00:00Il a réfléchi pendant dix minutes comment lui enlever la vie alors qu'il était encore vivant.
00:04Il s'y est repris à plusieurs fois jusqu'à pratiquement le décapiter.
00:08Le 21 septembre 2024, le fils d'Odile Cotta, Robin, a été arrêté après avoir voulu récupérer de la codéine avec une fausse ordonnance.
00:16Le lendemain, il est placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison des Baumettes.
00:21Apparemment, ça se passait bien.
00:22Il a écrit à son père pour lui signifier que ça allait, qu'il assumait.
00:28Il est avec un co-détenu, apparemment sympa, qu'il avait un peu intronisé dans ce milieu.
00:34Quinze jours après, on change de cellule Robin, donc à partir du 4 octobre.
00:40On le met avec son futur assassin.
00:44J'ai appris que Robin vivait dans la crainte permanente de ce personnage.
00:49Son assassin parlait, il ne savait pas que ça allait être son futur assassin,
00:54il parlait de couteaux bien asserrés, de tranchées dans la chair.
00:58Une personne, c'était quelqu'un qui faisait froid dans le dos.
01:03Robin a alerté par trois fois, par lettres, sans compter les appels au secours par interphone.
01:09Le 9 octobre 2024, cinq jours après son changement de cellule, Robin Cotta va connaître ses dernières heures de vie.
01:16Vient l'heure du repas, des coups commencent, des hurlements.
01:19Certaines détenues ont entendu des cris parce que Robin s'est fait massacrer de coups.
01:25Les côtes, la tête, il s'est acharné, il a été carrément ignoré.
01:30C'est-à-dire que tout le monde a entendu, les détenus ont commencé à appeler au secours pour Robin.
01:36Rien n'a été fait, il n'était pas mort à ce moment-là.
01:38Un des détenus de la cellule d'à côté a demandé, en criant à l'assassin,
01:44« Comment il va, il respire ? » « Oui, oui, je crois, il respire mais il ne bouge plus. »
01:48Ils ont entendu ensuite le bruit d'un verre cassé.
01:53En fait, il a pris un bol, il l'a cassé.
01:55Il a réfléchi pendant dix minutes comment lui enlever la vie alors qu'il était encore vivant.
02:00Il s'y est repris à plusieurs fois jusqu'à pratiquement le décapiter et lui faire des incisions aussi dans le torse.
02:06Et là, cet assassin a dit exactement, « Une fois qu'il a commencé à se vider de son sang,
02:10je l'ai tourné de manière à ce qu'en fait il meure plus vite et qu'il se vide plus vite de son sang. »
02:16J'apprends sa mort le 9 octobre à 11 heures du soir.
02:19Je reçois un coup de fil des services pénitentiaires des Beaumètres.
02:25« Tiens, votre fils, c'est exactement la phrase, a subi des violences. Il n'a pas survécu. »
02:31J'ai hurlé de douleur. J'ai hurlé. On n'a pas voulu m'en dire plus.
02:37Odile apprendra les circonstances de la mort de son fils le lendemain par la presse régionale.
02:42C'est doublement douloureux de ne pas la prendre par les Beaumètres.
02:46J'ai pu voir mon fils dans un état pas possible.
02:50Il était bourré de coups de pieds, de poings.
02:54Ils ont essayé un petit peu de l'arranger comme ils pouvaient, mais il était dans un état épouvantable.
02:59Ça a été l'horreur. Et là, j'ai commencé à comprendre que c'était vrai.
03:06C'est m'arracher le cœur. Mon fils, c'était mon amour.
03:11J'ai commencé à vouloir avoir des réponses et j'apprends que sa mort, c'est encore pire que ce que je pensais.
03:17Ça a été carrément une mise à mort.
03:19Dans un document récupéré par Le Point, il est inscrit que les premiers éléments recueillis
03:23ont permis de relever plusieurs dysfonctionnements majeurs au sein de l'établissement pénitentiaire des Beaumètres.
03:28Notamment que les surveillants n'ont pas répondu aux appels d'urgence,
03:32considérant que ces derniers pouvaient attendre la prochaine ronde.
03:35Aujourd'hui, je survis.
03:38Je revois la mort de mon fils. Je le vois en train de se vider de son sang dans cette cellule.
03:42Je revois surtout ses appels au secours.
03:45Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal.
03:46Ce sont ses appels au secours où il s'est senti vraiment seul et pas du tout protégé, justement, dans cette prison.
03:52Et oui, je ne m'en remettrai jamais.
03:55Il est mort à 22 ans. Il avait toute sa vie devant.
03:58Et j'en veux beaucoup, beaucoup aux services pénitentiaires qui ne l'ont pas pris au sérieux.
04:04Maintenant, je n'ai plus d'enfant, de toute façon, parce que c'était le seul.
04:08Je ne vais rien lâcher.
04:09L'assassin, il prendra les années qu'il a à prendre.
04:15Par contre, l'État, les beaux maîtres, je ne vais rien lâcher.
04:20Ce sera le combat de l'éternité pour mon fils.
04:24Le combat d'une vie, quoi qu'il ait fait comme bêtise, ça ne méritait pas ça.
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