00:00Moi, ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, quand on commet des crimes ou des délits en France,
00:05quand on a une incitation à la haine, on doit être jugé par les tribunaux.
00:08Et que si on représente une menace, on peut aller éventuellement en prison.
00:12Mais moi, ce que je dis aussi aujourd'hui, c'est que l'autorité judiciaire,
00:15qui a l'ensemble des éléments, n'a pas jugé utile de placer ce monsieur en détention provisoire à ce stade.
00:21Et moi, je respecte infiniment la justice de mon pays.
00:23Et si elle se trompe, dans ce cas, il y a la possibilité de faire appel, il y a des démarches.
00:28Mais oui, la remise en cause de l'État de droit, pour moi, ce n'est pas possible.
00:31Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous allons déposer dans les prochains jours,
00:34avec mon groupe, une motion de censure contre ce gouvernement.
00:37Parce que nous estimons que ce que disent les proches de M. Retailleau aujourd'hui,
00:42la loi ne fonctionne pas.
00:44C'est un camouflet politique pour le ministre de l'Intérieur,
00:46mais c'est un camouflet politique parce qu'il a voulu faire de la politique plutôt que du droit.
00:49Or, qu'est-ce qui protège nos citoyens ?
00:51Qu'est-ce qui permet à ce que l'État tienne ? C'est l'État de droit.
00:54Et donc aujourd'hui, oui, ces remises en cause permanentes de l'État de droit
00:57ne font qu'une chose, le lit de l'extrême droite.
00:59Et nous en avons eu ce soir, et à l'instant même sur votre plateau, la preuve.
01:02Mais pour vous, il est impensable de modifier certaines règles de cet État de droit ?
01:06Là, on parle d'un monsieur qui, je le rappelle, et on vient de l'évoquer,
01:09est en France depuis plus de 20 ans, qui est la famille des enfants en France.
01:12Et aujourd'hui, pourquoi il y a une convention européenne ?
01:14Ce n'est pas simplement parce qu'il y a l'Europe au-dessus de nous,
01:17c'est parce qu'il y a des droits, en fait, qui sont garantis
01:19et qui sont reconnus comme garantis par l'ensemble des États européens,
01:22qui se fondent, par exemple, sur le droit de mener une vie familiale normale.
01:25Je vous dis, par exemple, que vous avez des enfants derrière,
01:27et le droit des enfants passe avant tout.
01:30C'est-à-dire que des enfants ont le droit de voir leurs parents, par exemple.
01:33Si vous renvoyez ce monsieur en Algérie, est-ce que vous allez renvoyer
01:36ces enfants qui ont théoriquement la nationalité française,
01:39qui ont fait toute leur vie et qui n'ont jamais mis, sans doute pour certains d'entre eux,
01:41un pied en Algérie, et qui sont d'une mère française ?
01:44Et donc la question qui se passe, c'est est-ce que vous allez renvoyer quelqu'un
01:47dans un autre pays où il ne va plus depuis 20 ans,
01:49alors qu'il a des enfants français vivant en France ?
01:52Et ça, ce sujet-là, ça se pose aujourd'hui sur le cas d'Oualem,
01:55mais ça se pose aussi sur un autre sujet dont nous sommes en train de parler
01:59en ce moment même dans l'hémicycle, qui est la question du droit du sol à Mayotte.
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