donnée,
53:02la stocker de la bonne façon, développer tout l'écosystème d'applications qui permet
53:06de faire de cette donnée ultimement un service et un process qui dans son entièreté peut
53:10être davantage automatisé ou plus rapide ou au contraire dans la santé, délivrer
53:15des innovations qu'on ne peut pas encore rêver.
53:19Bien sûr.
53:20Alors, les innovations bien sûr, mais c'est vrai qu'on s'est beaucoup posé la question
53:22aussi sur le modèle économique.
53:24Pour l'instant, c'est vrai qu'il y a un gros investissement et certains se sont dit
53:27mais au fait, comment on va gagner de l'argent ? Est-ce qu'on va améliorer justement, vous
53:31le disiez, les process, peut-être des découvertes au sein d'une société ? C'est quoi ces
53:35gains de productivité ? Qu'est-ce qu'on vise exactement quand on lance un projet comme
53:39ça dans l'intelligence artificielle ?
53:40Oui, alors c'est là où on peut revenir à nos différentes catégories.
53:43En effet, quand on parle de la catégorie infrastructure et notamment les modèles de
53:47fondation, c'est à ce jour des sociétés qui ont été très intensives en termes de
53:51capital.
53:52Donc, elles ont dû lever beaucoup de capitaux pour finalement une génération de revenus
53:56qui arrive un petit peu après.
53:57Quand on parle des domaines dans l'IA qui sont horizontaux ou bien verticaux, là on
54:03est sur des sociétés qui ont des modèles très simples, qui sont des modèles de software
54:06as a service, de logiciel, d'abonnement et où la monétisation, elle arrive dès que
54:11le service est rendu.
54:12Donc, elle arrive très vite, instantanément.
54:14Après, il va y avoir en effet des domaines qui ne sont pas encore émergés aujourd'hui,
54:20mais je pense à notamment de l'accélération de la recherche médicale.
54:24Là, en effet, l'investissement dans le modèle est très important et la génération de
54:28revenus vient quand le médicament est découvert.
54:30Donc là, ça va être des modèles plus intenses en termes de capitaux.
54:33Oui, alors on est vraiment sur l'IA, effectivement, infrastructure horizontale, verticale, on
54:37a bien compris.
54:38Est-ce que vous prenez en compte également tout ce qui est infrastructure, mais physique
54:42comme les data centers ? Est-ce que ça fait partie des investissements de l'IA ?
54:45Oui, c'est juste.
54:46Donc, on les inclut dans notre rapport.
54:48Ce qui est intéressant sur le domaine de l'infrastructure, c'est que c'est d'autres
54:51typologies d'investisseurs qui vont justement apporter leur pierre à l'édifice.
54:55Et là, ce sont des fonds d'infrastructure qui, depuis des dizaines d'années, investissent
54:59dans l'univers du cloud et dans les data centers.
55:02Et donc, ces investisseurs-là viennent en quelque sorte en relais ou en complément
55:07de l'investissement que des gens comme nous, des fonds de capital risque et des fonds de
55:10croissance, faisons dans les solutions elles-mêmes.
55:13Donc, ce qui est assez fascinant dans cet écosystème de l'IA, c'est qu'il y a en fait
55:17une mobilisation très importante qui est nécessaire de toute une chaîne de valeur
55:22du financement qui va du capital risqueur au fonds d'infrastructure en passant par
55:26la puissance publique et en passant par les grands corporate.
55:29Donc, c'est une opportunité vraiment formidable pour tout un univers de collaborer ensemble
55:35à l'émergence de ces technologies.
55:36Et alors, vous qui jouez justement à un fonds, est-ce que les investisseurs, ceux qui nous
55:39regardent, on peut investir justement directement dans un fonds comme ça, spécial IA ?
55:45Oui.
55:46Alors, aujourd'hui, les acteurs historiques de l'investissement en technologie dédient
55:50une partie de plus en plus importante de leur fonds à l'investissement en IA.
55:54Donc, je le disais plus tôt, c'est 20%.
55:55On peut se dire qu'à peu près tout le monde va mettre 20%, voire plus pour certains.
55:58Et ce qui est intéressant, c'est que dans les derniers dispositifs de la loi de finances,
56:02il y a aussi une démocratisation de l'accès à l'investissement technologique via notamment
56:08le dispositif MIDI-JEI, qui permet de défiscaliser des investissements dans des jeunes entreprises
56:16innovantes.
56:17Et par design, les sociétés d'IA sont des jeunes entreprises innovantes.
56:20Oui, tout à fait.
56:21Si on résume, on voit aujourd'hui que l'intelligence artificielle, c'est vraiment une priorité
56:25pour les investisseurs.
56:26Les perspectives, quelles sont-elles justement, si on résume ?
56:30Oui, si on résume, il y a un premier enjeu qui est de faire passer à l'échelle l'ensemble
56:34de ces financements, notamment les financements de croissance.
56:37Comme je le disais, ça passe par une mobilisation de l'écosystème.
56:40Deuxième enjeu, faire passer à l'échelle l'infrastructure, donc c'est les datacenters,
56:44le cloud qui doit développer ces capacités de calcul.
56:47Et troisième enjeu, c'est évidemment assurer la continuité du financement dans des domaines
56:54plus spécifiques, plus techniques, comme la santé, les deep tech et d'autres univers
57:00où on attend des ruptures technologiques.
57:02D'accord.
57:03Et un petit mot de la réglementation.
57:04On était très rapide en Europe à brandir les réglementations avant que ça soit lancé
57:09pratiquement par rapport aux Etats-Unis qui développent avant peut-être de réglementer.
57:14Un petit mot là-dessus.
57:15Oui, pour être dans ce dialogue avec les institutions européennes, il y a vraiment
57:21l'enjeu d'avoir un cadre réglementaire qui reste évidemment très protecteur des données
57:28personnelles et l'Europe a été pionnière dans ce domaine-là.
57:30Néanmoins, si la réglementation va trop loin, il y a un risque pour les startups de devoir
57:35dévoiler leur recette, de devoir dévoiler la source du modèle et la combinaison des
57:41données qui fait la recette.
57:43Et ça, c'est important que la réglementation n'aille pas dans ce niveau de détail parce
57:46qu'on a un enjeu de compétitivité de nos entreprises et quand d'autres continents
57:50ne sont pas soumis aux mêmes réglementations, on a un vrai risque d'avoir du retard sur
57:56la compétitivité de nos modèles.
57:58Voilà ce qu'on peut dire sur ces grandes tendances d'investissement dans l'intelligence
58:01artificielle dont a retrouvé The French AI Report 2024.
58:04Merci Elina Averébi, je rappelle que vous êtes la fondatrice de Réveill1, un fonds
58:10qui est dans la tech et notamment sur ces sujets.
58:12Cette édition de Smart Bourse arrive à son terme, merci de nous avoir suivis toujours
58:16plus nombreux sur les réseaux également et comme la planète finance n'arrête jamais
58:20de tourner, on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau numéro
58:23de Smart Bourse.
58:24Bonne soirée à tous.
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