00:00Une libération de la parole, je ne sais pas, en fait.
00:02Ce que disait très bien le reportage, si vous voulez,
00:04c'est que ça fait quand même plusieurs mois déjà que les victimes
00:06attendent cette rencontre. Je pense que la parole s'est libérée
00:08depuis bien longtemps. On voit bien, au passage,
00:10que François Bayrou, parce que je l'invite à faire,
00:12je trouve ça très bien en matière d'humanité
00:14de recevoir les victimes, c'est très bien, c'est parfait.
00:16Par contre, Jean-Marie Dalbos, avec lequel on était
00:18il n'y a pas très longtemps, nous, à Bétharame,
00:20pour soutenir justement, et pour demander même la fermeture
00:22de cet établissement, parce qu'à un moment il faut être sérieux,
00:24Jean-Marie Dalbos, qui lui a écrit,
00:26qui n'a jamais eu de réponse, n'a pas été reçue.
00:28Vous voyez ce que je veux dire. C'est très bien,
00:30c'est de l'humanité, c'est ce qu'il faut.
00:32Moi, la question que je me pose en termes de décryptage politique,
00:34ça se passe à peau.
00:36On sait bien que François Bayrou a plusieurs casquettes.
00:38Il était quand même
00:40attaqué en tant que Premier ministre.
00:42La vraie question derrière, c'est quand même les questions
00:44qu'on se pose aujourd'hui sur l'ensemble de l'établissement
00:46de Bétharame.
00:48Plusieurs choses. Déjà, je vous parlais avant de Jean-Marie Dalbos.
00:50Jean-Marie Dalbos, son agresseur,
00:52qui a été reconnu par un tribunal canonique
00:54comme pédocriminel,
00:56se trouve aujourd'hui juste en face du collège.
00:58Moi, je pose la question.
01:00Alors même qu'on a quelqu'un qui
01:02est une personne dangereuse,
01:04qui théoriquement ne devrait plus donner la messe
01:06et qui officie tous les jours, je pose la question au ministre de l'Intérieur.
01:08On a l'impression que Bruno Rotailleau a l'air très au fait
01:10et très dynamique sur toutes ces questions-là,
01:12de mettre au propre
01:14l'ensemble du territoire.
01:16Je lui demanderais de voir
01:18qu'il y ait bien un souci d'égalité
01:20qui s'intéresse à Bétharame.
01:22Parce qu'on pense qu'il y a des enfants en danger.
01:24C'est ce qu'on pense, nous, à Mouve Enfant.
01:26Et ce qu'on ne voudrait pas, c'est que ce soit vu comme quelque chose de local.
01:28C'est ce qui se passe aujourd'hui.
01:30Il ne faut pas le perdre de vue.
01:32Le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église
01:34nous a dit qu'il y avait eu 330 000 victimes
01:36de pédocriminalité dans l'église en 70 ans.
01:3813 enfants par jour.
01:4023% de ces crimes ont eu lieu dans des établissements privés sous contrat.
01:42Comment se fait-il que l'Éducation nationale
01:44ne fait aucun contrôle ?
01:46Bétharame, il n'y a pas eu de contrôle depuis 30 ans.
01:48Et ça continue encore aujourd'hui.
01:52La parole, en réalité, il faut qu'on arrête un peu avec cette histoire-là.
01:54La parole, elle s'est toujours libérée.
01:56Les enfants parlent, etc.
01:58Les enfants à Bétharame, quand ils parlaient,
02:00on leur mettait des baffes, voire autre chose, etc.
02:02C'est ça, en fait, c'est ce que nous disent les victimes.
02:04Par contre, nous ne sommes pas capables de les protéger.
02:06Donc, il ne faut pas que ça se nuite, en fait, à peau.
02:08C'est sur tout le territoire national.
02:10Et je poserai une question, voyez-moi.
02:12Combien de Bétharame, quand il y a 23% des crimes parents sexuels
02:14sur mineurs qui ont eu lieu
02:16au sein d'établissements catholiques sous contrat,
02:18combien de Bétharame en France ?
02:20Je vais vous donner un seul exemple.
02:22Moi, mon géniteur, qui était quelqu'un d'extrêmement,
02:24qui est d'ailleurs toujours quelqu'un d'extrêmement violent,
02:26moi, je me rappelle très bien, je suis d'origine bretonne,
02:28il était dans un collège,
02:30un établissement privé du côté de Trégué.
02:32Il le disait, les moines, en fait,
02:34comment dire,
02:36les savatés, etc.
02:38C'était la manière dont ça se passait.
02:40Combien de Bétharame aujourd'hui ?
02:42C'est ça, en fait, la question qu'on doit se poser.
02:44Et quand on est dans un État de droit, théoriquement,
02:46l'éducation nationale doit se saisir.
02:48On l'entend, l'éducation nationale ? On l'entend, Elisabeth Born ?
02:50On ne l'entend pas. On l'entend, le ministre de l'Intérieur ?
02:52On ne l'entend pas.
02:54On l'entend, la ministre des Sports,
02:56alors même qu'il y a un agrément jeunesse et sport
02:58au niveau de Bétharame, qui permet encore aujourd'hui
03:00à des prêtres de recevoir des enfants
03:02sur Bétharame ? On ne l'entend pas.
03:04Donc, qu'on arrête un peu tout ce truc-là.
03:06C'est bien l'humanité, c'est bien le service après-vente.
03:08C'est très bien pour les victimes. J'espère, effectivement,
03:10que ça ira au bout. Mais ne perdons pas
03:12le jeu politique qui doit se passer aussi
03:14sur tout le territoire de la République.
03:16Et nous, là, on a un point de vigilance, on voit bien.
03:18Enfin, je veux dire, c'est un peu poussif.
03:20Ok, d'accord, soit les victimes, c'est une bonne chose,
03:22mais quand même, elles ont attendu combien de temps ?
03:24Vous voyez ce que je veux dire ? Il faut être calme, un peu sérieux.
03:26Moi, je me vis avec un peu de colère.
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