00:00Moi, mon client, quand il est interpellé, il est interpellé, il est minuit 40,
00:03il est interpellé à son domicile, puisqu'ils sont venus le chercher à son domicile.
00:06Au domicile de sa mère, donc ?
00:07Au domicile de sa mère, donc à son domicile, puisqu'il y réside.
00:10Moi, à ce moment-là, je ne suis pas désignée,
00:12puisque mon client, quand il est interpellé, il ne sait pas trop ce qui se passe.
00:16On lui dit, mais bon, il a 23 ans, il faut quand même remettre ça dans le contexte.
00:19Et ensuite de quoi, quand il est placé en garde à vue,
00:21il ne fait pas appel à mes services et il ne fait d'ailleurs appel à aucun service d'avocat.
00:26Parce que les policiers lui disent, bon, tu sais,
00:28et je suis désolée aussi d'en parler parce que ça se passe comme ça,
00:30les policiers lui ont dit, tu sais, si tu prends un avocat, ça va retarder un peu
00:33parce qu'il va falloir qu'on prévienne l'avocat, on est en pleine nuit.
00:36Sinon, à partir de 6 heures du matin, on va commencer les auditions.
00:39Voilà, ça, c'est aussi une réalité du terrain.
00:41Et donc, la première audition a eu lieu sans avocat.
00:44Et c'est ensuite que j'ai la famille qui m'a appelée pour me désigner.
00:47Et c'est à ce moment-là que j'ai filé à l'APJ de Versailles
00:51et que j'ai été désignée par mon client.
00:53Je l'ai assistée pendant 30 minutes pour la durée de l'entretien.
00:57Ensuite de quoi il y a eu l'audition qui a duré à peine, on va dire, 50 minutes.
01:01J'ai pris aussi le temps nécessaire pour écrire un mail très circonstancié
01:04au parquet d'Evry pour leur expliquer tout ce qui n'allait pas dans cette procédure
01:08parce que c'est aussi notre rôle d'avocat de dire que le temps de la garde à vue
01:11est nécessaire pour faire telle et telle investigation.
01:13Mais ce qui justifie au début cette interpellation et cette garde à vue,
01:17c'est parce que votre client semble ressembler à cet homme en doudou noir
01:20qui a été vu sur les bandes de vidéosurveillance.
01:22C'est ça. Mais je vais même vous dire, vous en savez davantage que moi
01:25puisque nous, quand on est en garde à vue, l'avocat aujourd'hui,
01:28même s'il a accès à simplement les PV d'audition et de confrontation,
01:31on n'en sait pas plus.
01:32Donc on essaye d'avoir des informations en off avec les enquêteurs.
01:35Ils ne sont pas obligés de nous les dévoiler.
01:37Mais bon, après, on a l'habitude un peu.
01:39Donc on sait aussi mettre en place une espèce de tacite connivence avec eux
01:43et on voit un petit peu ce qu'il en est.
01:45Mais nous, ce qui nous a été montré, c'est simplement la photo que vous avez également,
01:48qui n'est pas de meilleure qualité.
01:51Et tout simplement, c'est ça.
01:53À ce moment-là, la réponse de votre client, c'est de dire qu'il était à un autre endroit.
02:01Son alibi, c'est de dire ça ne peut pas être moi puisque je n'étais pas dans la zone
02:06et je ne peux pas être celui qui est vu sur cette vidéo de caméra surveillance.
02:11C'est la réponse qui est donnée, formulée par votre client.
02:13Durant la première audition à laquelle je n'ai pas assisté,
02:15mais j'ai bien évidemment eu accès au PV,
02:19on lui demande simplement quel a été son emploi du temps.
02:21Et c'est simplement quand moi je l'assiste à ce moment-là, lors de la deuxième audition,
02:24qu'on lui présente ce cliché et c'est tiré d'une vidéo surveillance.
02:27Donc on n'a même pas eu accès nous à la vidéo surveillance,
02:30en version active de la part de mon client.
02:34Mais cette photo, quand on la voit et quand elle est présentée à mon client,
02:38notre réaction à nous deux, puisque même moi je suis stupéfaite,
02:40je leur dis mais vous êtes sérieux ?
02:42C'est sur ça que mon client est placé en garde à vue ?
02:44D'autant que moi je le sais et je suis obligée d'en parler à mon client
02:48parce qu'en tout cas, j'ai pris cette option-là.
02:49Je sais que derrière, il y a la déferlante haine
02:52par rapport à son identité qui a été dévoilée.
02:54Donc je lui précise pendant l'entretien qu'il y a tout ça derrière
02:57auquel il va devoir se préparer.
02:59Et quand je vois que c'est sur la base de cette preuve qui n'est pas irréfutable,
03:02je me dis mais ce n'est pas possible.
03:04Mais c'est allé encore plus loin, c'est-à-dire que vous avez expliqué
03:07qu'à l'heure de la disparition de Louise, votre client,
03:10géographiquement, matériellement, ne peut pas être là
03:13parce qu'il est à un autre endroit dans une localité voisine.
03:15Sauf qu'on n'a pas véritablement l'horaire précis
03:18de la disparition.
03:19Alors on sait à peu près, on a une tranche horaire,
03:21mais on n'a pas l'heure précisément.
03:23Donc ce qui veut dire que moi, quand mon client
03:25donne simplement son emploi du temps avec sa petite amie,
03:29tout de suite, on se dit mais que probablement,
03:32à l'heure où a été enlevée la pique Louise,
03:34il n'était pas du tout dans le secteur.
03:36Donc on était obligé de rentrer un petit peu dans une confession de notre intimité.
03:39Quand je dis notre intimité, c'est parce que forcément moi,
03:41à chaque fois, je prends fête écose pour mes clients et on est une équipe.
03:43Donc on parle avec le on.
03:45Mais il a été obligé de raconter son emploi du temps
03:49et cet emploi du temps-là ne venait pas corroborer
03:51les éléments qui étaient dans le dossier.
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