00:00On va partir, si vous le voulez bien, Marisol Touraine, à Marseille, où Olivier Biscay, qui est le directeur de la rédaction de La Provence, notre partenaire, a une question à vous poser. Olivier Biscay.
00:10Marisol Touraine, bonjour. La ministre Catherine Vautrin a indiqué sa préférence pour un seul texte de loi concernant la fin de vie,
00:18ce qui permet, selon elle, de prendre d'un côté les soins palliatifs et le côté fin de vie.
00:24Elle s'est ainsi démarquée du Premier ministre François Bayrou, qui souhaite scinder le texte en deux. Où vous positionnez-vous de votre côté ?
00:32Je suis résolument en faveur d'un texte unique aujourd'hui pour plusieurs raisons. D'abord parce que je refuse vraiment d'opposer les soins palliatifs à l'aide à mourir.
00:46Je crois vraiment que des personnes malades qui souffrent doivent évidemment être accompagnées. La question des soins palliatifs n'est pas en débat.
00:56Personne ne dit qu'il ne faut pas développer les soins palliatifs. En revanche, savoir que si la souffrance est là, qu'elle soit psychologique ou physique,
01:06on pourra compter sur une aide à mourir peu rassurée, peu apaisée et peu permettant d'affronter les difficultés.
01:17Je souhaite pour ma part qu'une loi qui est attendue par les Français puisse être votée. Et pour qu'une telle loi soit votée,
01:26il est sans doute nécessaire de conserver l'architecture que les parlementaires ont construite, parce que ce sont les parlementaires qui se sont engagés.
01:35– Retour à Marseille, depuis la rédaction de La Provence, Olivier Biscay.
01:39– Les Français plébiscitent l'idée d'un référendum, notamment sur la fin de vie. Le chef de l'État doit-il répondre positivement ?
01:47– Écoutez, s'il y a un sujet sur lequel un référendum est envisageable, c'est celui de la fin de vie.
01:54Mais je voudrais vous dire que je suis toujours un peu réservée sur cette idée de référendum,
02:01parce qu'on a le sentiment que les Français vont pouvoir choisir dans le détail ce qu'ils voudraient,
02:08alors qu'en réalité, un référendum, ce n'est pas 15 questions où on répond par oui ou par non.
02:15On propose un projet de loi avec ce qui plaît, ce qui plaît moins. Et c'est sur un texte global qu'on doit se prononcer.
02:23Ça n'est pas toujours si simple que cela. C'est la raison pour laquelle, souvent, les référendums reviennent en boomerang,
02:30dans la figure de ceux qui les ont proposés.
02:33– Marisol Touraine, on repart pour Marseille. Olivier Biscay.
02:36– À titre personnel, Marisol Touraine, êtes-vous favorable à l'aide à mourir ?
02:40– Oui, je suis favorable à l'aide à mourir. Je le suis depuis longtemps,
02:45parce que je crois que les Français, aujourd'hui, souhaitent pouvoir choisir la manière dont ils vont finir leur vie,
02:56de même qu'ils souhaitent pouvoir choisir le plus possible la manière dont ils vivent tout au long de leur vie.
03:01La société a évolué, nous sommes dans un moment où les conceptions personnelles, individuelles,
03:10l'emportent sur des convictions plus collectives, spirituelles, religieuses,
03:16même si celles-ci sont extraordinairement respectables.
03:19Et donc, moi, je suis favorable à cette évolution dont je veux dire qu'elle n'enlève rien à personne.
03:27C'est une loi qui ouvre une liberté, sans en retirer à qui que ce soit.
03:33Il ne s'agit pas d'imposer l'aide à mourir, mais de la permettre à ceux qui la souhaitent,
03:38même s'ils sont très peu nombreux dans notre pays.
03:40– Et puis la lune de la Provence, pour conclure cette séquence de notre partenaire dans le sud,
03:45c'est Marseille à l'heure indienne, avec Emmanuel Macron qui, vous le voyez, salue dans la cité phocéenne.
Commentaires